statistiques web gratuite

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/12/2022

Carte blanche (50)

Laissée à Kobus van Cleef

 

Crépuscule des vampyrs et continent obscur

 

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

Sixième partie

Septième partie

Huitième partie

Neuvième partie

Dixième partie

Onzième partie

Douzième partie

Treizième partie

Quatorzième partie

Quinzième partie

Seizième partie

Dix-septième partie

Dix-huitième partie

Dix-neuvième partie

 

On les decouvre dans la chaufferie, où il n'y a aucune chaudière mais un Merlin-Rolls-Royce 20 cylindres injection contrôlée par ordinateur, 170000cubic inches ( soit mille fois la cylindrée de mon softail, y a déjà de quoi faire)
Le pasdar est vêtu, un tas de frusques en vrac à ses côtés, le mutant est presque nu, il n'a en main que des cartes négligeables
C'est un strip poker et le pasdar gagne
Mais que gagne-t-il ?
La vision de l'épiderme pustuleux du mutant ?
La satisfaction de remporter un dernier pli ?
Quelques pièces de vil métal à la condition de pouvoir revendre ces guenilles ( et que quelqu'un en veuille)?
Quel vice, quelle perversion...
On interrompt la partie en intimant au pasdar de rejoindre la dunette, d'un geste sans équivoque (avant bras plié, pouce indiquant la direction), il s'exécute en maugréant
On jette ses frusques au mutant en lui demandant s'il n'a rien d'autre à faire
Il déploie sa carcasse et nous reluque d'un air mauvais, puis donne quelques coups à un tas poussiéreux dans la pénombre, lequel tas s'agite en couinant
Des rats ?
Non, mieux que ça
Un raelien
Officier,par surcroît
Il approche ses cannines affûtées, l'autre secoue la tête pleure et promets de tout dire

on pourrait le renommer "karpathian bildungsroman"

 

Maintenant il nous faudrait savoir quel est cet individu capturé par le mutant (il est désormais interdit de prononcer "qui" sauf si le qui en question tend la main à la sortie de l'église, qui quête donc)
Le mutant allonge la jambe,satonne le tas de guenilles qui gît au sol
Un geignement lamentable s'en échappe
Non noooon, arrêtez, noooon
Va savoir quels sévices on nous enjoint de stopper
Il ramasse alors un rigoustin, vestige du passé illustre du navire (propulsion à vapeur,converti récemment en diesel puis solaire, deux trois panneaux sur le sundeck, assurant l'éclairage des chiottes des invités, tant qu'il y a du soleil) et de la pointe, en taquine la loque
Gémissements puis cris et imprécations
Blum veut faire cesser cette infamie, kobus, au contraire, pense qu'on risque d'en apprendre un peu plus sur ce bougre
Il presse le mutant d'insister, on va pas l'accoucher aux forceps, quand même !

 

Finalement, on aura eu un aperçu de kobus
Bedonnant, vieillissant, un poil sadique, pas mal maso aussi, pas reluisant tout ça
Au bout de peu, la loque se met à table
Ce qu'il voulait,ses commanditaires et lui, c'est récupérer la clé USB sur laquelle sont inscrites les coordonnées de la milliasse de bitcoins
Une question d'argent ?
Je n'en crois pas un mot
Le mutant approche son muffle repoussant et là, les digues cèdent, le mec déballe tout on a du mal à suivre
Mais dans les grandes lignes, ce pognon doit servir à payer les services d'une société de mercenaires chargée de harceler un état souverain afin de créer un casus belli, dans le but d'entraîner une opération de pacification légitime de la communauté ternazionale sous les espèces d'une organisation de coopération militaire au logo en quatre lettres et de couleur bleue
Les infos sur ce ploplo sont au verso de la clé, maintenant libérez moi, j'ai été réglo
Assurément dit Blumroch
Le mutant fond sur sa victime et la saigne dans un concert de cris atroces
Puis il attrape le cadavre encore frémissant par une aile et le balance à la mer par une écoutille

 

On tient un conseil de guerre élargi dans le poste de pilotage ( passerelle, dunette, décidément la marine n'est pas avare en dénomination)
On félicite le mutant pour sa résolution rapide des problèmes d'abordage par des estrangers du dehors, hop, saignage et immersion sont les deux mamelles d'une sécurité bien comprise
Des voix s'élèvent toutefois, ne doit on pas craindre la survenue d'une autre équipe de récupérateurs de clé USB, maintenant que leurs chaouchs ne donnent plus signe de vie ?
Blumroch argue que les balises dont sont pourvus les agresseurs continueront à émettre depuis l'estomac des requins et lorsque les dites balises passeront dans la merde, nous serons loin
D'ailleurs on va faire le point, à l'ancienne, plus question d'utiliser les systèmes moudern qui nous signalent à l'attention des observateurs de toutes nationalités
Il est vrai que déconnecter les appareils nous rendrait suspects et que d'autres part, nous sommes visibles depuis le ciel
Nous pourrions changer d'embarcation à la première occasion
Cap sur des terres habitées, dans ce cas
On pique donc sur la Sicile ou la Sardaigne
Pour la Sardaigne, c'est trop au nord, et puis on arrivera après le 11 septembre, qui est, comme toulmonde sait, la date de la sainte victoire, laquelle coïncide avec le changement de pâturage pour le bétail ( transhumance inversée, ou retour, si vous préférez), pestacle inoubliable avec les encostumés qui gravitent autour des édifices néolithiques et les femmes, belles comme tout avec leurs yeux clairs et sombres et leurs broderies sur le fafatch, qui suivent la procession
On prendra donc la Sicile,fief des antiques sicules

 

Cap sur la Sicile donc, mais en restant à distance de Syracuse,du fort du clou et des latomies, certains s'y sont frotté, et on sait comment ça a fini
Le pasdar à la barre (ce qui fait une allitération plus chouette que Giscard à la barre, je trouve), imprime donc un mouvement plein de douceur et de fermeté au joystick qui fait office de roue, le navire vire doucement,cap sur le port d'Agrigente ( s'il existe, sinon ce sera celui de Géla)
Les eaux de mare nostrum se divisent devant notre proue pour se refermer loin derrière notre poupe sans que cela n'affecte le confort des passagers et pourtant le gros temps est là, qui plaque des rafales sur les hublots ( correction, ce sont des baies vitrées qui permettent aux invités de jouir du pestacle) et fait ruisseller la tempête sur le bâtiment
À peine un peu de roulis lorsqu'on prend les lames en oblique et qu'on les écrase par le travers
À 10 nautiques de la côte, la radio grésille, un marin italien nous demande d'un ton fort urbain qui nous sommes et vers où nous nous dirigeons
Vers le port,c'te question !
Ha, il faut croire que les raeliens ont actionné tout les relais qu'ils pouvaient et que l'épreuve finale nous attend
Blumroch a une idée de génie, il empoigne le combiné et lance un appel vers un numéro de lui seul connu
"Hello ma p'tite poule, si tu as ce message, c'est pour te dire qu'une barquasse de gentils migrons est en vue des côtes italiennes et que l'organisation de contrôle des frontières, appelons la Durex, est en passe de les refouler, appelle donc à la rescousse les cartes de presse vronzaises"

 

La veille médiatique est lancée, voyons ce qu'il adviendra, énonce Blum en posant le combiné
Apparemment trop tard pour déclencher la mobilisation des journalistes vronzais,car on voit poindre, à travers les bourrasques, un licothere de la regia marina, cocarde verte blanche rouge,mitrailleur à la portière, chahuté par le vent
L'appareil met le cap sur le yacht du mécène punique et l'illumine avec son radar de conduite de tir ( les pods sous les ailerons sont chargés à bloc, on voit les ogives qui luisent lorsque les feux de position se reflètent dessus, avec effet stroboscopique par la rotation du rotor, si j'étais nécessiteux, je vendrais cette image à un metteur en scène), alors que la radio crépite "yacht de plaisance, mettez en pannnne, nous allons monter za bord", avec un accent de Calabre bien tapé
Le pasdar à la barre pousse le chadburn à bloc, le yacht bondit en avant
Dans la radio, l'échange se fait plus rugueux "ma qu'est ce tou fa, tête de 'on, va, jé te dis de mettre en panne, tou met en panne,tou discoute pas, capische ?"
Et le mitrailleur de portière envoie une rafale qui coupe la crête d'une vague à dix mètres devant la proue
Idée de génie de kobus, qui disparaît un instant, et reviens, costumé en n'haigre, avec un ballot de chiffon infâme sous le bras, la bouille repeinte au cirage et traînant Emesse par une aile
Il intime à Jean Eudes de rebrancher la radio et d'adresser un message clair à l'hélico de la regia marina, sous ordres de Durex
"Si vous nous interdisez de poursuivre notre route, nous sacrifierons des enfants, des petits n'haigres, et nous filmerons tout, on balancera ça sur les rézos et ensuite, tu verras ta gueule !"
Kobus est arc bouté sur le bastingage, il tient au dessus de sa tête le paquet de chiffon, Emesse, fermement appuyée sur l'aileron de la coursive n'en perd pas une miette, avec une caméra qui a dû surprendre les ébats libidineux des invités du magnat libanoche
Dans le poste de pilotage, la situation est tendue, un autre crépitement déchire le silence
"Ma ne faites pas de couneries,va, porca Madonna, rentre le bambino, il fait trop froid pour mettre oun chrestos dehors, à plou forte razon oun negrou, espère oune minoute, je prends les ordres de chez Durex "
Les ordres doivent être clairs puisque dix longues minutes plus tard, on entend "le yacht loumière dou soud est autorisé à poursuivre sa route, les passagers seront débarqués en zoune estra ouropeenne"
Puis, après un instant, mezzo vocce "et dites à votre comédiante qu'il aurait été plus crédible en se passant aussi les mains et les oreilles au cirage"
Grand virage sur le flanc, le licothere nous double, le mitrailleur de portière nous fait un signe sans équivoque, pouce levé, pour nous la souhaiter bonne

 

Et, à travers les bourrasques et le libeccio, nous progressons jusqu'au port, c'est quasiment cornélien
Mais c'est pas Chimène qui nous accueille, comme tu peux le penser
Non, une haie de carabiniers, une autre de bersagliers, un dispositif avec véhicules anti émeutes, tout ça sur les quais étroits de Vigatta (j'ai lu Camilleri)
Ne manque plus que le commissaire Montalbano
On balance les haussières, les garda di finanzia, lamaniers amateurs, tentent de les rattraper, sans succès, ce qui amuse les persans
Les défenses sont parées sur le quai, pasdar Abbas se lâche un peu en cognant méchamment de la proue, de toutes façons, le proprio est introuvable, saigné par le mutant ou flingué par les raeliens dans un précédent épisode, il viendra pas recriminer
On nous intime de baisser la coupée, que l'inspection puisse monter à bord
Merde, on va connaître la paille humide des cachots, encore heureux que ce soit pas les latomies
Au moment où l'inspection maritime met le pied sur la passerelle, un mouvement de foule, une immense clameur "negrou, negrou, la poutrasse di Bamako, negrou negrou"
Ce sont des institutrices ménopausées, italiennes, vronzaises, Hallemandes, nord européennes et leurs cucks de mâles bêtas, bénévoles d'association, anciens fonctionnaires territoriaux et ex syndicalistes en retraite, qui,tels une marée humaine, bousculent tout devant eux, investissent le port,les quais le bateau, flanquent les militaires à la flotte et montent au pas de charge la passerelle de coupée

 

vous imaginez la scène, je vous fait pas de dessin
les fumelles, ulcérées de pas avoir de migrons mâles, se rabattent sur les deux pasdars
lesquels pasdars sont âprement disputés par les cucks mâles et bénévoles des ONG
bataille, empoignades, griffures, les bénévoles et les humanitaires morflent , se défendent, ça couine, ça braille
que croyez vous qu'il advient?

 

Épuisés, la tige en chou fleur, les deux pasdars sont en passe de jetter l'éponge, le manche ( c'est le cas d'y dire) après la cognée
Il faut trouver une idée, afin de contenter la troupe d'affamé.e.s de stupre,qui, quoi qu'on en aie, nous protège des forces de l'ordre
On leur intime, en persan, de penser fort fort fort à la gay pride de Berlin
On leur essuie le front, le dos, tout ce qui ruisselle de transpi au cours d'efforts pas racontables
Il faut pourtant se résoudre à l'évidence, seule la chimie, la chimie moudern, pourra nous tirer de ce mauvais pas
Mais où trouver des substances, des trucs et des machins ?

 

Et pour contenir la fureur des ménopausées de l'educ nat' ... pour cela, point de chimie efficace, une bonne paire de baffes dans la gueule, assénées par un Blumroch pas trop ravi du rôle qu'on lui fait jouer, et un Jean Eudes plutôt rigolard, mais ils ont le bras qui fatigue à force d'à force
C'est alors que survient un personnage extraordinaire, comme on n'en trouve que dans les romans de Balzac et de Pierre Magnan, un type d'homme qu'on croirait révolu
Laisse moi te le décrire, c'est pour la littérature française que je le fais ( et donc c'est respectable)
Imagine un gnome,bossu, contrefait, l'échine en crosse d'évêque, le nez touchant le menton comme la vieille dans Candide, de rares cheveux blancs encroutés de squames et de parasites débordant d'une calotte de soie noire raide de crasse, un pharmacien de province du 19eme... et pas de la fin 19eme, non, certes pas, du début,du tout début de ce siècle qui vit naître Victor Hugo et tant d'autres génies vronzais
Et cet homme nous déclare, avec un accent indéfinissable, j'ai la solution à vos problèmes

 

La solution ?
Mais qu'est ce donc ? S'étonnent nos compères,assaillis de fumelles aux cheveux bleus, hystériques et agressives
Un philtre, un simple philtre qui renverra ces harpies d'où elles viennent
Fort bien, mais comment leur faire absorber le dit philtre,la question est d'importance
Kobus, qui avait négligé de se décamoter le museau est encore, pour les yeux de la foi, assimilable à un n'haigre
Vieux, certes, au vu de sa toison argentée, mais incontestablement, indubitablement n'haigre
On n'en veut pour preuve que le colorant qui suinte au fond de ses rides
Il se repasse une autre couche de cirage sur le faciès puis s'avance sur cette troupe bruyante, babillarde, tremulante, tendue dans l'attente du priape sombre qui pourrait leur insuffler une nouvelle jeunesse, faire de vieilles vachasses brehaignes de tendres jouvencelles portées aux égarements de l'âme et du corps
D'une main levée, il fait taire la cacophonie ambiante, déclarant "moi, cheikh Amadou Anta Dialo, vais vous conter quelques morceaux choisis de littérature, après quoi, nous aurons une collation pré sexuelle"
Là, silence sépulcral, le sexuel a éteint les conversations
Alors il se lance, le kobus, avec ce qui lui reste de son enfance, lorsqu'il s'emmerdait à cent sous de l'heure au collège, gratuit, laïc et obligatoire
Un petit galop d'essai, du Victor Hugo, d'ailleurs son gros bide,sa barbe blanche et son museau repeint et un peu fictif, le font ressembler à la statue éponyme de Besançon, statue érigée par Ousmane Sow et recolorisee par la mairesse du cru

 

Mais ouat !, l'assemblée des ménopausées ne se contente pas du verbe, il lui faut de la chair !
De la chair autour du verbe et, oserais je le dire, de la chair à l'intérieur
Aussi un sourd grondement monte, une révolution en puissance , ça devient la vieillesse aigrie qui ergote,manifeste, exige
Et qu'exige -t-elle ?
De la jeunesse,dure, infatigable, décomplexée, qui les pilonne dans l'entre cuisses, dans l'entre fesses,quite à en crever, elles ( ou iels car on compte plusieurs trans et nos deux pasdars n'ont pas réussi à contenter tous les zommos passifs qui se sont rués sur les quais, loin de là, très loin de là) n'ont pas fait tout ce chemin depuis leurs hacheloumes de bonlieu parigotte, milanaise ou Hallemandes pour s'entendre réciter des morceaux de littérature vronzaise, littérature dédiée à des zommes blancs, sexagénaires et en tout cas, pour ce qu'iels en savent ( et iels en savent beaucoup,croyez moi, pas pour rien qu'iels ont un abonnement aux pod casts de vronze ku) sexistes et patriarcaux, bordel de djieu
Kobus tente de dominer le tumulte mais c'est peine perdue, ça renaude vilain dans l'assistance, on veut du sang neuf,du sang neuf,youngblout, youngblout, de la jeunesse,jovenes, bref, une volière, peuplée de poules faisannes déplumées
L'odeur répandue renforce la comparaison, imaginez un fond de clapier, avec patchouli par dessus et sudation dans une crêperie jamais aérée
Autre chose que l'odeur du mâle qui a usiné dans la salle des machines ou du pegut qui vient de donner aux bétail
Bref, kobus commence à perdre patience et aussi contenance lorsque les trois grâces déboulent, avec une marmite de ti ponch, dans laquelle a été jeté le philtre
Jamais avares d'un coup à boire, les ménopausées et leurs cucks reniflent avec méfiance puis se laissent aller, et ça lève le coude, tu peux me croire
Résultats des courses, en moins de 30 minutes, tout ce beau monde est à terre, vautré dans les vomissures, les convulsions et l'urine
Oui, c'est un violent neurotoxique, iels n'en réchapperont pas

 

Tout.e.s mort.e.s, propre,net et sans bavures
Accré les gonzes, on met les bouts !
On rassemble en un tour de main nos impedimentas, on charge le grand karpatique dans une chaise roulante et on se dirige en ordre dispersé vers la passerelle
Un instant !
Une voix glaciale coupe nos élans respectifs
On se retourne
C'est l'apothicaire de province, il tient un rigoustin calibré en 9mm para et nous braque
Envoyez la clé USB !
Maverdave, encore les foutus raeliens !
Kobus descend doucement la main droite vers sa poche de bloudjine, elle est là, je vais la sortir mais pas de geste inconsidéré avec le flingue, d'accord ?
C'est moi qui donne les ordres ici, rétorque le potard, qui a changé du tout au tout, sa taille s'est redressée, sa calotte a glissé, son élocution a changé, bref, c'est devenu un autre homme, un tueur froid, efficace, réfléchi
Pas tellement réfléchi pourtant
Le mutant survient derrière lui et le saigne de la façon qu'il affectionne, la bouche glissée dans le creux situé entre l'épaule et la mâchoire, ce creux où les lèvres des hommes aiment à se poser chez la femme aimée ( ou convoitée) pendant que les mains empaument les seins
Broum
Le raelien s'effondre, livide, exsangue
Ce faisant, dans une convulsion, il appuie sur la détente de son arme, le projectile va frapper kobus directement sous la ceinture, pling, ça fait un deuxième au tapis
On se précipite, on lui donne de l'air, Emesse le délace ( c'est pas un corset qu'il porte, cependant l'expression m'a toujours plu, avec ce que ça véhicule d'érotisme 18eme), on expose la blessure
Chance, miracle, le pruneau a frappé la médaille du bon sauveur qu'il porte près de ses genitoires ( craint il les MST ? Possible) et a ricoché sur la bague de biker ( à tête de mort) qu'il s'est offert pour ses 60 automnes
Ne lui reste qu'un gros hématome qui grossit de minute en minute ( l'imbécile affectionne les traitements préventifs, il s'est donc mis sous aspegic,100 mg/jour, comme si ça pouvait changer quelque chose à son destin et à son hygiène de vie déplorable)
Pas grave, on se met en route, le mutant pousse le karpatique, Emesse soutien kobus qui marche les pattes écartées, les pasdars eux aussi marchent à pas comptés, la faute aux rapports brutaux qu'ils ont entretenus avec les cucks européens, le reste marche à l'amble, comme des chevaux médiévaux

 

On s'éclipse par l'annexe du bâtiment en souquant ferme, on rejoint le fond du port par la bande, doublant en silence les véhicules des carabiniers, lesquels sont occupés à se sécher après la trempette imposée à eux par la meute humanitaire
À force de rames ils sont bientôt sortis d'affaire, d'autant que les journalistes vronzais rameutés par le coup de téléphone de Blumroch à son contact dans la presse d'opinion,ces journalistes donc,font le siège du quai où est amarré le yacht du suifeux libanoche à cette heure décédé
On se défile par un incroyable lacis d'entrepôts, de jettées, de portails grillagés échancrés à coups de cisaille, de guitounes de gardien abritant des calabrais avinés
Nous voilà dehors, un simple tour d'horizon nous montre un parking plein de saisies des douanes, quatquat, camionnettes, humvees nous tendent les bras, à pu qu'à se servir
Craquer une porte ne prend qu'une minute au mutant par contre démarrer le moteur sans le code ni la clé s'avère impossible
Penauds nous retournons à la guitoune du gardien qui, surprise,a été remplacé par une équipe de mafieux, façon tradi, biceps d'agriculteurs sous le maillot proletarien et front en pain cuit sous une casquette crasseuse
On est bien forcés de lâcher une pincée de billets en échange du véhicule convoité
Une autre pincée pour acquérir un carosse semblable au premier et fouette cocher, nous prenons la route des faubourgs en espérant ne croiser personne
Un doute nous tarabuste, les mafieux auront ils tendance à nous donner ?
Non, à nous vendre, tout bonnement,dit Jean Eudes, à condition que les autres y mettent le prix

 

Si le prix est en rapport avec la clé USB que les raeliens convoitent, notre sort est scellé

 

Avec donc cette hypothèque sur le râble, nous mettons les bouts
Un convoi automobile, constitué de deux quatquat un peu amortis, s'ébranle et gagne péniblement la rocade
En cause, le chamboulement dantesque de la signalisation autoroutière réalisé par les autochtones, qui ne peuvent plus supporter les agissements des sauveurs de l'humanitude, sauveurs sous les espèces de ménopausées de l'educ naze, d'adjoints à la culture de municipalités de moins de 50000 peguts ( effectivement, ça nécessite au moins un adjoint à la culture sinon plusieurs), adjoints en question parfois pédérastes, de permanents de partis pro mélangistes et de syndicats de défense d'intérêts privés ( sous couvert de défense d'intérêts communs), de jeunes punks à chiens puant le chitte ainsi que de jeunes filles de bonne famille, convaincues de leur incapacité à arriver à la cheville de papa -maman et se donnant ainsi une légitimité à exister ( tout en jouant à saute mouton sur les bites des gentils migrons)
Les autochtones donc, fatigués du défilé incessant de cette faune qui s'installe chez eux et y installe une richesse introuvable dans nos pays sclérosés, ont résolu de rendre la circulation impossible en déplaçant les panneaux, en les inversant, bref en rendant le plan de circulation impossible pour quiconque n'est pas natif du cru
Tant et si bien qu'au douzième passage devant la même façade ravagée d'usine déchue, kobus, exaspéré, bloque les freins, vache la bagnole sur l'accotement pose les coudes sur le volant et exhale un hurlement qui se prolonge par un soupir théâtral
Faut dire que Szuzanna, installée à côté de lui pour la navigation,l'a bien chauffé
Pourquoi tu tournes pas là ?
C'était marqué là, pourquoi t'as pas tourné ?
Fallait tourner, je t'ai dit, c'était marqué
Faut faire demi tour, pour retrouver l'endroit où tourner
On vient de repasser devant, pourquoi tu tournes pas ?

Vous voyez à quoi je fais allusion

 

Pardonnez lui ce moment d'énervement automobile comme il vous aurait pardonné le vôtre, j'en suis sûr
On avise, pas loin de là, un kebourdin local, assis sur un pliant, à l'ombre d'un figuier déplumé
Erreur c'est un gardien
Il garde des lieux où personne n'a envie de s'attarder, la logique de tout ceci n'est pas évidente mais le garçu rapporte bon an mal an sa paye à la maison, ce qui soude mieux les liens conjugaux que des prouesses horizontales
On l'aborde, on l'interroge
Il reste coi
Muet ? Sourd ? Sourd muet ? Crétin ?
On hésite
Un petit billet glissé par Emesse, la grande âme ( j'ai eu raison de lui donner les traits de madame moitié) débloque la situation
Nous nous enfonçons donc dans le centre de l'île, entre massifs volcaniques et pentes déboisées
Trapani ? Jamais de la vie !
Et roule ma poule, tant qu'y a du fioule dans le réservoir

 

Non non, d'Agrigente ( le bled natal d'empedocle, faut il le rappeler) jusqu'à Taormina puis Messine ( où nous n'irons pas pêcher la sardine mais où nous chercherons un embarquement pour Reggio de Calabre
Alors pourquoi, puisque tout se décide à la dernière minute, à la dernière seconde même, au débotté, un licothere noir, sans immatriculation nous survole puis se pose devant nous sur la route ?
Un exploit
Mais qui ne fait pas notre affaire
Peut être les raeliens ont implanté des logiciels espions dans nos tilifones ?
Peut être...
Le logiciel Pegasus
Ce qui, étymologiquement peut se décomposer en Pégue, lui même dérivant du provençal "peguer,pegueux" qui colle, collant et anus, le ku
Le logiciel qui nous colle au ku
C'en est trop pour kobus qui ouvrait la route avec son quatquat pourri, un bref coup de volant, une lourde pesée du pied droit sur l'accélérateur et il emplafonne l'habitacle du licothere en ayant évité les pales du rotor
On a une vision du hurlement figé du pilote,du copilote et du passager, les yeux dissimulés derrière des wayfarer sarkoziennes, avant de morfler les fragments de la voilure mobile ( oui j'ai réussi à éviter la répétition de rotor et de pales, je suis mûr pour un prix littéraire ou les rayons de la grande distribution, c'est pareil pourvu que la dose de sexe soit suffisante)
On sait que le rotor tournant dans le même sens, un choc sur le bord d'attaque des pales lorsqu'elles sont positionnées près de la cabine envoie les fragments vers les passagers, il suffit donc de cueillir l'aéronef par son bord opposé au sens de rotation ( si vous m'avez compris c'est que je me suis mal exprimé)
La turbine de la bécane n'étant plus alimentée on s'approche, le spectacle, celui d'un carpaccio d'humains, n'est pas folichon mais du moins nous serons tranquille pour un moment
On se débarrasse de tout ce qui peut être traçable, téléphone,montres connectées, agendas électroniques, GPS, on redresse tant bien que mal le garde boue du quatquat ouvrant la route et roule, marche va, tu iras mieux ce soir ( réminiscence cévenole)

 

Commentaires

//REMARK ON
Un an déjà, presque jour pour jour...
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 20/12/2022

Blumroch > Déjà...

Écrit par : Pharamond | 20/12/2022

ça fait aussi longtemps que je tire à la ligne?
j'y crois pas

Écrit par : kobus van cleef | 20/12/2022

d'ailleurs, continuer à se baguenauder en véhicules totomobiles, facilement traçables par voie aérienne et/ou satellitaire, n'est pas la meilleure idée
on en revient donc à notre idée première
se fondre dans la masse , comme le guerillero maoïste ou l'activiste du sentier lumineux, ne point lever le nez, marcher le regard fixé sur ses chaussures (métaphoriquement)
on abandonne donc les caisses dans une campagne quelconque, on passe par le travers pour gagner la place du village, nos trognes d'hommes amortis autant que la beauté paisible de nos compagnes n'appellent pas la curiosité des rares chalands
coup de bol, un bus est stationné là, un écriteau indique une destination improbable, provinciale, on s'acquitte du passage, le nautonier encaisse la monnaie, on s'entasse, avec les plébéïens dans le fond du bus, contact, breum breum, le vieux diesel s'ébranle, empuanti la gare routière, et hop nous voilà partis, silencieux comme des mafieux (ça rime) anodins comme des citoyens ordinaires

Écrit par : kobus van cleef | 20/12/2022

kobus van cleef > Quand l'inspiration est là...

Écrit par : Pharamond | 21/12/2022

y ap as que l'inspiration
disons que la santé, le boulot, les occupations familiales jouent leur rôle

bon, jusqu'au chef lieu de canton, ça se passe bien
on se serre dans le fond du bus pour gagner ensuite Taormina, il y a des mémées avec des gosses débiles, des vieux avec des fringues élimées, rapiécées (viens me dire que l'Europe c'est l'opulence ....), des pépères avec des cageots, des oeufs dans des paniers, le nautonier se gendarme un peu lorsque un patriarche veut caser son agneau à coté de lui (drôle d'idée, c'est point la saison, trop vieux pour faire un bon gigot, pas assez tendre) mais il renonce bientôt à expulser le contrevenant, devant la bronca des autres passagers
et ça roule lentement dans la poussière et le soleil de cet automne finissant
on quitte les plateaux dorés (la Sicile, grenier à blé de l'empire romain, mais c'était avant) pour gagner la plaine côtière et ses jardins, et là, ça y va les couleurs, les formes, y a de grandes cucurbitacées qui font au moins un mètre, fines, des aubergines serpent comme on dit, des tomates, de la verdure (vous croiriez que je tire à la ligne en pompant honteusement un reportage du figaro ou de paris match, hé bien non, la bande côtière en Sicile j'y suis passé, c'est riche, l'hiver il pleut, puis c'est chaud, ça pousse bien, ça plus la vigne)
à Taormina, même topo qu'à Agrigente, les panneaux routiers ont été chamboulés pour dérouter un peu le chancre mondialiste et d'extrème gauche, mais le chauffeur n'en a cure, pour lui le terminus est là où il l'a toujours connu, à la gare routière
et après il va à la trattoria voisine, où il a ses habitudes (c'est une petite cousine à sa femme, le poisson est d'anthologie, et très bon marché)
nous, tout ça nous a donné faim
et on a pour principe de faire comme les romains à Rome, comme les siciliens en Sicile et tout à l'avenant
on le suit
on se pose au fond, table avec toile cirée un peu collante, rideau en perles pour filtrer les mouches, les images pieuses sur les murs, les éclats d'une conversation animée en cuisine (c'est la taulière qui réprimande son incapable de mari-et serveur, également- pour une raison obscure, le chauffeur, qui nous a pas regardé depuis la descente du bus, met un terme à l'échange en l'appelant , car il est assoiffé et affamé, le bougre "Amalia, Amalia!", très méditéranéen, cette façon d'user du verbe)
elle sort de son antre, précédée par son ombre sur les tomettes et l'ondulation du rideau

Écrit par : kobus van cleef | 21/12/2022

kobus van cleef > "y ap as que l'inspiration
disons que la santé, le boulot, les occupations familiales jouent leur rôle"
C'est certain, mais sans flatterie il faut avoir de l'imagination pour arriver à tenir cette histoire aussi longtemps.

Écrit par : Pharamond | 21/12/2022

N'exagérons rien, je décrit le monde que j'héberge dans ma pensarde
Comme je ne m'emmerde pas à penser à des détails matériels, j'ai la place pour un petit bestiaire

À propos de bestiaire, la patronne de la Trattoria, Amalia, arrive précédée d'une petite ménagerie, une chèvre un porcelet, deux poules et les matous règlementaires, sans lesquels aucune femme n'est vraiment accomplie
Une vraie femme s'entend,pourvue de formes, bonheurs,chagrins en nombre et intensité raisonnable, ainsi que du livre de recettes indispensable qu'on stocke dans la cuisine mais qui ne sent jamais la friture

Écrit par : Kobus van Cleef | 22/12/2022

Kobus van Cleef > Vous hébergez de drôles de créatures...

Écrit par : Pharamond | 22/12/2022

et encore, je ne montre que les plus acceptables
je vais pas sortir ma section Ieronimus Bosch
ça ferait fuir vos lecteurs

Écrit par : kobus van cleef | 22/12/2022

//REMARK ON
Nous avons lu Lovecraft, Bloch et Clark Ashton Smith ; comment diable irions-nous fuir face à des créatures boschiennes ? Unleash your imagination, please ! ;-)
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 22/12/2022

kobus van cleef > Gardez-les au chaud pour une prochaine aventure à nous conter ;-)

Blumroch > Nous, non, mais les autres. Ils ne sont déjà pas nombreux ;-)

Écrit par : Pharamond | 23/12/2022

//REMARK ON
Allégorie à faire dans le registre du Gourmelin d'*A la mémoire de l'humanité* : "à la qualité, l'emportant, pour une fois et par hasard, sur la quantité." ;-)
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 23/12/2022

Amalia donc s'avança, précédée par une poitrine ayant dépassé le stade émouvant pour se positionner dans le registre abondant
Ou même surabondant
En tout cas une bonne réclame pour sa trattoria
Ça et les senteurs d'ail frit, de tomates compotées et de basilic qu'elle véhicule autour d'elle ( tenaces, les parfums de la cuisine ont élu domicile dans sa tignasse)
On s'agite sur nos chaises, elle s'approche de son parent ( par alliance), s'en suit une conversation que ma flemme naturelle m'évitera de reproduire ici, sachez simplement que le dialecte doit beaucoup au castillan ( Huit siècles d'occupation) au berbère, au vronzais ( quelques décennies d'occupe par des nobliauds normands)
Elle s'approche enfin de nouzautres pour prendre la commande
Ce sont les femmes qui intercédent pour nous, question truchement elles s'y entendent
On aura des filette d'alici, des rougets de roche, aubergines alla grillada tout ça en vrac,a la sanfasso ( sans façons)
Un café pour finir puis l'addition,acquitable en euros
Pas se lever de table trop tard ou trop lourd
On s'est enquis de l'embarcadère pour Reggio de Calabre et c'est avec regrets qu'on lève le camp, certains de nous fondre dans la masse du populo sicule
Dans commun accord on descend donc jusque zau port, exactement comme dans le Cid

Écrit par : Kobus van Cleef | 24/12/2022

À l'embarcadère, cohue usuelle, populo méditerranéen qui cause fort, incompétence notoire des organismes de surveillance européenne, Durex est en stand by, les services raeliens et leurs alliés gloglosaxistes sont sur le pied de guerre, mais en dépit de tout, on passe sans accroc, en ayant un rabais en plus, rapport au vieux karpatique que l'on pousse dans son fauteuil roulant
Traversée sans encombres, n'est pas Odysséus qui veut
Touchons terre à la pointe de la botte, là encore sans lézard
Débarqués, hagards, cherchons un hébergement, fait pas franchement un temps à mettre un vampyr dehors, bourrasques d'automne et bruine, heureusement l'hôtel du Bon pasteur nous tend les bras et c'est avec grand plaisir que nous nous engouffrons dans son entrée
Peut on réellement parler d'hôtel, plutôt de dortoir
Avec intimité préservée mais dortoir quand même
Et c'est parti pour une nuitée de 18 heures ponctuée de toux, raclements de gorge et ronflements

Écrit par : Kobus van Cleef | 25/12/2022

Sommeil réparateur, hériterons nous de puces, de poux ?
Voire même de punaises ?
Rien de tout cela
Au matin, courbaturé mais heureux, kobus se réveille entre Emesse, la très belle et Szuzanna la glaciale, dans le coin de la chambre, le grand karpatique, sur la carpette, Abbas le pasdar avec son ieut'nant Darius
Les autres se sont répartis dans les cellules qui forment l'ossature de la machine à dormir
On secoue la troupe, pas d'eau pour la douche, on se contentera de se décamoter le museau avec un fond de tasse, après tout, à la guerre comme à la guerre

Écrit par : Kobus van Cleef | 25/12/2022

Un expresso et un genre de croissant dégueu comme seuls les italiens savent en faire, on se dirige vers la gare routière
Objectif, un bus jusqu'à vibo del valentia, par l'A3, une bonne pincée de kilomètres, ça nous permettra de nous reposer, puisque le chauffeur s'y colle
Allons y donc
Surtout qu'il n'y a que deux bus par jour, un aller, l'autre retour, comme quoi,y a pas qu'en vronze que les services communautaires sont à la débine
On a le temps de payer le passage,replier le fauteuil roulant, pisser une goutte, embarquer, c'est parti
Monotone, la route
Dire qu'une poignée de kilomètres au nord ( disons deux bonnes centaines) c'est la côte amalfitaine ( kobus connaît bien, dans une autre existence les virages lui ont donné des céphalées épouvantables) pitoresque et tourmentée
Là c'est tout plat

Écrit par : Kobus van Cleef | 26/12/2022

Et ça y va les arrêts semi ruraux semi urbains, mais bon, on se laisse porter
Il faudrait toutefois tenir un genre de conseil de guerre histoire d'avoir une ligne de conduite commune
Jusqu'où aller ?
Avec qui ?
Contre qui ?
Reculer, à quel moment ?
Et surtout, qui va payer ?
Pour ça, on a déjà la réponse, les services secrets raeliens et l'organisme dont le drapeau bleu avec des étoiles se décline en quatre lettres
On peut même leur soutirer du pognon, si on a des problèmes d'intégration dans la société vers laquelle on se dirige
Interrogé à ce sujet par jean Eudes, kobus acquiesce vigoureusement, hochant frénétiquement un chef prématurément blanchi et dégarni
Assurément, nous changeons de pays, de société, de système de soins et de retraite
Comme nous avons changé d'existence
Et nous pouvons nous estimer heureux
Autour de nous, à ce que nous pouvons lire des manchettes des quotidiens italiens, tout foire aux europes
Dette, pollution, migrons, guerre à l'est, guerre interne, guerre au Sud, c'est la cagade totale, la foirade complète, l'uber merdage
Et il faudrait qu'on replonge là dedans ?
Que nos efforts cautionnent la poursuite de cette expérience ratée ?
Que nenni !
Nous allons nous fondre dans la masse, d'ailleurs kobus a un peu de vampyr en lui, dans la masse des pompeurs d'hémoglobine, qui ne sont pas, après tout, de si mauvais bougres
Et puis des gensses qui comptent parmi eux de si belles amies,telles Emesse, Szuzanna, ses sœurs et demi soeurs, ne peuvent pas être tout à fait mauvais, pas vrai les gars ?
Et puis nous avons charge d'âme
Pourrions nous encore nous regarder dans la glace le matin en nous rasant si nous abandonnions les deux pasdars, Abbas et Darius ( prononcer dariouch')?
À l'objection attendue de "on leur doit rien" kobus s'insurge "nous leur devons, au minimum, une gay pride à Bucarest, ou à Cibiu"
Et c'est ainsi qu'en dépit de l'existence de moitiés respectables au pays, kobus parvient à convaincre Blumroch de refaire sa vie avec une issue de la tribu vampyresque, à la peau blanche comme le lait et aux formes émouvantes
Tout ça dans un bus italien errant sur les routes calabraises

Écrit par : Kobus van Cleef | 27/12/2022

Allons y donc,pense Blum en coulant un regard concupiscent sur la chute de reins d'Erzebeth
Laquelle,mutine, lui adresse en retour un sourire qui vaut son poids de promesses ( mais qu'est ce qui me prend d'écrire aussi bien, aussi propre, aussi châtié ?)
Est ce que c'est cette promesse dans ses yeux clairs qui lui fait quitter la route du regard ?
Toujours est il que la trajectoire du bus s'éloigne du nord est pour piquer franchement vers le sud est, direction le golfe de Tarente ( ho le beau carosse, ne dit pas qu'il est à ma rente,dit plutôt qu'il est de mes rentes, même dans des situations scabreuses, kobus trouve toujours moyen de blaguer et de convoquer les auteurs anciens)
C'est pas ce qui était prévu
Le chauffeur a-t-il été circonvenu par les raeliens ?
Y aura-t-il un arrêt inopiné avec comité d'accueil genre DIGOS ou autre ?
Connaîtrons nous la paille humide des cachots et la déco minable des salles de torture de la CIA ?
Non point
Si le chauffeur a pointé vers Catanzaro, Crotone et au final, Tarente, c'est que le bus y va
Soit on s'est trompés, possible, soit le déroutement du bus obéi à des impératifs routiers, économiques ou en rapport avec la politique de désenclavement de la région
Faut dire que la Calabre, hein, c'est beaucoup le parent pauvre de la péninsule, encore plus que l'emilie Romagne, c'est littéralement le ku du monde
Même si c'est peuplé, une fois que les pedzouilles ont voté, peu importe d'ailleurs pour qui, ça continue comme avant, ni routes ni ponts ni services publics
Un peu comme en France, si vous voyez

Écrit par : Kobus van Cleef | 29/12/2022

On arrive à traverser le talon de la botte, on ne sait comment,stop,cariole à bras, tortillard, nous composons une troupe assez reconnaissable, pas très ordinaire, avec un vieillard en chaise roulante, quatre gonzesses au charme tranquille, deux pédérastes effrénés qui ne cessent de se tripoter dans les coins sombres, trois semi vieux dont un de petite taille et bedonnant, plus un mutant au museau constellé d'acné,nul doute que nos poursuivants ne nous rattrapent au prochain franchissement de détroit ou d'estuaire
Il nous faut donc adopter une stratégie intelligente ( pour nous) et déroutante ( pour nos suiveurs)
C'est arrivés sur le contrefort de la botte quelques kilomètres au dessus de Bari, là où tant d'albanoches ont échoué lors des derniers jours d'Enver Hoxja que kobus présente son idée
Plutôt que d'être en mouvement, soyons statiques, nous sommes le paysage, c'est les autres qui vont se démasquer, ensuite on les liquide ( lacet, couteau, galet ou boulons dans une chaussette, peu importe) on fait disparaitre les de cujus puis longtemps après on reprend la route
Les deux autres s'esclaffent
Quel pitre ! Tu prends vraiment les raeliens pour des crétins !
Ils nous attendent, quelque part et toi tu penses les surprendre ?
Vraiment, tu es naïf, ou sous dimensionné des neurones...
Retires ça, tousuite !
Et d'abord, l'intelligence n'est pas une affaire de neurones mais de connexion, de câbles ( de caaaaaables, comme dans ze big lebowski)
On les surprendra ici, au Gargano, ce mont saint Michel italien !
Les quatre grâces seront soit des nonnes, soit des crêpières soit des marchandes de bondieuseries, les paydays persans seront des employés des restau à touristes, nous serons guides de langue française pour le mont et le mutant fera un pèlerinage pour soigner sa vilaine peau
Aucun contact, des boitolettres mortes seulement, une vacation/message par jour, en cas d'urgence, j'allume un feu au sommet de l'abbaye, c'est parti !

Écrit par : Kobus van Cleef | 31/12/2022

Et le grand karpatique, hein,kes kil tiendra comme rôle,t'y as pensé ?
Ce sera le vénérable du couvent, celui sur lequel tous ses frères moines veillent
D'ailleurs, émacié,blanchi et en fauteuil roulant, je vois pas ce qu'il pourrait incarner

Écrit par : Kobus van Cleef | 31/12/2022

Sitôt dit, sitôt adopté
On monte au Gargano, on se costume, qui en serveur payday pour restau à touristes, qui en vendeur de carte postale, en refourgueur de perche à selfie, en livreur de boissons gazeuses, en moine tonsuré et impotent, en splendide crêpière, en bonne soeur à l'avant scène perturbante, et on attend
Il ne faut pas une semaine pour voir arriver une théorie de touristes, tard dans la saison, débarquant d'un bus immatriculé en Albanie, avec d'énormes appareils photo et des bagages rigides
Et les gus n'ont pas l'air de se passionner pour l'architecture du lieu
Ni pour les dévotions usuelles
Mal leur en prend,car le mutant, d'un coup de canine creuse, saigne à mort un supposé pépère puis dissimule le corpus delicti, plat et vidé comme un porte monnaie de retour de congés, sous les sacs de ciment de l'entreprise garofaldo qui reprenait les joints du pignon de la maison d'hôte ( du monastère)
Vu l'ardeur que mettent les maçons à la tâche, ardeur elle même facteur des délais de paiement du monastère, pas certain qu'on le trouve avant des mois
D'autant que le mutant,averti de la possibilité de la présence d'une puce lektronik, à dépecé la dépouille avant que d'en disposer,a isolé le dispositif, et l'a tout bonnement balancé dans les poubelles municipales
Risqué, ça
On connaît le délai de prise en charge des ordures, surtout dans le mezzogiorno, mais le bougre a finement observé, et juste après s'être débarrassé du dispositif, les employés de la voirie sont venus avec le camion poubelle pour bacquer les escoubilles vers ailleurs
Cet ailleurs reste incertain, peut être un champ d'épandage en Calabre ( oui les ordures voyagent, parfois plus que les hommes, ça dépend essentiellement des pratiques politiciennes et des sommes reversées), le fond de l'Adriatique, ou la côte ouest africaine ?
Bref
Le deuxième raelien a défunter est une raelienne, une souris grise à laquelle tu aurais donné le bon djieu après confession, petit museau de rongeuse, occupée à guider la visite des pèlerins albanoches chrestiens ( hé ouais, ça existe, les albanoches chrestos, c'est même assez courant, pas autant que les misilmons mais quand même, et ils ont la foi les bougres ! Pas étonnant non plus au regard des persécutions qu'ils subissent chez eux)
Raelienne occupée à tenir sa troupe de dévots et à vérifier sur un calendrier ses dates d'ovulation ( la très disgracieuse est brehaigne et sollicite toute la puissance de la farmassie industrielle pour échapper à son destin, ses soirées sont rythmées par les bips de son infuseur de gonadotrophines et ses poubelles sont remplies de coton souillé de sang, rapport aux injections qu'elle s'impose)

Écrit par : Kobus van Cleef | 31/12/2022

Celle là, c'est Blumroch qui l'occis, hop, la gonadotrophine humaine du labo fisteur ( la meilleure qualité, la plus chère aussi, on n'a rien sans rien), a été remplacée par une ampoule de chlorure de potassium ( disons trois ou quatre, histoire d'assurer le coup) KCl pour les puristes, et c'est la souris grise qui se l'injecte elle même, dans la chambre du diffuseur, ça a beau tourner à petite vitesse, c'est fatal
La raelienne se sent mal, elle a la force de ramper jusqu'à la porte de sa chambrette ( pour véhiculer des perigrins impecunieux il eût été illogique qu'elle dispose d'une suite au Ritz, logique) avant de se pâmer puis de partir
En enfer
Bénéfice inattendu, Blumroch n'aura pas à dépecer sa dépouille pour la débarrasser de la puce
Mort naturelle, comme on dit

Écrit par : Kobus van Cleef | 31/12/2022

Mort naturelle, mort naturelle, ça fait deux disparitions dans l'effectif de recherche des raeliens
Une morte, naturelle peut être, un disparu, puisque le malfaisant saigné par le mutant n'est pas réapparu,aux dernières nouvelles il vogue vers la Gambie, son superviseur ( quelqu'un qui vise super bien ?) ignore pourquoi il a déserté sans poster le moindre message
Et pas mèche de mettre la main dessus, bien beau que la puce puisse encore émettre un signal et que ça puisse être capté ( ça fonctionne sur des réseaux à flux lent, même principe que les trackers de véhicules)
Mais bon, les raeliens ont d'autres personnels sur place, ils vont bien finir par mettre la main sur la clé USB et les preuves de leur villenie
Ce qu'ils ignorent, c'est que nos amis sont déjà sur place, guettant, comme la pieuvre et Gilliat dans l'œuvre éternelle de notre Victor Hugo national

Écrit par : Kobus van Cleef | 01/01/2023

La suite arrive
Mais en marchant
À pied,quoi
Un train de sénateur, comme on dit

Écrit par : Kobus van Cleef | 06/01/2023

//REMARK ON
"LA SUITE ARRIVE MAIS PEDIBUS JAMBISCUM" !
Avouez, Kamerad, avouez ! Maquet et tous vos autres kollaborateurs littéraires (chargés qui des répliques, qui des décors, qui des intrusions d'auteur, qui des notations sarcastiques...) sont en vacances, qui voudraient éviter l'année 2023. Eh, pas si bêtes, eux et nous : si nous ne sommes pas des électeurs, nous sommes de bons lecteurs et nous avons compris le secret de votre saga : Kobus van Cleef est un nom de plume collectif, un "house name" ! Fuyez, tout est découvert ! ;-)
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 06/01/2023

Ha non
Point de collectif littéraire autour du vieux kobus
Son aversion sociale le contraint à une vie heremitique ( pour ce qui est de la plume, par contre pour le reste il est abondamment pourvu de femme.s-helas-, d'enfants,petits enfants,chats, collègues -trois fois hélas -, responsabilités sociales, environnementales, salariales et fiscales) et il est délicat de dégager un moment de solitude pour sacrifier à un acte graphomane
Autant se faire hermite
Un mien ami et voisin, récemment rappelé à djieu, m'a certifié que sa préparation d'internat ( le grand concours que nous passions tous pour accéder à la possibilité de la spécialité) s'était faite, au moins pour le dernier tour ( là où tu te contentes d'effleurer les pages du bout des doigts pour visualiser le texte , tant tellement tu as bossé ça dans ta tête) dans un monastère
Breton, de surcroît
Règle du silence, évidemment
Breton donc cidre au réfectoire avec les moines ? Ou paille dans les sandales ?
J'ai jamais su dans quel monastère ça s'était passé ( faudrait que j'entreprenne sa veuve à ce sujet, on se faisait souvent des vannes comme ça "hé bin moi j'ai bossé l'internat chez les curetons pour avoir la paix !" "hé bin moi, je l'ai bossé en boîte de nuit, j'étais barman !"
"on dit barista, tu devais être barman dans tes rêves !"
"Ha, oui, j'ai souvent rêvé d'être baristo en boîte de nuit...."

Voilà pourquoi la suite du récit tarde à venir

Mais poursuivons

On parlait de monastère
Et certes, le monastère du Gargano est un personnage central, un élément extraordinaire
D'autant plus extraordinaire que le grand karpatique s'y est retranché, lui, son fauteuil roulant, son petit fils mutant ( qui prie pour la guérison de son acné conglobata) et, de façon plus subtile, sa fille, la glaciale Szuzanna
C'est vrai qu'elle apparaît glaciale Szuzanna, torride aussi, avec ses yeux étirés vers les tempes et ses seins lourds qui tendent la bure râpeuse, surtout ceinte d'une corde qui souligne la finesse de sa taille et l'insolente opulence de ses hanches
Ce n'est qu'une enveloppe charnelle mais ça fait effet
Non pas sur le père abbé, qui se débat avec les finances du monastère ( des hommes, comme à Caen,y a une abbaye aux hommes, une autre aux femmes, chacun de son côté et les vaches.... bien que cette relégation puisse choquer les rousseauistes et les inkluzeurs) et la double comptabilité ( qu'il vienne faire un tour chez nos amis psychanalystes pour un cours de remise à niveau)
Mais sur la mère abbesse qui, depuis sa scolarité à notre dame des oiseaux, n'a jamais plus extérioriser son côté masculin

Écrit par : Kobus van Cleef | 06/01/2023

Kobus van Cleef > Vos anecdotes vécues sont aussi passionnantes que votre récit fictif.

Écrit par : Pharamond | 06/01/2023

@ Pharamond
Merci !

Donc, la mère abbesse de l'abbaye aux femmes du Gargano
Elle se sent toute chose en regardant l'idole glacée et érotique qui s'incarne sous les traits de Szuzanna
C'est, littéralement, l'image de la féminitude qui l'a torturée toutes ces années depuis son départ de la pension notre dame des oiseaux à l'âge de 16 ans
C'est la présence impalpable avec laquelle elle se réveillait aux tristes aurores, l'entrejambe ruissellante de cyprine et les lombes secouées de spasmes
Bref, c'est son fantasme de toujours qui se matérialise, là devant elle, sur le banc du fond de la chapelle, puis dans le cloître, en train d'arracher les mauvaises herbes puis encore là, au réfectoire, le nez dans son écuelle de brouet
Ni une ni deux, elle repère du coin de l'œil la cellule de l'objet de son désir
Pas pour des motifs inavouables,qu'alliez vous penser, non, juste pour savoir
Le soir venu, elle tente de se calmer avec sa discipline
Tu parles si ça marche, fait moi rire...
Elle y associe sa haire, comme tartuffe dans la pièce éponyme ("Denis,serrez ma haire avec ma discipline", un peu à la façon des chiites, voyez)
Pas plus d'effet...
Elle essaye ensuite les dispositifs artificiels vendus sur internet par Marc Dorcel
La délivrance vient mais le désir, insatiable, reste
À bout, elle ingère une bouteille de vin de messe
Le truc est frelaté, penses tu, avec l'imprimatur du Vatican, ça ne peut être qu'un genre de tisane pour faire dormir les enfants
Elle ravale donc son orgueil,sa fierté, son honneur, et va toquer à l'huis de soeur Suzanne ( c'est comme ça que Szuzanna s'est présentée à l'entrée du couvent)
Sœur Suzanne, dérangée dans son premier sommeil, titrée du lit dans l'appareil d'une beauté simple,vient aux nouvelles
Mais qui c'est qu'est là, hein ?
Ouvrez ma sœur, au nom du Christ,ouvrez
L'autre, méfiante, entrebâille la porte
Mère supérieure se glisse dans l'ouverture, il fallait que je vous dise
Elle a pas le temps d'ajouter "je vous veux" ou bien "donne toi toute", ni une ni deux, elle lui roule un gade maladroit et tente de lui empoigner la tetasse à travers la bure monastique
Là, on laisse le choix aux lecteurs
Soit Szuzanna cède et c'est le début d'une fabuleuse histoire d'amour saphique
Soit elle se rebiffe, et lui colle un coup de boule ou un coup de genou dans la chnek puis, profitant de son évanouissement, la ligote serré avec en sus, un bâillon boule dans la bouche

Écrit par : Kobus van Cleef | 06/01/2023

//REMARK ON
Troisième possibilité, dans le registre d'une époque monstrueuse, grotesque et antinature : Suzanna n'est pas tout à fait ce qu'elle paraît, qui aurait, dans certains cercles, un nom de guerre qui sonne comme un aveu : Jean-Mi.
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas aux lecteurs de décider de l'histoire -- les ceusses qui se pensent créatifs n'ont qu'à écrire. "Don't give your advice about the narrative ; write your own instead". ;-)
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 06/01/2023

Dans ce cas....
Szuzanna, qui était contrainte à un célibat forcé depuis que kobus, cette petite ordure opportuniste, fornique ( faux, archifaux ! file le parfait amour, se sent une nouvelle jeunesse, éprouve des sentiments qu'il croyait enfuis à jamais,oui, mais fornique, comme ça, de but en blanc, merde, ça se dit pas et ça s'écrit encore moins) avec sa demi soeur, la non moins opportuniste Emesse, Szuzanna donc, hésite une demi seconde puis renverse la mère abbesse sur le carreau dur et glacé, et lui enfourche le museau avec son maujoint encore épilé
Elle lance la cadence avec les hanches, et tandis que sa protagoniste lui flatte les cabochons mammaires de ses dix doigts fureteurs, elle se laisse aller et l'innonde, en lui empesant la face d'une d'une liqueur d'extase ( ceux qui n'auraient pas compris sont priés de se référer à l'œuvre du divin marquis et à la filmo d'Ovidie, période tardive) qui sèche à la commissure de ses lèvres
La mère abbesse, femme sèche et maigre, dont la toison a pâli sous la bure monastique , en haut comme en bas, n'entend pas rester sur la rive du bonheur, elle prend le dessus et c'est une étrange barcarolle formée de ces deux corps enlacés qui vogue jusqu'à Cythere
Secousse simultanée, frissons et pâmoison
Les deux femmes se désacouplent et retrouvent leur souffle
Contrairement aux tournages pornos, elles couvrent leur nudité d'une mince carouble, on a beau être en Italie du Sud, la température est peu clémente, et puis y a personne pour mater les corps épuisés et les amantes repues
Personne ?
Pas vraiment
L'opus dei, officine secrète à la botte du Vatican, l'opus dei donc ( encore une allitération) a sonorisé nombre de cellules monacales
Pas par vice, non, simplement par soucis du renseignement, après tout, le catholicisme est le service secret qui est le plus étendu au monde, avec des espions dans tous les pays

Écrit par : Kobus van Cleef | 07/01/2023

Mais la sonorisation des cellules de l'abbaye aux femmes a été détournée par les services secrets raeliens, à qui le Vatican sous traite certaines tâches
Et là, c'est la perplexité dans le staff
Kes ke c'est ke ces soupirs,ces grognements,ces abjurgations, ces bruits de frôlement ?
Kes ke c'est ke ces souffles oppressés puis cahotiques puis appaisés ?
Kes ke c'est ke ce chuchotis échangé "à ta l'heur" et ce grincement de porte ?

Faudrait mettre une caméra
En oubliant le sens premier du terme

Écrit par : Kobus van Cleef | 07/01/2023

Vous m'avez laissé le choix ( en angluche "you let mi ze cho-isse"), j'ai suivi ma pente naturelle, érotomane et peut être un peu pornographe, faudra pas venir vous plaindre

Une caméra dans une chambre, ça fait une redite, mais les raeliens n'en ont cure

Vous pensez que les cellules des moniales sont inaccessibles pour des espions, techniciens, par surcroît estrangers ?
Vous vous trompez
Rien de plus facile pour le staff raelien que de circonvenir la maintenance des ascenseurs
Pourquoi celle des ascenseurs précisément ?
Hé bien parce qu'ils n'ont personne d'autre sous la main
Le mec donc, avec son bleu de travail aux armes d'une compagnie quelconque, se baguenaude dans le réfectoire puis le cloitre puis l'hostellerie pour les pèlerins, avec sa perche et sa cloche inversée pour tester les dispositifs à alarme incendie ( l'inspection précédente a été faite sur papier l'année passée, sur papier donc le mec n'est pas venu, contre une somme forfaitaire il a attesté de la solidité du dispositif, y a pas que l'Hallemagne et la société TUW a être corrompus)
Ça met la puce à l'oreille à la mère supérieure, de voir ce bonhomme, avec une raison sociale ( ascenseurs Schindler) contredisant son barda, en train de fureter partout
Elle ne le quitte pas de l'œil
Et lorsque, le soir venu, elle va retrouver Szuzanna dans sa chambrette, c'est en lui collant les lèvres sur l'oreille qu'elle la met au courant
Sordide calcul dans la tête vampyresque, faut il faire semblant de rien et se donner en spectacle ou bien faut il chercher le poteau rose ?
Elle décide que la paix des glandes et l'accomplissement des vertus hygiénistes ( un orgasme vaut une nuit de repos et une dépense calorique conséquente, deux orgasmes le double et une nuit d'amour, ma foi, ça vous rapproche du créateur,non ? surtout si on prend pas le temps de souffler) passe avant tout
Elle médite toutefois de suivre la piste de l'intrusion subreptice dans sa cellule pour se défaire de l'espionnage raelien

Écrit par : Kobus van Cleef | 07/01/2023

Je viens de me relire
J'ignorais cette tendance à tirer à la ligne pour l'érotisme
Mais rien d'ignoble ni de dégradant
Plutôt cocasse ( les coits avec la vieille negresse), ou romantique ( la description très édulcorée des relations avec les demi soeurs de Szuzanna) ou même, tendance ( la relation saphique entre la mère abbesse et Szuzanna, car s'il y a un truc tendance, c'est bien ça, l'intimité de tribades déchaînées)
Peut être que dans une autre vie je pourrais y trouver un moyen de subsistance ?( Au lieu de devoir descendre à l'ergastule)

Bref


Pendant ce temps, dans une pièce bien close, un analyste raelien s'étourdit d'onanisme furieux en regardant nos deux tribades se chevaucher tête bêche ( là, j'ai été trop explicite, désolé)
Le type a le poignet tout endolori et la queue a quasiment disparu dans l'oedème cutané, à force de l'astiquer
On toque à la porte, il se rebraguette et tourne la poignée d'une main poisseuse
Oui koi ki gnia ? Chuis occupé, là
Au rapport, t'as pas reçu les mails ?
Ha oui,heu non, j'arrive
Puis, les jambes écartées ( le scrotum lui cuit encore après ses tristes performances) , poussant son obésité devant lui, il se dirige vers la salle de Staff
Tout le gratin est là, ça va du colonel qui dirige l'opé, au chef de kbinet qui donne son aval politique officieux et surtout temporaire, plus les contrôleurs de gestion
Le coordinateur ouvre la séance
Lors du prépositionnement d'une équipe sur le lieu de passage des voleurs de clé USB, nous avons enregistré un décès naturel et une disparition/défection, il nous reste huit personnels sur place, des moyens de surveillance électroniques, accoustiques et visuels, kes ke ça donne ?
Là, l'analyste voyeur, la tête encore farcie de la vue de la croupe superbe de Szuzanna en action avec sa partenaire ( blanche et maigre comme un cierge sicilien) fait un immonde calcul ( mental mais aussi hormonal) "si je dit rien, ils arrêtent la surveillance, si je dit quelque chose, ils vont regarder et je pourrais plus accéder à la vision des deux coquines, merde, comment faire ?"
Hé oui, comment faire ?
En face, le staff s'efface dans l'interface de ses lunettes, épaisses et grasses ( un paquet d'alliteration pour dire que le mec est bigleux et d'une hygiène discutable,ses carreaux sont malpropres), mais il est vite rappelé à la réalité
Alors, votre analyse ?
Et là, sauvé par son enfance entre un grand père très présent et freudien, et une mère abusive
"Il faut....... une autre séance.... pour avoir plus d'informations, il faudrait aussi.... augmenter la définition des caméras placées au monastère du Gargano" ( il a failli dire "il faudrait une autre séance à 50€" mais au dernier moment il s'est retenu, les tarifs de la psychanalyse raelienne sont nettement plus élevés à l'heure actuelle)

Écrit par : Kobus van Cleef | 11/01/2023

Le superviseur se tourne vers les gradés du staff
Bon, on augmente la réso du matos ? Possible qu'on gagne quelque chose à faire ce qu'on fait le mieux,espionner.... possible aussi qu'on se fasse choper....oui, mon ghénéral ? On augmente ? Avozordre !
J'active le correspondant local, non, aucun risque,oui c'est un genre de joint venture avec des ascenseurs, Otis Piffre, ou bien Roux et Combaluzier, je vais vous retrouver ça....
Pendant ce temps, mortifié, l'analyste voyeur se morfond, un autre va relever les caméras et approcher le couple lesbien et lui restera comme une merde ici.... c'est pas possible..... faut que je fasse quelque chose....
Revenu à son bureau, il ouvre avec précaution le fichier des correspondants à la manœuvre en Italie du Sud, il tombe sur un blaze qui fait pas trop pays, une raison sociale louche, climatisation, maintenance diverse, il se reconnecte sur les mouvements de fonds,banco !
Le mec a reçu une somme en euros, virée sur un compte à terme ( si l'euro plonge, il l'a dans le ku, si ça monte, les services secrets raeliens auront fait un petit billet), maintenant, comment contacter le mec pour le remplacer, comment faire passer ça auprès de la hiérarchie ?
Quasiment impossible me direz vous
Hé bien, pas tant que ça
Le mec a son billet pour Barri, aéroport international, plus une petite enveloppe et les identités des autres agents sur place ( vraiment des amateurs, qui balance comme ça ses hommes au premier venu ?)
Et que je t'embarque dans l'avion, et que je te prends le bus, et que je te cherche un hébergement, et que je te contacte le frigoriste climatiseur, agrégé de maintenance d'ascenseur
Évidemment, tout ça ne se fait pas en un jour, et pendant ce temps, les données des caméras restent en vrac, sans personne pour les analyser, sauf une stagiaire qui passe en accéléré ( pendant qu'elle papote avec sa copine au sujet de sa liste de mariage, les préoccupations féminines sont les mêmes, quel que soit l'endroit du globe)
C'est vrai qu'on voit pas grand chose sur les enregistrements
Des moines en dévotion, des nonnes en dévotion, des nonnes en train de récurer les gamelles à la kouizine, le père abbé en train de transpirer sur les comptes...

Écrit par : Kobus van Cleef | 11/01/2023

//REMARK ON
C'est bien parti pour une année de plus... si Ursula ne fait pas couper en 2023 l'Internet autre qu'administratif et commercial. ;-)
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 11/01/2023

Ha c'est intéressant ça
Le père abbé qui transpire sur la comptabilité
Très intéressant, même
On peut le corrompre, le soudoyer, l'acheter
Bref, en faire notre chose
Et pas cosa nostra, notre chose, ce qui est bien plus ( compromettant, obligeant) et bien moins ( solidaire, ethnosolidaire, communautaire)
La stagiaire se sent pousser des ailes, après tout, l'analyste a déserté pour une obscure raison incluant la définition des caméras, comme si c'était vraiment indispensable....
Elle se penche un peu mieux sur les écrans
Dévotions, récurage de casseroles, additions qui tombent pas juste, bref, le merdier habituel de la plèbe européenne ( en incluant les dévotions à la cause du mauvais tissage)
Mais qu'est ce qui fascinait tant le compère analyste, je vois pas....
Pendant ce temps, le dit compère s'est travesti en technicien de maintenance de frigo et congélo
Combi avec raison sociale brodée sur le côté gauche et dans le dos, grosse caisse à outils, escabeau, casquette crasseuse qui lui ombre la trogne, le rendant méconnaissable, il pousse en avant son obésité et ses pieds plats, tentant de s'y retrouver à travers ses culs de bouteille crasseux posés sur son nez infesté de commedons bien replets

Écrit par : Kobus van Cleef | 11/01/2023

Ses pieds font flop flop flop sur les tomettes cirées du réfectoire monacal,ses cuisses font fuip fuip fuip en glissant l'une sur l'autre au gré de sa dehambulation dans le cloître
Pas très finaud, il tente de se rendre d'emblée dans les cellules des moniales
T'as qu'à croire que ça passe inaperçu... les frères converts lui font une conduite de Grenoble jusqu'à la porte du château, puis la porte claque derrière lui
Maverdave, encore raté !
Il redescend à son logis, là bas, désespéré, il se saoule d'importance
À la fin de la bouteille de ouisquie, il entend grincer la porte, il a à peine la force de lever la tête, un perigrin passe partout monténégrin vient d'entrer, en s'aidant d'une carte bancaire,hop sous le pêne dans la serrure
Qu'est ce que c'est... il bafouille.... l'oreiller douteux étouffe ses borborygmes, un ou deux spasmes, il n'est plus
La petite main des services secrets raeliens retire l'oreiller,arange le de cujus du mieux qu'il peut, embrasse la scène d'un coup d'œil, j'ai rien laissé, pas d'empreintes, OK, je peux y aller
Il s'éclipse, rentre dans sa chambrette, passe le message codé aux autorités supérieures, mission accomplie
C'est qu'on ne rigole pas avec la discipline chez les raeliens
On avait vu clair dans son jeu, faut dire que c'est comme ça qu'on l'avait recruté, un gros puceau obsédé sexuel, mieux vaut s'en débarrasser au plus tôt
Et puis, un mort au cours d'une biture, les poulardins italiens n'iront pas chercher plus loin

Écrit par : Kobus van Cleef | 12/01/2023

Le tueur raelien, à moitié monténégrin et supposément perigrin a terminé sa vacation , il a rendu compte, pas de nouvelles instructions, on lui conseille de rester en stand by et d'observer
Il observe donc les vidéos à la demande de l'hôtel pouilleux où il est établi
Hé bien, ça va vous surprendre, mais pas un seul porno
Des retransmissions d'interviouves de jipé deux et de bixvi, zéro du pép' françoué, des épisodes de la petite maison dans la prairie et c'est à peu près tout
Merdalors, qu'est ce qu'on se plume ici, rien à faire, rien à lire, faire semblant de se recueillir au monastère, suivre le troupeau des perigrins albanoches
Et la cheffe qu'est mourue... pas en bonne forme, faut reconnaitre, brehaigne, matrice sèche, mais de là à claquer d'un coup...
Il s'interroge encore jusqu'à la tombée du jour, puis, la tête agitée de louches pressentiments, s'en va se coucher
Kobus, lui,a bien récupéré depuis sa cure d'amaigrissement lors de la traversée des forêts africaines, puis de ses diverses transformations ( d'abord en mort puis en vampyr puis en esclave sexuel), il arbore pour l'instant la bedaine confortable du livreur de boissons gazeuses et autres saloperies destinées à engraisser le touriste moyen, sa mise depenaillee,ses cheveux rares et blancs, son air affairé,sa quasi omniprésence ainsi que l'aspect clinquant de sa camionnette de livraison l'ont rendu insoupçonnable
Il peut donc approcher le personnel hôtelier de la presqu'île
Il apprend donc la mort de l'analyste raelien avant ses camarades d'exil et même avant la police locale
Et, en bavassant avec le réceptionniste ( qui lui signe le bon des trois caisses d'inchiusa -biere sarde, pas très bonne - et de la palette de san Pellegrino) il apprend que le mec s'est beaucoup déplacé, qu'il a une camionnette garée derrière, avec une drôle de raison sociale et, bien qu'il ne recevait personne, un perigrin est monté à l'étage où il crèchait, la veille...
Ça fait clic dans la vieille cougourde de notre ami
Élimination ciblée inter services
Ou intra service
On a peut être une carte à jouer

Écrit par : Kobus van Cleef | 14/01/2023

La très belle Emesse, encore magnifiée par le costume de crêpière ( coiffe en dentelle, rubans noirs et bleus, taille bien prise par un corset lacé devant qui laisse s'épanouir l'opulence des hanches et la plénitude de la poitrine), costume entièrement faux et archifaux, il faut le souligner, d'habitude, les crêpières sont en bloudjine et en souitecheurtes, plus un grand tablier et un calot en plastique ( et malgré ça, elles sentent la friture en rentrant à la maison), est en butte aux assauts sournois d'un des perigrins albanoches
Le mec n'ayant rien à faire ni à surveiller,a établi son QG dans la crêperie "au pied du Gargano", avec une enseigne qui figure le Gargano, stylisé, et une breizhounette rondouillarde avec une billig à la main
On pourrait penser que les odeurs de beurre fondu grillé le dérangent, hé bien non, c'est du surgelé
Voilà pourquoi la très belle garde le teint frais et la peau douce
Mais l'humeur sombre, car un touriste un peu miteux qui te dévisage à chacun de tes déplacements, je t'en fais cadeau
Surtout qu'il laisse aucun pourboire

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/01/2023

Le vieux kobus, un peu bedonnant et blanchi sous le harnois, est mis au courant, d'abord par les messages dans la boîte aux lettres morte et aussi en visuel, en constatant combien le perigrin zyeute sa douce
Et en poussant son diable chargé de boissons diverses, il s'entroupe dans la chaise du gus
Scuzzi !
Et il en profite pour ratisser les poches de la veste posée sur le dossier de la chaise
Ça ne nous apprend pas grand chose, mais dans la doublure, un papier pelure porte un code alphanumérique et un QR
On note l'un, on photographie l'autre ( en haute résolution), le livreur repasse avec son diable déchargé, il fait l'écart propice à éviter le pied de chaise du mec, mimique d'excuse genre "désolé mec, l'espace pour manœuvrer,t'as vu comme c'est restreint" le larfeuil est repositionné sous la chaise et roule ma poule
Plus qu'à chercher la signification des codes et surveiller le malfaisant

Écrit par : Kobus van Cleef | 15/01/2023

C'est alors que le pegut qui badait devant la très belle Emesse se lève
Il a pris la confiance, le mec, pas croyable
Il passe direct derrière le comptoir pour lui tâter le ku
Elle se retourne, l'œil glacial genre "mais ki c'est ce connard?"
Elle a pas dit non,se pense le mec, c'est bon on peut se lâcher
Il tente donc de l'embrasser
Ni une ni deux, elle recule, empoigne la billig par le manche et bing, un bon coup sur le carafon
Encore heureux qu'il y avait rien à cuire dedans
Pépère, ça fait pas son affaire, même vide, la poêle était encore chaude et puis, c'est lourd, c'est pas une bosse qu'il a, c'est une belle, une très belle aubergine, qui lui pousse sur le croûton, avec saignement immediat et vagissements y afférents
Le gérant de la crêperie ( qui faisait ses comptes dans la souillarde) se précipite, on lui explique, il est emmerdé jusqu'à l'os, un esclandre avec la clientèle, merde, c'est du sérieux, mais faut croire que le mec ne s'est jamais fait toucher le ku
Emesse, toute remplie d'une froide détermination, a toujours la billig à la main, elle va peut être en remettre une dose au braillard qui se tient le chef à deux mains
Le gérant se résoud à appeler le SAMU
Et la police
Ça fait pas les affaires du perigrin, non plus
La DIGOS est plutôt efficace et n'aime pas trop les fouineurs
Il se résoud à partir, tout penaud, dans le camion des urgeristes, la queue basse et le scalp ensanglanté
Pas certain qu'on le revoie dans les parages

Écrit par : Kobus van Cleef | 17/01/2023

Ni une ni deux, kobus pousse de la pointe du pied le larfeuil de l'ensanglanté dans un coin obscur, il le récupère ensuite sans attirer l'attention de la foule ( toujours un spectacle sympa de voir un crétin qui a pris une casserole sur le crâne en tripotant une ancillaire, comme quoi nafisatou aurait dû rester dans sa kouizine)
La très belle Emesse retourne à ses occupations sous les applaudissements de ses pratiques ( t'as bien fait,ma fille, et remets moi une complète) et de ses collègues de la pizzeria du coin ( et ton singe voulait écraser le coup ? salopiot,va !), Kobus retourne à ses livraisons, il repasse par l'hôtel minable de l'analyste raelien et du perigrin criminel, laisse le larfeuil dans la camionnette raelienne, refait signer son bon de livraison et bonsoir m'sieur dame
À l'hôpital local, le cabossé du carafon est en mauvaise posture, pas de papelard pas d'attestation de sécu pas de liquide pour régler les soins
Et ça risque pas de passer à l'as, on n'est pas en vronze où les soins, l'hébergement et même le ku de la crémière sont à donnation
Donc l'administrateur de l'hosto plus le ieut'nant de la garda de finanzia se portent au chevet du suturé de frais
Vous avez l'intention de payer,si ?
Comment ça, pas un rond ?
Comment ça pas de papiers ?
On va commencer dans l'ordre,nom prénom domicile

Écrit par : Kobus van Cleef | 20/01/2023

Le mec s'y perd un peu, conséquences du coup sur la trogne, et des antalgiques à lui donnés par les urgeristes
Mmmfff
Les pinceaux sont embrouillés, les alias se succèdent, bon gû, on devrait jamais engager des espions incapable de retenir une légende
Et pour l'adresse, ça va tout seul, dans les possessions du gonzier on retrouve la carte informatique de sa porte de chambre à l'hôtel
Ni une ni deux, on faxe le portrait du mec à la patrouille des carabiniers avec mission de s'enquérir auprès de la réception dudit hôtel de la véracité des dires du mec et si possible, de produire un document attestant de son identité
Si fait,dit le réceptionniste, il crèche ici
Mais bon je croyais que vous veniez pour le mort
Un mort ?
Mais quoi mais quand mais comment ?( Ça c'est les carabiniers)
On les rencarde
Le macchab' est raide depuis la nuit précédente, on fait venir le medicastre de kortier lequel hésite à dater le décès, pas ravi par l'aspect convulsé de la trogne du de cujus
On tente une approximation, corps froid, fenêtre fermée, raideur absente, pas de mouches, disons 24 heures au max
C'est mon dernier prix, sinon,convoquez une sommité universitaire
La maréchaussée transalpine se recrie, surtout pas, en aucun cas, nous sommes confiants
On explore la chambrette, veston sur la chaise, papiers, clés, monnaie, une camionnette a dit le taulier ?
On va donc sur le parking, le véhicule clignote gentiment lorsqu'on squouize les oreilles de la clé, comme un jouet pour gamin des 80, ce que c'est que la modernitude
Une caisse à outils, un magazine porno ( plusieurs, en fait) et un larfeuil, contenant les papiers de l'anonyme de la chambre douze et de l'hospital....
Interrogé sans l'air d'y toucher par le ieut'nant des carabiniers, le taulier laisse tomber un "me semble bien avoir vu un perigrin rôder à l'étage du défunt, hier soir"
Hier soir ?
Dans les eaux de son trépas, alors ?
"Étage inhabité à part le mort ( mais on le savait pas encore), rapport à la morte saison"
Deux perigrins, un défunt suspect, un rôdeur, n'en faut pas plus aux forces de l'ordre pour faire le lien
On déclenche donc une rafle dans les milieux albanoches chrestiens au niveau de l'hôtel
Cependant, kobus, assis au volant de son Vito de livraison, lorgne du coin de l'œil dans son rétro le résultat de ses manigances

Écrit par : Kobus van Cleef | 20/01/2023

Et, effectivement, une procession de perigrins albanoches chrestiens sort de l'hôtel
Encadrée par les kebourdins locaux
Puis une fourgonnette estampillée "polizia scientifica" vient se garer derrière l'hostel et des flicaillons concernés en sortent avec de grosses malettes
Puis une civière avec, juché dessus, un macchab'brinquebalant correspondant à l'enveloppe charnelle de l'analyste raelien
Bien joué
Kobus a depuis longtemps mis les bouts pour ramener sa camionnette ( un Vito tout peinturluré et pas mal amorti aussi) à l'entrepôt
En passant il remplit le carnet de route et note soigneusement kilométrage et conso de carburant
Hop, les clés au tableau, on se revoit demain mon bonhomme
Il sort de la zone industrielle,monte dans sa caisse un peu à la debine,se cherche une Trattoria pour se caler l'estomac, jette son dévolu sur un établissement assez bas de gamme, pas trop bruyant,hop ça fait son affaire
Et là, qui voit il, attablé au fond, sous un joli petit cadre prétendant instruire les visiteurs ?( c'est ni plus ni moins une carte détaillée des environs)
Vous le saurez au prochain épisode

Écrit par : Kobus van Cleef | 20/01/2023

Bon, personne n'a tiqué
Le récit rebondit
Un type musculeux, pétant de santé, ruissellant de testostérone, la tignasse noire en désordre et un sourire insolent plaqué sur sa face est assis là, dans cette trattoria pour autochtones
Ses biscottos surdeveloppes ( fizikaul training, mon pote, deux heures de salle par jour) tendent les manches de son ticheurte, ses jambes s'agitent sous la table
Il considère l'environnement autour de lui avec cette mine ironique qui devait lui valoir un cassage de gueule hebdomadaire au lycée lorsqu'il était gosse, raison pour laquelle il a développé cette personnalité de psikopat ensuite après
Vous l'avez toujours pas reconnu ?
Faudrait il que je vous aide ?

Écrit par : Kobus van Cleef | 21/01/2023

//REMARK ON
Non.
Oui.
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 21/01/2023

Il est précédé de son odeur
Environné, plutôt que précédé
Une odeur animale
Par methonymie, c'est devenu son nom
Mr musc, devenu Musk pour l'état civil, Élon de son prénom, siège dans ce resto pour petits ménages et fait signe de loin à kobus
Arrivez donc l'ami, nous avons à parler, vouzémoi
Parler ?
Mais de quoi, exactement ?
Et là, au lieu de rentrer dans le dur du sujet comme d'hab, ainsi qu'on est accoutumé de le voir à la télé et sur les rézos sociaux, le mec,se met à tergir, à verser, à se perdre dans des circonlocutions ( et non des circonvolutions, qui se situent principalement dans le cerveau, remarquez, les circonlocutions prennent naissance aussi dans le cerveau), des périphrases et des hyperboles

Écrit par : Kobus van Cleef | 21/01/2023

//REMARK ON
Combaz, sortez du feuilleton de Kobus van Cleef ! ;-)
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 21/01/2023

il sort, il sort, n'ayez crainte


alors mon brave éloïm, que t'arrive-t-il?
explique un peu et vivement, j'ai eu une journée éreintante, et j'irai volontiers prendre un peu de repos

au terme d'un long monologue, kobus arrive à démèler la vraie raison, tapie au milieu d'un fatras de ratiocinations
Elon en a quine de son existence, marre de devoir paraître, pas trop faire le con pour pas flinguer le cours boursier, pas trop mécontenter les journalopes de gauche (mille pardons, pléonasme), pas trop merder dans les projets, les attributions de fonds, la reversion du kapital toussa
bref, il veut déserter, quitter son existence et en entamer une autre
entamer une autre existence? sais tu de quoi est faite la notre? sais tu les périls et les peines que nous avons endurées, les dangers déjà encourus, les écueils évités?
oui
il sait
il sait et il veut en tâter
le con

Écrit par : kobus van cleef | 21/01/2023

Emmerdé jusqu'à la moelle des os, le kobus
Se trimballer l'istrion ( même si on envisage de passer par l'istrie)?
Pas question
Il retourne des arguments, des questions dans sa pensarde
Comment le mec a-t-il eu vent de leur affaire ?
Comment savait il où les trouver ?
Comment est il au courant de leur trajet ?
Il convient avec le musculeux et odorant pédégé d'un délai de réflexion, que l'autre, royal, lui accorde ( c'est vraiment le monde à l'envers) et d'un autre lieu de rencontre, celui ci étant assez exposé
Banco
Kobus a donc 24 heures pour ourdir un plan qui le débarrassera du zigue

Écrit par : Kobus van Cleef | 22/01/2023

Si vous avez une idée.... à l'exclusion de la violence létale, évidemment ( nous ne sommes pas des monstres)
De plus, notre ami est isolé jusqu'à demain, seul Blumroch crèche à proximité
Mais rompre le silence radio ?
Attirer sur soi l'attention des raeliens ?
Surtout qu'on ignore si la manigance du kobs a abouti à purger définitivement la presqu'île du Gargano de l'observation des raeliens
Mis au courant de façon subreptice ( un journal oublié dans le vestibule de la pension de famille où kobus et Blumroch ont leurs habitudes, kobus pour faire laver ses chaussettes et Blumroch pour son p'tit déj), Blum conseille l'attentisme ( en gros, il déjeune de la même façon que les autres jours)
Ça fait l'affaire du kob's, vous pensez... maverdave, avec ce culturiste qui nous tourne autour, en deux minutes les raeliens nous auront retapissé...
Et là, la solution simple, vraie, efficace, apparaît à ses yeux ébahis
Culturiste !
Voilà !
Culturiste, c'est le mot idoine, celui dont le reste des opé découle
Il fait sa tournée de boissons comme à l'accoutumée, san Pellegrino par palette, coca pareil, bières diverses, il usine dur, entre les stationnements litigieux sur la voie publique, avec le harcèlement afférent des forces de l'ordre ( auquel il répond, ma que cosi, stronzo, avec les doigts de la main droite réunis par la pulpe et le mouvement ascendant puis descendant et l'air accablé, si vous voyez), le diable dont une roue se debobine, les palettes défilmées avec le risque de tout flanquer par terre, les bons de livraison remplis de travers, il a le temps de laisser un message dans la boîte aux lettres morte
Le soir venu, il se rend à l'endroit convenu avec l'odorant et musculeux bonhomme, le mec est attablé devant un plat de protéines qu'il englouti, avec toujours sur la face cet air réjoui et détestable
Alors, votre réponse ?
De toutes façons, c'est une proposition que vous ne pouviez pas refuser...
Ha mais nous ne refusons jamais rien, par principe
Hé bien allons y donc pour les détails
Si ça vous fait rien allons aux thermes antiques, comme les anciens romains pour sceller notre accord
Là, le mec est totalement largué
D'abord il ignore qui étaient les romains, encore plus que ce que sont les thermes, kobus a joué trop fin sur ce coup là, il tente de louvoyer.... on va p'tet pas en trouver ici, disons un succédané moudern, une salle de sport, on poussera quelques barres
Le mec, ça lui parle, mais bien
Enthousiaste !
Les deux nouveaux compères se dirigent donc vers le cross fitt Héraclès du bled
Un endroit dans le vent, si tu veux le croire, statue d'athlètes demi nus en résine colorée, muzak d'ambiance, écrans géants qui dégueulent une succession de clips et d'infos en continu
Et ce n'est que l'entrée, la réception

Écrit par : Kobus van Cleef | 22/01/2023

Les commentaires sont fermés.