17/07/2026
Carte blanche (74)
Laissée à Kobus van Cleef
Crépuscule des vampyrs et continent obscur
Trente-neuvième partie
On analyse donc la dépouille en cailloux
On décide, d'emblée, sans barguigner qu'il s'agit d'un européen, blanc et catholique de surcroît et qu'il a âgé d'environ cinq décennies
Mais pourquoi blanc ?
Mais enfin les enfants, la capacité crânienne, la finesse des traits, la pâleur marmoreenne des téguments qui laisse transparaître le bleuté du schiste dans lequel il est inclus !
Pour moi, oui, il ne peut s'agir que d'un européen...
Et le membre, là, le membre, européen aussi, européen toujours !
Nous en sommes les découvreurs, nous le baptiserons donc de nos initiales accolées suivant le nom générique "homo", un peu comme homo habilis, voyez ?
D'emblée je me mets à la fin, après tout, je suis arrivé en dernier, qui d'entre vous s'est cogné l'hallux dedans ?
C'est Bruno-Louis, s'exclame le petit !
Qui ensuite a eu l'idée de jetter un œil ?
C'est Umberto !
Et qui m'a prévenu ?
C'est Roderick !
Hé bien voilà, l'affaire est entendue, nous prénommerons le fossile Blumrok, homo blumrokensis
Et le cœur en fête, tout à la joie du savoir nouvellement acquis, nos gentils troupiers remontent le sentier vers le parking
Fatalitas !
Deux gousbyres brutalement musclés les attendent près de la bagnole du kobs (diesel, 20 ans d'âge, vignette critair 5, ou pire, si c'est possible)
Klimat enforcement administration, veuillez nous suivre
Gneu ?
Les mecs répètent
Le petit vieux ne pige pas mieux
Il détaille le costume des mecs
Treillis verdâtre, siglé d'un logo qu'on croirait sorti du concours de dessin de la communale de Neuilly, un arbre feuillu dans un cœur formé des mains en coupe d'un (une ?) humain (humaine ?), le tout surmonté d'un oiseau stylisé
En dessous, fièrement, l'acronyme KEA
Et la devise "pour que plus jamais la kanikule et la tempête"
Mais nom de djieu, kes ke c'est que ça encore ?
Il s'enquiert donc fort civilement ( le moyen de faire autrement....les mecs sont musclés, suintant la testostérone et la frustration par tous les pores de la peau, en plus d'être sur armés, on devine des équipements complexes et létaux dans les poches cargo de leurs falzars, des menottes pendent à leurs ceintures et un pare balles leur fait un thorax d'emphysemateux) du corps de rattachement des gusses, de leur raison sociale et surtout, surtout, des raisons de son interpellation
Monsieur, ne discutez pas, nom, prénom, date de naissance, permis carbone
Et plus vite que ça !
Vous avez une autorisation pour vous être reproduit, ces enfants sont à vous, vous avez le livret de famille ?
Carte grise du véhicule, résultats du test antipollution !
Allez, kes ke vous attendez !
Les mecs, en l'etourdissant de questions et d'invectives l'ont déstabilisé, ils ont amorcé un mouvement tournant qui, peu à peu, l'a acculé contre la carrosserie de sa vieille bagnole, ils se renvoient la balle et à chaque phrase de l'un puis de l'autre, kobus tourne la tête de gauche puis de droite
À la longue, ça en vient à l'excéder, il croise les bras sur son torse qu'il a courtaud, un peu tremblotant, il décide de faire sa tête de lard, d'autant que les gosses le regardent un peu étonnés par son absence de réaction
Je ne répondrai qu'en présence de mon avocat, faut bien trouver une utilité à la bazoche, et le premier qui me touche je lui en colle une
Ho sainte mère de djieu, kes kil a pas dit....
Le balaise le plus proche amorce une subtile reptation de la main droite vers le holster de cuisse, lourdement chargé d'un truc à visée clairement homicide, fait de métal noir et de polymere plastoc gris, avec quelques diodes luminescentes qui clignotent dessus, le kobs l'a vu du coin de l'œil, il feinte donc vers l'acolyte du mec, lequel acolyte recule, porte la main à sa radio qui clignote sur son torse
La suite est prévisible, le premier gus attrape un truc dans sa gaine, dégageant une voie royale vers son entrejambe, kobus shoote dedans , une talonnade de vieux, ça envoie quand même du bois, le mec se plie en deux et gerbe son petit déj'
L'autre abandonne sa radio pour saisir sa matraque, kobus le repousse illico vers la vieille voiture, perte d'équilibre toussa, le vieux chope un mouflet par une aile, actionne la poignée de la caisse....maverdave fermée !
Le temps qu'il fouille dans sa profonde pour la clé des champs, une décharge de tazer le foudroie sur place
Boum
Rideau
Il reprend conscience en arrivant au sol, tétanisé par la décharge elektrik
Il a à peine le temps d'entendre le plus grand des gamins (14 ans aux colchiques) brailler "pouliss partout, djustiss nul'part !"
Puis de voir du coin de l'œil les promeneurs du sentier côtier applaudir les forces de l'ordre, comme toute populace soumise en régime bananier
Le voilà retourné à plat ventre comme une crêpe, menotté avec du serflex (usage unique, en plastique), chargé dans une petite cariole que le plus balaise des deux chicorneur traîne derrière son vélo
Ha mon gaillard, tu vas en baver si tu crois déplacer le kobs à la force du mollet...
Penses tu !
Le vélo est électrifié pour le moteur, ce con de kebourdin se paye même le luxe de lâcher le guidon dans la montée
Le gros kobus hurle à s'en faire péter les poumons "et les gosses, bordel de djieu, vous les laissez seuls ? Je vais prévenir la LDH, la protection de l'enfance et les rezozozios, ça va chier velu, y aura l'IGPN , vous êtes pas sortis du pétrin, croivez moive ou pas, je lâcherai pas l'affaire !"
Le pédaleur, tout à son boulot de déplacer le quintal de viande sénescente, ricane "tes gosses, y ziront à la DASS, couillon, et c'est pas demain que tu les reverra, si tu les revois un jour "
Le sang du vieux ne fait qu'un tour dans ses veines tortueuses, il s'arrache du petit chariot au bicycle accouplé et, pieds et poings liés, roule sur le bas côté
Ce voyant, le gousbyre à lui assigné par les hasards de la maîtrise enseignée à l'école de pouliss, le gousbyre donc bloque les freins, saute à terre, imité par l'autre, et les deux crétins se mettent en tête de récupérer l'ancêtre délinquant
Pour délinquant, ça délinque, espère !
Pour récupérer, c'est une autre paire de bretelles !
Le vieux se tortille dans les broussailles, qui, pour d'évidentes raisons ekolojik, n'ont pas été taillées et il disparaît,un moment seulement hélas, aux yeux de ses poursuivants
Pendant ce temps, sous la houlette du plus grand des mouflets, la marmaille s'échappe sur le bas côté, et, suprême injure faite aux représentants de la loi, entaille les pneus du biclou possédé par le gousbyre assigné à leur garde puis à leur récupération par les services idoines
Ça fait tchac et puis encore pfuit, les promeneurs, qui avaient applaudi à l'arrestation du gros, parce que force doit rester à la loi, merde quand même, les promeneurs donc sont tiraillés entre leurs deux surmoi, celui de droite, qui tend à réprimer les incivilités, celui de gauche, qui leur enseigne qu'il faut laisser faire les enfants, car comment voudrais tu qu'ils se construisent si on les emmerde toultemps ?
Le temps que le surmoi de droite ait pris le dessus sur l'autre, adieu pays !
Les gosses ont détalé, et pour les retrouver, à ta santé !
Maverdave, des prisonniers évadés, ça fait tâche sur un CV de milicien!
Les deux musclés s'activent donc à retrouver le vieux, lequel s'est coulé, mussé dans les herbes hautes puis la bruyère qui couvre la côte, malheureusement, la végétation sèche craque sous le poids du fuyard qui, avec ses mains entravées dans le dos et son gros bide ressemble à un boa qui aurait avalé un éléphant
Aussi mobile, aussi furtif
La patrouille ne met pas longtemps à le repérer
Alors mon gaillard, on pensait échapper aux rigueurs de la loi ?
Et ils lui collent une avoinée maison, à base de matraque et de coups de saton sur la trogne
Le vieux a la satisfaction, avant de tomber dans les pommes, de comprendre que la marmaille leur a échappé
Bravo les mioches, c'est toujours ça de gagné
Et il s'évanouit, pouf, d'un seul coup
Les gosses, eux, sont pas loin, ils ont assisté à la dérouillée de l'ancêtre, la façon dont il a encaissé les coups sans crier, sans moufter, mais ça les révolte quand même, tiens, c'est comme ça qu'on forge une génération d'anarchistes !
Une subtile reptation en marche arrière, a retro pour les puristes, les éloigne du couple de boxeurs ( qui ne sont pas un couple, du moins nous l'ignorons-pour le moment- et qui ne boxent que des adversaires à terre et entravés), le plus grand des mouflets a eu soin de bâillonner les deux autres, de ses larges pognes de préado, eût égard à l'horreur suscitée par la vue du dérouillage de l'ancêtre, vue susceptible d'entraîner des cris de protestation ( si vous avez compris, c'est que je me suis mal exprimé, comme d'habitude)
Et faut voir ces bougres maléfiques fouettant les hautes herbes de leurs matraques en eructant des imprécations, puis s'en allant, dépités après un message dans la radio protable accrochée à la bretelle du pare balles, l'un d'entre eux, le plus con, visiblement, reste pour surveiller les lieux, des fois que la marmaille serait restée terrée sur place
Mais compte là d'ssus et bois d'l'eau, après une éreintante progression à plat ventre puis à croupetons, les mioches ont mis les adjas bien à distance, leur petite taille, leurs vêtements délavés après de multiples lessives, leur connaissance quasi instinctive de l'environnement côtier, l'arrivée d'un groupe de randonneurs estrangers dans lequel ils se fondent leur assure la clé des champs en dépit des moyens mis en œuvre pour les rattraper ( des chiens, un hélico, des patrouilleurs dans l'eau en jet ski)
Et donc, dans ton ku, la force injuste de la loi !
Va chier dans ta caisse, législateur !
Clopin clopan, notre trio repart vers la chaumière améliorée, havre temporaire ( puisque les kebours vont venir tôt ou tard s'enquérir de la marmaille, des antécédents du délinquant sénile et des capacités financières du couple, capacités qui seront destinées à effacer l'outrage aux représentants de la loi et aussi peut-être un peu, à l'environnement)
Ils y arrivent par une vicinale en terre battue, toute encombrée de broussailles et de pièces de machines agricoles hors d'âge et d'usage, le plus grand, qui est décidément bien frisé des circonvolutions, lance un gravier sur le carreau de la cambuse où la grand mère expertise la provende restante ( ils ont eu des amis et le drapeau noir risque de flotter sur la marmite)
Après avoir lapidé la fenêtre, la légitime pige enfin et sort, un peu alarmée
Elle s'enquiert du quoi et du qu'est-ce, de l'état des fringues, déchirées et poussiéreuses, de la fatigue des mouflets, de l'absence de l'époux et de la bagnole ( surtout ça, nom de d'la, où avez-vous fourré la caisse ? tu crois qu'un diesel ça pousse dans les arbres ?)
Tout en grignotant une tartoche de pain de campagne enduite de miel, le trio fait une relation décousue des événements
À trois voix, si vous voyez
Il faut toute la patience ( oui) et le sens de la synthèse de grand mère pour reconstituer les événements et en prendre l'exacte mesure
Mesure qui est catastrophique
Mais ce vieux crétin n'avait rien d'autre à foutre que d'aller asticoter les autorités ?
J'en reviens pas d'être marida à un abruti pareil !
Fine mouche, elle se résoud à un plan d'action rapide, elle fait disparaître toutes traces de présence infantile dans la maison, couettes, slips négligés, doudous, peluches, maillots, hop à la lessiveuse
Dans le même temps, elle bat le rappel des bonnes âmes qu'elle connaît, susceptibles d'héberger temporairement nos jésus
Au bout du compte, ça fait pas lourd, mais on réussi, en dépit de la peur du gendarme, à placer les mioches dans une famille amie, à l'abri du regard inquisiteur de l'état tout puissant
Ouf
La réputation d'insoumission et de fraternité de la vronze n'est pas usurpée !
Il ne faut pas bien longtemps pour que les services idoines viennent fureter autour de l'estival logis, puisque, logiquement, ils se sont cassés les dents sur l'huis de la demeure hivernale ( putain, ça c'est de la littérature ou je ne m'y connais pas, allez pas prétendre le contraire), laquelle est désertée pendant la période chaude
C'est d'abord la gendarmerie qui vient sonner
Ding dong, est-ce ici que gîte le dénommé van cleef, kobus de son prénom ?
Si fait, répond la maîtresse des lieux, fermement campée sur ses jambes sans défaut, les bras croisés sous une poitrine qui fut jadis émouvante, qui le demande ?
Ha, c'est pour une enquête de proximité, de moralité, une enquête, quoi
Allez y mes braves, enquêtez, dit la dame, qui sait s'adresser à des subalternes, en effet, les manches des zuni ne sont ornées que de ficelles
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Commentaires
Pendant ce temps, le vieux kobus émerge du coma où l'a plongé la raclée que lui ont collé les miliciens
Il est assis, tout saigneux de ses multiples ecchymoses, la gogne enflée et violacée, le froc pisseux ( en effet le coma a été fort long, il a bien fallu que la vessie se vide), les idées et la vision floue, pas au mieux de sa forme si vous voyez
En plus, les poignets sont encore entravés par derrière, ce qui le contrarie et lui comprime le thorax
Il se trouve face à une maigrichonne, les cheveux réunis en queue de choale, dont le haut du treillis verdâtre ne réussit pas à masquer la poitrine indigente, qui l'envisage sans mot dire
Au bout d'un moment, le vieux kobus s'agite sur sa chaise, se tortille, puis lâche une vesse venue direct de la cloaca maxima tant par le bruit que par l'odeur, pour paraphraser un migrophile célèbre
La fille prend alors la parole
Et ce qu'elle dit mériterait d'être gravé dans le marbre qui orne le fronton des écoles de police du mondentier
"Nous sommes le 17 juillet 2026, il est 14h30 et devant nous, adjudante Marie-Amandine Macheprot du corps du Klimat enforcement administration, section ouest-atlantique, comparaît le contrevenant van cleef, kobus, né le....à...., votre déposition sera enregistrée, vos droits, s'il vous en reste sur votre crédit carbone, vous seront notifiés ultérieurement
Avez-vous une requête à formuler à ce stade de l'enquête ?"
Boum, à brûle pourpoint, pour ainsi dire
Écrit par : Pharamond | 17/07/2026
Et lorsqu'on dit à brûle pourpoint, c'est presque vrai
S'il s'attendait à un truc pareil, menotté, écorché, contusionné, pisseux et puis cette enquête....de plus solides que lui auraient fuit, sans vouloir exagérer sa vaillance hein
Il prend un instant pour réfléchir puis laisse tomber "les menottes, c'est possible de les mettre devant plutôt, là, ça me tire sur les ailes, à la longue, ça devient pénible"
"Ha non, pas possible, c'est le protocole, on verra à vous les enlever une fois retourné en cellule"
"Sacré protocolorama, dans ce cas..."
La fille n'a jamais lu le reup riogot, alors elle saisi pas trop l'allusion
Et c'est retour en cellule pour le kobs, une douche l'attend avec un maton grognon qui manipule un tuyau à haute pression et basse température ( il s'en fout, fait trop chaud), un savon en paillettes qui doit décaper la couenne et une serviette transparente à force d'usure
Écrit par : Kobus van cleef | 18/07/2026
Fringues de taulard, pantalon et veste à grosses rayures transversales, chaussons de lisière ( pour les ceusses qui savent encore)
On te le colle dans un réduit du commissariat de Douarnenez (29), 4 m2, tout seul, même pas la possibilité de causer à un codétenu pour passer le temps, par contre il peut s'allonger
L'enquête de voisinage se poursuit, avec un kebour qui investigue le garage
Pof, il tombe sur le bicylindre en Vé d'origine américaine, et d'âge avancé....il interroge madame légitime qui lui répond fort civilement qu'il s'agit d'une pièce de collection, pourvue d'une carte grise du même métal et que donc faites pas iech, pigé ?
Le subalterne gendarme le prend mal, faut dire qu'il est pas au courant du caractère explosif de la dame, il menace d'outrage à magistrat dans l'exercice de ses fonctions
Ouiche, pour l'instant, les fonctions on les a pas vues, montrez moi donc le papier qui vous autorise à me tourmenter à domicile, avant que je prenne un coup de sang et que je vous éjecte manu militari
Décidément, nos kapos du régime deviennent bien friables sur le plan psychologique, le type blêmi, sa main amorce là aussi une reptation, non pas vers le caraco de la dame (dommage pour lui, y a de la matière, je peux en témoigner) mais vers le matos de neutralisation non létal
Ce que voyant, l'épouse se saisit du pain, un gros tuchen kador ( cherchez pas, vous trouverez pas, c'est spécifique à la région) et en assène un revers bien tempéré sur le kebour
Lequel, dans un nuage de farine, recule et parviens à sortir de la kouizine, il appelle son collègue à grands cris "aide moi, gendarme auxiliaire, à faire rentrer cette harpie à la kouizine !"
"Mais j'y suis déjà, connard, à la kouizine, espère seulement que j'y reste, sinon ça va barder pour tes plumes !"
Et, joignant le geste à la parole, elle les lapide à coups de légumes avachis et de vaisselle ebrechée ( pas conne, elle allait pas balancer le service de mariage)
Tout cela pourrait tourner vinaigre, lorsque le gravier de l'allée crisse sous le rythme d'un pas lourd, conquérant et dominateur
Écrit par : Kobus van cleef | 19/07/2026
Hé bien hé bien, kes kis passe ici donc ?
C'est un colosse, revêtu d'un uni sur lequel les 5 galons ne se panachent pas, signe d'un grade plein, avec différentes médailles sur le plastron, qui franchi l'huis, et familièrement, prend l'hôtesse dans ses bras
Ha mon kouzin, tu tombes à point nommé, ces ancillaires me font des misères, je suis dans un état, je te raconte pas...
Et c'est vrai qu'elle est dans un drôle d'état, maame van cleef, décoiffée, rouge, le poitrail encore spasmodiquement soulevé, pour la faire brève, elle est belle en colère
Kouzin se tourne donc vers la maréchaussée et s'enquiert de la raison de leur présence et des événements récents survenus, car toudmême, ça peut prêter à confusion, une scène de guerre, la vaisselle répandue, la kouizine saccagée, la patronne en sueur, décoiffée, des cris, vous ne porteriez pas l'uniforme, je vous aurais....neutralisés....ce n'est qu'une hypothèse, jeune gendarme, rien qu'une hypothèse, mais convenez avec moi que les apparences sont trompeuses
Écrit par : Kobus van cleef | 19/07/2026
Note
- l'épisode de la maîtresse de maison avoinant la maréchaussée avec le pain est authentique, elle me fut rapportée jadis par ma mère, (que djieu l'accueille en son paradis pour tenir compagnie à mon père, le saint homme) en son Auvergne tribale, lalégende rapporte, qu'en effet, à la fin du 19eme, une femme de braconnier reçu la visite de la maréchaussée, qu'elle expulsa du logis, à coup de pain sur le képi, l'affaire fit grand bruit à l'époque, jusqu'au tribounal de grande instance de Rodez, qui, sagement, décida de ne pas poursuivre
Écrit par : Kobus van cleef | 19/07/2026
Kobus van cleef > Si l'histoire est véridique, elle prouve que la maréchaussée et les magistrats de l'époque n'étaient pas aussi brutaux et obtus que l'on se plait à le répéter.
Écrit par : Pharamond | 20/07/2026
Et pourtant....mais c'est notre époque qui a inventé la surveillance de masse, les condamnations de principe, le sacrosaint principe de précaution, les sanctions automatiques
En revanche, nous avons remisé la guillotine au rang des monstruosités du passé qui n'ont plus droit de cité
Notre époque a inventé la séquestration de masse avec l'approbation des foules, et le concept de plage dynamique, de café debout....
Écrit par : Kobus van cleef | 20/07/2026
Kobus van cleef > Si l'humanité a déjà connu des régimes tyranniques, ce qui nous arrive est assez nouveau : un totalitarisme flasque qui s'installe à la vue de tous, mais que personne ou presque ne veut voir. C'est sans doute sa nouveauté intrinsèque qui déconcerte, on ne reconnait que ce qu'on connait.
Écrit par : Pharamond | 20/07/2026
Murray parlait de tyrannie de coton...ni fer, ni fers ( dans lesquels on met les opposants ou les individus dangereux), du coton, tout simplement
Écrit par : Kobus van cleef | 20/07/2026
Kobus van cleef > C'est une bonne image, bien que l'actualité montre qu'elle se durcie.
Écrit par : Pharamond | 20/07/2026
@Pharamond;@KvC : Un certain François-Bernard Huyghe avait écrit un honnête *pamphlet modéré*, que j'ai encore quelque part, sur ce qu'il appelait *La langue de coton*.
J'aime beaucoup la remarque fielleuse, ici, faisant référence à la fiche de police :
https://oreilletendue.com/2017/10/16/la-langue-de-coton/?__cf_chl_rt_tk=djL55czeEslYGhyiWG8ZV.dMMjSl8qmWxLY4YAiqv7s-1784564838-1.0.1.1-9yvw9jYnHyRzlpjk7nqzO4D64UcpaD1pI5pavpa2L6M
"P.-S. -- On ne peut pas vraiment dire de l’auteur que c’est un homme de gauche."
Comment peut-on n'être pas de gauche ?
Écrit par : br | 20/07/2026
br > Cela rejoint l'idée de Murray, mais je suis persuadé que ce n'était qu'une transition utile pendant la période où la population était majoritairement hypnotisé par le progrès. Aujourd'hui alors que ce dernier stagne et commence à être mis en doute le Système panique, il veut garder son apparence bonhomme tout en cherchant à s'insinuer partout pour tout contrôler d'où mon choix de "totalitarisme flasque", il est partout et nulle part, et donc très difficile à contrer.
Écrit par : Pharamond | 20/07/2026
La patronne vient de se poser sur un tabouret dans la kouizine, tabouret qui sert au kobus à soulager sa jambe lorsqu'il écorche les légumes, elle se verse un coup de remontant pour se rebiscouler ( celui qu'elle met dans le veau aux châtaignes, un cognac presque potable) pendant que kouzin expédie la maréchaussée, laquelle promet qu'elle reviendra avec le papier qui ouvre toutes les portes, qui permet de fouiller partout oui mon colonel, partout, coffre, chambre à coucher, correspondance, computer, cadastre, partout
Hé bien revenez une autre fois, on a des trucs à se dire, kouzine van cleef et moi, il prend place dans le fauteuil dépenaillé qui servait à la défunte cuisinière, autrefois, à se poser, lorsqu'elle surveillait le repas (après ça, on colportera qu'on traitait mal nos ancillaires, un fauteuil, trouve moi un fauteuil destiné à la cuisinière dans maisons moudern, les maisons des progressistes bobos, faut dire qu'ils n'ont plus ni kouizine ni cuisinière, c'est horriblement bourgeois)
Le fauteuil craque bien un peu sous le quintal mais vaillant, il ne rompt point
Et maame van cleef raconte
À mesure qu'elle déroule son récit, elle s'alarme, alors que le kouzin est pris d'un irrépressible fou rire
Avoue que c'est tuant, ce quiproquo, une enquête ouverte pour un délit inconnu, des kebours molestés par une femme seule, une bataille interrompue par un témoin au delà de tout soupçon qui va pouvoir souligner l'attitude équivoque de la soldatesque, tiens, ton caraco est chiffonné et un peu défait, permet que j'immortalise le truc, et ni une ni deux, il sort son téléphone et photographie une madame légitime les joues rouges, la tignasse en bataille, le chemisier de travers
Parfait, une preuve de l'arbitraire poulissier qui sévi dans le doux pays
Le vieux kobus est extrait de sa boîte et reconduit devant deux enquêteurs
Ou enquêteuses
Ou enquêtreuses, on ne sait pas
D'abord Marie Amandine Macheprot, adjudante du corps du KEA et puis un.e homme.femme , cheveux bleus, piercing labial, os nasal, obésité et tatouages, présenté.e comme major du KEA, sans nom ni prénom
D'instinct, kobus sent que les emmerdements viendront de celui, celle là
On enquête sur les destructions de la flore et de la faune du littoral dont vous vous êtes rendus coupable, vous et les nenfants qui vous accompagnent, d'ailleurs où sont ils passés, le 17 juillet 2026
Vous avez quelque chose à déclarer à ce sujet ?
Je suis innocent, bordel de chié, j'ai jamais mis le pied hors du sentier, balisé tout bien, poteaux avec marquage, gros pavés, celui qui vous a raconté ça a menti
Hé bien détrompez vous, on vous a vu, et filmé, ceci sont des images obtenues à partir de la caméra d'un dispositif sans pilote, un drone, aimablement fournies par un delateur anonyme et néanmoins citoyen et encore mieux, démocrate, où on vous voit, oui vous, dégrader l'environnement et saccager le littoral
Sous les yeux ébahis du kobs, sur l'écran d'un PC hors d'âge, se déroule une saynette improbable où l'on peine à distinguer une silhouette fantomatique qui avance lourdement puis hésite puis repart, le tout dure 15 à 20 secondes
Vous êtes sérieux, heu, sérieuses, là ?
On dirait un combat de....je veux dire une vidéo ioucrainienne ou approchant
Écrit par : Kobus van cleef | 22/07/2026
Le shemale tatoué.e s'insurge....sérieux, sérieuse ?
Vous me mégenrez ?
Et vous tentez de vous rattraper aux branches ?
Ça va vous saler l'addition, mon p'tit bonhomme !
Et un combat de quoi, de....?
De mot en n, en haine ?
Vous savez à combien d'années de gnouf vous pouvez être condamné pour ouacizm ?
5 ans, oui, jusqu'à 5 ans !
Je vous relit le code pénal (quelle magnifique envie du pénal chez cette créature, putain, on rêve, à nos âges, d'éprouver encore un désir d'une telle intensité), est éligible à une peine de gnouf égalitaire, démocratique et republicon pouvant aller jusqu'à 5 ans et saisie des biens meubles, immeubles et virtuels, tout.e personne convaincue du krimpensée ouaciste
Et ceci va compléter votre environnement-krim et votre sexist-krim....je vous vois pas sorti de taule avant votre huitième décade, ducon.....et c'est sans compter la révocation de votre kredit-karbone.....
Le kobs, qui, pendant cette énumération, s'était avachi, ployant l'échine, regardant piteusement ses orteils à travers les déchirures des chaussons (fournis par l'administration pénitentiaire) se redresse un peu, une lueur batailleuse dans le regard
Mais c'est vous, major du corps du KEA, qui avez préjugé de la couleur des protagonistes du combat, c'est vous qui avez mentionné le mot en n, en haine, c'est donc sur vous, major du KEA que va retomber l'accusation de ouacizm, c'est vous qui allez purger les 5 ans de gnouf republicon et demokratik, et j'ai deux témoins, l'adjudant Macheprot ici présente et l'enregistrement vidéo !
Enlevez moi ces menottes et plus vite que ça !
Écrit par : Kobus van cleef | 22/07/2026
Et de toutes façons, il s'agissait d'un combat d'esquimos albinos dans une tempête de neige sur la banquise au Groenland
Alors, hein
Perché !
Dans ton ku, le rat d'hôtel, ouaciste toi même !
À ces mots, le major shemale se dresse, rouge puis blanc.he et s'effondre au sol, convulsions, émission d'urine, morsure de langue, râles stertoreux....
Bon djieu de merdasses, l'individu.e va canner, faites quelque chose, adjupette Macheprot !
Oui, là, maintenant, tousuite !
Enlevez moi les menottes, tournez le.la sur le côté, délacez son ceinturon !
Mais le protocole interdit de vous ôter les menottes, zavez pas encore pigé ?
Enlevez les moi, que je puisse opérer, sinon iel va canner, j'm'y connais, j'ai été médicastre dans une vie antérieure !
Écrit par : Kobus van cleef | 23/07/2026
Dans une vie antérieure ?
Vous n'avez donc pas vos diplômes sur vous ?
Il m'est impossible de vous libérer, la vie du/de la major.e dut elle en dépendre !
Iel va donc crever, conclut le kobs, lapidaire
Et sur ces fortes paroles, on voit le shemale en uniforme passer du bleu (suffocation) au blanc.he (arrêt cardiorespiratoire)
C'est sans compter sur la promptitude du kobs, qui, agité d'un réflexe humanitaire et salvateur, se lève, emportant le radiateur auquel il était menotté, cogne dans la porte, qui cède comme une pucelle lors d'une friparti, s'entroupe les pieds dans la tuyauterie du chauffage zentral et les débris de la porte, débouche dans le couloir et hurle "shemale à terre, la republik en danger, à l'aide, pour la sauvegarde de la démocratie, de l'égalité et de l'inclusion !"
À ces mots, à ces cris, c'est la totalité du comico qui vient aux nouvelles, avise le kobs traînant son radiateur, ses menottes et, croyant à une tentative d'évasion, le tabasse d'importance
Écrit par : Kobus van cleef | 23/07/2026
Kobus van cleef > N'y voyez rien de personnel contre le personnage de kobus, et prenez plutôt cela comme un compliment pour l'auteur, mais je trouve la scène franchement cocasse.
Écrit par : Pharamond | 23/07/2026
Comme je vous l'avais dit "qui aime bien, châtie bien"
Pour le coup, c'est kobus le bien aimé (tchebitchef)
Après une sévère avoinée, on ramène le mec en salle d'interrogatoire
Contusions, bosses, ecchymoses constellent sa trogne, à tel point qu'il ressemble à bukowski, oui celui de la littérature
Là se trouve l'adjupette Macheprot qui se tord les mains devant le cadavre de/du major.e du KEA
Bien raide, le cadavre, bave aux lèvres en train de sécher, tout bien
On l'interroge, pas de réponse, évidemment
Le chef du comico prend donc la décision risquée de prévenir
1) le samu
2) le procureur de la république (des fois que iel-le shemale major.e- soit mort.e et que ce soit un décès suspect)
Comme on dit "ceinture et bretelles, ciré et parapluie), pas con le mec !
Écrit par : Kobus van cleef | 23/07/2026
Le samu arrive donc, en même temps que le proc'
Pas besoin d'avoir fait de longues études pour reconnaître un.e mort.e sous les traits du shemale, l'œil revulse, les urines qui sèchent, immobile, un gros cadavre à la renverse, en somme
Le proc' pose donc la question de confiance "vous vous prononcerez après la totopsie ?"
"Pas de problème, on s'y met tousuite, le devoir n'attend pas, juste le temps de transporter iel à l'IML"
Le gros kobus, menotté, la trogne violacée et toute enflée, attend sagement, les poignets entravés assujettis au radiateur qui gît à ses pieds
Personne ne se presse pour donner suite à ses interrogations pressantes ( j'ai envie de pisser, les mecs, quand c'est que je sort d'ici, et mon avocat, toujours pas là ?), personne ne l'autorise à accéder à un téléphone
Finalement, il attend que ça se calme autour de lui, sort sa tige après moultes contorsions et vide sa vessie avec impétuosité, c'est pas une miction de prostatique mon fieu, ça ricoche, ça s'étend et, par malheur, ça vient toujours une des prises RJ45 du réseau informatique du comico
Boum, panne informatique !
Les PV non archivés disparaissent !
La vidéo où l'on voyait le présumé kobus marcher hors du sentier côtier itou
Et la séquence où le/la shemale lui adresse son épître vengeresse, sa réponse et sa conséquence funeste, pareil !
Ne reste que le témoignage oral de l'adjupette Macheprot, mais comme elle vient de disparaître, collée en arrêt maladie, tu penses que les charges contre le petit gros ne tiennent plus trop et que le dossier à charge ne pèse plus trop
Écrit par : Kobus van cleef | 26/07/2026
Bon, le mec reste dans un comico de province, menotté, la trogne enflée avec un embryon de dossier papier
Merdalors
Sur ce dossier y a le nom du droniste qui l'aurait filmé....
Un honorable correspondant, comme on dit
Le kebour non spécialisé qui reprend l'affaire soupire, quel chantier, merde quel chantier, pour quoi vous êtes là vous déjà ?
Et comment je le saurais, putain, ça fait 48h que je suis là, on m'a affamé, assoiffé, tabassé, enlevé, empêché de pisser, et maintenant, faut tout reprendre à zéro ?
Là, le kobs prend un coup de sang, il avise le proc (ou son substitut) qui s'apprête à quitter le comico, dans son costard jules à 176€
Il hurle
Hé, y a d'l'erreur judiciaire en préparation ici !
Notifiez moi les charges retenues contre moive ou relâchez moi, sinon j'interpelle mon députasse et ça va faire mal, très mal !
Écrit par : Kobus van cleef | 26/07/2026
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