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09/05/2022

Carte blanche (41)

Laissée à Kobus van Cleef

La première partie est ici, la deuxième ici, la troisième ici, la quatrième ici, la cinquième ici, la sixième ici, la septième ici, la huitième ici et la neuvième ici.

Crépuscule des vampyrs et continent obscur

Dixième partie

elle s'affale, vaincue par l'excès de bonheur, la pauvrette, elle qui n'a pas dû en avoir en excès dans son existence
Kob's se tortille pour se désengager, la naine étant toujours empalée sur son priape, et ça lui pèse, ça lui tire, bref c'est intolérable, il le dit
hé ho! du vent, de l'air, de l'espace!
j'ai l'organe autant coudé que monsieur du foresto, si vous voyez
la naine se réveille, s'anime et embrasse le Kob's a pleine bouche, gencives édentées, ça devrait être radical pour l'appel à Vénus et pourtant non, le bougre tient ferme et la sarabande recommence
la pauvrette encaisse une deuxième salve voluptueuse, une troisième, une quatrième, après dix, on ne compte plus
tard dans la nuit , elle se désacouple, et, les jambes flageolantes, disparaît dans l'appentis
le cadavre du faux missionnaire a achevé son raidissement, les mouches tournent autour de la blessure affreuse, les acolytes s'inquiètent un peu, ils aimeraient pisser, faut les comprendre, ligotés depuis des heures, je voudrais vous y voir
on perçoit un fourgonnage dans l'arrière boutique, choc d'objets métalliques, la naine revient avec un couteau, on s'interroge du regard, va-t-elle nous suriner?
non, elle tranche nos liens, puis nous botte le dargif pour nous remettre debout, mais ouat! des heures d'ankylose ne sont pas faciles à vaincre, nos amis évoluent donc comme de grosses limaces au sol
elle a aussi ramené pelle et pioche et, nous montrant la dépouille de l'escamoteur de directeur (c'est plus sympa que faux missionnaire, faux missionnaire, ça fait penser à un truc érotique un peu bas de gamme), nous fait comprendre que c'est à nous de disposer du de cujus
bin, y a la fosse avec les brebis, non?
capra? tente Blum
dénégation de la naine, d'un seul coup de menton
nous sommes donc bons pour une autre corvée d'inhumation, aux afriques, nous auront vraiment donné toute notre mesure dans les activités funéraires et morticoles

 

et nous voilà repartis pour une tournée de terrassement... sous la pleine lune, en altitude, avec les muscles noués par l'immobilisation forcée sauf Kob's (lui c'est un autre genre d'immobilité auquel il a été astreint) c'est pas de la rigolade
enfin un trou est creusé, on dépêche le corps dedans, sans prière, sans tambour ni trompette, sauf la naine qui marmonne un truc, l'air pas vraiment éplorée
si ça la chagrine, elle ne le manifeste pas de façon outrancière
Kob's, lui, n'en a pas fini avec la malédiction satyriasique du loup garou, son priape lui tend toujours le pantalon et il reluque d'un air inspiré l'arrière train osseux de la naine qui tend l'habit élimé des converses ( rien à voir avec des chaussures de sport) clarisses
les autres le rabrouent, le maintiennent, le morigènent, t'as pas honte, bougre de dégueulasse, une femme qui a laissé passer son centenaire, quasi une momie, et laide, en plus, un épouvantail à moineaux!
rien n'y fait, il se tortille et la naine de concert, chaloupe sur le chemin devant eux, on ne sait où elle nous entraîne mais elle y va
vaincus par les evennements diurnes et nocturnes, Blum et Jean Eudes tentent de négocier "otium, otium merde! OTIUM!" mais leurs demandes de repos sont ignorées par la bonne soeur qui trisse vers la carcasse du quatquat clitoridophore, tant il est vrai que l'épave arbore fièrement le bonnet phrygien symbolique
mais qu'est ce qui lui prend encore, à cette dingue? ils s'alarment en voyant mémère fouiller dans la caisse puis les longerons du bas de caisse elle en tir victorieusement les sacs à diam's auxquels nous ne pensions plus et qui étaient pour ainsi dire perdus pour toulmonde

 

mais Blum et Jean Eudes ne l'entendent pas de cette oreille
c'est l'heure du dodo et du lolo
otium hic! prandium nunc!
la naine, s'accroupi, ouvre un sac, verse les cailloux dans sa main
nulle lueur n'illumine son regard, elle garde l'air blasé de ces apôtres qui ont abandonné toute matérialité
sauf le déduit, pour ce qui la concerne

 

On tente de comprendre ses mimiques, appuyées par de grands mouvements de bras, elle désigne kobus, les diam's, elle esquisse dans l'air les contours d'un parallélépipède, elle arrondi les bras, l'échine,se met en marche pesamment en faisant breu breu avec les lèvres et en traînant ses savates dans la latterite
Pour finir, elle bredouille un truc, on tend l'oreille
Tripallium, tripallium
Mais kes ke c'est ke ça, encore ?
Elle aurait dit TripAdvisor, je lui aurai mis zéro, mais là...
Kob's les regarde puis dit "elle nous demande de trimballer un truc lourdingue dans une carriole, du moins c'est ce que j'ai pigé"
Mais comment tu peux savoir ça toi ?
Tu oublies les ondes magiques qui nous unissent depuis que, bref, et puis après tout, c'est moi qui écrit le scénario, quasiment en continu
C'est vrai, c'est à prendre en considération
Mais pour l'heure, un peu de repos serait bienvenu
Va zy, explique lui à ta kopine, nous on bouge pu ni pied ni patte
Kobus qui, entre-temps est redevenu authentique, plus vraiment loup garou ni vampyr, attire la naine à l'écart, s'en suit un long conciliabule par moment vociférant,par moment brassegeant
Il revient
Deux heures de sieste, mais pour le p'tit déj, faudra repartir à la mission, de toutes façons, il n'y a que là bas qu'on aura une chance de trouver du matos pour la carriole
Tout ce petit monde s'assoupit sur le bas côté du chemin, à l'ombre d'horribles pirancanthas plein d'épines, la naine blottie contre le Kob's, les deux autres enveloppés dans les restes du revêtement intérieur de la clitophore

 

Même si les autres ont remarqué, ils ne pipent mot
Le délai écoulé, la naine-nonne se lève et bourre les côtes des uns et des autres de rudes talonnades
D'un geste sûr, elle harnache Blum et le charge de la moitié des diam's, l'autre moitié, remplissant une étoffe négligemment nouée et passée au cou de Jean Eudes
Le volant du quatquat, les tablettes intérieures de l'habitacle et d'autres trucs inutiles ont échappé à la folie destructrice des pillards mais ce qui retient son attention, c'est les prospectus de l'association de sauvegarde du clito autochtone, elle les regarde, incrédule, les tourne dans tous les sens, comprends enfin,rougit, puis éclate d'un rire perlé, aigu, inépuisable, qui lui redresse la taille et efface d'un coup au moins un demi siècle
Une vraie jeune fille !
On se regarde en souriant à demi, elle s'en aperçoit, glousse encore, s'approche de Blum,se dresse sur la pointe des pieds et lui lèche l'oreille, puis, avant qu'il revienne de sa surprise, court vers Jean Eudes et lui roule la galoche du siècle
Après quoi, elle s'enpare de son bâton, et fouette les fesses des trois acolytes
Retour à la mission

 

Arrivés là bas, elle cornaque son petit monde vers l'appentis, puis trépigne en leur désignant un semblant d'établi
Pour que les choses soient claires elle insiste "tripallium, tripallium, breu breu" en mimant le voiturage d'une carriole à bras, échine voûtée et bras arrondis
Puis elle disparaît dans la cuisine, ou ce qui en tiens lieu
Les trois acolytes, une fois laissés seuls, s'adossent aux murs de l'atelier
Un peu casse burnes, la mémé, trouvez pas ?
À la question de Blumroch, Kob's répond sans conviction, allez c'est une brave fille, je crois que nous sommes son billet de sortie d'ici, et comme personne n'y viendra nous chercher, autant s'y mettre, si j'ai bien pigé, elle veut une charette ?
Charette à bras, l'ami !
Ni baudet,ni bardot ni mulet ni cheval, pas de moteurs non plus, tout dépend de ce qu'on sera amené à trainer, mais y a intérêt à la faire solide, la carriole !
On farfouille dans le tas de détritus, deux roues, désaccordées mais chaussées de pneumatiques en bon état, se font jour
Plus loin, une fourche de moto russe, puisque l'Afrique en est remplie
Un cadre de side car antédiluvien, sans nacelle, moteur, échappement, réservoir
Ne reste qu'à assembler tout ça
Perçage du cadre pour installer la fourche à l'horizontale, perçage de longerons pour les fixer à la fourche, voilà pour la traction
Animale, la traction
On a plus de mal pour les roues, pas de même calibre, en déport vis à vis de la fourche et de la traction, finalement, la roue forte ira du côté de la traction, donc de la fourche, avec ça on va rouler en crabe, garanti

 

On entend, d'une voix de tabagique, prandium, prandiuuuuum!
Hé c'est l'heure de la bouffe, les aminches, ça tombe bien j'ai une dent creuse
On se précipite
La table est mise, que je te décrive le truc, deux tréteaux ( deux fois un trètal ? possible) une planche par dessus, bois brut, hein, jamais honoré par le passage du rabot, quelques caisses dépareillées pour servir de siège, vaisselle propre mais pauvre

En revanche, profusion de victuailles, des viandes louches, probablement séchées et salées, différentes bouillies, fumantes, sans oublier le fromatch'de chevrette et les boissons, café d'orge moulu torréfié, et plusieurs bouteilles de Castel ( la bière des frankofons)

Faisons honneur à ce festin, les amis et n'oublions pas de remercier la cuisinière
La vieille souris a pigé qu'on causait d'elle, et elle incline la tête, à nouveau, son âge disparaît, bon gû, c'que ça fait aux femmes, l'amour et la confiance en soi....

 

On fait donc bombance
Comme on dit, ça tombait de haut
Repus,nos amis songent à s'octroyer une petite sieste, après tout, ne sommes nous pas sur le continent de l'indolence ?
Si fait, répond Jean Eudes, qui rappelle le mot d'un célèbre entraîneur de foutebaule afwicain "prions le seigneur pour qu'il nous donne la force de bien nous reposer"
C'est sans compter sur la naine-nonne, qui tournicotte autour d'eux, visiblement mal contente de voir la virilitude et la masculinance avachie
Tiraillements de manches, menus coups de pied, bousculades, on ne peut rien ignorer de ses intentions
C'est, évidemment, kobus qui écope, il se lève donc en faisant une mimique d'incompréhension
Ça ne suffit pas à désarçonner Gundula, hé oui, on a réussi à retenir son prénom
Elle brassége, tape du pied, s'évertue, cramponne les brancards de la charette improvisée, la secoue, ramasse de ci de là quelques effets mités, les jette sur le cadre de la défunte moto russe, trépigne, indique une direction, des deux mains, s'il vous plaît
Kob's pige enfin
Les aminches,ma'ame voudrait que nous décarions ( et non décurion, ça c'est dans la légion romaine) , plein est et un peu au nord
Les deux autres qui s'étaient un peu assoupis après les agapes et les libations ( preuve qu'on ne peut pas rester forcément actif après une bonne bière, contrairement à ce qu'affirmait une publicité des 70) se lèvent en renaudant, tu penses, grognons et ronchons, on peut pas choisir un autre moment, là c'est l'heure de la digestion puis après ce sera celle du caca
Devant tant de mauvaise volonté, la ci devant religieuse a repris sa badine, et ça y va, les coups pleuvent sur les dargifs occidentaux, pas vraiment habitués à ce matriarcat sûr de lui et dominateur
On se met donc en route de fort mauvaise grâce, après avoir collecté les impedimentas nécessaires à une virée incertaine dans les plateaux est afwicains, petit réchaud à pitroul, combustible idoine, petite laine pour la nuit, quelques vivres et surtout les diam's, pasqu'on n'a pas fait tout ça non plus pour finir sur la paille, pas vrai ?

 

Bon on se dirige doucettement vers l'épave du quatquat clitophore,sa carrosserie luit faiblement au loin, couverte de poussière de latterite, plus aucun gredin local ne tente de récupérer des morceaux, notre attelage va mollement, en crabe comme prévu avec un crouic crouic faute de lubrification des essieux
Arrivés à la hauteur de la carcasse, la naine nous arrête d'un geste, pas de refus, le bazar est lourd à trainer
Avec forces mimiques et gesticulations, elle nous intime l'ordre de charger le cercueil de van de putte, exploitant minier, ravi à l'affection de ses proches et à la détestation de ses employés en 1995
On proteste, quel intérêt de se trimballer un cercueil, bois sombre, capitonné velours, poignées laiton ?
Hein quel intérêt ?
Mais la naine fait un tel chahut, trépignant, croisant les bras d'un air de défi, fouettant le sol de sa chicotte, que l'on finit par charger la boîte
En long c'est trop long, en travers c'est trop large, en oblique ça rentre à peu près
Et roule,ma poule, on commence à entrevoir ce que nos aïeux ont dû endurer lors des différentes débâcles qui ont rythmé l'histoire de l'Europe

 

pendant ce temps, les quelques wagner qui restent se sont interrogé, quand même
pas qu'ils portaient leur sotnik dans leur coeur (ou leurs coeurs? va savoir) mais bon, la disparition inexpliquée de plusieurs des leurs n'est elle pas le prémisse d'une guerre servile?
alors bon, le sotnik, hein, il la ramenait un peu trop avec ses phrases ampoulées , mais Oleg (dit légo), Mitrofan (dit mitro, nitro ou mitho, selon les jours), Chamazourdian (dit Cham's, à l'américaine) et les autres, où sont ils donc passé?
on tente de cuisiner les autochtones, mais ce cons là sont muets
on interroge les cieux, voir s'il n'y a pas un vol de charognards qui pourrait signaler un cadavre dans la périphérie
on écume les marchés clandos, voir si des pièces d'équipement ne refont pas surface
rien non plus
dans le même temps, les vampyrs se réveillent bien mal en point, on les avait oublié, ceux là
gueule de bois, troubles digestifs, hépatite et acutisation de l'insuffisance rénale
la fiancée provisoire de Kob's a, en outre, mal au siège, conséquence des rapprochements charnels trop vigoureux
pour eux, ils se mettront en chasse le soir, rien qu'au fumet de culpabilité dégagé par les fugitifs, on pourra les coincer

 

Pour le moment, tout ce petit monde tourne en rond
Nous, par contre, nous marchons en crabe, l'asymétrie des roues de la carriole improvisée, l'asymétrie des harnais et des brancards, le poids déporté du bazard, les ornières du chemin, toussa
Mais vaille que vaille nous traçons notre route
Et mettons autant de kilomètres entre nos possibles poursuivants et nouzautres
Au crépuscule, l'ancillaire nous a trouvé un gîte, près d'une maison pauvre, éloignée du chemin, qu'elle a retrouvé avec l'instinct des oiseaux migrateurs
Est ce sa maison natale ?
On ne saura pas
Elle est en grande conversation avec la maîtresse de maison, une obèse couleur bleu pétrole, qui ponctue ses phrases de clics, lesquels font dresser l'oreille ( et la mostach'!) de Jean Eudes
Ha, nous quittons l'aire linguistique nilotique pour aborder celle des Xhosas
Ou des zoulous, c'est pas très clair
Les deux femmes sont en pleine conversation, il en ressort que nous dormirons dans un coin, et que kobus devra montrer un de ses tours habituels
Le pauvre bougre s'inquiète, va falloir encore payer de sa personne ?
La naine fait amener, avec beaucoup de cérémonie, le cercueil au milieu de l'aire, puis elle y fait rentrer le Kob's, sans rabattre le couvercle
Les fatous de la maisonnée ont été rassemblées autour
Le mec s'impatiente, mais la lune se lève derrière les collines, Gundula rabat alors brutalement le couvercle
S'ensuit une harangue démonstrative avec des cris hauts perchés, des clics, des coups de chicotte sur le bois de la boîte ( allitération riche, le bois de la boîte)
Puis le couvercle est retiré, le rayon de lune tombe sur le Kob's, la transformation s'opère, la tignasse pousse, la peau bleui, le priape pousse comme une aubergine de la bonne saison
Cris hauts perchés, émerveillement , les mains battent, les bouches se couvrent par des paumes calleuses

 

On a pigé
La représentation loup garesque et satyriasique du Kob's va servir de monnaie d'échange pour l'hébergement
Le mec veut se lever, après tout un cercueil n'est pas très confortable
On lui rabat le couvercle dessus
Sur les doigts
Des échanges affairés, en langue locale, ont lieu, là, à portée de voix
Dommage qu'il soit sourd à l'idiome vernaculaire du coin, il pourrait connaître le prix de ses prestations

 

Le couvercle se lève à nouveau, nouveaux cris émerveillés, trépignements joyeux, hystérie heureuse en somme ( associer hystérie et heureuse,faul'faire ! )
Blang !
On rabat à nouveau le truc
Sur le nez cette fois
Là, le Kob's n'y tient plus, il plie les genoux se calle, pousse,se tortille ( l'exécré et détestable van de putte était d'un volume plus imposant que lui, surtout après l'anabase dans la forêt afwicaine et les transformations vampyresques), il parvient à faire bailler la boîte, s'en extrait, bave aux lèvres et tige tendue comme un arc mongol, rafle la première spectatrice, pas de bol, il s'agit de l'obese bleu pétrole, et entame un phata-phata éclair avec la dame
Les bourrelets de la malheureuse remuent en cadence puis vibrent à l'acme du plaisir de la partenaire involontaire, mais désormais hyper consentante
Les assistantes, pendant ce temps, fouettent l'air, rythmiquement, avec des branches d'épineux débarrassés de leurs épiphytes vulnérants en psalmodiant un son étrange,venu du paléolithique, oya oya oya oya, nié nié oya
Une scène qu'on croirait extraite de la guerre du feu, filmée par Jean Jacques Annaud ( de mémoire)
Dans un coin, radieuse, la naine reçoit les félicitations de l'assemblée qui défile avec de menus présents, poule vivante, bouteille de Castel, fromatch'de chevrette, pain dur et néanmoins goûteux, jouets faits de fragments de bidons d'essence, bref, les pauvres possessions d'un peuple non moins pauvre, dans un pays riche de son sous sol
À l'autre bout de l'aire, les deux autres compères s'interrogent
Tu crois qu'elle a prostitué le Kob's ?
Il me semble que c'est un rituel de fertilité, ou un truc comme ça
Fertilité ? Mais il n'a pas envoyé la purée, les fatous vont être bien déçues...
Ce n'est que l'amorce, pour conjurer l'impuissance des locaux, d'ailleurs ils doivent regarder
J'appelle ça du candaulisme !
C'est parce que tu es possessif, et jaloux, il n'est pas inhabituel que dans les sociétés dites primitives, l'hôte occasionnel ou exceptionnel, et qui pourrait nier que kobus n'est pas exceptionnel, regarde ce rythme, cette allonge, cette endurance, il n'est pas exceptionnel donc que l'hôte se voie offrir les faveurs d'une native, en général la fille de la maison
Ho putain, j'ai pas envie de voir sa mère, dans ce cas !

 

La fatou la plus pondéreuse ayant encaissé sa dose de secouage rythmique, une autre prend sa place, plus mince ( est ce difficile ?) plus claire, aussi ( idem) puis une autre, une autre encore
Finalement, tout le gynécée en vient à enserrer le phénomène loup garesque frappé de satyriasis entre ses cuisses moites
Avec l'effet recherché
Au bout d'un moment, la naine-nonne s'interpose, elle retourne le Kob's sur le dos et se livre à son trot désarticulé, ce qui la contente
Bien qu'on se trouve encore en hauteur, la température n'a pas trop chuté, grâce à quelques braseros entretenus à coup de bouse de vache séchées
Assez contradictoire de retrouver mêlés, des éléments du pastoralisme, les bouses séchées, et la sédentarité, avec la maison décrépite
Aussi, on n'est point engourdis par le froid, pas assez en tout cas pour ne pas entendre une reptation sinueuse, un corps lourd qui tente de se frayer un passage au travers des épineux jalonnant les abords de la maison
T'entends ?( Là c'est Blumroch qui cause à Jean Eudes)
Une Fatou pressée d'en reprendre ?( Réponse de kobus)
Les Wagner ou les vampyrs, au choix ( avis éclairé de Jean Eudes)
Comment sortir de ce traquenard ?( Blumroch)
Laissons faire la nature ( Jean Eudes)
Et effectivement, la nature fait
Sous les espèces du roi des zanimos qui vient renifler de près les visiteurs nocturnes
Lesquels décampent sans tambour ni trompette, on entend un rugissement courroucé puis le bruit d'engrenages maltraités, c'est con, on les aurait fait prisonnier, on aurait récupéré leur véhicule

 

Le reste de la nuit se poursuit sans encombres, cris d'animaux, craquements et crépitements des braseros qui refroidissent, flatulences du bétail et des humains rassemblés, grincements des ouvertures malmenées lorsque les fatous sortent pour aller pisser
L'aube aux doigts de fée, etc.... on se lève pour un prandium succinct, mais après tout, la naine a pourvu à la paix des estomacs pas plus tôt que la veille
On se remet en route, plein nord plein est, vers la vallée des langues ( ici, rien qu'une vallée, en Eurasie, c'est quand même toute une montagne, un massif montagneux)
Plusieurs étapes seront nécessaires pour rallier ce bled, avec, à chaque soirée, la comédie de la satyriasis du loup garou, illuminé par la lune, à tel point que les acolytes de Kob's espèrent une nuit sans lune

 

Et pourtant ils savent que le lendemain ils auraient faim puisque l'exhibition de leur pote signifierait un jeûne d'une journée, et en traînant la carriole, vous m'avez compris
Bref, ce soir là arrive, mais la naine a prévu le coup, ils campent donc en rase campagne, se contentant de croûtons gardés dans la besace de la nonne
Le lendemain, descente sur une vallée moitié aride, moitié verdâtre ( au nord) on dirait que c'est le lac turkana, ou alors c'est nos yeux ?
Non non, on y est
Des troupeaux de bovins éfflanqués, gardés par des gamins intégralement nus, la bistouquette à l'air, appuyés sur des bâtons aussi minces qu'eux, tatouages et scarifications sur le museau, cordelette passée autour de la cuisse, corps repeints avec de l'argile blanche ou des cendres avec des motifs tracés du bout des doigts, pas de doute, on est chez les mursis déclare Jean Eudes, de façon définitive
Oui, les mursis
Car les nuers et les agahs sont plus au nord et les bilénes plus à l'est
On lui fait confiance, hein
On descend vers un bled, pauvres masures de glaise mélangée à de la paille hachée, murs crépis d'un mélange de cendres, de glaise et de sang de bovins, ça donne un aspect rosâtre assez étonnant
On est accueillis par des you you enthousiastes et des fouettements avec les badines servant à discipliner les troupeaux
Un patriarche s'avance, comme on se l'imagine dans notre afwique rêvée, décharné, redressé de l'échine ( où pourtant rôde l'ostéoporose), un pagne symbolique autour des reins, appuyé sur une sagaie décorée d'attributs bovins desséchés ( je vous laisse deviner de quoi il s'agit)
En claudiquant, il se dirige vers l'aire centrale, où l'on nous a fait patienter, il est là clopin clopan, se penche sur notre chargement, l'envisage, le tapote du bout de sa sagaie ( une autre allitération riche), rive ses yeux chassieux dessus, enfin, le droit, le gauche est voilé par une taie pas sympa, ici, c'est morve et trachome
Discussion avec la naine, interminable, pendant ce temps, on s'est mis à l'ombre des cases,pasque merde, le soleil tape

 

Commentaires

le soir va tomber et les deux protagonistes continuent leur palabre (leurs palabres?)
et ça y va!
exclamations sur un ton suraigu, clics, crachats
au bout de plusieurs heures, la naine claque des doigts en éructant une phrase, brève, impérative et dénuée de tendresse
les yaouleds déchargent alors la boîte juchée sur le tripalium
vlan et boum fait le cercueil en tombant
la naine enfourne direct le Kob's dedans, en dépit de ses protestations, ferme la boîte et se juche sur le couvercle
elle débute son discours habituel, la société pastorale l'entoure, ils se sont tous mis sur leur trente et un, incrustés de boue séchée tournant au blanc, rayé dans tous les sens, avec des stries et des yeux, cordelette autour de la cuisse, sexe dénudés pendant au bas des ventres creux, bref, la photo magnifique pour promouvoir les agences de voyage "autrement"
la lune se lève enfin
on débarasse la boîte de son couvercle, le rayon de lune touche l'allongé, les transformations s'opèrent
et là, un cri, un seul
le vieillard s'époumone puis tombe raide
lui qui est privé d'érections de puis bientôt un demi siècle, voir le priape du loup garou se développer sur commande, ça lui a tant tellement porté au coeur niveau jalousie, qu'il en est mort directement
sans phrases, la mort
on entend encore un poc, c'est le crâne du de cujus qui cogne le sol durci, suivi une minute après d'un prout retentissant, c'est la triperie qui reprend ses droits, alimentation lactée oblige
la foule , incrédule, se rapproche, muette
elle constate les faits, le drame, puis ça se met à caqueter, une volière, un plateau télé, un secrétariat de service public!
pragmatique comme toujours, Blumroch se tourne vers Jean Eudes "s'il est vrai qu'aux afwiques un vieillard qui meurt c'est une biblio qui brûle, les pauvres mesquins n'auront pas de lecture pendant un bon moment"
puis Kobus s'élance, la bave aux lèvres et la banane comme un canon, et disparaît vers l'enclot aux génisses, les femmes mursis étant vraiment trop laides avec leur plateau qui leur déforme la lèvre inférieure
un nuage passe devant la lune, plongeant le hameau dans le noir pendant que retentissent les premiers meuglements du bétail forcé
rideau

Écrit par : kobus van cleef | 14/05/2022

la rumeur des conversations pastorales s'amplifie, alors que Kob's met à mal le bétail des mursis
Jean Eudes et Blum se mèlent au brouhaha parce qu'après tout, ils vont pas rester sans rien faire, c'est un peu comme l'impulsion qui, dans un coquataile ou un buffet debout te fait saisir un verre pour te donner une contenance, la même qui te pousse à chausser des lunettes et à croiser les mains derrière le dos à un vernissage
en tout cas, la gestuelle des autochtones n'est pas la même que celles qu'ils avaient observé dans les lointains environs de Stanleyville
les mecs tapotent le sol de leurs sagaies, trépignent dans la poussière, s'empoignent les testicules, générant ainsi une érection contrainte, parcimonieuse et pour tout dire un peu rituelle, obligatoire, comme le droit de vote ou la liesse républiconne du 14 juillet

Écrit par : kobus van cleef | 15/05/2022

Toute cette troupe, priape mollement dressé, se transporte vers les cases, en traînant les pieds dans la poussière, avec des psalmodies rauques,eructees du fond du gosier, on sent pas vraiment l'enthousiasme
D'un autre côté on peut les comprendre, lorsqu'on voit la dégaine de leurs fatmas, seins pendants comme des outres vides, plateaux dans la lèvre inférieure, un remède, à tel point que la naine nonne en reprend des charmes
Comme toutes les choses périssables, la consommation n'est recommandée que bien avant la date limite de consommation
Bref
Nos deux acolytes se retrouvent seuls à l'orée du village, moment privilégié pour sortir une blague à tabaque et bourrer une boufarde
Et là, à la lueur de l'allumette qui embrase le fourneau de la pipe, que voient ils ?
Zaimeriez bien le savoir, pas vrai ?
Ils ont capté le reflet d'un bout de plastoc, bout de plastoc à l'ombre d'une case, même pas visible par pleine lune, comme aujourd'hui, mais chatoyant sous la lueur de l'allumette mourante
Tiens, c'est dégueu ici, pourraient pas ramasser leurs merdes ?
Blum se penche, expertise le truc, un badge, un badge de guide d'une agence de voyage exotique !
Dernières limites ou un truc comme ça
Mais kes ke c'est k'ces cons là ?
Et kes ke ça fout là ?
Y zont liquidé le groupe de touristes puis ils ont bouffé toulmonde pour pas laisser de traces ?
Encore possible, dit Jean Eudes, mais c'est plutôt dans la forêt, beaucoup plus à l'ouest
On gratte du bout du pied, d'autres trucs montent en surface, des clés, une coque de téléphone, une paire de lunettes solaires photosensibles, un peu carrées de la monture comme celles du colonel dans la bataille d'Alger de pontocorvo
Ha.... nous voilà en présence d'un mystère

Écrit par : Kobus van Cleef | 18/05/2022

Mystère aussi impénétrable que les profondes forêts afwicaines, aussi insondable que la bêtise de ses....., aussi truc que ses machins, bref, un mystérieux mystère
Je pense qu'avec ça, je vous ai bien émoustillé, et que vous allez sauter des pages, pas vrai ?
À quelques kilomètres de là, Apostol Gogavline, tireur d'élite chez les speztnatzs, recyclé chez Wagner, et qui n'a pas lâché prise après sa rencontre inopinée avec le roi des zanimos, Apostol donc, que ses tovaritchs appellent plaisamment Apo, termine l'inhumation express de l'équipe de l'ONG "sauvons les clitos", équipe à qui il a dérobé documents d'identité, matériel pédagogique, gros quatquat immaculé décoré de dessins explicites, provende et vêture, équipe constituée d'un guide local qui faisait aussi chauffeur, d'un chef de mission locale abonné aux putes de dar es salam ( il pourrait aller plus près mais ça ferait mauvais genre) et de deux stagiaires venues de sciences pipeau, une rousse et une beurette, qui l'ont supplié de les épargner en échange de leur innocence ( faut être juste, lorsque tu vois la tête du chauffeur éclater puis celle du chef de mission, tes motivations altruistes en prennent un coup, bon, il a violé la rousse juste avant de la liquider elle aussi, la beurette c'était pas trop son style, alors là aussi direct bang bang, rapide, chirurgical)
Mais pourquoi diable Apo a-t-il tué ces malheureux ?
Mais afin d'adopter leurs identités, pas celle des filles bien sûr, quoique, une vie de trans, en Europe ? Faut voir,y a peut être moyen de moyenner....
Pas celle du chauffeur
Mais celle du chef de mission, histoire de se rapprocher du trio, savoir ce qui est arrivé à ses potes, et, éventuellement,punir, en espérant en tirer profit
Il a fini de basculer les corps dans une ravine, entasse dessus de la pierraille, puis comble les interstices avec la terre sableuse et poussiéreuse qui a cours ici
Pas épuisant comme taf, ça laisse à ses pensées toute lattitude pour vagabonder

Écrit par : Kobus van Cleef | 18/05/2022

Vous allez me dire que deux quatquat de sauvons les clitos dans la même histoire ça fait un peu gonflé
Je répondrai "licence poétique"
Apo s'interrompt, il s'appuie sur le manche de sa bêche, fouille ses poches, il a aussi délesté les cadavres de leurs menues possessions, et là, des clopes, des roulées main, on va pas cracher dessus, pas vrai ?
Il s'en allume une,tire une taffe, expire, une deuxième bouffée....kes ki a là dedans ?
La tête tourne, le paysage pareil, des visions zétranges se font jour, femmes à barbe, paydays en pleine gay prayde, festins pantagruéliques avec jouvencelles ligotées, présentées dans des plats, une pomme dans la bouche, robustes pédérastes velus en doc Martin et maillot déchiré, immolés avec plug là où il faut, et toujours ces yeux implorants façon el Gréco
Il repose le bédo
Merde.... je les ai liquidé sans leur faire dire où ils avaient trouvé ça.... c'est trop d'la bombe, ce truc

Écrit par : Kobus van Cleef | 18/05/2022

//REMARK ON
Les vampires du titre sont sur le point de s'effacer (c'est vraiment leur crépuscule), au profit de ce que Raspail aurait appelé "Une étrange exploration dans la forêt africaine en l’an 2081". ;-)
Merci au Kamerad KvC de m'avoir attribué cette réplique digne d'un Audiard en grande forme : "s'il est vrai qu'aux afwiques un vieillard qui meurt c'est une biblio qui brûle, les pauvres mesquins n'auront pas de lecture pendant un bon moment".
Ont-ils, d'ailleurs, besoin de lire ? On a toujours trop lu.
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 18/05/2022

Il retourne fouiller l'habitacle du quatquat clitophore
Merdasse de merdasses ( bok ! en turc, tchort !. en russe) rien, rien de rien !
Par contre, des plaquettes explicatives, des gels à l'aloé vera, du matos pédagogique, ça, il y en a
Et tout au fond du quatquat, une lumière clignotante, c'est le papa de la rousse, fraîchement occise après son viol, et pas encore rigide, papounet qui veut lui causer sur Skype
S'il savait, le pauvre homme, s'il savait où les choix éducatifs qu'ils ont fait, son épouse et lui pour la précieuse Chine ( oui, ils l'ont appelée Chine, ce qui est le verlan de niche) l'ont menée...
Mais personne ne répondra à papounet sur Skype
Et surtout pas Apo Gogavline, car ce serait trahir sa position,sa couverture et sa légende
Or il a besoin de tout cela pour éclaircir l'affaire de la disparition des cosaques Wagner
Parallèlement, nos deux laissés pour compte des réjouissances sexuelles des mursis, Blum et Jean Eudes, tentent la résolution d'une autre affaire, celle qui a son origine dans la découverte d'un badge de guide touristique, de lunettes photochromiques et d'autres pauvres trucs

Écrit par : Kobus van Cleef | 18/05/2022

J'ai dit"réjouissances sexuelles des mursis"?
Plutôt"obligations sexuelles rituelles des mursis"
Il est vrai que ça y va mollement, on n'entend pas les fatmas, mais avec un plateau dans la lèvre inférieure, comment veux tu exprimer ton adhésion,ton assentiment aux manœuvres uxorales ( et c'est à dessein que j'use de cette forgerie, pour rappeler que le côté oral du rapport, ce versant donc, est absent, en cause, le plateau)
Pour le coup, une remise à niveau sur les questions clitoridesques pourrait trouver son utilité, mais les expert.e.s en la matière gisent au fond d'une ravine
Pour lors Jean Eudes, accroupi,trie les détritus qu'il exhume du côté de la case
Lunettes à verres photochromiques et monture carrée, et surtout ce badge
On y voit une tête souriante d'un ghebreiesous quelconque, le tampon du ministère de la kultur et l'habilitation à travailler pour"frontières ultimes"
Quel mic mac

Écrit par : Kobus van Cleef | 18/05/2022

Plusieurs centaines de kilomètres au sud et à l'ouest un autre mic mac est en préparation
Szuzanna, l'amante éphémère et pourtant compétente ( à l'horizontale, et aussi un peu à la verticale) de kobus, Szuzanna donc, accuse un retard de règles de deux semaines
Ce n'est encore rien, mais pour les vampyrs c'est peut être tout
Et comme le Kob's est devenu un Uber mensch, un être dopé,mort puis ressuscité, grâce à la potion majik issue de la recherche des vampyrs, ça n'étonnera personne ici que la grossesse se passe en accéléré
Même s'il n'a pas lâché sa semence au sens biblique du terme, il a suffit d'un animalcule sorti de ses genitoires pour féconder la belle et glaciale vampyresse
Aussitôt la communauté karpatique en question a mis un terme provisoire à la poursuite et à la vengeance, on ne se préoccupe plus que de l'évolution de la gestation, nidation,blastulation, mitose,mitose, mitose, Bruno Kremer ne quitte pas Szuzanna des yeux
Tout juste si on a dépêché à la poursuite du trio un escadron d'observation qui suit de très loin les errements zoophiles du p'tit gros
Pas besoin d'ailleurs de mouiller la chemise, il suffit de recenser au matin, les chèvres mises à mal et les femmes souriantes, ça fait comme une jonchée de petits cailloux façon poucet moudern

Écrit par : Kobus van Cleef | 21/05/2022

C'est pourquoi les"nouveaux exploits cynégétiques du comte zaroff" le comte zaroff étant le Bruno Kremer du début de l'histoire,ces nouveaux exploits sont mis en suspens un moment
Le temps que Szuzanna puisse porter son fruit à maturation complète
Ça en prend le chemin, son ventre gonfle rapidement, son visage,ses chevilles idem, un chloasma d'anthologie marque de son empreinte odieuse sa face immaculée
On réalise une première échographie, activité cardiaque, mouvements actifs, grossesse unique, tout bien
Au même moment, l'escadron de recherche karpatique a identifié un quidam suspect en pleine activité morticole, c'est Apo qui fait disparaitre les corps de Chine, la gentille stagiaire de sciences pipeau, de sa co-thurne maghrébine ( on peut même envisager un truc entre elles, genre trans et pas cis) du chauffeur et du chef de mission, on le voit pester dans les jumelles en fouillant l'habitacle du quatquat clitophore, on le voit écraser sous son talon le téléphone portable de la délicieuse Chine, maintenant privée de tout ce qui faisait son charme juvénile, et aussi de ce qui faisait son côté détestable ( préjugés ouacistes faisant du n'haigre un grand enfant à aider résolument, haine pour le patriarcat blanc qui lui a payé ses études et son train de vie confortable, admiration éperdue pour des cultures la rabaissant au rang de l'esclave domestique)
On le voit enfin se remettre en route vers les berges du lac turkana, en suivant un chemin mal balisé sur lequel peine la transmission du quatquat, sans compter la souffrance des amortos
Dans des cas comme ça, t'as intérêt à rester sur les deux premiers rapports et à te limiter à 20/30 km/h au max, sinon, soit tu verses dans une ornière, soit tu casses de la ferraille
De la ferraille pas facile à réparer, faut remonter jusqu'à adis abeba, et là, c'est pas certain qu'ils aient la pièce de rechange
C'est d'ailleurs ce qui s'est passé pour le bus de"frontières ultimes" qui se profile à l'horizon, enfin, un horizon déjà bien assombri, on est à l'est et la nuit tombe vite
Le chauffeur, pressé par le temps, on les attendait au village des mursis pour un spectacle de danse folklorique, le chauffeur donc a appuyé sur le champignon
Résultats, dans l'ornière, et barre de direction dans le sac, plus de la tôle et le réservoir percé ( le minibus a ricoché sur la berme où il y avait un gros bloc rocheux qui dépassait, ça a pris le véhicule par dessous, crotch ! coup de chance, ça n'a pas brûlé)
Et voilà donc tout un aréopage d'inspecteurs d'académie en retraite, de leurs poufiasses et d'administrateur.e.s de la CAMIF ou de la MGEN en congé longue maladie ( dépression) en train de battre la semelle dans le crépuscule afwicain pendant que le guide accompagnateur agoni d'injures le chauffeur
Sur ces entrefaites, surgit le quatquat clitophore

Écrit par : Kobus van Cleef | 22/05/2022

//REMARK ON
La trop brève évocation du groupe de l'édunat adepte du voyage culturel et glauque pourrait aisément donner lieu à un feuilleton dérivé ("spin-off" en néo-French) sur le modèle de la *Breve storia delle vacanze* de F&L. ;-) Reviennent aussi en mémoire quelques passages d'*Il significato dell'esistenza* et notamment ceux consacrés à la désopilante société germanique Panzer-Tours dont le nom dit assez le lien avec les méchants russes du groupe Wagneroff.
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 22/05/2022

Ha mais je n'ai pas enterré les participants du voyage "Ethiopie, terre des langues" de l'agence "frontières ultimes"( en angluche "ultimate borders")
C'est juste que je pose un peu les persos
Et puis il commence à faire nuit, alors pour la description, hein..
C'est vrai que la nuit n'est pas favorable au "glaukos" dans le sens premier,grec,du terme
Là bas, sur le village mursi, la lumière de la lune est tombée à nouveau
Mais kobus n'en a cure
Ses acolytes l'ont harponné alors qu'il se préparait à pratiquer une génisse surnuméraire, cet homme, ce loup garou, ne connaît aucun repos
Hé mec,y a un truc louche, dans l'bled, faut décarrer
Encore ?
C'est pas possible, vous avez la bougeotte ?
On n'est pas bien ici ?
Certes les femmes sont laides, certes la chère est maigre, mais au moins les vampyrs sont loin, les Wagner itou, si les lions ne les ont pas mangé, et Gundula nous a fait gagner un myon de thalers en diamant, c'est pas rien, ça, un myon de thalers !
Et comment tu feras, lorsque ta tête sera séparée du tronc, pour profiter de tes thalers,l'ami ? Regarde donc ce pass, au nom de ghebreiesous, ose me dire que le type ne s'en serait jamais dessaisi, trop jouace d'avoir un job et des pourboires dans ce pays de crève la faim
Ouiiii, je veux bien mais enfin, il ne s'agit peut être que d'une arnaque dont nous pourrons démonter le mécanisme, il a peut être deux identité ça permet de faire deux fois plus de mission, et de payer deux fois moins d'impôts,faites travailler vos imaginations, soyez créatifs
De toutes façons il faudra prévoir de bouger d'ici, avec les diam's

Écrit par : Kobus van Cleef | 22/05/2022

//REMARK ON
Pour sa "communication" (anciennement : pour ses réclames), l'agence "Ultimate Borders" (une trouvaille de plus !) hésite encore entre plusieurs slogans, qu'elle utilise indifféremment : "Borders ? Where we're going, there are no borders !" ; "We 8 Borders" ; "We Build Bridges Above Borders" ; "Bullets and Missiles Can Cross Everyone's Borders"; "Any Country Without Borders Is Ours".
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 22/05/2022

"We8borders" sublime, sobre et combien explicite
imaginez tous ces ventripotents pédagogues, qui ont toujours été protégés du public dans les administrations où ils proliféraient, confrontés à la morgue du douanier moyen oriental ou afwicain...
à sa morgue ou à son avidité
imaginons le responsable du groupe disant "bien, dans les pourboires que nous collectons pour le guide local et le chauffeur, il faut aussi prévoir le bakchich pour les divers kébourdins que nous allons croiser sur nos routes, c'est ça aussi, le/la...."
bref, le responsable du groupe d'ultimates borders, groupe en carafe sur le bord de la route, voyant un quatquat, et mieux encore, un quatquat conduit par un blanc, oui faisant abstraction de ses préjugés, s'apprête à se libérer de ses préjugés raciaux pour s'en remettre tout entier à cet homme, fugacement entraperçu à travers le pare brise
"ha monsieur, vous êtres notre sauveur!"
et là, ça coince
Apo ne cause pas une broque de fransouze, rien, pas même bonjour au revoir cholie matemoizelle
rien , vous dis je !
mais il ne veut pas avoir l'air con, et surtout il veut endormir la méfiance de ces égarés sur le sol d'afwique

Écrit par : kobus van cleef | 23/05/2022

//REMARK ON
En attendant la reprise du feuilleton, ces quelques informations sur les célèbres vampires du Malawi :
https://www.takimag.com/article/the-evil-vampires-of-malawi/
*Incipit* admirable : "The vampires are back in Malawi again, but no one is taking it seriously."
//REMARK OFF

Écrit par : Blumroch | 24/05/2022

aussitôt l'accompagnateur bénévole de "frontières ultimes, we8bprders" se précipitte, tout juste s'il ne se jette pas sous ses roues
Apo est bien obligé de serrer le frein à main
il baisse la vitre (quatquat d'ONG donc vitres otomatiks, les trucs merdiques c'est pour les européens pauvres, faut pas déconner, et puis qu'est ce que les petits vieux européens et petites vieilles souchardes qui ont trimé toute leur vie et qui passent leurs dernières années en EPAD iraient faire d'un quatquat de luxe? restons sérieux), pointe le nez dans la nuit afwicaine
tentative de communication
qui échoue, évidemment
on pige que c'est un européen de l'est, l'europe dont nous sommes orphelins (dixit mon regretté père), et alors ça y va
un grand escogriffe dans le groupe prétend connaître le ruskoff, il l'a appris au contact des refugees en provenance de Moldavie (capitale Chisinau)
plutôt des refugeeees, voyez
surtout mineures et non accompagnées
il en a d'ailleurs logé plusieurs
mais pas en même temps
mais ceci est une autre histoire
bref, il s'approche et tente un bout de gras "ougourietz, davaï, hourré?"
le tout sur un ton moitié interrogatif
mais qu'est ce que c'est que ces gugusses?
je peut pas les liquider tous, y a pas de rébellion armée aussi au nord....meeeerde.....Apo acquiesce donc, en remuant fortement du chef
on installe donc dans le quatquat le guide local, l'accompagnateur, une épouse quelconque, diabétique, qui, comme une conne, est en rupture de cachets et va faire son putain de coma, et fouette cocher jusqu'à la prochaine habitation
chemin faisant, toujours à 20 km/h le guide local essaye d'engager la conversation sur un autre thème, il avise un tarpé qui sort de la chemise d'Apo (la poche de chemise, en fait) s'en saisit, le hume et, alors qu'Apo le foudroie du regard, pas habitué à des privautés pareilles, lui adresse un immense clin d'oeil et sort une poignée de sticks de sa petite sacoche (tous les guides locaux ont des petites sacoches, dans ces bleds, ils y entreposent les biftons pour les bakchichs, les badges pour les accès aux sites préservées et la dope, naturellement, la pouliss' sait mais ouat! tant qu'elle touche sa dîme)
on s'allume donc des bédos qui puent la merde de chien
Apo qui guettait avec nostalgie les visions développées plus tôt, Apo donc en est pour ces frais, pas de femmes à barbe ni de paydays implorants dans une fistinière équatoriale, simplement un morne abrutissement qui gagne tous les passagers de l'habitacle

Écrit par : kobus van cleef | 26/05/2022

pour ses frais! pour SES frais!
saloperie de clavier!

Écrit par : kobus van cleef | 26/05/2022

par contre, l'épouse de l'administrateur zentral de la MGEN , ça lui fait de l'effet
et comment!
ça doit activer les ilôts de Langherrans du pancréas, dis donc, elle qui était vaseuse, se retrouve en pleine forme, à mater les environs
évidemment , nuit noire, afwicaine, même si 50 km plus loin la lune a illuminé le loup garou, elle n'y voit goutte, elle reporte donc son attention sur les occupants de la caisse puis sur le matos pédagogique
et là....
elle s'empare d'un tube de lubrifiant à l'aloé vera, le débouche, le renifle, le fait couler sur ses doigts
elle qui n'avait jamais osé quoi que ce soit ou alors tous feux éteints, un reste de surmoi ouest européen, ça la déclenche
elle engage furtivement une menotte dans sa culotte puis son intimité, fourgonne, fourrage, en peu de temps la voilà en feu, trempée, une salve orgasmique la prend aux reins, ça la prend tant tellement rapidement qu'elle n'a même pas la présence d'es prit de masquer son gémissement
penses tu que ça réveille les autres?
que nenni
elle se précipite donc sur la braguette de l'accompagnateur bénévole
zéro réaction
puis sur celle du guide local
ha...une molle , très molle érection, elle tente une manoeuvre pour passer des places arrière vers l'avant, pour accalifourchonner l'homme, se tortille, se trémousse, tente de s'empaler sur ce vermisseau mal gonflé, ce faisant elle bouscule le coude d'Apo, il fait une embardée, pile au moment où ils croisaient un barrage d'un front de libération quelconque
et que veux tu libérer ici?
rien
ils n'ont ni diamants, ni pétrole, ni moissons, ni mines
rien
ça vaut même pas le coup de s'intéresser à eux
mais bon, il y a un barrage
et le principe du barrage, c'est de s'arrêter, de discuter courtoisement avec les coupeurs de route, de verser une obole, un péage, un bakchich, et de repartir
là, ils manquent à tous les usages
le quatquat enfile un chemin non répertorié dans la broussaille et les piracanthas, sous les exclamations et les détonations des coupeurs de route, pendant qu'Apo réfléchi en une fraction de seconde
il pile, ouvre sa porte, s'éjecte du véhicule, makarov au poing, pendant que les kalachs font de la dentelle avec la tôle de la bagnole
il attend
pendant ce temps, la diabétique, repoussée du giron du guide local par le changement brutal de direction puis les cahots de la route, est retombée pile, comme tu vois le hasard fait bien les chose, l'intimité sur le pommeau du levier de vitesses, et elle passe la surmultipliée pendant que les balles fauchent les autres occupants de la caisse, puis elle aussi, vu qu'elle ne cesse de s'agiter
elle meurt en pleine action de grâce
c'est beau
les n'haigres libérateurs arrivent à la course pour expertiser qui a eu le front de dédaigner leur barrage
Apo n'a plus qu'à les cueillir les uns après les autres d'un pruneau en pleine poire
un dernier, réalisant , en dépit des brumes de la ganja, que la situation n'est plus à leur avantage, se prend une balle dans la cuisse
il tente de s'ensauver en rampant mais le russe , d'un pied bien appliqué, le renvoie vers le charnier

Écrit par : kobus van cleef | 26/05/2022

une ogive de kalach a percé le réservoir, Apo n'a plus qu'à botter le ku du dernier malandrin qui se traîne à ses pieds
il allume le brasier avec une nonchalence toute européenne, puis profite du spectacle à quelques pas de là
le pas tout à fait mort le devient vraiment, les autres commencent à grésiller dans l'habitacle, il charge son dragounov de précision sur ses épaules, quelques munitions et s'enfonce dans la nuit

Écrit par : kobus van cleef | 26/05/2022

Pendant ce temps,nos trois comparses restent dans l'expectative
Fuir ?
Vers l'est, alors, et l'océan indien ou le golfe persique, en obliquant un peu au nord
Rester peinard à attendre que les karpatiques viennent nous faire une explication de gravures ?
Risqué
Prendre les devants et dépêcher les supposés fâcheux ?
Il faudrait s'en donner les moyens, armes, munitions, moyens de déplacement rapides et sécurisés, connaissance du terrain, itinéraires de repli, chaîne logistique , traitement des éventuels blessés, bref, tout ce qu'on apprend lors de la formation initiale, et là, clairement, on n'est pas au niveau
À moins d'envisager une action de guérilla façon néolithique du genre assommer le guerrier qui vient se rafraîchir à l'ombre du baobab, voyez
Ou lui mettre du poison dans son repas
Ou lui refiler des MST par putasses interposées
On en est là des discussions lorsque une ombre obscurci le catojo où ils se sont terrés
Merde, c'est le grand karpatique, Bruno Kremer himself
On le voit à contre-jour, puisque la lune l'éclaire par derrière
Il a quelque-chose de changé pourtant
Quelque-chose dans les bras
Et qui vagit
Beu beu beu
Merdasse,kes ke c'est ke ça encore ?
Un poupon
Mais un poupon déjà bien dimensionné genre trois ou quatre mois
Et Bruno le tend au Kob's
Je voulais que tu puisses le voir, quand même

Écrit par : Kobus van Cleef | 29/05/2022

mais? mêêêê?
que, quoi , qui?
qui ça , qui? mais toi, mon couillon! toi, toi et ma fille , Szuzanna, vous deux, en fait
mais heu, c'est pas possible, cépapossib' c'est trop rapide, trorapid, scuzez moi, chais pu où j'en suis
et le loup garou satyriasique s'assoit, tombe dans les pommes, tente de se rassoir, tout transpirant
qu'on m'explique, nos unions, à Szuzanna et moi datent de quelques semaines, l'enfant a quelques mois, y a comme une incompatibilité
certes point, tu es, môssieur gendre, devenu un être d'exception, aucune contre indication à ce que votre union, entre gens d'exception ai aboutit à une grossesse exceptionnelle puis à un poupon exceptionnel
un poupon exceptionnel? il va faire normale sup? l'école des chartres? ou alors il va niquer sa nourrice?
la niquer, peut être pas, la saigner, à coup sûr, si on ne lui lime pas les crocs, et pourquoi le ferions nous?
il est désormais le réceptacle de tous nos espoirs, car en sus de cette grossesse éclair, il a eu une croissance éclair en pompant le sang des ouigresses qui lui ont été affecté, un vrai petit démon

Écrit par : kobus van cleef | 31/05/2022

Et il a pas été malade ? Je croyais que vous ne supportiez plus le sang dans l'alimentation ?
Penses tu, mon gendre ! Fort comme un bœuf, le bouzet ! On contrôle, tu penses bien, mais il pousse il grossit il grandit, c'est l'essentiel !
Il faut d'ailleurs que tu lui en fasses d'autres, à Szuzanna, je veux dire, de grands et beaux nenfants vampyrs !
Ha... il faut savoir,beau papa, que ce ne seront que des métis, des hétérozygotes, c'est peut être grâce à ça que Szuzanna a pu le porter, et puis pensez, s'ils tiennent du géniteur et qu'ils se trouvent frappés de priapisme et de satyriasis à chaque rayon de lune ?
Ça fera pas riche comme histoire à raconter lors des longues veillées dans les montagnes afwicaines...
Foin de vos montagnes afwicaines !
Nous repartons aux europes !
Notre régénération est assurée
Avec l'aide de vos genitoires
À ce propos, d'ailleurs, mettez vous à l'œuvre, les demi sœurs de Szuzanna, Erzebeth, Emesse et Vesna, vous attendent avec impatience, après les avoir foutues et engrossées, nous vous relâcherons, promesse de vampyr
Ho bon gû, l'ergastule se profile à nouveau...

Écrit par : Kobus van Cleef | 31/05/2022

Ergastule sexuel mais ergastule quand même

Écrit par : Kobus van Cleef | 31/05/2022

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