08/08/2025
Carte blanche (66)
Laissée à Kobus van Cleef
Crépuscule des vampyrs et continent obscur
Trente-sixième partie
oui, vous aviez deviné!
et vous avez gagné!
c'est le spectre de son premier amour
amour adolescent, évidemment, puisque beaucoup d'autres le suivront, mais amour, effectivement
comme aux temps de nos premiers serments, se remémore le kobs, paraphrasant ainsi un poète maudit (je lâche l'info? non, mettez le nom du pouète et celui du recueil de pouésie, qu'on voye si vous méritez le blog de l'ami Phara)
une image de sainte médiévale, les joues lisses, l'air séraphique, les mains jointes, la peau diaphane, les yeux verts, la tignasse longue et bien peignée, l'entre jambe point encore ravagée par les assauts coïtaux du kobs encore adolescent
l'entrejambe.....
bin non, y a pas d'entrejambe puisque la taille se termine par un corps sinueux, écailleux et annelé
ton amante est un serpent mon garçû, ou une chimère, un sphynx, bref une épouvantable créature pas du tout mythologique mais bien vivante qui t'a aperçu et te fait le sourire qui t'a conquis à tes 14 ans....
mais quoi, mais comment , ma chérie , tu t'es transformée, kes kis passe?
pas de problème, mon bel amant, viens ici, que nous poursuivons ce que nous avions initié plus d'un demi siècle auparavant
la drôlesse perd pas le nord, ou du moins, elle a gardé le sens du timing, oui , en recomptant, un demi siècle
Ha...
Baudelaire, les fleurs du mal
Y a Don Juan, qui part pour les enfers (lui aussi, comme quoi....), et toulmonde le regarde depuis la rive du Styx, son vieux père, dona Elvire qui quête un sourire qui lui rappelle la douceur de leurs premiers serments, et lui, le sagouin, fait mine de pas les voir, allez chier, c'est moi le maudit !
Oui, elle est là, la merveilleuse, qui avait accéléré son cœur longtemps auparavant
En partie là, seulement, puisque seul le haut du corps est visible (les nichons comme deux citrons verts, les yeux comme de l'obsidienne délavée, tout bien), le bas c'est une queue de serpent, une sirène qui, un peu écailleuse, verte et grise, miroite au soleil couchant et se tortille lentement sous ses yeux
Le p'tit gros, ça l'interroge quand même, ce corps composite, moitié humain moitié ophidien
Il s'en ouvre à la charmante, histoire de clarifier un peu le bouzin, savoir où il met les pieds ( la queue, ça va, il a su, longtemps avant, ça n'a pas été inoubliable, enfin si, mais pas dans le sens communément admis, il se souvient d'une course poursuite avec un beau père putatif-là encore- une patrouille après lui lâchée dans un parc arboré, une station prolongée dans un placard pour échapper à la foule lyncheuse des peones alliés de la tribu-mais qui n'auraient pas hésité un instant, s'ils avaient été à sa place à en user de même avec l'héritière de la maison, comme quoi, les zommes, une queue entre les deux hémisphères cérébraux, ni plus ni moins)
Elle lui sert une salade incroyable, à base d'accident, de pertes des membres, de greffe halocompatible (uniquement avec l'espèce constrictor), de souvenir chéri et immarcessible, viens donc mon bel amour, l'empreinte de ton organe brûlant m'a hantée toutes ces décennies
Que feriez vous a sa place, les amis ?
Oui, vous fonceriez, bille en tête, comme des obsédés que vous êtes
Que nous sommes
Collectivement
Car le kobs fonce aussi, oublieux de sa mission, des serments échangés avec la très belle Emesse, il enjambe le muret, en tentant de délacer le corsage de la mignonne (fruits of ze loume, une réminiscence tardive des 70), il la prend dans ses bras
Non, c'est l'inverse, elle le prend dans ses bras à elle, et elle serre, avec sa queue d'ophidienne aussi, elle serre, ha nom de djieu, kes kis passe, i can't breeze....
Kes tum'fait, ma toute belle, kes tum'fait, i can't breeze, i can't brise, i can't zéphyr, aquillon, tramontane.....
Ces derniers mots dits d'une voix de plus en plus faible, à mesure que les veines son front se gonflent, que ses sclérotiques s'injectent, que son raisonnement se trouble
Ça y est, il meurt
Ça y est, il meurt, il est mort (un écho de Bossuet, peut-être ? Madame se meurt, Madame est morte)
Ça ne sera qu'une fois de plus dans cette aventure, mais y a des chances que ce soit la bonne, vulnerant omnes, ultima necat, comme on disait autrefois
Le voilà donc mort à nouveau
Il n'a pas eu le temps de recommander sa vilaine âme à djieu ou diable, qui sont d'ailleurs le même et un autre à la fois
Pendant ce temps, une mamouazelle gestetner, privée de son tendeur d'exception, s'interroge et harcèle son ordinateur
Ho, elle sait bien que le kobs n'est plus référencé, n'est plus pucé, n'est plus rien, ramené à de la matière périssable, usage unique, instrument abandonné sitôt son but atteint mais en l'occurrence, aucun des buts n'a été atteint, il n'est pas revenu la chevaucher et le logiciel de comptage des âmes n'est toujours pas réparé
Alors hein, ça mérite bien un petit accès de nervosité
elle se démène sous son nez en secouant ses loloches au rythme de ses talons aiguille
"mossieur patron, le missi dominici ne donne plus signe de vie"
"mais qu'est ce qu'elle nous casse les pieds, celle là?"
mais patron.....
dégagez, la pouffe!
et cessez de nous agiter vot' corsage soulnez, bon gû de moive, vous croyez que ça m'aide à me concentrer? j'ai des décisions à prendre, moive, chuis pas rétribué à l'heure de présence comme un membre de conseil d'admin recasé par la répu, une saine et indivisible, chuis un kapitan d'industrie, alors ripez si vous voulez pas que je fasse colère!
la secrétaire hyper lochée qu'on dirait une influenceuse européenne ou brésilienne, la secrétaire donc se trottine jusqu'à son réduit où elle s'abat en sanglotant sur une chaise
petit trottin on te reverra plus dans l'histoire et c'est mieux, tu sais, pour toi comme pour les lecteurs, cette profusion de glandaille mammaire peut donner le tournis
néanmoins son chagrin est vif et elle étouffe des petits cris de désespoir en déchirant son mouchoir
mais que veux tu, pour s'attirer l'attachement indéfectible d'un être d'exception comme kobus, il faut une femme d'exception
ce que tu n'es pas, j'en suis désolé pour toi, mais c'est ainsi
exit donc mamouazelle Gestetner
pendant ce temps, l'âme, la vilaine âme, mais la pourtant immortelle âme du kobs, son âme donc vogue sur les flots sombres et huileux du Styx
nulle embrouille, elle ne se noiera pas, nul animal issu des profondeurs du fleuve ne tentera de lui grignoter les orteils ou de lui sucer le cerveau
pas de nautonnier non plus, logistique simplifée à l'extrème, ça coule -de source- depuis la source justement jusqu'aux portes des enfers
là, un parti de diables, musculeux, tatoués, pieds bifides, écrèment les flots rejetés sur le rivage, avec de grands tridents, un peu comme dans l'imagerie popu du 14ème européen
y a que les tatouages qui changent, on voit de tout
je ne vais pas tenter une description exhaustive, mais sachez que la femme nue est un thème récurent, et les sous entendus obscènes aussi
passons sur les tatouages tribaux et les aigles aux ailes déployées
et voici que kobus ouvre les yeux sur le diablotin à lui dévolu par les hasards de la collecte des âmes sur les rives du fleuve des morts
pas que les yeux, hélas, ce con là ne trouve rien de mieux à faire qu'ouvrir sa grande gueule, comme d'habitude
"je suis le missi dominici, y faut prévenir le boss, ou du moins le secrétariat, mamzelle Gestetner, t'y dis que c'est moi, elle
Mais le diablotin n'en a cure, de toutes façons il n'entend rien, des écouteurs qui lui font une tête de Mickey recouvrent ses oreilles, on peut surprendre un vieux rap de Kaaris qui s'en écoule, ça dit comme ça
"Jeu baize ta mèr' / jeu nik' ta rass' ta rass' ta rass'
Dans mes veines/ coul' de la glass' de la glass' la glass'
et tout à l'avenant, ce son qui se multiplie en écho à la fin de chaque strophe est très dérangeant, malaisant comme on dit maintenant
Mais le plus étonnant c'est que l'infernal employé, en dépit de son addiction aux rappeurs, pales copies des n'haigres d'Amérique, s'est fringué comme un employé de bureau du 20ème débutant, col dur, manchettes de lustrine,bretelles, un froc avec les jambes repliées, pas tremper le bas dans le Styx
Seule concession à la modernité de sa passion musicale, il arbore un bonnet tricot laine noire avec un gros 93 floqué dessus, en rose, qui est lui même enserré par les écouteurs
Tu parles d'une tête de con...
Notre ami cherche donc à interférer avec Topaze, puisque Topaze il y a
"Appelez-moi votre chef, bring me your leader "( il insiste bien, comme on lui a appris, sur le ea de leader, ça donne un truc comme liiideur)
Le n'haigre commis au ramassage des âmes n'en a cure, il hoche la tête comme dans le clip de la chanson, lorsque c'est le passage "avec le nom d'un mort/tatoué sur la peau la peau la peau "(d'ailleurs ça monte d'un octave ou deux) il se frappe la poitrine pour signaler l'emplacement du tatouage
Ce faisant, sa fourche lui échappe, tombe en tintant sur le basalte des rives infernales
N'en faut pas plus pour qu'un chaouch des enfers rapplique, alerté par le raffut
le chaouch arrive
tête de con lui aussi, faut reconnaître
mais plus anodin
pas le costume de Topaze, non plus que celui du cadre inférieur
non, il est à poil
Un magnifique portrait d'Aldo Filter s'épanoui sur son sein droit, un autre de Benjamin Méta-Miaou sur le gauche
Une mongolfière au creux des reins, avec une flèche indiquant la direction inter fessière
deux roustons soigneusement épilés et un tout petit vermisseau de zézette
"hé là, faut pas casser le matos, déjà qu'on a des restrictions ...."
kobus, trouvant son salut dans l'apparition du bawab (dit en dialecte égyptien, c'est le concierge)
"je suis le missi dominici..."
"ouais, on a eu plusieurs dominici, colles moi cet abruti avec les autres"
les rives du Styx disparaissent, le kob's se retrouve dans un cachot avec un énergumène monstrueusement adipeux, qui souffle comme une forge à chaque mouvement
et ça tente de socialiser, évidemment
et t'es qui toi? demande l'obèse
le missi dominici, répond kobus, raide comme balle
ha bin on en a vu ici, une histoire de famille, une vraie tuerie, mais on les a pas gardé longtemps, ils ont été appelés à de plus hautes fonctions, tu piges bien qu'ils pouvaient pas les séquestrer avec moi
et pourquoi donc? d'ailleurs, qui êtes vous?
on peut se tutoyer, je pense qu'on va rester un moment ensemble, ici c'est un peu le cul de l'enfer, y faut une intervention divine pour s'en extraire, mais laisse moi me présenter, marc dercol, pornocrate de mon état
à ce point du récit, kobus, qui prétend avoir vécu plusieurs vies d'homme, avoue n'avoir encore jamais rencontré de pornocrate
et qui plus est, il prétend ne pas comprendre pourquoi un tel bienfaiteur des humanités est séquestré dans les sous sols infernaux
15:12 | Lien permanent | Commentaires (20)




Commentaires
bin oui mon ami, avec la satisfaction des besoins, même le désir sexuel devient problématique, ils ont tout ,qu'est ce qu'ils s'emmerderaient à vouloir désirer , en plus?
alors faut les titiller, les stimuler, les chouchouter, faut la leur tenir pendant l'acte, si vous préférez
la leur tenir? vous voulez dire que....?
quelle candeur, l'ami kobus, un vrai premier communiant....mon bon ami, on parle métaphoriquement, c'est rien qu'une image et d'ailleurs, ça se fonde sur les images, ce bizness, en grande partie, du moins
ha ben putaingue, vous m'en direz tant, on en apprend tous les jours
Écrit par : kobus van cleef | 16/09/2025
hé ouais mon p'tit gars, si t'as besoin d'un mentor, t'as mon zéro six
Écrit par : kobus van cleef | 17/09/2025
mais bon, des leçons de perversion, ça ira comme ça, le kob's est aux enfers, de retour, mais il aune mission, une vraie, à accomplir
retrouver le code source de la data base du personnel incarcéré ici bas
et bavordavel de maverdave, c'est pas en discuttant avec un pornocrate qu'il va s'en acquitter
il se relève donc, camponne les barreaux, les secoue (on est dans des cachots très hollivoudiens, voyez, qu'on peut filmer, si vous préferez, donc, ça suppose une camera et une grille, dans les faits, on sait bien qu'il s'agit d'une fiction, les cachots étaient des culs de basse fosse, des silos ou des puits désafectés desquels il était impossible de se sortir, mais foin de précisions historiques) et hurle
c'est moi le missi dominici, chuis ici pour la restauration du code source de la data base, allez chercher le chef, merde!!!
un écho lointain
tu vas pas bientôt fermer ta gueule???
Écrit par : kobus van cleef | 02/11/2025
nouvel essai
je suis le missi dominici, ouvrez moi, bordel de djieu!
et là, une bourrade, un coup dans les côtes, celles qui ont été fracturées, 30 ans avant (à droite en avant)
clac, un coup sec
tu vas te réveiller? tu criais dans ton sommeil, tu fais peur aux enfants!
mais quels enfants, bordel de moive, quels enfants et quel sommeil? celui duquel la raison accouche de monstres? ou l'inverse?
le mec est perdu, il se dresse sur sa couche, en sueur, vivante publicité pour l'asile d'aliéné du Dr Charcot, ne manque que le bonnet de coton, le célébrissime casque à mèche
et la camisole, bien sûr
Écrit par : kobus van cleef | 06/11/2025
ou alors le portrait de Courbet, le désespéré?
va savoir
puis il replonge dans le cachot
mais comment se fait il qu'il passe de l'un à l'autre?
il se situe peut être entre deux plans temporospatiaux?
ou entre deux mondes?
en tout cas, les voilà à trois dans le cul de basse fosse
oui, le kobs, le pornocrate, et un autre type, crâne chauve, oeil lourd, carrure massive, blazer bleu croisé, chemise blanche cravate rayée....une image de mode pour présentateur télé
on interroge le nouveau venu
et d'où tu viens , toi?
hé bieng, je vieng du mondeu du sport (il prononce spouort, en bon méridionnal, qui accentue à fond)
certes, mais encore?
Écrit par : kobus van cleef | 11/11/2025
jeu vous zespliqueu
j'étais, je suis entraîneur spouortif (il continue à accentuer, en bon massaliotte)
et jeu meu suis reuconvertigue dans le conseil d'entreupriseu
certes, mais qu'est ce à dire mon brave?
ha ça non, jeu n'étais pas biengue braveu, j'étais plutôt dur en affaire
Écrit par : kobus van cleef | 13/11/2025
mais en faite, heingue, c'était simpleu
je les réunissai dans une lieu fermé pour un timeu buildingueu et je leur donnait mes consigneux
je leur disait pensez collectif, équipe bon gû, équipeu
collectif
l'abruti prononce "couollectif"
Écrit par : kobus van cleef | 13/11/2025
là , le pornocrate se montre intéréssé
ha oui, collectif, tim building?
mais y avait résultats? facturation?
ha oui congue, ça pour y avoir facturation, ça y allait....des couilles en platigne (toujours l'accent méridional, le platine devient du platigne) que je me suis fait
par moment, ça merdait c'est certain, tel évennemangue qui se soldait par la perte des personnel, ça arrivait, ou alors des accidents, le tir à l'arc d'intégration qui se transformait en sagittation de saint sébastien, les nouveaux venus en faisaient les frais...et les ouiquendes de cohésion où l'on perdait des hommes (et des femmes, oui surtout des femmes, fortes et indépendantes, en montagne, trop indépendantes, elles auraient dû s'aglommérer aux équipes mascu, mais ça leur allait pas, trop virilistes), tenez, une fois, un séminaire dans nos territoires d'oultre mer, la guyane, dix jours sur le fleuve dans les traces de papillon, un beau devis à plus de cent mille boules, mais défiscalisé, une entreprise de conseil, à la défense, croyez le ou pas, mais pchitt, la moitié de l'effectif, envolé
un barouf que ça a fait....d'un autre coté, ça arrangeait bien le board (il prononce le beau-arde) ces disparitions...même pas besoin de plan social, pas que la boîte battait de l'aile, mais vous connaissez le truc, les actionnaires en voulaient encore plus
enfin, on n'a jamais retrouvé les comptables en question, probablement dévorés par les jivaros du coin, les têtes réduites en tabatière et les couilles en blague à tabaque...
et moi j'ai dû m'asseoir sur mon devis....
bon, je me suis rattrapé sur d'autres animations de stage, pas croire que je suis l'idiot du village...
et vous, vous êtes dans quelle branche?
Écrit par : kobus van cleef | 21/11/2025
là c'en est trop pour le kobs
enfermé entre un pornocrate et un, un quoi d'ailleurs?
un aigrefin?
un cohésionneur?
un entraîneur de sports collectifs?
il te cramponne les barreaux, les secoue comme un dément, et hurle comme un hystérique
sortez moi de là bordel, sortez moi de là, je suis le missi dominici, le missi dominici, chiée de merde, appelez le patron!
Écrit par : kobus van cleef | 21/11/2025
vous rigoles?
mais je voudrais vous y voir, enfermé entre un cohésionneur et un pornocrate...manquerais plus que zirliski partage votre geôle
et tant qu'on en parle, le voilà qui se matérialise...un petit gars, pas vraiment impressionnant, vêtu en treillis kaki, l'air fourbe, mal rasé, tout le portrait du vendeur d'aspirateur au porte à porte..
Écrit par : kobus van cleef | 21/11/2025
mais c'est pas vrai, je vais me réveiller, ouvrez nom de djieu, ouvrez!
pendant que chacun de ses trois cothurnes monologue
où est l'argent, emmanuel, j'ai besoin l'argent
un contrague à cent mille boules, putaingue, cent mille boules
j'avais des filles, je les droguait pour le truc, payées avec des billets de monopoly, ça, on peut dire que je m'en suis mis jusque là
l'argent emmanuel, l'argent
il fait un barouf de tous les diables en tirant sur les barreaux de son cachot hollywoodien
Écrit par : kobus van cleef | 21/11/2025
comme si ça suffisait pas, un petit payday maniéré débarque dans la taule
et toi, c'est quoi ton projet, parce que nous, nous en avons un
c'est notre projet
c'est notre projet!
ho putain, trop c'est trop
Écrit par : kobus van cleef | 23/11/2025
et là, un autre coup dans les côtes....alors, ça va pas non?
tu vas la fermer, abruti!
il émerge encore, l'air plus ahuri que la fois d'avant
arrêtes de beugler, crétin, tu vas réveiller les enfants!
les enfants, mais quels enfants?
il pige enfin.....c'est madame légitime, la seule , l'unique, qui le rabroue
t'as fait un cauchemar, c'est pas possib' autrement, mais tu t'agitais, tu ruais comme un choale déchaîné, et pis tu transpires, tu pue la sueur!
hein, la sueur? mais qu'est ce que c'est que cette histoire?
Écrit par : kobus van cleef | 07/12/2025
Mais la sueur, ta sueur puante lorsque tu as bu et bouffé des épices !
En attendant, va calmer le petit dernier, il chiale comme toute une maternelle lorsque père Noël est pas venu, allez, grouille !
Et d'un pied délicat mais bien appliqué, madame légitime pousse notre pépère hors des draps conjugaux
Écrit par : Kobus van cleef | 13/12/2025
Alors d'un pas incertain, le vieux kobs se rend aux chiottes, qui sont à côté de la chambracoucher konjugal, il sort son outil périmé, attend que le réflexe urétrovesical se produise, sort quelques gouttes fortement teintées et non moins fortement odorantes, c'est vrai que les épices ça pue, lâche un gaz libérateur, repasse à la kouizine, descend un litron de flotte, avec microplastiques, PFAS et nitrates, se recoiffe du peigne d'Hypocrate (qui est fait, nous le savons depuis Rabelais, des 4 doigts et du pouce), puis, sanglé dans sa robe de chambre, se dirige vers la chambre d'enfants, de nouveau en activité
Et quelle activité !
Écrit par : Kobus van cleef | 14/12/2025
Le dernier, debout sur son lit, chiale et hurle comme une procession funéraire albanoche ou syrienne (voyez, vous avez le choix), on peut même, en tendant l'oreille, y reconnaître des vocalises corsicotes, bref, tout l'éventail sonore (ça existe, un éventail sonore, apparemment oui, ne serait-ce que pour assurer la crédibilité du récit, crédibilité linguistique s'entend, puisque pour le reste, il est totalement authentique), décoiffé, les joues érubescentes, les yeux exorbites
Kes kis passe, mon bouzet, mon poussin, mon crapaud, mon bout d'homme, mon petit fils, le seul à porter mon illustre patronyme (les autres sont fils de ma fille et donc portent le nom de leur père, mais ne sont pas moins mes descendants)?
La question ne percole pas ses synapses submergées par les messages contradictoires
Ça n'est que lorsque le presque vieillard empoigne le hurleur par son fond de pyjama (trempé), pour le bercer dans ses bras ramollis que le mioche laisse tomber "y a un crabe, soul'lit"
"Un crabe, sous ton lit ? Mais c'est absurde mon petitou, y a pas de crabe dans la maison des grands parents, y fait trop sec et pi y a plein d'escalier, comment qu'il ferait pour grimper les escadrins, le crabe, y ferait clopin clopan, pire que grand père avec sa prothèse ou grand mère avec ses béquilles quand elle s'a cassé eul pied au marathon"
"Si, si, siiiiiii, y a un crabe, soul'lit !!!!!!!"
"Y a pas d'crabe, sacré moujingue, y a pas d'crabe soul'lit, bon gû, et tu vas te recoucher tousuite, bordel de moive !"
"Y a un crabe, soul'lit, y a un crabe, soul'lit soul'lit !!!!"
Une voix de rogomme grince alors "regarde donc soul'lit qu'on puisse se recoucher, j'en reviens pas d'être mariée à un empoté pareil !"
C'est madame légitime qui s'en mêle
"Ouiche, la seule qui est couchée, c'est bien toi ma poulette "( mais c'est dit mezzo voce, histoire de pas finir la nuit sur le canapé)
"Allez, gamin, grand père va regarder...."
Joignant le geste à la parole, il penche la tête, se courbant tel un fier sicambre, s'attendant à retrouver des papiers de bombiques, des pages de livres d'enfant et les peluches disparues depuis le début du séjour des mouflets
Nom de d'la !
Sous le lit, il y a le grand karpathique qui le regarde fixement
Ouais, lui même, le sosie de Bruno Kremer dans la passion Béatrice ou la légion saute sur kolwezi
Écrit par : Kobus van cleef | 14/12/2025
Merdalors !
Par les mostach de plexiglatz !
Le gros kobs relève la tête précipitamment, l'air interloqué que le gamin, qui le scrutait, se remet à bieurler
C'est le crabe, c'est le crabe !
Sur un mode suraigu qui vrille les oreilles
Le gros se relève alors, empoigne le sommier, tire tout le truc à lui, renverse matelas, couette, draps pisseux,oreillers....et dans un ahannement, s'exclame "tiens, le voilà ton crabe, garçon, lorsqu'on est un homme, un vrai, on n'a peur de rien !"
Sous le lit, entre autres détritus, trône une monographie éditée à compte d'auteur dont le titre s'étale en rose fluo "acteurs virilistes pour un kino réactionnaire, une étude rétrospective des 50 dernières années"
On voit la belle gueule de Kremer dans la 317eme section, celle de Delon dans les centurions et celle de Maurice Ronet dans Cléo de 5 à 7
Mais bordel de moive, d'où sort cette merdasse?
Allez bouzet, regarde, y a rien là d'sous, et certainement pas des crabes !
Le petitou s'approche avec circonspection, récupère sa peluche, se colle dans le coin de la chambre
"Le lit est mouillé, mon pyjama aussi...."
Papi escorte la descendance jusqu'à la salle de bain, une douche express sur les fesses innocentes, vierges de toutes traces merdeuses mais fortement pisseuses, pendant qu'on entend maugreer à côté "continue comme ça, l'artiste, tu vas réveiller ses kouzins..."
Un tour dans la lingerie, où les piles de petits vêtements sont en équilibre sur le bord de la table à repasser, voilà le jésus rhabillé pour la nuit...allez, on va trouver une paire de draps....
Non je veux dormir avec grand mère et toi...
Ha merde, mon bonhomme, tu regagnes ta chambre, ton dodo et tu arrêtes de me les briser
Non, je veux dormir avec vous, avec vous, avec vooooooouuuuuus!!!!!
Tonalité et intensité acoustique d'une sirène...
Écrit par : Kobus van cleef | 14/12/2025
Kobus van cleef > Eh bien, ça c'est du rebondissement !
Écrit par : Pharamond | 15/12/2025
oui, je suis un homme rond, ça aide
allez savoir si j'ai un esprit carré....
Écrit par : kobus van cleef | 15/12/2025
kobus van cleef > Je ne sais pas, la géométrie et moi...
Écrit par : Pharamond | 15/12/2025
Les commentaires sont fermés.