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07/04/2022

Carte blanche (39)

Laissée à Kobus van Cleef

La première partie est ici, la deuxième ici, la troisième ici, la quatrième ici, la cinquième ici, la sixième ici et la septième ici.

Crépuscule des vampyrs et continent obscur

 

Huitième partie

 

si vous pensez que c'est comme au kino, que le héros, une fois revenu à lui est opérationnel, grave erreur!
d'autant que Kobus n'est en aucun cas un héros
tout au plus un quidam de rencontre
tout cela pour dire que le mec est cotonneux, voit double, vomit en jet sur le cosaque Wagner venu s'enquérir du tapage
vomissures corrosives, le cosaque se dissout en un instant en grésillant, il ne reste de lui qu'une flaque qui ressemble à du bouillon gras
odeur méphitique en plus, pas jojo
on entend à coté une voix de stentor "alors Igor qu'est ce que c'était?"
là c'est Bruno Kremer qui s'inquiète
pas de réponse, évidemment il va venir, que faire?
le vomissement a dégagé l'estomac et l'oreille interne de Kobus, ou son avatar post mortem, il marche à peu près droit, par contre, pour ce qui est des idées, c'est le vide intégral
aussi, il ramasse les impédimentas du cosaque, un rigoustin calibré féroce, et une pétoire qui t'expédie des pruneaux à la cadence de 600 coups à la minute , les assure dans ses mains tremblantes et se dirige vers l'origine du bruit
lui aussi, dans cette grande régréssion post mortem, est attiré par des stimuli basiques, bruit, lumière, mouvements, odeurs
pour l'heure, c'est surtout l'odeur qu'il fuit, celle de son estomac retourné et celle du corps à moitié digéré qui finit de fondre au sol
vous allez trouver que c'est mon obsession, la fonte des macchabées, avec la fatou de l'honnoreur de serments mise à l'autocuiseur dans la baignoire de Marat
j'avoue, y a un peu de ça
mais poursuivons nos aventures

 

kobs vacille jusqu'à la porte qui découpe un vague rectangle lumineux au sol
"Igor? Igor? IGOR!"
ça c'est la voix de Bruno Kremer
Kobs relève un peu le canon de l'automat, assure dans sa main la crosse en plastoc
le vampyr albinos passe la porte en premier, encore revêtu de sa blouse de labo, il reste stupéfait en découvrant le ressuscité, armé jusqu'aux dents, ébrieux au point de s'accouder au chambranle d'une fenêtre obscure qui traînait par là
puis c'est le tour de Bruno Kremer
là aussi, stupéfaction
d'un geste, il les force à s'allonger, procubitus, mains sur la nuque, ça sent l'exécution extra judiciaire...
et puis non
à grand peine, il ramène une caisse qui traînait par là, se juche dessus, intime à l'albinos de se défaire de sa blouse, de lier poignets et chevilles de son comparse

 

Il intime encore des trucs que le mec ne pige pas
Il s'adresse à Kremer "dit lui d'se foutrapoil et d'aller chercher mes potes" mais avec la transformation qu'il vient de subir, ça devient "ys'foutapoil,yvacherch'lezott", Kremer pige rien, Kob's s'énerve, ça lui retourne l'estomac, une fusée part, heureusement, personne n'est touché
"Les zott, vit' vit' bristrrrooo !!!"( son russe reviens, par petits bouts), le maigrichon s'éclipse
On attend

 

Kobus s'est un peu assoupi, une main amie lui essuie le front, lequel est devenu squameux, une autre lui bassine les tempes
En dépit de ces attentions, il se cramponne à sa petoire en maugréant
Mmmm, lune, sang vermeil, chaud, chaud, mmm
Et là, un éclair de lucidité, Bruno Kremer s'exclame "le traitement, bon djieu, le traitement a marché !"
Les deux acolytes de Kob's se tournent vers lui, toujours entravé ( pour une fois, le vampyr laborantin a pigé, il a ramené Blumroch et Jean Eudes)
"Hein quoi, qu'est ce ?"
"Le traitement, vous avez pas pigé, le traitement a marché, il était mort et il vit, il était humain et vampyr il est devenu !"
Nos deux braves se tournent vers le Kob's
Vampyr, si on veut, peau bleuâtre, squameuse, lèvres retroussées sur des cannines jaunâtres, longues mèches blanches, éfflanqué, bref il n'a pas l'air affûté de Kremer ni la mine attentive et implacable du cosaque Wagner
Et pour ce qui est de vivant, souffle court, regard papillonnant et vitreux, troubles de la conscience, on fait mieux
"C'est les toxines, d'ailleurs il vomit, il faut lui implanter le symbiote toudsuite, là maintenant"
Le symbiote ?
Le truc qu'on balance dans le ku et qui ressort par la bouche ?
Faudrait pas lui faire signer une décharge, avant, pour éviter toute aktion ultérieure ?
"Charge, décharge, peu importe, faut faire vite,fissa pronto bistro, c'est une question de minutes !!!"
Dans ce cas.....
On déslipe l'ami kobus, débarrassé de son caleçon lamentable à l'élastique distendu, il est encore plus misérable, on le tourne à plat ventre
" Mais kes ke vous faites,bougres d'andouilles, la position de la taille !"
On va donc quérir des étriers obstétricaux et on se met en demeure d'enfourner un vers solitaire, avec la tête de béchamel et de tatali réunis ( yeux mobiles, menton fuyant un vrai remède à l'amour) dans le fondement du malheureux

 

Il y a un ancillaire, le ver saprophyte est contenu dans un tube rigide,ni trop gros ni trop petit, hop on vise l'orifice, on vaseline le tout, on pousse le tube, zag on ouvre le trappon, le symbiote est poussé dedans au moyen d'une seringue de sérum salé à 9 pour mille, blop blop blouf blouf BLOUF !!!
On suit la progression de l'organisme vivant dans le colon du mort plus vraiment mort mais pas vraiment vivant, d'abord rectum, sigmoïde, et là ça fait des boucles, des contorsions des circonvolutions, puis angle gauche,transverse, angle droit,caecum et là,hop, forçage de la valvule de Bauhin et zag, directement dans le grêle
Les mouvements de la bête s'appaisent, le mort vivant laisse filtrer quelques gazs nauséabonds comme des idées répréhensibles aux yeux des journalistes, puis il reprend une respiration normale
Les autres sont suspendus au mouvement de son phrénium
Le vampyr adjoint, bouche bée, toujours vêtu de sa blouse de labo, se tourne vers les autres
"On dirait bien que ça a marché"
Une voix lui répond, venant du plancher "si vous me détachiez, qu'on puisse aviser"
C'est Bruno Kremer, toujours entravé par les soins du vampyr laborantin, sous la supervision de kobus, lorsqu'il portait une arme

 

Vous allez vous dire qu'après la chtouille chopée en début de récit, l'amaigrissement subit pendant l'anabase, les deux mornifles assénées par le sosie de Bruno Kremer, la mort subite puis la résurrection sous les espèces d'un vampyr, je n'épargne rien à ce personnage
Et vous avez raison
Vous vous demandez aussi pourquoi je m'acharne sur lui, alors que d'autres auraient pu faire l'affaire
Vous avez raison, là aussi, là toujours
La réponse est simple, limpide, elle tient en un mot, l'amour
J'aime bien ce personnage, et qui aime bien chatie bien
Attendons nous à le voir encore souffrir

 

Pour le moment il ne souffre pas
Il gît, le thorax gonflé d'un souffle imperceptible, laid à faire peur, la tignasse collée par la sueur de l'agonie
Vous pigez pas que ça a marché, que l'expérience est réussie, qu'on est sauvés, sauvés !
Ça c'est Bruno Kremer qui cause
Et Blumroch lui chante les répons, comme à la messe
Pauvre débile, regardez ce que vous en avez fait de notre pote, regardez bien, il est mourrant, comateux, et en plus il a un truc dans l'cul !
Faut l'autopsier, on saura pourquoi et comment ça a marché avec lui et pas avec nous !
Connards, l'autopsier ? Mais il est pas mort que je sache, j'ai bien envie de vous faire passer le goût du pain, non,du sang, tous tant que vous êtes, vampyrs, cosaques Wagner et tout le toutim
Et Blumroch de cramponner la petoire du cosaque Wagner dissous dans les vomissures de kobus
Attendons, fait pas le con petit, ça part vite ces trucs là et puis après, plus moyen de réparer le bouzin,pose moi ça là et détache moi, qu'on discute
Y a rien à discuter, faut vous démerder pour restituer son aspect fizik originel à notre pote et fissa, encore !
Pour ça, il faudrait que j'ai les mains libres ou,du moins, qu'un chiantifique du labo nous prête son concours
Et l'autre simplet, là, il ferait pas l'affaire, au lieu de rester planté comme un con à bailler aux corneilles ?( on voit que Blumroch use, lui aussi, de tournures piochées directement dans le manuel de conversation de son enfance)

 

Le simplet en question bégaye "le... le... le mort, il se réveille, là"
On se tourne vers le brancard équipé des étriers obstétricaux, en effet, kobus s'est assis, sa tignasse viens lui masquer le museau, et ça vaut mieux, moche comme il est devenu, son abdomen tremble convulsivement et il laisse filtrer des prouts nauséabonds à intervalles réguliers, comme un candidat détesté des journaloppes
"Il faut l'alimenter, là maint'nant,toussuite !"
Là c'est Bruno Kremer qui éructe, en se tortillant au sol
"Mais démerdez vous,quoi, allez lui chercher un n'haigre, bon sang, sinon il va mourir d'inanition !"
"Un n'haigre? Et puis quoi encore, vous nous aviez dit qu'ils avaient le sang pourri, eux aussi !"
Là c'est Blumroch qui reprend les commandes
"Kobus, mon vieux, comment tu te sens ? Transit fluide, lymphe pétillante, érections de qualité, masse musculaire au top ?"
"J'ai envie aller au pot...." Ceci dit d'un ton geignard, infantile
Ho merde, il a fondu un fusible, il retombe en enfance

 

Blumroch se tourne vers Bruno Kremer
Regardez donc, bande d'ordures ! Un mec pétant de santé, à peu près sain d'esprit, vous en avez fait une loque, incapable de parler comme un adulte, ha putain, si je m'écoutais, je vous flinguerais tous, jusqu'au dernier !
Non non, c'est le signe que ça marche, au contraire, il va renaître, déjà il est au stade anal, c'est un progrès par rapport aux autres, il est pas passé par le stadoral, vous allez voir, tout se passe bien
Kremer, entravé sur le parquet, n'en mène pas large, ce mec, un peu fondu, est cap'de les liquider sans réfléchir pour venger son pote, l'autre mort vivant flatulent sur la table est cap'de les dévorer quand à l'universitaire en rupture de ban, il dit rien mais on le sent confusément capable du pire
Justement, Jean Eudes prend la parole
"On va lui en fournir,du sang, et je vois que deux nourrices ici,simplet et toi, l'artiste, qui nous a mis dans cette merdasse, ce serait logique que l'un d'entre vous,voire les deux, puissiez fournir de quoi sustenter l'ami kobus, le temps que les chiantifiques tirent ça au clair"
Ainsi soit il , ergote le grand karpatique, il faudrait toutefois que vous me détachiez, que je puisse offrir les veines de mes membres, pas question que l'on me phlébotomise au cou, je suis fort chatouilleux, comme Toinette dans Tartuffe, mais moi c'est du genre masculin
On le voit venir, une fois détaché, il se ruera sur les ci devants prisonniers pour les remettre dans les fers

 

arf!
on lui détache quand même un bras, au grand karpatique, on l'approche du Kobs
lequel tremble, bafouille, bave
ça va être difficile de s'alimenter, dans cet état, faut il le perfuser?

non, il se dresse, se dénude, puis, le priape dressé, se précipite sur le karpatique, le retourne, le déslipe, et tente de le pénétrer, puis il s'effondre en haletant

il est passé d'un coup du stade anal au stade génital, on est en progrès

 

et quel progrès!
ses acolytes, ravis de le voir en aussi bonne condition, exigent de trinquer avec le grand karpatique, lequel n'est pas à la fête
on le charie
"allez l'ami, notre pote ne vous a pas réjoui le soubassement, c'est ça? mais comme vous le dites, il est retourné à un stade précoce, il lui faut le temps d'apprendre"
Jean Eudes, qui se pique de connaissances slamiques en plus de sa maîtrise Habsolue de l'ethnologie ouest-afwicaine, déclare "il lui faudra autant de temps pour apprendre qu'une houri du paradis d'Allah, et moins de temps encore pour oublier, voyez ce qui pourrait advenir de vous si nous lâchions notre fauve à nouveau...."
là c'en est trop pour le karpatique
il blêmit, si on peut dire (plus blanc qu'un vampyr sur les hauts plateaux du Kiwu, c'est difficile)
"kes ke vous voulez, dites le, on pourrait s'arranger avant ke les cosaques wagner ne vous arrangent à leur sauce"
"hé bien, tant que le priape de notre ami est roide, j'éviterais de miser sur la fidélité des mercenaires, si j'étais vous, mais convenons d'un moyen terme, nous vous cédons une pinte de sang de l'ami kobus ici présent, un extrait de ses fèces et peut être, si vous êtes sage, une radiographie de ses maxillaires, en échange, vous nous procurez tout moyens pour partir d'ici en bon état et arriver à bon port, notre garantie sera votre présence obéïssante jusqu'aux confins du territoire, nous enchaînerons évidemment notre ami puisque vous craignez pour votre vertu"
"je ne crains rien, bande d'humains! zavez intérêt à courir vite, l'afwique est un petit continent, moi j'vous l'dit!"

 

Allez allez,vas y, fait nous un sourire, une risette, un reset, l'ami !
Regarde, Klaus le souabe, lui, nous a fait une risette dans l'autre aventure
Et même une grande, pas vrai les gars, une grande risette
Un big, un great reset
Alors ce qui vaut pour Klaus,vaut bien pour toi aussi !
Une lampée de tsuica pour nous réconcilier !
Demande à tes chaouchs de faire péter les bouteilles !
Ou alors du cotnari, lentement élaboré dans les caves de l'empereur trajan!
Non, tu veux pas ?
Hé bin, c'est pas pour dire mais t'es pas d'humeur heureuse
C'est à cause de Kob's ?
Mais il t'a à peine touché, je sais bien, la virilitude insultée du karpatique moyen, erreur,faites excuse monseigneur,du karpatique supérieur, cette virilitude là s'en remettra, d'ailleurs, pour sceller notre réconciliation, vous allez échanger vos sangs Kob's et toi
Là, Bruno Kremer regimbe sévère

 

mais pourquoi tu fais la tête?
hein, le sang du Kob's est pas assez bon pour toi?
là c'est Blum qui cause
et il cause fort , en approchant son nez de celui de son terlocuteur
lequel recule, il a reconnu la sainte, la froide colère qui glace le sang et les sentiments et pousse aux pires extrémités
il la connaît cette colère, il l'a d'ailleurs éprouvée lui même
longtemps auparavant, lorsque la meute amorphe des vampyrs nouvelle mouture refusait tout effort, toute contrariété pour se laisser mourir et bercer dans la nouvelle société de consommation apparue à l'est du continent
il recule
"je vais vous expliquer, mais de grâce, cesse tes intimidations, ça n'a aucun sens"
et là, il raconte tout bien, le lent dépérissement du cheptel humain, la querelle des anciens et des mouderns, les exhortations à rester vampyr envers et contre tous, exhortations restées lettre morte pour la moitié de la populace vampyresque, l'exil, la terre de Canaan, puis la rattrapante par la moudernitude, les parasites et la drogue qui ont fait de leur bétail une somme de soucis plutôt qu'un motif d'espérer
oui les motifs d'espérer n'ont plus cours
la recherche, les échecs, encore les échecs, les cobayes anéantis par les expériences, les volontaires sacrifiés par dizaines, et encore le dépérissement de la communauté
il a même pensé en finir
mais pour un vampyr, finir n'est pas finir, c'est un jour sans fin, si on peut dire
et la solution, là, à portée de main!
épargnez le sang de votre ami, rejoignez nous dans cette quête triomphale !
devenez vampyr!
comme nous, comme lui!

le "lui" désigné a vraiment mauvaise mine, dos voûté et oeil amorphe
sauf son priape qui dodeline du chef
et son colon qui continue de gazeïfier l'atmosphère à tout va
il se lève, s'ébroue, lâche une caisse et disparaît

 

vous....vous le laissez calter comm'ça?
sans tenter de le retenir?
mais vous êtes des criminels, vous niez la science et la recherche!
bande de ...de...d'inconséquents!
oui d'inconséquents!
c'est à ce moment qu'on entend des couinements, des supplications, des soupirs, des gémissements, puis des scansions
han han han
kes ke c'est que c't'affaire encore?
en gardant un oeil sur les prisonniers, on va s'informer
c'est le kob's qui a chopé une aimable vampyresse, enfin aimable et vampyresse font mauvais ménage, mais bon, la drôlesse n'est pas mal tournée, maigrichonne mais une belle carnation pâle autant qu'on puisse en juger dans le tourbillon de membres cirés à la sueur qui s'offre aux regards, et une saine ardeur au déduit
elle psalmodie puis hullulle
puis se laisse aller
crois tu que ça stopperai le kobus?
non pas, il passe la surmultipliée

 

Mais, qu'est ce à dire ?
Kremer se traîne jusqu'à l'huis pour constater de visu
On pourrait penser que c'est par jalousie,car il exhorbite du regard
Ou par vice puisqu'il a un sourire satisfait
Mais non, il se dresse à demi, toujours enchaîné, et vitupere
Vas y,Szuzanna, applique toi, tu l'as mis sur orbite,vide le, récupère les gamètes, jusqu'à la dernière goutte !
On comprend alors qu'il n'y a nul intérêt érotique mais une saine préoccupation reproductrice
Las !
Le néo vampyr n'est pas porté à l'assouvissement et continue à pilonner la belle qui joui, une fois, deux fois,dix fois, puis meurt épuisée
Incroyable qu'un traitement censé guérir une mutation de l'hémoglobine transforme un ouest européen un peu replet en une épée de sommier inépuisable !
Et pourtant, c'est le cas
Il se dégage de sa partenaire, tente de lui insuffler à nouveau la vie en pistonnant du bassin
Peine perdue
Alors, il se dresse vers le ciel en insultant la création
C'est là qu'une main légère vient l'effleurer sur l'épaule
Szuzanna !
Bien sûr!
Une vampyresse ne meurt jamais, c'est comme le père Noël
De joie il l'embrasse dans le cou, et, sans y penser,la saigne un peu
Mais la bougresse n'en meurt pas
En tout cas, requinqué par cette pinte de liquide vermeil à lui octroyé par son amante épisodique, quasiment de rencontre, il accepte de céder du sien au souriceau laborantin
Et de ses fèces aussi ( pour ça c'est plus facile il lui suffit de se poser quelque part pour que le symbiote intestinal produise comme un stakhanoviste de la bonne année)

 

Pour la semence, pas moyen, en dépit de l'application de Szuzanna
Et pourtant elle y met du sien
La survie des vampyrs peut en dépendre,pensez si ça la stimule !
Mais la carotte du néo vampyr reste dure et sèche, sans s'attendrir
Pas de sauce blanche
Kob's se lève donc, titubant, et va trouver ses kamerads voyageurs
Il questionne, avec des mots infantiles, on lui répond en atténuant l'ampleur des transformations par lui subies
Encore bloqué à un stade pédiatrique, il n'y trouve que des avantages, le priape toujours tendu, la disparition de l'embonpoint, la trogne cadavérique qui, prétend il "va faire peur aux filles"
Pas moyen de discuter avec ce garçu, voyons plutôt comment nous pouvons sortir de ce merdier, l'afwique, et où nous allons atterrir
Là, jean Eudes glisse une incise "effectivement, la sortie d'afwique est une problématique maintes fois évoquée dans toutes les zienzes zumaines, mais on n'y arrive rarement"
Merci de me mettre du baume au cœur, lui rétorque Blumroch, raide comme balle, il faudra bien que nous puissions rapatrier cet homme là, ça n'aurait pas de sens de le laisser ici, et puis il faudrait aussi lui emboîter le pas, son beau père putatif ici présent nous a promis mille morts s'il nous chopait
Il nous a suggéré de courir vite, c'est pas pareil

 

Oui
Et pourrons nous courir ?
Sans parler de rapidité, seulement de mettre un pied devant l'autre ?
À cet instant retenti une clameur immense avec des détonations, une odeur de brûlé et des sifflets de vuvuzelas
Mais comme c'est la nuit on voit pas bien, sauf les vampyrs et kobus, nyctalopes, bien sûr
On interroge, quand même
Au loin, les cosaques Wagner en déroute grimpent la colline, en traînant leurs blessés, suivis d'ombres fugitives, entr'aperçues à travers les frondaisons
Mais de quoi s'agit-il ?
Le souriceau de laboratoire va aux nouvelles
C'est les n'haigres cobayes, ou plus certainement leurs parents, qui se révoltent
On a découvert un charnier à la lisière du bâtiment d'expérimentation, quelle idée aussi de n'avoir point dispersé les corps...
Et au loin, on voit poindre une masse de n'haigres enragés, agitant des machettes et vociférant comme itlaire
Ils soutiennent leur courage en s'invectivant les uns les autres

 

Nom de d'la !
Est ce que ça va être les Thermopyles ?
Nos amis assurent leurs armes dans leurs mains moites, certes ils sont restés vainqueurs d'une attaque nocturne par une troupe de déserteurs de la Lord army libération front, certes ils ont maté une rébellion de ouigres dans les rues d'une sous préfecture d'afwique de l'ouest, certes, dans un épisode précédent ils ont tenu la dragée haute à tout un pandemonium de divinités diverses lors d'une fin du monde orchestrée par Klaus le souabe, mais là, on les sent un peu démunis, hésitants
Sauf kobus, qui lui, visiblement, plane au dessus de tout ça et le grand karpatique qui écume en secouant ses entraves
On le libère, enfin, il prend les choses en main
Les vampyrs disparaissent en un instant, rejoignant les ombres fugitives aperçues sous le couvert des arbres, ne restent que les cosaques et Blum ainsi que Jean Eudes, kobus a disparu lui aussi, tracté d'une main ferme par Szuzanna

 

Nos deux comparses veillent au créneau, un peu anxieux tout de même
On n'entend plus de coups de feu, rien que des hurlements à vous glacer le sang
Les cosaques Wagner ont laissé une sentinelle, pas bien disserte, les autres se saoulent au ouisquie frelaté ( y a que ça en afwique, ça et de la castel, mais à partir de 6litres/jour, ça devient très diurétique)
Les hurlements mal identifiés, la nuit afwicaine, les cris des zanimos nocturnes, tout cela compose un tableau acoustique très angoissant, plus d'une fois, lorsque l'ombre se fait trop opaque,nos héros sont prêts à lâcher une rafale dans la nuit, mais ils se contiennent, histoire de pas blesser les vampyrs, avec lesquels ils sont maintenant associés pour ainsi dire
Au petit matin, alors qu'aucun vampyr n'est revenu, un pestacle Habominable surprend nos deux amis
Ce sont les restes des mutins n'haigres, empalés en rang serré,pile devant la tranchée où ils avaient élu domicile la veille
Un cosaque Wagner prenant la garde de la sentinelle, s'exclame "toujours pareil,tcherniy foutre borrrdel, nettoyer devoir fairrre maintenant"

 

Nos amis s'interrogent sur le mot tcherniy, jusqu'à ce qu'un starchyn des cosaques leur explique "noirs, évidemment, pour nouzautres, nous usons d'un vocable plus stigmatisatisant, et que vous ne sauriez tolérer"
Ha mais nous tolérons à peu près tout, sauf que le ciel nous tombe sur la tête
Ça et la privation des jeux du cirque,du cirque médiatique, s'entend
Panem et circenses, renchérit alors le gradé cosaque, rien n'a changé depuis la Rome impériale
À ces mots, on s'enquiert de son parcours, pas courant de trouver un mercenaire adepte des inscriptions et belles-lettres
Il acquiesce, de même que le nez de la vieille n'a pas toujours touché son menton dans Candide, je n'ai pas toujours manié l'automat kalachnikov et le pic à décerveler
J'ai même été un étudiant assidu, destiné à une carrière dans les lettres classiques, mais la perestroïka a tué mon futur dans l'œuf, pour ainsi dire et plus encore, ce sac à gnole de Boris Eltsine, que le diable le patafiole, qui a vendu le pays à l'encan, ses mines,ses puits de pétrole,ses forêts, ses scientifiques,ses filles aussi ( n'avez vous jamais louché sur ces pages internet qui vantent les beautés slaves ?)
On opine du bonnet, un peu mal à l'aise quand même
Mais le gars poursuit sans se démonter ( ce qui serait un comble pour un cavalier émérite comme le sont les cosaques,a priori du moins), ne pensez pas que je me plaigne, beaucoup de camarades de la défunte République socialiste soviétique ont eu une vie moins heureuse que la mienne, j'ai pu vivre moultes aventures, visiter maints pays lointains, entretenir commerce charnel avec plus de créatures que vous ne sauriez en bénir et si je me suis mis au service de la noble communauté des goules nocturnes et suceurs de sang de l'ancienne Galicie, c'est un peu par nostalgie de l'Empire des tsars
Là, on commence à entrevoir une ouverture pour laisser filer la parlotte sur des pistes moins mortifères
Jean Eudes coupe brusquement "où pourrions-nous retrouver notre compagnon de voyage ?"
Le starchyn s'assombrit
"Si les n'haigres ne l'ont pas occis, il y a peu de chance que les vampyrs le laissent repartir, vous non plus,du reste, mais l'accès de fièvre de la populace locale fut tellement soudain que je n'ai eu aucune consigne vous concernant, peut être pourriez-vous mettre à profit cette lacune dans la chaîne de commandement pour lever le Camp ?"
"Jamais sans notre pote !" là c'est Blumroch
"Une position qui vous honore, quoique bien précaire eût égard aux humeurs changeantes des karpatiques, je vous indiquerai donc un lieu où ils vont se ressourcer après leurs chasses, car l'affaire de cette nuit en avait peu ou prou les contours"
Vous je sais pas, mais moi, rencontrer un mercenaire qui cause un français aussi châtié, ça me surprend fort
Je crois qu'on pourrait en chercher longtemps dans les autres compagnies de soldats de fortune
Celui ci a un niveau frisant l'agrég' lettres classiques

 

On les conduit, par des abords détournés, vers des falaises, pas loin de là, on voit que l'érosion à abaissé le relief, évidemment, rien ne reste à sa mesure initiale, pas mauvais de s'en souvenir, la géologie, une école de philosophie en somme
Là on distingue l'orée d'une caverne entre les broussailles, elle se signale par une puanteur peu commune
On s'engage, avec prudence, dans cette sorte d'acheron ( un ruisselet putride serpente au milieu, mais nul nautonier pour t'aider à le franchir), on progresse dans un étroit couloir, tout tapissé de déjections fétides, puis on débouche sur une salle vaste, éclairée par l'effondrement partiel de la voûte, effondrement camouflé par une végétation parcimonieuse ( on est aux afwiques mais à 2000 m de hauteur), effondrement généré par la diaclase, hé oui, l'eau ça use
La succession de l'étroitesse de l'entrée puis la vastitude du reste éclaire la maxime des spéléos, empruntée aux sectes chrestiennes , ad augusta per angusta
Et ce n'est pas une maxime d'invertis...
Ils sont tous là
Tous les suceurs de sang et les goules karpatiques et de Galicie
Pendus au plafond, les pieds bien crochés dans un solide barreau, les bras croisés sur la poitrine, ils songent, par intermittence un œil s'ouvre ça et là pour se refermer ensuite sans pouvoir se fixer
Kob's est là, Szuzanna a agrippé ses doigts dans les quelques mèches filasses qui constituent sa chevelure, elle le serre de près, lui par contre a l'air moins comateux que les autres
On tente de le héler
Psstt,mec, réveille toi, on ripe, allez,bouge
Il tourne vers eux une face livide, barbouillée du sang des pauvres n'haigres qu'ils ont occis,tous tant qu'ils étaient
Gneu ?
Koi ki n'y a ?
Pas gracieux au réveil,l'ami

 

On dégage, bon gû,descend de ton perchoir, fissa
Il déplie sa carcasse, se laisse tomber au sol comme un sac de patates,floc
L'impact réveille partiellement Szuzanna, elle ouvre un œil, puis le révulse atrocement, frisonne, soupire, murmure "faisons le encore, pour la gloire du peuple vampyr" puis sombre à nouveau dans des rêves de chasse nocturne, de massacres de n'haigres de reconquête de la steppe et des montagnes européennes
Kob's se rapproche en boitillant, mais kes ke vous voulez enfin les gars, je roupillais tranquillou, il me fallait au moins ça, j'étais mort figurez vous, bien mort, après un truc pareil on a besoin de récupérer, enfin il me semble
Bin non, on dégage, les vampyrs vont pas se contenter de t'entretenir comme une danseuse avec saillie auprès de ta belle à la demande, d'autant que tu es stérile comme un bardot, ils vont t'autopsier, d'ouvrir comme pour une vivisection, après t'avoir prélevé du sang, de la merde et du foutre
Ha, pour le foutre c'est impossible, d'ailleurs c'est pour ça que je suis devenu l'épée de sommier que voici, Freddy Sirocco serait envieux
Justement, ils vont te les couper pour les passer sous le microscope, y a urgence à bouger
Et la fille, je la laisse là ?
Mon bon kobus, l'humanité est faite de moitié d'hommes et moitié de femmes, on t'en trouvera toujours une
Et pour les trans, dans quelle moitié on les range ? (toujours aussi crétin avec ses questions niveau collège)

 

Les trans ? Songeons plutôt à nous translater ailleurs qu'ici, l'air y sera sûrement plus respirable
À ce propos, les déjections qui maculent le sol sont assez atypiques, point n'ai vu jusqu'à présent de semblables fientes
Là c'est Jean Eudes qui cause, en plus d'ethnologie, il se pique de gastroentérologie, de parasitologie voire même de médecine vétérinaire
Non, c'est pas ça, les amis mais on acquiert une certaine habitude à l'examen des levées et ceci quel que soit l'animal et je puis vous dire que des mammifères ou des ovipares qui font ce genre de bouses ne sont pas bien portants
Voyez ces filets sanglants,ces gros vers blancs, ce grouillement dans ces fèces, j'aurais pas voulu héberger ça dans mon rectum avant de l'expulser

Commentaires

Blumroch s'impatiente, on va pas gaspiller notre temps à consulter les oracles dans des merdes de vampyr, on taille la route
Sitôt dit sitôt fait on glisse vers le bled européen, en vitesse, kobus encapuchonné pour éviter de se consumer au soleil, lunettes noires,mains enfoncées dans les poches, capuche de pull-over ( le même que Zelinski dis donc) rabattue sur les yeux, en passant par des sentes ombreuses, et puis l'aube point à peine
Fissa fissa
On arrive sans mal au bingalo où on avait été séquestré auparavant, on se met en quête d'un véhicule quelconque
Joie, bonheur, on tombe sur un quatquat luxueux climatisé d'une association subventionnée destinée à la sauvegarde des clitoris pré pubères, ou à la préservation des albinos autochtones
Vite vite on se met en quête des clés, Noël ! les voilà sur le pneu avant gauche, on met le contact, le moteur ronfle, réservoir plein, on s'encombre des flingues récupérés au dépend du grand cosaque Wagner, on pille le bingalo pour rassembler quelques impedimentas mais la cahute est vide, déception
On sort alors du bâtiment pour s'embarquer dans le mobile à quatre roues motrices ( et une de secours) lorsqu'on tombe sur une forte troupe de Wagner armés jusqu'aux dents
Fatalitas !

Écrit par : Kobus van Cleef | 09/04/2022

// REMARK ON
Fatalitas !
Leroux avait prévu la modernité : "C'est une sacrée femelle : j’ai nommé la Fatalité. Monsieur, vous voyez devant vous une victime de la fatalité. Fatalitas ! J’étais bon, je suis mauvais. J’étais doux, je suis terrible. J’étais aimant, je hais."

Une amie avait un gentil chat roux qu'elle avait appelé Gaston.
// REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 09/04/2022

Blumroch > Heureusement que l'argument de la fatalité ne fonctionne pas (toujours) devant les tribunaux.

Elle a de l'humour votre amie et c'est un joli nom pour un chat, Gaston.

Écrit par : Pharamond | 09/04/2022

@Pharamond : Tu ne dois pas souvent consulter fdesouche, Kamerad : ces [autocensuré] de juge[sse]s trouvent toutes les excuses à ces pauvres criminels menés par la fatalité. "Fatalitas !", "C'est la faute à la société !", c'est l'excuse universelle pour toutes les crapules.

Écrit par : Blumroch | 09/04/2022

Blumroch > C'est pour cela que j'ai dit "pas toujours" et puis le souchien est génétiquement épargné par la fatalitas divine, il reste maitre de son destin. Quelle chance !

Écrit par : Pharamond | 09/04/2022

Les canons des armes se lèvent imperceptiblement de part et d'autre
L'issue du combat, si combat il doit y avoir, ne semble pas faire de doutes, à deux contre toute une sotnia ( n'oublions pas que ce sont des cosaques)
Un sotnik se détache du groupe, c'est l'aimable agrégé de lettres classiques avec lequel ils ont échangé pas plus tard que tout à l'heure, il lève la main, il va parler, il parle, on l'écoute
( Je le baptiserai bien mais le seul patronyme qui me vient à l'esprit est celui d'un descendant de Russe blanc-authentique, kobus ne ment jamais, enfin, très rarement, enfin, jamais si c'est pas indispensable- que j'ai connu dans ma jeunesse et qui enseignait le tudesque, nous ne le nommerons donc pas Christian de V....)
J'ai bien conscience que l'envie de déserter vous tenaille et que vous voulez mettre de la distance entre les hauts plateaux et vous
Mais où aller, vers où vous tourner ?
Remettez ce départ et planifiez le un peu mieux
La voix de la sagesse, non ?
C'est kobus qui rompt le charme
Dites donc les aminches, avec tout ça, en bon vampyr que je suis devenu, un seul rayon solaire et je me dissous ?
Attendons la nuit, mais je suis pas certain de désirer la compagnie des vampyrs et de mon beau père putatif, il m'a quand même collé deux mornifles d'anthologie

Écrit par : Kobus van Cleef | 09/04/2022

// REMARK ON
Kobus ne saurait être vampire ordinaire. Je suggège qu'il soit Le Diurnambule, Celui Qui Peut Regarder Le Soleil En Face. Ou alors un Dampyr atypique. Pour plus de détails, voir le premier *Blade* ou les deux premiers jeux *Bloodrayne*.
// REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 09/04/2022

Ne craignez plus rien des goules karpatiques, la ventrée récente qu'ils ont fait du sang pourri des n'haigres les a achevé pour le coup
À moins qu'ils ne disposent d'une équipe de réanimateurs avec épuration extra rénale, échanges plasmatiques, ventilation assistée et contre pulsion aortique, je pense que vous n'en entendrez plus parler
Du moins avant longtemps

Soulagement de nos amis, qui n'en menaient pas large, on a beau avoir traversé les océans, affronté le souabe, les djieux antiques, des n'haigres de toutes obédiences, il arrive un moment où la statue interne se fissure ( comme dirait Élie de..)
et où l'excès de stress ne tue plus le stress mais l'amplifie

On abaisse le canon des armes, que l'on remet à la bretelle
Il faut maintenant décider d'un itinéraire puisque aussi bien la mission journalistique est accomplie ou bien a avorté
On a bien rencontré les vampyrs, on a bien recueilli leurs confidences, exploré leurs détresses ainsi que sais le faire tout bon baveux soucieux de faire pleurer dans les chaumières mais on n'a pas su quelle était leur implication dans les cagades régionales, dans les guerres ethniques afwicaines

Écrit par : Kobus van Cleef | 10/04/2022

Accomplie ? Avortée ?
On hésite entre les deux pôles
On pourra toujours recueillir des infos auprès des cosaques prêts à nous emboîter le pas, maintenant que les vampyrs sont entrés en semi hibernation, le temps d'éliminer les toxines du sang pourri des ouigres
Et pendant ce temps de latence, ils seront pas payés alors pourquoi ne point nous faire un brin de route, il y a plein d'autres combats à mener, avec l'assurance d'une solde conséquente
Il faut pourtant bien decider d'un itinéraire d'un point de dispersion
C'est Blumroch qui en discute avec Jean Eudes et le cosaque agreg'de lettres classiques

Écrit par : Kobus van Cleef | 12/04/2022

Un doigt hésite au dessus d'une carte, un front se plisse, puis une voix s'élève "passons....par là !"
On se penche on s'interroge, où ça ?
Là, Tanzanie, vallée de l'Omo, rien à voler, pas de routes carrossables, pas d'approvisionnement, pas de communications, personne n'ira nous chercher là
Et surtout pas les vampyrs
Mais pour en sortir, hein, pour en sortir ?
Car une fois rendus il faudra bien en sortir ?
Nous nous glisserons dans les groupes touristiques qui, s'ils n'abondent pas, ne sont pas si rares que ça !
Sitôt dit, sitôt élaboré, on se met en quête d'accompagnateurs, kobus est out, temporairement, enfoui sous des couvertures par crainte du soleil, on pourrait même l'entendre trembler de peur, les quelques cosaques rassemblés n'ont aucune objection, le calme des vieilles troupes
Jean Eudes n'est pas fondamentalement contre, accroître sa connaissance de l'afwique lui plaît toujours

Écrit par : Kobus van Cleef | 12/04/2022

On annonce à kobus qu'on va se mettre en route
Il refuse
Le soleil,bordel, le soleil !
On tente de trouver une solution, bien emballé dans du papier sulfurisé comme pour faire des papillotes de poichon ?
Surtout pas, un seul photon et je cuis à l'étouffée
On décide donc de l'enfermer dans un cercueil
Problème
Où trouver un cercueil ?
Ici, dans l'afwique des hauts plateaux et des gisements minéraux rares ?
Faut déterrer un mort, européen, eux seuls pouvaient prétendre à une telle opulence, et pas trop vieux sinon en plus du cadavre moisi, la boîte est en mauvais état et laisse filtrer des rayons solaires à travers

Écrit par : Kobus van Cleef | 12/04/2022

//REMARK ON
Enigme à la manière de celles du duel verbal entre Bilbo et Gollum : Une lumière, atteinte par la lumière, s'éteint, qui augmente les ténèbres.
Kobus le vampire, atteint par un méchant rayon de soleil, ne nous fera plus profiter de ses lumières. :-(
Tant pis pour l'idée de Kobus le Diurnambule. ;-)
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 13/04/2022

Blumroch > Kobus n'est pas un héros hollywoodien, voyons.

Écrit par : Pharamond | 13/04/2022

@Pharamond : Certes, mais j'aimais bien l'idée de *Kobus Der UberVampyr* réalisé par Lang et Murnau. ;-)

Écrit par : Blumroch | 13/04/2022

Blumroch > Deux talentueux réalisateurs antinazis ; aujourd'hui ils feraient de la crotte propagandiste.

Écrit par : Pharamond | 13/04/2022

@Pharamond : Pour Murnau, je l'ignorais.
*M le Maudit* et les Mabuse ne m'avaient pourtant pas semblé si bien pensants. Quant au *Tombeau hindou*, il était simplement très mauvais quand il n'était pas grotesque.

Écrit par : Blumroch | 13/04/2022

Blumroch > Son Nosferatu est, semble-t-il, une allégorie de la montée du nazisme qui contamine tout.
C'est à dire qu'un film de l'époque même réalisé par un gauchiste parait réac aujourd'hui.

Écrit par : Pharamond | 13/04/2022

@Pharamond : A ce compte, on fait des films de zombies des allégories marxistes !

Écrit par : Blumroch | 13/04/2022

ha, murnau j'ai pas vu des masses de trucs de lui (c'est korekt comme formulation? je doute)

bon, continuons le crépuscule des vampyrs
on se met en quête d'un cimetière avec un carré blanc majoritaire
difficile mais Léopoldville n'en est pas dépourvu, les cosaques arpentent les allées, en déchiffrant les dates de décès (pour les patronymes faut pas y compter, ils ne lisent que le cyrilique)
bingo, y en a un, là!
performance, parce que les belges ont fichu le camp depuis plusieurs décennies
que lit-on?
1995...
allez, pelle pioche, on excave une superbe bière recouverte en zinc
alors là mes amis c'est Bizance! Kob's pourra dormir d'un sommeil que rien ne viendra troubler
impossible de la forcer comme ça, toutefois, le fer d'une bêche, inséré judicieusement entre les charnières et la feuille de zinc dévoile une boîte faite d'un bois sobre et sombre, genre palissandre (mais c'est interdit d'user de pareil matériaux ! tant pis, licence poëtique, le directeur van de pute de l'exploitation minière a voulu ça pour son repos éternel)
ainsi exposée, le cercueil apparait quasi intact, même pas souillé au fond par les jus de décomposition du de cujus qui , de façon habituelle, traversent la boite
à moins que raymond van de pute, né en 1928 et mort en 95 n'ai été embaumé?
trouver un embaumeur ici?
on dévisse le couvercle, on s'attend à une explosion de gaz fétides, rien, on soulève
surprise, noël, c'est pas un machab' c'est des sacs de diam's!
de toute taille, non taillés evidemment
mais toulmonde les reconnaît de suite, lisses, noirs ou fauves....
et là, tout bascule
les cosaques dégainent, l'agrégé de lettres classiques aussi, braquage compulsif, tous contre tous, Jean Eudes et Blum reculent doucement, lorsque le talon de Blum se prend dans le manche d'une pioche, il tombe lourdement, brrrraaang, les canons crachent des bastos, à si courte distance, ça ne pardonne pas
interruption du feu
on entend un chlak, probablement un encore vivant qui enclenche un nouveau chargeur, puis plus rien

Écrit par : kobus van cleef | 14/04/2022

là, on peut dire que la mort a frappé...Blum, la tête entre les mains, risque un oeil...un deuxième
maverdave! Jean Eudes! mon fieu, réponds!
silence sépulcral
Blum se lève, prudent, un pruneau est si vite attrapé
Jean Eudes gît à quelques mètres

Écrit par : kobus van cleef | 14/04/2022

Il le pousse, le palpe
L'autre respire encore
Il vit, donc, tous les espoirs sont permis
Alors, que s'est il passé ?
C'est simple, le projectile fatal s'est enquillé dans la nervure du fer de la bêche, là où vient s'insérer le manche, encore heureux que ce fut un surplus européen, aux afwiques depuis plus d'un siècle, avec la camelote chinoise ce serait pas pareil, bref, ayant perdu de sa vélocité, la bastos a découpé en biais un tronc de cône dans le métal,a ripé sur le côté puis est allée se perdre dans un petit volume que Jean Eudes garde précieusement par devers lui dans sa poche de poitrine, maximes et sentences morales, de la roche faux cul, non la roche Foucault, bref, on ne dira jamais assez combien l'éducation klasik peut sauver une situation compromise
Jean Eudes ouvre à son tour les yeux, passablement sonné
Il se demande ce qu'il fout là par terre, on l'informe, il se lève péniblement
Tant qu'à être sauvé il eût voulu que ça se fasse au moyen de sa médaille de Lourdes mais on ne choisit pas son miracle
On se met en chasse d'un moyen de transport idoine à brancarder le cercueil de van de pute et ses diamants, auparavant on bascule les cosaques morts dans la fosse, dommage pour notre ami agrégé de lettres classiques, mais l'appât du gain fût le plus fort
On s'encombre aussi de quelques petoires, de munitions excédentaires et roule, la carriole fait couicccccc couicccccc, chargée de la boîte à malices, les quelques passants rencontrés, noirs extrêmement noirs, ne mouftent pas, ils se signent assez nonchalamment, après tout, des blancs qui trimballent un mort,aux afwiques, c'est banal, et des coups de feu dans un cimetière, c'est archi banal

Écrit par : Kobus van Cleef | 14/04/2022

On arrive au bingalo, kobus, toujours enfoui sous les couvertures, commence à odorer brutalement la transpiration et le prout refroidi ( on est à des heures de son dernier repas solide, on ne compte pas la sanglante ventrée qu'il s'est fait avec les goules karpatiques)
On le secoue, le traîne au fond du bingalo, le charge dans la boîte, on fait au préalable des trous dans le fond ( oncques ne vit les rayons solaires monter du sol, uniquement tomber du ciel) on pousse toussa dans le quatquat blanc dédié à la sauvegarde clitoridienne des filles autochtones, contact, vroum, on démarre
On fait le compte de nos acquis, diverses petoires, toutes du même modèle, un bon approvisionnement en munitions, aucune provende, mais bast, on vivra sur le pays, on l'a déjà fait
Non, le plus sérieux c'est la longueur du trajet, l'absence de réservoir supplémentaires de carburant et la présence d'un malade psychiatrique qui ne veut pas risquer un œil tant qu'il fait jour

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/04/2022

Et vas y, on embraye !
Poussière rouge latteritique, ornières gigantesques, pistes inondées, la carte s'avère fausse d'emblée, un peu comme un quotidien nazional vronzais, détours par des bleds improbables, cols montagneux envahis de nuages, redescente sur des plateaux semi désertiques, la forêt congolaise est bien loin,mes petits fieux !
Pendant ce temps, kobus, balancé d'un bord à l'autre du véhicule payé par les dons des citoyens européens, même si les sièges en cuir amortissent les chocs, décide donc que trop c'est trop
Il profite d'un arrêt et pense-t-il de la tombée de la nuit pour sortir tel Jack in ze box et s'écrie "pas bientôt fini ? savez pas rouler correctement ?"
Et là, surprise
Il fait jour mais un jour cotonneux, on se croirait sur un rivage lorsque la brume masque les balises du bout du quai
Il se palpe
Chuis pas mort ?
Mais y a pas d'soleil non plus hein ?
C'est là que l'astre divin déchire la nuée ( oué, c'est moi qui l'ai écrit, on trouvera ça nulle part ailleurs, profitez en), et qu'un rayon tombe sur sa main
Il se rétracte, on se contracte dans l'attente d'une crise d'hystérie ou d'une dissolution du vampyr par injection ( n'oubliez pas qu'on lui a innoculé le vampyrisme, en intraveineuse directe)
Rien
Tu es guéri, mec, lève toi et marche
Ou plutôt roule,y reste du chemin devant nous

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/04/2022

Ha bin ça alors, chuis vivant, chuis pas maudit, pour une nouvelle...
Le soleil d'Austerlitz (2 décembre, je rappelle, pour les oublieux) l'a transformé, le mec, le voilà hyperactif, affûté comme un silex du bon millénaire
On balance la boîte, alors ?
Mmmm, nooon, attendons,y a peut être une utilité ( là c'est Blumroch qui cause) au moins pour dissimuler les diams
Ha bon,y avait des diams ?
Hé oui, c'est ce qui a causé la fin prématurée des Wagner et de l'agrég'de lettres qui leur tenait compagnie, l'avarice, l'âpreté au gain, toussa se paye un jour
Pourtant le gars n'était pas un mauvais bougre, mais on peut plaider qu'il avait des mauvaises fréquentations
Ha ça oui on peut l'dire, entre les Wagner qui étaient pas des nenfants de chœur,ton beau père putatif et ta presque promise qui t'as épongé le priape,y avait du ménage à faire
Enfin, en devisant gaiement,nos rescapés se remettent en route, direction plein est et un peu au nord

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/04/2022

Le coeur en fête, l'âme en paix
Quel pied
Pied au plancher d'ailleurs, sans pitié pour la suspension du quatquat clitoridien, lequel proclame sur sa carrosserie "ton clito est beau" ou bien "fais toi du bien/explore ton vagin/il est beau/c'est ton clito" avec des dessins explicites, où les organes sont stylisés comme un bonnet phrygien
Ça connote un max dans une région où les seuls francophones sont les ethnies au pouvoir, qui par définition sont insensibles aux injonctions estrangeres, et où les autres ethnies s'occupent prioritairement de leur survie, économique et surtout physique ( mais les miliciens de la Lord army libération front ne frayent pas dans ces parages) mais il faut bien que les petits bourgeois européens se donnent une raison d'exister, alors pourquoi ne pas militer pour éviter qu'on mutile la chatte des negrillonnes, pas vrai ?

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/04/2022

et pourquoi ne pas s'y mettre nous aussi?
là c'est Kobs, égrillard, qui questionne ses acolytes avec forces clins d'oeil (ou d'yeux puisque les clins sont au pluriel, mais yeux ça nous ramène à l'île du même nom et là, t'as la honte à cause de l'illustre locataire du cimetière....quoique, pas certain que sa concess' soit à perpèt' y a des mecs qui n'ont même pas droit au repos dans la mort, tiens , regarde herr hauptmann priebke, les italiens n'en voulaient pas, non plus que les tudesques, fallait il laisser pourrir le corps? le jeter aux poubelles? en pleine mer? c'est le genre de réflexion qui émaille mes histoires, et qui me rendent suspect aux yeux- là encore , l'île, l'île, l'ILE!!- de mon entourage)
les autres ne bronchent pas, qu'est ce qu'on s'en fout des cramouilles de négrillonnes mon pauvre ami, et pourtant ton priape n'est plus si tendu
jhein, quoi?
kobus passe la main dans ses braies, palpe, incrédule, il regarde, perd la route de vue un instant , boum, bang!
une roue dans le fossé, le pare buffle sur le talus!
et la peinture toute écaillée, zut alors!
marcharrière, en crapaud, en bloquant le différentiel , bzzzziiiinnnn, brout brout, on remonte sur la piste mais faut se rendre à l'évidence, avec un pneu foutu et une barre de dirrection dans le sac on n'ira pas plus loin ce soir

Écrit par : kobus van cleef | 16/04/2022

Vraiment dans le sac, la barre de direction ?
Pas certain, en roulant lentement, ça pourra aller, le pneu, faudra trouver un endroit plat pour poser le cric, y a une roue de secours, gaillardement accrochée derrière, chose assez stupéfiante pour un véhicule qui, à l'évidence, n'a jamais circulé que sur l'asphalte
D'ailleurs, 3000 au compteur, hein, c'est pas comme s'il avait arpenté le continent obscur d'un bout à l'autre
La nuit porte conseil, on va faire un petit bivouac et se coucher le ventre vide, une flambée pour réchauffer les vieilles carcasses et hop au lit
Assez bizarrement, maintenant qu'on est dans les hauteurs et qu'on pique vers l'est, la faune est moins présente, faudrait il obliquer pour tomber à la lisière d'un parc et braquer les braccos ?
Et d'ailleurs, que pourrait on leur braquer, sinon leur provende ?
Ces bougres là se moquent de la viande, ne récupèrent que l'ivoire ou la kératine des cornes de rhino
Faudrait une famine, la viande circulerait mieux
Mais dans quel état ? Rancie,moisie, faisandée...
Oué, un peu comme les ortholans...
J'en ai jamais mangé, quel goût cela peut il avoir ?
C'est pas le goût, c'est le snobisme de ne pas le manger
Et c'est sur ces considérations anthropo-culinaires que nos amis s'endorment
Rompus par les évènements de la veille, la fusillade dans le cimetière, la recherche d'un cercueil idoine, la fuite en quatquat, l'accident, ils n'ont pas pensé à poster une sentinelle

Écrit par : Kobus van Cleef | 16/04/2022

Alors que toulmonde dort, un rayon lunaire effleure le front de kobus, à l'instant tout change, sa peau, redevenue rose par l'effort de repousser le quatquat sur la route, tourne à nouveau au bleu, son vermicelle, enfoui dans ses chausses, tourne à nouveau au priape, ses lèvres se recroquevillent sur des crochets pas très sexy
Maverdave !
Le voilà transmuté à nouveau en vampyr !
Et personne pour en profiter !
Personne ?
Quoique... Blumroch ouvre un œil, les misères de l'âge, la prostate qui le torture, il avise le tableau, secoue la tête, surtout lorsque Kob's se lève, fébrile,tremulant, se débarrasse de ses fringues et part, à quatre pattes, le priape lui battant le ventre
Jean Eudes, réveillé et informé, conclut d'un lapidaire "loup garou frappé de satyriasis, tant qu'il nous laisse tranquille.." et se rendort
Au loin dans la montagne, on entend les hurlements du loup et ceux des novices déchiré.e.s
Au matin, tout est calme

Écrit par : Kobus van Cleef | 17/04/2022

On est réveillés par de solides raclement de gorge et de menus coups de pied dans les côtes
Putain mais kes ke c'est encore ?
Sous nos yeux ébahis se tient une façon de religieuse , sœur converse Clarisse probablement vu l'uniforme ( habit gris sombre, coiffe gris souris) , haute comme trois mangues ( pas de pommes sous les tropiques) ridée voûtée édentée, un vrai bonheur
Elle a une apparence métissée, moitié kikouyou moitié danoise, la fille naturelle que Karen Blixen aurait pu avoir si son intimité n'avait pas été ravagée par les MST réfilées par son amant
Elle les dévisage, un œil moitié fermé par la fumée d'un petit cigare coincé au coin du bec, à tel point qu'on croirait la religieuse du hussard sur le toit

Suis une harangue dans un sabir improbable, exprimée avec véhémence, merde on n'y pige rien

On se tourne vers Jean Eudes, qui tente une approche en bambara puis, constatant son échec, en soninké, en peul

Aucune réaction de la sœur qui reprend son baringouin, en l'accompagnant, cette fois ci, de gestes amples de son bâton
Pour finir elle tape sur le sol, façon Xerxès faisant fouetter les flots après le désastre de Salamine

Pas trop bon pour nous, toussa

C'est Blumroch qui trouve
Bonne soeur, église catholique et romaine,latin...
Il entame la conversation dans un latin de cuisine qui ferait rougir un séminariste
Tibi ancilla ?
La naine s'interrompt, bouche bée
Tibi ancilla, mii dominus
Il a soin d'accentuer sur la fin, façon affirmative
On attend, on est suspendus aux lèvres de la terlocutrice

Écrit par : Kobus van Cleef | 18/04/2022

Domini, tibi ? Arf arf, pauperi spiriti !
Elle se marre, comme une baleine, on a vue sur ses gencives déshabitées
Blum tente de garder le contrôle, de faire bonne figure
Mais il ne parviens plus à en placer une, le ricanement de la naine lui a coupé toute inspiration
Laquelle naine s'approche alors, distribuant coups de pied et de bâton, faisant bouger nos voyageurs
Kob's en particulier renacle, à demi nu, ce qui ne manque pas d'interesser leur guide ( point ne sait si je dois écrire guide.e ou bien guidesse, c'est compliqué l'orthographe en ces temps de théorie du genre),. elle lui fustige le fessard avec sa chicotte et, à ses soupirs épuisés, elle répond "sursum corda" ce qui, vous en conviendrez, n'admet pas de réplique
Notre bande, constituée des voyageurs encore ensommeillés et de la converse qui leur agace l'arrière train à coup de bâton, progresse lentement sur le chemin
Nul ne sait pourquoi ils obéissent à la naine alors qu'aucun ordre n'a été formulé, mais c'est ainsi, ils trottent, la vieille à leurs trousses
Au bout de quelques kilomètres de cette comédie, on aperçoit un bâtiment bas dans un repli de terrain, autrefois blanchi à la chaux, aujourd'hui rougeâtre à cause de la latterite, quelques chèvres, des volailles maigrichonnes, un père blanc, chapeau colonial sur le crâne et bouffarde au bec
On s'approche il toise le groupe tape le fourneau de sa pipe contre sa semelle, murmure "pardonne moi seigneur" et assène une maîtresse paire de claque au premier des voyageurs, puis au second puis au troisième
Ha non, il le loupe, kobus s'est reculé, pas de beaucoup mais ça a suffit

Écrit par : Kobus van Cleef | 18/04/2022

//REMARK ON
Guid.e, guidesse, guideuse, guidationneuse, guideresse... Führerin en un mot moins sujet à discussion. Peut-être même Führerin.e chez les franco-boches.
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 19/04/2022

reviens ici , merdeux! que je t'en colle une!
mais kobus, en dépit de l'âge, est resté agile, de plus, les claques, il en a pris avec le karpatique, ça ne le démange pas d'en morfler d'autres
et pendant que le père blanc s'époumone, et brasse de l'air, il esquive du buste, hop, hop, à la façon d'un boxeur des 70, lorsque c'était encore un art
au bout de peu, le gifleur qui s'avère donc causer vronzais, le gifleur donc s'essouffle, ses mouvements se font moins amples, ses invectives moins véhémentes
il finit par finir, évidence qui peut s'appliquer à chacun de nous, à toute chose et tout processus
il se laisse tomber sur une caisse qui traînait devant la construction basse, la soutane est remontée et on peut voir un mollet très débectant, sur lequel les varices rampent comme la glycine sur un mur, parsemé d'excoriations et de tatouages obscènes
on lui demande raison de son emportement, il peine à répondre, l'asthme ou l'emphysème ou la bronchite chronique
après un crachat glaireux dans la poussière, il se lance
c'est vous qu'êtes venus c'te nuit pour niquer mes chèvres
on s'entre regarde
mais personne n'est venu, et point ne niquons de chèvres, si niquage il devait y avoir nous choisirions des humaines, jeunes et bien tournées
d'ailleurs , autant vous l'dire tousuite, votre converse là, c'est pas notre genre, vous pouvez donc la renvoyer aux fourneaux qu'elle nous prépare le prandium, genre moindre des choses, accueil du voyageur égaré, toussa, pasqu'on s'est rien mis dans le ventre depuis bientôt trois jour, et avant, c'était régime minceur dans la forêt, aussi il serait bon que vous sacrifiiez à la vertu catolik qui enjoint de nourrir les ceusses qui ont faim
catolik? vous avez dit catolik?
mais point catolik ne suis
et cet abit, cette nonne? ces bâtiments , religieux si j'en juge par leur isolement et la croix au dessus du préau?
ha, ça?
je vais vous expliquer, mais auparavant, oui, un petit quelque chose s'impose
Gundula! prandium?
ainsi interpellée, la naine trisse vers la cuisine, on s'installe en rond devant le seuil de la salle commune

Écrit par : kobus van cleef | 20/04/2022

vous allez dire que je tire à la ligne
faux
je tape dans les interstices de liberté que me laissent la vie familiale et la vie pro
et ma flemme légendaire, bien sûr

Écrit par : kobus van cleef | 20/04/2022

La preuve, je connais déjà les épisodes à venir, je les tourne dans ma vieille cougourde, en les améliorant chaque fois
Sans vous révéler la fin, disons que certains des protagonistes restants seront béatifiés de leur vivant
Et ça, toulmonde peut pas en dire autant

Écrit par : Kobus van Cleef | 20/04/2022

À part Barack Obama qui a eu le Nobel du prout, de la paix, pardon, le lendemain de son élection, sans autre forme de procès

Écrit par : Kobus van Cleef | 20/04/2022

//REMARK ON
Eh, pourquoi le prix Nobel serait-il attribué par ironie au seul titre de la littérature ? (Bob Dylan, anyone ?) Ironie involontaire, s'entend -- Fruttero & Lucentini avait fait le portrait des grisâtres jurés qui prennent les décisions dans une liste déjà bien filtrée.
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 20/04/2022

Nous parlions du Nobel de la paix
Mais effectivement, un homme qui n'a pas dédaigné bombarder la Libye ou, à tout le moins y prêter la main, un homme qui a secondé les zaktivistes du derche, cet homme là, logiquement, pourrait prétendre au Nobel de la paix
Mais au terme d'une longue carrière
Pas d'emblée, le ku à peine posé dans le fauteuil, pas en guise de golden hello ( comme on dit dans les milieux d'affaires)

Écrit par : Kobus van Cleef | 20/04/2022

//REMARK ON
J'avions bien compris. Je signalais que le prix Nobel de la paix n'avait pas l'exclusivité de l'absurde et du grotesque : celui de littérature n'a pas récompensé que des écrivains.
Bah, donner immédiatement le prix de la paix à un fauteur de guerres pas encore entreprises mais certaines, c'est saluer une belle promesse de malfaisance, et c'est comparable en esprit à cette déclaration de je ne sais plus quel pédagogole (Meirieu, peut-être ?) ayant osé dire que jusqu'à la veille du doctorat, on avait le droit de ne rien savoir, à commencer par la langue française. Quand je serai ministricule de l'instruction facultative et minimaliste, je ferai attribuer aux lardons de maternelle un doctorat par avance, pour leur montrer toute la confiance que l'institution et la population mettent en eux. "Ti docteur, ti aussi ? Si, toulmonde il est docteur, ci ligal."
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 20/04/2022

On interroge l'hôte, sur le prénom de la naine ( oui elle était là lorsque je suis arrivé, le prénom nordique ? facile, elle est métissée kikouyou et danoise, il y avait toute une communauté qui grenouillait par ici,du temps d'une romancière, mais ça fait longtemps, je ne sais même pas si elle est inhumée dans le coin où au septentrion) sur les bâtiments ( oui, une mission, parfaitement, une mission)
On s'étonne de ne voir que deux êtres humains, lui et la naine ( ha.... les autres ont été rappelés par l'évêché de Stanleyville, oui, ils sont plus utiles ailleurs) on lui demande depuis combien de temps il officie ici (1995, mes biens chers frères zumains, 1995 et je porte toujours la parole du seigneur) là, ça fait comme une lueur dans nos cougourdes, 1995 c'est la date du décès de Jozef van de putte, l'exploitant minier inhumé dans le carré blanc du cimetière de Stanleyville, mais, à l'exception de regards coulés en douce entre Blumroch et Jean Eudes, on ne manifeste aucunement notre surprise
Les victuailles arrivent sur la table, le repas est frugal comme il se doit dans le monde de la règle.... au fait, mon père, à quel ordre appartenez vous, j'ai du mal avec les uniformes, là c'est Blumroch
Ha mon frère, vous n'avez point reconnu les petits frères des pauvres de saint Vincent de Paul ?
Encore plus étrange, il serait en habit, pas en soutane
Le p'tit dej expédié ( café d'orge torréfié, fromatch' de chèvre, pain d'orge) le père missionnaire se lève, allons donc voir si votre véhicule est sauvable, et auparavant,rendez moi un service,aidez moi à enterrer le troupeau mollesté nuitamment par un pervers,il conduit la troupe aux abords d'un enclos où gisent des chevrettes, l'arrière train défoncé
Insensiblement, Jean Eudes et Blumroch louchent vers kobus, qui, niais comme à son habitude, ne peut s'empêcher de demander ce qui s'est passé
Ça paraît évident, non, un pervers a déboulé ici et les a niquées jusqu'à la mort
Mais de quoi, de qui s'agit-il ?
Nul ne le sait, j'avoue vous avoir suspecté un moment, puisque vous êtes nouveaux dans la contrée, mais j'ai bien vu que vous étiez des gens de confiance, pas portés sur l'amour trans spéciste
Ha non,pensez bien que personne chez nous n'irait niquer une chèvre
D'autant plus qu'il s'agit de chèvres,certes, et aussi d'un bouc, là bas
Bref nous allons creuser une fosse
Toulmonde s'y mets, et vers la fin de la matinée, elle est assez profonde pour accueillir les carcasses du troupeau, on se dirige alors vers le chemin emprunté le matin même sous la supervision fouettarde de la naine
Le missionnaire a rabattu les manches de sa soutane sur ses avants bras tatoués, il tête un brûle gueule jamais curé à en juger par la puanteur qu'il dégage, il arque d'un bon pas, arrive à vue de la bagnole, siffle comme un voyou, deux doigts dans le bec qui lui déforment le faciès et crie en ramassant des cailloux
Il y a toute une troupe d'autochtones autour du quatquat en train de le piller méthodiquement, plus de réservoir de secours, plus de roue du même métal, les banquettes et le cercueil ont déjà été sortis et traînent sur le chemin, abandonnés par les kikouyous
Et là, le père blanc bloque sur le cercueil
Pas sur les slogans clitoridesques, pas sur les vulves dessinées sur la carrosserie, non, sur le cercueil
Vous, vous vous déplacez toujours avec un cercueil ?
Ha non, c'est un de nos parents, un oncle très éloigné, nous devons l'enterrer à nouveau, loin d'ici
À nouveau, pourquoi à nouveau ?
Vous l'avez exhumé alors ?
Et d'où l'avez vous exhumé, enfin, pourquoi avoir troublé son repos éternel ? C'est des pratiques assez inhabituelles, même pour l'afwique..
On ne sait que répondre et la suite va être encore pire

Écrit par : Kobus van Cleef | 20/04/2022

Oui on l'a exhumé, dernières volontés, toussa, et on va le remettre en terre, quelque chose s'y oppose ?
Houla, non, grand dieu non, toulmonde est en droit d'enterrer, déterrer, remettre en terre puis ressortir de terre un défunt, c'est dans l'ordre normal des choses,pourvu qu'une bénédiction l'accompagne, si vous me suivez
Ha, mais parfaitement, nous vous suivons, vous pouvez même bénir notre oncle éloigné, le temps que nous trouvions un moyen de locomotion quelconque
Je vous arrête toudsuite, vous n'en trouverez pas, on est au ku du monde, même Karen Blixen n'a pas trouvé le chemin, je propose que nous puissions nous relayer pour porter le cercueil, nous le bénirons à la mission
Le porter ?
Jusqu'à la mission ?
Mais ça va nous prendre des plombes !
Et il est lourd comme un âne mort !
Y a pas d'autre solution ?
Si fait, de toutes façons, vous n'aurez pas de mécano pour votre bagnole,du moins pas d'ici longtemps, laissons l'un d'entre vous ici pour veiller sur le défunt et les possessions qui vous restent et retournons à la mission pour trouver un moyen de déplacer la boîte à domino

Écrit par : Kobus van Cleef | 21/04/2022

Banco, Blum accompagne jean Eudes et le cureton,dont on ignore toujours le nom, à la mission pour collecter de quoi faire une brouette à cercueil
Le mec fourgonne dans un appentis, on entend des exclamations sourdes, des bruits de métal, des trucs pesants qui tombent
Au bout d'un moment, Blum se lève,kes ki peut bien foutre, ce mec, je le sens pas
Il s'approche par le travers, je peux vous donner un peu d'aide ?
Pas de réponse, il s'approche, risque un œil à travers les vitres crasseuses, tellement crades qu'elles sont opaques
Il contourne, passe par la porte, hé ho, y a quelqu'un ?
Il avance dans la pénombre et ramasse un monstrueux coup de gourdin sur le ciboulot, qui le met KO
Il revient à lui, les bras ramenés derrière le tronc, poignets et chevilles gonflés par des liens hyper serrés, un mal de tête lancinant et une envie de vomir irrépressible
Près de lui, transformé lui aussi en momie, gît Jean Eudes, pareillement entravé
T'as pigé c'qui s'passe,toi ?
Ha non, mais quelqu'un qui t'asommes puis te ligote comme une volaille, ça n'annonce rien de bon
Les heures ont passé
Leur hôte, véritable Thénardier vêtu de coton brut et non de probité candide, s'est installé face à eux, à califourchon sur une chaise, la soutane remonte, on distingue mieux les tatouages, l'un d'entre eux proclame ni djieu ni maître, sur l'autre mollet, une grosse femme nue héberge le gourdin d'un homme fortement membré dont l'organe se confond avec une varice quasiment tomaculaire, c'est très dérangeant, d'autant que chaque contraction musculaire donne l'illusion d'un coït débridé

Écrit par : Kobus van Cleef | 22/04/2022

alors, vous vous décidez à jacter?
mais quoi, mais qu'est ce?
jactez, m'obligez pas à employer les grands moyens, où les avez vous planqué ?
gneu? quoi? on n'a rien planqué, nouzautres!
bon, je vous l'demande encore une fois sans méchanceté, où sont les diam's?
mais quels diams, bordel?

Écrit par : kobus van cleef | 22/04/2022

alors, vous vous décidez à jacter?
mais quoi, mais qu'est ce?
jactez, m'obligez pas à employer les grands moyens, où les avez vous planqué ?
gneu? quoi? on n'a rien planqué, nouzautres!
bon, je vous l'demande encore une fois sans méchanceté, où sont les diam's?
mais quels diams, bordel?

Écrit par : kobus van cleef | 22/04/2022

Les diam's les diamants, bon gû c'est pas sorcier !
Allez y,crachez tout sinon je vous passe à la kestion et ça vous fera du regret, pouvez me croire, je bluffe pas
Nos acolytes se dévisagent un instant
On y dit, on y dit pas ?
Assez fort pour que le mec entende

Écrit par : Kobus van Cleef | 24/04/2022

Kes ke vous voulez dire ? Kes ke vous alliez dire ?
On veut négocier
Négocier ?
Quelle blague ! Vous êtes en mon pouvoir, je peux vous liquider comme j'ai liquidé ce gros Jozef van de putte, le dirlo de l'exploitation minière, je l'ai séché d'un coup de matraque, puis j'ai flanqué les diam's dans la boîte, le macchab' je l'ai basculé dans la fosse avant la cérémonie, j'ai dû creuser de nuit, ça n'a pas été facile, vous pouvez m'croire !
Ha.... nouzautres on n'a pas trouvé de cadavre en dessous mais faut dire qu'on n'a pas cherché, on cherchait un cercueil pour notre pote, rapport à sa phobie solaire
Phobie solaire,kes ke c'est que ça encore, vous foutez pas de moi où ça va mal finir !
Oui, notre pote a peur du soleil lorsqu'il prend pas ses médocs, ça lui fiche des sueurs froides
Bon, vous vous êtes introduits dans le cimetière, vous avez déterré le gros van de putte, comme ça, un hasard ?
Bon, où sont les diam's ?
Ou j'me fâche !
Il approche de Blum, la matraque à la main et commence une séance d'attendrissage, en débutant par les genoux puis les côtelettes puis les bras, dûment menottés dans le dos, au bout de 10 minutes, il est tout en sueur et Blum est évanoui, le pauvre
Jean Eudes crie alors "c'est notre pote, c'est lui qui a caché le truc, mais y nous za pas dit où !"
Peine perdue, le faux prêtre, comme il existe de faux frères, le tabasse également, jusqu'à ce qu'il tombe dans les pommes
Problème, comment aller récupérer l'idiot du village, stationné auprès du cadavre du quatquat, désossé par les kikouyous ?
Abandonner ces deux là ?
Pour qu'ils s'évadent ?
Il resserre les liens, puis il explique à la bonne soeur comment ramener le troisième larron
L'ancillaire part donc clopin clopan pour chercher Kob's, lequel s'est endormi à l'ombre de la bagnole ou ce qu'il en reste, dans le même temps, le pseudo missionnaire s'arme d'un fusil poum poum, arme artisanale faite d'un tuyau, d'une charge de poudre et d'un clou maintenu par un ressort pour faire feu, genre de truc usage unique bien connu des peuplades du Katanga pendant le mandat colonial belge
Elle répète le même manège que le matin, poussant le Kob's de sa chicotte lorsqu'il renacle trop, ils parcourent le trajet retour à marche forcée

Écrit par : Kobus van Cleef | 24/04/2022

le duo arrive en vue de la mission, l'idiot du village ouvre la voie, un peu grognon, la naine le suit deux pas en arrière, comme il convient à sa modeste condition de servante du seigneur

Écrit par : kobus van cleef | 25/04/2022

kes kis pass' lé aminches, jé laissé le tracteur tout seul, est ce bien prudent?
un maître coup de matraque le cueille à l'occiput, prouvant qu'il y a plus imprudent que de laisser une épave de quatquat en plein soleil
tiens, ça t'apprendras, la prochaine fois tu feras gaffe
s'il y a une prochaine fois, bien sûr
pour l'instant, il sent, de façon cotonneuse , qu'on lui saucissonne les bras derrière le dos
hé bien , saucisson-t-il des façons?
il reprend conscience
le missionnaire le toise, acalifourchonné sur un prie-dieu qui a connu des jours meilleurs, la paille s'échappe de l'assise et se confond avec la toison pubienne du vis à vis, dont Kob's ne peut rien ignorer, l'ampleur du vêtement, sa coupe, la géométrie du siège et la position du mec aidant
lui aussi voit les tatouages, mais en remontant plus haut, et ça se dégrade vraiment, aussi, je décide de vous en épargner la description
alors, y s'décide à jacter, le crétin des flandres?

kobus dévisage le cogneur d'un oeil incrédule, l'autre étant fermé par une belle écchymose
je peut réciter une pouésie de la fontaine?
mauvaise réponse hurle le cogneur en brandissant son gourdin
la naine qui jusqu'ici était restée impavide commence à glouglouter et à se trémousser
et il y a de quoi, un rayon de lune tombe sur le front de kobus, qui commence à transpirer , desquamer, bleuir, puis blanchir des cheveux
furieux de ne rien obtenir , le cogneur, le roue de coups en hurlant des phrases avortées, des hahannements asthmatiques, des imprécations

Écrit par : kobus van cleef | 25/04/2022

Un autre personnage commence à hahanner, et c'est la naine
Car à travers le pantalon du loup garou satyriasique, on voit poindre une démentielle, une tomentueuse érection, qui fend bientôt la vêture pour s'épanouir à l'air libre
Surprise du faux missionnaire, comme il y a des faux monayeurs, kes je vois, une fois, mon fusil poum poum !
Il se tourne vers la naine,tend la main pour cramponner l'arme rustique et reçoit la décharge en pleine poire, poum, le cadavre s'étale sans autre forme de procès, juste ses jambes tremblotent et son entrejambe s'innonde
La naine ne perd pas une seconde à contempler le corps, espère, elle se trousse haut, jusqu'à ses tétines desséchées, s'empale sur le Kob's, non sans difficultés initiales, en raison d'impératifs liés à des considérations volumétriques, puis une fois le maujoint amadoué, lance un amble désaccordé ( car kobus renacle comme toujours) en s'exclamant en latin de cuisine "gaudeo mio, gaudeo mio, gaudeo miooooooo !"
Puis elle finit sur un "deo gratiiiiiiiassssss!" dont la dernière syllabe induit une convulsion de son partenaire
En voilà un qui est douloureux de l'auditif...

Écrit par : Kobus van Cleef | 25/04/2022

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