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14/01/2022

Carte blanche (35)

Laissée à Kobus van Cleef

La première partie est ici, la deuxième ici et le troisième ici.

 

Crépuscule des vampyrs et continent obscur

 

Quatrième partie

 

nos trois bougres sont donc solidementattablés devant un repas frugal, baujeau, chauchichon, pain lardé, rien que de l'hautement toxique pour les artères
mais ils s'en foutent de leurs artères, n'ont ils pas échappé, pour l'un, à un procès intenté pour excès de zèle dans son boulot (on peut dire, sans mentir, qu'il a honoré le serment d'Hypocrate) pour les deux autres, à un road trip ouest afwicain, à un bouffement compliqué d'un rapport éclair et néanmoins contaminant pour Kobus et road trip simplex pour Blumroch
plus les a cotés, la dépouille de leurs impédimentas, les sbires des falsificateurs historiques et la confrérie vampyresque

mais ils n'en ont cure, le soleil des tropiques réchauffe leurs scalps et leurs vieilles carcasses dévasté.e.s par l'âge, le vin bleu hexagonal réchauffe pareillement leurs intérieurs, et la mangeaille concocte de futures chimies intimes revigorantes
en plus, Kobus a guéri de sa chtouille, alors que demander de plus?

que demander?
hé bien en premier lieu , l'identité de cet étrange personnage qui s'approche, fiérot, treillis bien repassé, lunettes de soleil aviateur aux verres miroir, béret vert juché sur un crâne dolichocéphale ( en afrique de l'est, ils sont plutôt brachycéphale, d'où le sobriquet "les têtes d'ampoule", sur la façaade atlantique, c'est surtout des dolicho)
l'homme les interpelle "alors, on se prélasse?"
"si fait, mon brave, y voyez vous un inconvénient?" lance Blumroch, très châtelain, à son habitude
"ce n'est certes point moi qui irait reprocher quelque chose au bienfaiteur de la région et à ses hôtes, mais vous seriez mieux dans mon modeste établissement, j'y ai des boissons diverses, servies par des donzelles dont vous me direz des nouvelles"
enfer et putréfaction, il s'agit d'un proxo de brousse, et Kobus, relevant d'une torgnole de Vénus, n'est plus partant pour ce genre de mélange
"et j'ai aussi des nouvelles...des nouvelles qui n'ont pas encore été rendues publiques, ce sont les Bakary papers!"
il rit comme on sait le faire ici, haut, jovialement, de façon inépuisable
on présume donc que c'est lui, Bakary

 

tout en riant, il rafle un bout de chauchichon dans un ramequin, l'enfourne, se tait
puis s'agite, bat des bras, dégrafe son col de treillis, en panique, tombe de sa chaise bat des jambes un moment, émet des sons affreux
Blum se précipite "le malheureux s'étouffe, faites donc quelque chose!"
Kobs ouvre de grands yeux "une manoeuvre d'Heimlich? tentons!"
au lieu de relever le proxo pourvoyeur de nouvelles, il saute à pieds joints sur l'estomac du bonhomme, le bout de chauchichon, propulsé à travers la trachée, la glotte puis les airs, va percuter un mourride qui passait par là (c'est improbable, on est trop au sud mais tant pis)
celui là n'a jamais vu un porc de sa vie, mais là, mystérieusement, il identifie du premier coup l'origine haram du truc
il ameute la foule des croyants (enfin, si on veut, lorsque t'es un mourride, hein, les croyances ou la croyance,, tu m'as compris) et en moins de peu, les rues se remplissent d'une plèbe couleur bleu pétrole, fermement décidée à en découdre

 

Les sectaires brandissent des machettes, et, effectivement, en décousent
Premièrement avec Bakary, le pourvoyeur de nouvelles, sa tête est proprement décousue de son tronc, et, roulant dans la poussière, devient l'enjeu disputé d'une partie de foutabaule endiablée
La plèbe, satisfaite de ce rebondissement ( dans tous les termes,ha ha ha !) va s'en prendre à nos trois héros
Et là,deus ex machina, on entend tonner l'aboiement gras d'un purdrey, fousile à éléphant dont un seul projectile creuse un trou du diamètre d'une assiette à soupe
La foule se tait,se fige, s'écarte
Un grand blanc apparaît, short à pinces,rangeos, casque en liège, mostach'argentées et cirées, le purdrey au creux du bras, il se tient crânement devant les émeutiers
Si ce n'était la copie conforme du professeur Bernard L..., ce pourrait être lui
Ou son frère

 

Ou son neveu, son fils, bref un homme de son illustre lignée
D'un mouvement nonchalant du canon, il congédie la foule des mourrides, allez hop, je ne vous montre pas le chemin,mes braves, n'oubliez pas de remporter vos détritus

 

Les mourrides s'exécutent, le corps démembré de Bakary disparaît ainsi que son chef, on pourra toujours le monter pour faire un fétiche, si c'est dans une châsse, on le vendra aux chrestos comme martyr de la foi, ne reste qu'une flaque de sang, qui se confond rapidement avec la latterite
Ces débiles ont occis leur crieur public, enfin, son équivalent, pauvre bougre, de toutes façons, avec l'avènement de la téléphonie mobile il était quasiment au chômage
Là c'est le sosie du professeur Bernard L... qui s'exprime, puis relevant la tête, hé bien mes amis, que me vaut le plaisir de votre visite ?

 

Ha c'est toute une histoire, permettez que nous vous la contions autour d'un verre ?
C'est l'honoreur de serment d'Hypocrate qui s'exprime ainsi
Si fait, si fait, acquiesce leur sauveur
En ce cas prennez place avec nous ?
Jamais au vu des indigènes, un blanc, que dis je, un grand blanc doit garder ses distances, différents, nous sommes, ils sont, tous différents, on ne saurait brader l'héritage de Lyautey, nous pouvons les côtoyer, les comprendre, les apprécier parfois, mais de façon strictement séparée
Et, avec un phrasé du Béarn, il développe, en entraînant les autres vers l'intérieur du bingalo
Il me semble qu'il vous manque du personnel de maison, je me tromp( ce qui donne "je meu trommpe ?")
Certes, l'ancillaire ne pourra pas nous servir aujourd'hui, la malheureuse nous a quitté
Vous renvoyez vos boys ? drôle d'idée,gardez les donc, ils vous seront fidèles, au besoin,gardez l'œil dessus et ne lâchez pas la chicotte ( dans sa bouche, les boys deviennent des boilleuss, ce qui est tout de suite plus explicite)

 

On explique, ce qui l'étonne
Parbleu, vous avez disposé d'elle un peu vite, c'est assez malpoli, surtout envers sa famille, ses proches,sait on si elle était liée à quelqu'un ?
On avoue notre ignardise, il soupire
Inutile de se lamenter sur le lait renversé,montrez moi ses restes, que nous puissions les accomoder de façon honorable, enfin, à leur façon...
On le conduit devant la baignoire infernale, il tique
On dirait qu'elle était fort volumineuse, ou alors, elle avait une jumelle inconnue, car je vois deux crânes dans cette baignoire

 

On termine les explications, ça le rend pensif
Birro,birro,bic, inconnus au bataillon, en revanche, un Frankie, ça me dit quelque chose, mais je n'arrive pas à cerner, pour l'instant
Attablons nous et ça me reviendra

 

on lui sort une assiette en carton, une serviette en papier, il tique
vous savez, mes frères en couleur, aux afriques, il faut savoir se conduire selon sa carnation, et la vôtre, la mienne, la nôtre, obligent
obligent sinon à de la porcelaine armoriée et des couverts monogrammés, du moins de ne point se servir avec les doigts dans une galtouze commune, on dirait des députasses au parlement
prenons donc des fourchettes, des verres, n'oublions pas que les maladies communautaires se transmettent par la nourriture et les mains mal lavées
on acquiesce, que de sagesse dans ces quelques mots
pas dégueu ce chauchichon, concède-t-il, et le baujeau aussi
revenons à nos affaires, sur la piste de l'émigration transylvaine et néanmoins hématophage, vous tombâtes (pardonnez moi, je parle un français désuet, l'influence des populations autochtones je suppose) sur un falsificateur à la recherche d'un complice involontaire pour peréniser sa forgerie, ce faisant vous occîtes accidentellement le malfaisant, trouvâtes un trésor d'archives et une méthode pour disposer de cadavres encombrabnts
on peut dire que vous méprisez les lignes droites (dans sa bouche, ça donne quelque chose comme "les ligneux droâteux") et que vous y allez par le plus long
soit, je vais vous apporter mon concours

 

partons donc pour le plus long, chargeons notre nef (une solide 404 break car qu'avons nous à faire de landrovaire ou d'autre djipes? à la limite une uaz, qui supporte aussi bien les sables du karakorum que les neiges de sibérie, mais une djipe, hein, cadeau pour ceux qui aiment, moi, je n'aime pas) quelques provisions de bouche et le nécéssaire en ustensiles pour les accommoder (traduit en pratique, des casseroles estampillées de Villedjieu les poils, les poëles plutôt) du carburant dans des bidons, de quoi s'opposer (le purdrey gardera sa place sur ses genoux, on chinera quelques G3 dans les environs, mauser gewher drei, robuste et précise, plus l'approvisionnement), cartes boussoles , quelques couvrantes, pelles pioches haches et câbles pour s'extraire des ornières si fréquentes sous ces lattitudes
nous voilà partis!
dans le tonnerre d'un échappement non bridé, nous avalons les premiers kilomètres ainsi que la poussière de la route

 

À peine ont ils codrommé quelques kilomètres que kobus s'exclame "faut revenir, on a laissé la Fatou et le Frankie dans la bouilloire !"
Trop tard, concède le sosie, de toutes façons, la providence nous tirera de ce pétrin
Et la providence en effet,met en contact deux spires du transfo par la grâce d'un éclat de l'isolant, éclat tombé sur le sol, échauffement du transfo, étincelle, qui allume les combustibles de la kouizine ( pétrole lampant pour le poêle), incendie de la baraque puis du kortier favorisé, on en parle encore sous l'arbre à palabres
Chemin faisant, un Kob's totalement rétabli, un Blumroch en forme, un honoreur de serment d'Hypocrate tarabustent leur drivaire au sujet de sa présence opportune sur les lieux
C'est très simple, au cours de ma formation ethnographique, je me suis intéressé à beaucoup de choses,fors la confrérie des mourrides
C'est en apprenant la mésaventure nioulloirquaise de grosse boutique, que ça a fait tilt
Nafissatou est peut être d'extraction mourride

 

Et la rançon réclamée pour prix de sa fellation ( ça rime, rançon fellation, chouette, non ?) , étant destinée au cheikh, ça expliquerait son montant disproportionné
Disproportionné par rapport à quoi ?( là c'est kobus qui joue l'âne pour avoir du son, très fort dans ce rôle)
Par rapport à la donzelle voyons, vous avez vu le treuil, le trumeau, le tableau ?
Un baleineau qu'aucun homme de goût ne voudrait approcher
Un homme de goût, certes, mais un détraqué, un niqueur de bonniche, en un mot un futur.... là, les mots me manquent... pas question de faire fermer ce blogue, mais les rares lecteurs auront pigé

 

Bref, cette disproportion entre la rançon et le physique de la donzelle m'a interpellé
Il faut dire que, parmi mes nombreux écrits, j'entretiens une recension retraçant l'évolution de la dîme par les mourrides dûe à leur cheikh, ses fluctuations au cours des temps, il y a des erreurs de transcription bien sûr, tout n'est pas archivé, on trouve certaines sources dans des appendices situés dans les marges des corans de Tombouctou, vous vous doutez bien que c'est un travail de bénédictin, et là,pof, une moukere qui vient du Sud, de la côte !
Alors voilà, je me suis dit "Jean-Eudes,oui c'est mon prénom, un peu vieillot j'en conviens, il y a là, dans ce triangle peuhl, un isolat mourride, de nouvelles sources, l'occasion d'apporter une nouvelle contribution au savoir universel ! Et je me suis mis en route !"
Il fait un écart, pour éviter un phacochère, reprend la direction d'une main de fer
Car le savoir n'a pas de nationalité, pas de passeport, pas d'idéologie, il est!
Parcellaire, incomplet, fragmentaire, fragile, mais il est !
Et c'est nous qui le faisons vivre !
Hourra, hourra, hourra !

 

Nos héros motocyclistes ont une pensée émue pour le side car Ural qui, abandonné devant le bingalo de l'honoreur de serment,a dû finir dans une casse, désossé ou bien sous les fesses d'un patriarche et de sa trop nombreuse famille ( à l'origine,ces bécanes sont faites pour des petites ukrainiennes de 59 kg, au nez mutin et à la poitrine menue, pas pour des Fatou engraissées au riz manioc tjiboudjien bouillon kub Knorr) mais déjà la piste sinueuse accapare toute leur attention, ornières et phacochères ( ça aussi, ça rime,me voici devenu rimailleur à temps partiel) les tiennent en éveil
Eveil évidemment lucide et combatif, raison pour laquelle la tentative d'un bandit de grand chemin de se dissimuler au bord du fossé ne leur échappe pas
Holà mes braves, jouons un tour à notre façon à ce coupeur de route, fanion au vent, nous allons lui faire rendre gorge !
Sur ce, chacun s'arme, on garni les chargeurs, on dégrafe les étuis, les cartouches montent dans les chambres et les sûretés sont libérées

 

J'ai écrit 59 kg pour les petites ukrainiennes ?
Erreur !
Funeste erreur, c'est 10 kg de moins qu'il fallait noter
Au bas mot
Et si elles font dans les soixante, elles les portent bien

 

Commentaires

Simplifions, déclaré jean Eudes,scindons la troupe, j'irai avec panache ( muni toutefois de mon purdrey et assisté de l'honoreur de serment) au contact par la route, kobus et Blumroch prendront à revers ( qui a dit a tergo, un peu de tenue, l'heure est grave) l'energumene, par la brousse, armés de gewher drei, solides, fiables, précis, que personne n'ouvre le feu avant mon signal
Sitôt dit sitôt fait
Pris en tenaille, le coupeur de route abdique toutes velléité combative, il met la crosse en l'air, on amène le prisonnier a se confier,suit alors un monologue ponctué de pleurs, de soupirs et de mouvements véhéments, comme le tout se fait en langue locale, seul Jean Eudes et dans une moindre mesure l'honoreur de serment entendent goutte dans ce flot verbal
Jean Eudes, rit,effile sa mostach'puis déclare c'est un pauvre hère, descendant du glorieux peuple des f'angs, réduit à cette extrémité par la raréfaction de populaces à soumettre, il dit que depuis que l'Europe ouvre ses portes, point n'est besoin de courir les forêts, les plaines et les villages pour réunir un cheptel à exporter,ces cons là y vont tout seuls sans qu'on les y contraigne, et consécutivement l'ouvrage se fait rare pour des chasseurs d'esclaves
La seule occupation bien ( très bien) rétribuée qui reste, c'est l'acheminement
Mais il n'a aucun goût à devenir une agence de voyage, bon gû, négrier il est de père en fils, pas tour opérateur

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/01/2022

Curieux tout de même, ce f'ang s'exprime en lingana, ça fait un écart d'un bon milliers de kms
Mais faisons lui l'aumône de notre supposée crédulité, il pourra nous être utile, ses frères de couleur l'auraient occis et laissé mort dans le fossé, en se souvenant qu'il avait participé à la déportation de leur peuple, endossons le fardeau des pères blancs, capturons le, relâchons le ensuite, il témoignera de notre esprit magnanime et puis, nous ne sommes plus si loin du Kivu ( on voit par là que le narrateur use d'une licence poétique, en effet la route est encore lointaine, qui les mènera aux confins des mondes connus et de la retraite de la communauté transylvaine)

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/01/2022

//REMARK ON
"on amène le prisonnier a se confier" : admirons la froide efficacité du Kamerad Kobus van Cleef puisque cette seule notation pourrait aisément devenir un *Interrogatoire* à la Volkoff. L'auteur nous fait ce crédit que de croire notre imagination à la hauteur de sa suggestion : qu'il en soit remercié. ;-)
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 15/01/2022

Après avoir dégouté le lecteur épisodique par le récit des confessions obtenues de Frankie, je n'allais pas récidiver avec celles d'iceu pouilleux
D'autant qu'il s'agit d'un n'haigre, autant dire l'ubermensch de ce siècle, alors hein, j'aurais eu l'air finaud si on avait assigné le tenancier en djustiss
Mais bon, franchissons plaines déserts montagnes, fleuves, non sans peine, avec notre captif entravé, et arrivons au Kivu
Moultes aventures,moults avatars seront advenus, une saine camaraderie aura uni nos sexagénaires, et le captif, qu'ils auront tenu à baptiser vendredi ( quel manque d'originalité, mais cela prouve toutefois qu'ils ont lu, au moins Defoe, ce qui est mieux que rien)

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/01/2022

En chemin ils auront flingué du rhinocéros, tiré de l'éléphant, de l'antilope,du phacochère, du brouteur ( vengeant ainsi des milliers de mugus), ils auront festoyé sous des cieux impavides, en descendant force Castel et fioles de vin de palme, ils auront moultes fois réparé la suspension puis la transmission puis le radiateur puis la courroie de distri puis les joints de culasse du break 404, ils auront eu les mains noires de cambouis et le chef couvert de cloques solaires, ils auront noyé le moteur au passage des marigots puis l'auront asséché faute d'huile adéquate

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/01/2022

Ils auront troqué les défenses des phacochères par eux occis contre des munitions, ils auront fait des brais ( prononcez bra-hy, façon afrikaans) de leur chair dure et odorante, ils auront agrémenté les grillades de tubercules rôtis que vendredi sera allé déterrer, sous bonne garde ( en n'en pensant pas moins car c'est un truc de femme, ça patwon, de chercher les légumes) et parfois,du lait de coco, coulant sur les mets aura redonné une sorte de fraîcheur au tout ( la venaison afwicaine, point trop n'en faut, faut être habitué)
Parfois aussi, ils auront réussi à choper un poisson au passage d'un fleuve, ou ils auront eu un repas plus civilisé à l'occasion du passage dans une mission catholique ( ça existe de moins en moins, hélas et heureusement, je développerai plus loin)

Écrit par : Kobus van Cleef | 16/01/2022

Ils auront aussi soigné les accès palustres des natifs cloîtrés dans les cases, remonté les murs des enclos chez les veuves et les démunis, occis après une traque sans répit les coupeurs de route et les bandits de cambrousse ( aidés en cela par vendredi qui aura retourné sa veste avec promptitude et sans aucune vergogne, il sait, le bougre, de quel côté sa tartine est beurrée), éloigné les éléphants menaçant les cultures, ils auront repris les leçons de français dans les classes depuis longtemps désertées
Ils auront été à la fois Lyautey, Jules ferry, Albert Schweitzer et Tintin dans une même personne puis dans quatre corps différents
Une sorte de divinité quadritaine
Quadritaine et blanche ( hormis les mains pleines de cambouis et les coups de soleil)

Écrit par : Kobus van Cleef | 16/01/2022

Puis ils franchiront un cours d'eau, un affluent du Congo, une rivière dénommée blanche
Voilà rivière blanche
Ebola donc
Mais ils n'en auront aucune séquelle
Ils lutteront contre des moustiques, des mouches, des araignées, des scorpions des serpents toute une faune sournoise, et invasive
À la traversée des bourgs ils subiront les oeillades des gazelles, jaugeant leur richesse apparente et l'autre, cachée, et impavides, ils ne détourneront pas le regard ( surtout Kob's, guéri et peu volontaire pour en reprendre)

Écrit par : Kobus van Cleef | 16/01/2022

Je viens de me relire, c'est épouvantable, j'écris comme un droitard...ma mère,droite chrestienne de gauche serait terrifiée
Et mon entourage pareil
Il serait peut être utile que je vous donne les références idéologiques de cette afwicanité rêvée ( ou pas) qui transparaît dans mes écrits ?

Écrit par : Kobus van Cleef | 16/01/2022

Bon ce sera pour une autre fois
Chemin faisant, on se renforce, on fait l'acquisition d'une petoire surnuméraire, calibre douze, à pompe,8 coups, approvisionnement en chevrotine cuivrée, une caisse de geurnades à main,du genre qui fait des blessures peu sympa à soigner, divers ustensiles coupants bien affûtés
Un soir, devant les premiers contreforts montagneux, alors que la flamme de leur feu de camp crépite dans le froid sec, Blumroch lève le regard et laisse tomber "nous y serons demain"

Écrit par : Kobus van Cleef | 16/01/2022

Kobus van Cleef > Plus fluide, plus dense que votre récit post-apocalyptique, on croirait du vécu. Prenez votre temps, il ne me tarde pas d'en voir la fin.

Écrit par : Pharamond | 16/01/2022

loin, de l'autre coté du piemont, un européen au visage émacié, regard ardent et yeux clairs ( Bruno Kremer, quoi) carrure solide sur chemise kaki ouverte au col, une tasse de viandox à la main, fixe le ciel au delà du plateau du katanga (on est à Kabinda et , pour rejoindre Kolwezi, il faudrait bien une journée et plus de mauvaises pistes)
"ils seront bientôt là, je le sens"
la concomittence des réflexions de cet homme et de Blumroch interroge
sont ils liés par une ligne télépathique ? un lien
familial? (en effet Blum , nous l'avons déjà dit dans le récit du Ragnarok, est grand et mince)
ou plus bonnement le téléphone africain?
enfin non, le téléphone sino-européen utilisé par les africains...

Écrit par : kobus van cleef | 19/01/2022

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