15/07/2026
Je plussoie (118)
Vous ne pouvez pas simultanément avoir un État-providence et une immigration libre.
Milton Friedman
Notre langage, notre musique et nos manières sont de plus en plus bruyants, égocentriques et agressifs, comme si la beauté et le bon goût n'avaient plus leur place dans nos vies. Un mot est écrit en grand sur toutes ces choses laides, et ce mot est « moi ».
Sir Roger Scruton
L’individu en foule est un grain de sable au milieu d’autres grains de sable que le vent soulève à son gré.
Gustave Le Bon
Les médias font le pari de la stupidité de leur auditoire.
Alexis Cossette
Observez comment les gens font preuve de crédulité et de conformisme grégaire, et de leur désir – voire de leur besoin – d’être dupés. La crédulité peut être une forme d’innocence, mais elle offre une opportunité aux personnes mal intentionnées et rusées d’exploiter leurs semblables.
Christopher Hitchens
Pour se protéger, la bourgeoisie inventera un antifascisme contre un fascisme qui n'existe plus.
Pier Paolo Pasolini
On ne peut opposer une oligarchie pervertie à un bloc populaire qui serait immaculé, exempt de tout. Les peuples ont les élites qu’ils méritent.
Patrick Buisson
Le plus troublant, dans la situation présente, n’est peut-être pas la transformation démographique de l’Europe en elle-même, mais l’incapacité des Européens à la nommer dans la langue de leur propre histoire. Ce que d’autres générations auraient immédiatement perçu comme une question de peuple, de continuité, de civilisation ou d’appartenance, nous ne savons plus l’appréhender qu’à travers les catégories neutres de la gouvernance, du droit et de la gestion des flux.
Antoine Dresse
Comme l'imagination a créé le monde, elle le gouverne.
Charles Baudelaire
Si tout sur Terre était rationnel, rien ne se produirait jamais.
Fiodor Dostoïevski
12:11 | Lien permanent | Commentaires (3)
Carte blanche (71)
Laissée à br
Très humble proposition
// 3
Le contraste est frappant avec la situation des chômeurs : ils ont beau, en majorité, se borner à profiter paisiblement de leur inactivité, ils sont néanmoins progressivement livrés à eux-mêmes, hors de tout contrôle social efficace. Même s'ils ne sont pas naturellement portés aux exercices intellectuels, ils risquent de réfléchir à leur situation, peut-être de trouver leur sort injuste, et même de songer à une révolte impie contre les puissances économiques et politiques qu'ils oseraient juger responsables de leur sort. Le malheur des temps a parfois de ces effets pervers, potentiellement irréparables... Si ces chômeurs désespérés étaient entraînés par de vils démagogues, meneurs qui cette fois ne seraient pas les traditionnels et inoffensifs agents provocateurs rémunérés par l'Etat, le pire serait à craindre, à savoir une contestation organisée de l'ordre naturel des choses, impensable dans votre société parfaite comme jamais société ne fut. Et les plus conscients des salariés inquiets, soumis aux impératifs catégoriques de la mondialisation heureuse autant que radieuse, pourraient considérer la rébellion avec une bienveillante neutralité, tant leur sort est à peine plus enviable. Cette éventualité est certes hautement improbable, elle n'est pas absolument impossible ; mais la défaite, évidemment inévitable, de ces damnés de la terre -- d'autant plus dangereux qu'ils n'auraient, eux, rien à perdre -- serait aussi leur victoire, puisqu'ils auraient contraint les autorités à révéler ce grand secret : la véritable nature de l'empire que vous exercez, avec vos maîtres et vos associés, sur le monde qui est vôtre, qui vous convient parce qu'il est là et que vous y êtes au pouvoir, et que vous devez maintenir tel qu'il est pour maintenir votre pouvoir sur lui. Le risque, en vérité, est déjà trop grand, puisqu'il existe. Or, "il y a de la révolte à s'imaginer que l'on se puisse révolter". Pour le gouvernement, la menace est là, qui réside dans la seule existence d'un trop grand nombre de chômeurs à la charge de la collectivité. Ces masses, pour n'être pas laborieuses, n'en sont que plus dangereuses ; qu'ils soient ou non inscrits à l'A.N.P.E. ou aux ASSEDIC, les chômeurs ne sont pas seulement inutiles, ils sont nuisibles.
J'en viens ici humblement, Madame le Ministre, à exposer mes idées qui, ce me semble, ne soulèveront pas la moindre objection : je vous donne les grandes lignes du projet, faisant confiance à votre intelligence, si manifestement supérieure, pour les détails, que vous laisserez d'ailleurs à vos collaborateurs -- *de minimis non curat Fuhrerina*. Le principe pourra vous sembler simple, voire simpliste ; je vous rappelle donc respectueusement cette vérité énoncée par le grand Clausewitz [[ce n’est pas de lui !]], à savoir qu'un grand général n'a pas nécessairement beaucoup de soldats.
Vous devez agir en deux temps : la tâche la plus urgente consiste à réduire considérablement le nombre des chômeurs, afin d'écarter tout doute odieux, forcément odieux, sur vos compétences. Aucun gouvernement ne saurait systématiquement invoquer les aléas de la conjoncture mondiale pour expliquer l'échec de sa politique. Les populations, déjà promptes à un injuste scepticisme, pourraient se lasser, voire passer du mépris à l'indifférence, et de l’indifférence à l’animosité.
Pour obtenir une spectaculaire diminution du nombre des demandeurs d'emploi, vos services s'interdiront le recours aux artifices traditionnels évoqués *supra*, déjà exploités au-delà du raisonnable, en vain. Ils ne se livreront même pas aux radiations massives, qui auraient comme un air de tyrannie administrative insupportable trop facile, pour les prévisibles oppositions, à dénoncer.
De fait, une habile propagande (fictions télévisées, articles dans la bonne presse, affiches, etc.) exploitera ce qui reste de sens civique chez le chômeur, qui sait bien (à moins d'être un fort mauvais sujet) devoir sa survie précaire à la seule compassion de l'Etat et de ses concitoyens, compassion d'autant plus admirable qu'elle n'est pas justifiée et qu’elle s’exerce au détriment de plus nobles causes telles que l’encouragement à l’invasion. L'inutile chômeur, rappelé aux lourds sacrifices qu'il impose injustement à la collectivité, sera incité à manifester personnellement et symboliquement son engagement de n'être plus jamais un chômeur : il devra spontanément -- plus ou moins -- démissionner de l'A.N.P.E., et renoncer au R.M.I.
D'émouvantes, mais sobres, cérémonies, inspirées des plus belles heures de la Révolution dite Française, pourraient marquer cet acte de dignité retrouvée. A son Agence Locale de l'A.N.P.E., le chômeur recevrait un ultime pécule en euros ainsi qu'un brevet de civisme citoyen ; puis à la mairie de son lieu de résidence, sous les applaudissements de fonctionnaires ayant congé pour l’occasion, il recevrait un certificat de non-assistance de l'Etat, et il serait rendu à l'état d'homme libre sans emploi, de *fantôme social*. La disparition des aides et indemnités serait compensée par la distribution régulière, placée sous le haut patronage posthume de saint Coluche, de colis contenant des denrées à peine périmées et des vêtements d’occasion (sans garantie aucune pour la taille). Seront évidemment rares les ex-chômeurs désireux de feindre encore la comédie d’un *très* hypothétique futur retour parmi les vivants – c’est-à-dire les contribuables. Ces menteurs seront pris en charge par des conseillers psychologiques et autres accompagnateurs de vie qui veilleront à éteindre, chez les parasites, cette ultime manifestation d’hypocrisie ou d'imagination.
Une fois revenue, grâce à la rapide et spectaculaire diminution du nombre *officiel* des demandeurs d'emploi, la confiance naturelle que l'administré doit éprouver à l'égard de ses maîtres, vous devrez, Madame le Ministre, exploiter cette divine surprise en supprimant définitivement non le chômage, qui n'est qu'un phénomène, mais bien les chômeurs, qui sont une réalité.
10:24 | Lien permanent | Commentaires (15)
Pépiements (578)
Contrairement à ma prédiction l'Espagne a éliminé la France de la coupe du Monde de football. Sans doute trop habitué au pire, je voyais déjà la tête de psychopathe de Macron avec un sourire jusqu'aux oreilles tripoter du footballeur et vanter la France multicolore. Il est parfois bon de se tromper.
07:25 | Lien permanent | Commentaires (4)
14/07/2026
Pépiements (577)
Puisque le diable est le prince de ce monde, je prédis une victoire de l'équipe de France de football sur celle d'Espagne ce soir ; un 14 Juillet cela fera plaisir à Macron. Puis une victoire en finale contre l'Argentine (qui aura triomphé de l'Angleterre) ce qui permettra une revanche contre les affreux de l'Albiceleste.
21:08 | Lien permanent | Commentaires (0)
Carte blanche (70)
Laissée à br
Très humble proposition
// 2
Vous avez, Madame le Ministre, la réputation, peut-être exagérée, peut-être même injuste, d'être socialiste. Femme de pouvoir, vous pouvez donc défendre avec efficacité, au nom du pragmatisme, cette alliance, naturelle autant qu'inévitable, entre les forces de gauche et les forces du capitalisme international, celles-là apportant à celles-ci la teinture d'humanité, voire d'humanitarisme qui leur manquait pour asseoir leur empire sur un monde enfin pacifié par le commerce et la finance. Femme de gauche, c'est-à-dire femme de coeur, vous pouvez donc défendre avec énergie, au nom de l'idéalisme, cette Justice sociale à laquelle le méconnu philosophe African Spir donnait, dans un ouvrage oublié paru à la fin du XIXe siècle, à la fois un nom et un programme. Selon toute probabilité, votre lutte héroïque contre le chômage n'a pas d'autre signification que d'incarner ces deux aspirations, également dignes d'estime, tout comme cette politique que vous servez si bien, qui concilie harmonieusement ces apparents contraires vus comme autant d’oxymores par de certains esprits chagrins : tradition et novation, justice sociale et lois du marché, souveraineté nationale et fédéralisme européen. D'ailleurs, à en croire une encyclopédie généralement considérée comme fiable par les spécialistes de la chose politique, vous auriez écrit en d'autres temps : "Nous devons faire le bonheur des Français malgré eux". Ce mâle et ferme propos révèle un dessein généreux, dont l'auteur devrait logiquement comprendre ma modeste proposition pour empêcher, de manière simple autant qu'économique, les chômeurs, Français ou non, d'être plus longtemps à la charge de la collectivité nationale aujourd'hui, européenne demain.
Par intérêt personnel autant que par souci du bien public, j'ai consacré plusieurs années d'inactivité forcée à réfléchir à la question capitale du chômage ; j'ai examiné avec attention les projets qui prétendaient sinon le faire disparaître, du moins le ramener à des proportions moins indécentes, ou plus acceptables pour les masses laborieuses sourdement inquiètes devant l'extension, extraordinaire et incontrôlable, du phénomène.
Sans étonnement excessif, j'ai constaté le flagrant échec de toutes les politiques menées à ce jour, dans le monde entier. A peine les experts stipendiés pour lutter contre le chômage parviennent-ils, assez gauchement, à transformer de vrais chômeurs en faux non-chômeurs : stagiaires, préretraités, bénéficiaires de contrats de reconversion, étudiants en alternance, travailleurs à temps partiel, voire invalides du travail. Leur seul mérite consiste sans doute à préserver encore quelques emplois plus ou moins fictifs dans les administrations et institutions chargées de dissimuler au public l'ampleur du mal, faute de le pouvoir réduire. Paradoxalement, d'ailleurs, le chômeur, pris en masse, est un petit employeur, tout comme le criminel -- qui est sans doute, lui, plus nécessaire encore au bon fonctionnement de la machine sociale, puisque son existence conditionne celle d'un grand nombre de personnes dans les appareils policier, judiciaire et pénitentiaire, tout en rappelant aux *hoi polloi* du bétail fiscal qu’ils sont tous victimes potentielles de la violence des supplétifs protégés par la mafia étatique.
Je ne vois pas l'utilité d'exposer en cinquante pages ce qui tient en quelques lignes, tant le constat est évident : au cours des deux dernières décennies, les autorités les plus capables, les élites les moins contestables, les personnalités les plus remarquables (à commencer par vous) n'ont pu, malgré leurs efforts manifestes, empêcher l'extension du chômage, et surtout du chômage de longue durée. Or, je me refuse évidemment à imaginer un seul instant qu'elles aient échoué intentionnellement (par exemple pour les cyniques raisons brièvement évoquées *supra*) ou pire encore, par incompétence -- leur éminente position sociale interdit cette hypothèse, scandaleuse entre toutes.
Force est donc d'admettre ce fait, irréfutable dans sa terrible concision : quels que soient les efforts des autorités (optimistes par état autant que par devoir, candeur et hypocrisie), les chômeurs, présents et futurs, ne trouveront aucun emploi durable, nulle part en ce monde, qu'ils aient des compétences objectives ou non, qu'ils soient potentiellement utiles à la société ou non, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils se complaisent dans leur état ou non. La rationalité en commande l'humble et déprimant aveu : pour cette immense partie de la population qui n'a plus sa place à notre grande époque, le chômage est une fatalité, injuste et aveugle sans doute, qui ne connaît aucun remède.
Tel est le point d'origine de toute réflexion sérieuse sur le sujet.
L'ordre établi que vous servez, Madame le Ministre, valorise les valeurs collectives les plus altruistes contre les valeurs individuelles les plus égoïstes (telle est sans doute la grande mission civilisatrice des forces de gauche, en Europe comme ailleurs, que d'humaniser le capitalisme, pour le bénéfice mutuel des meneurs et des menés, sous les signes conjugués de l'euro et du dollar). C'est pourquoi la collectivité accepte, au nom de la nécessaire solidarité entre les hommes, d'entretenir ces chômeurs qu'elle sait pourtant inutiles au point d'apparaître tous, aux yeux des bons citoyens, comme autant de méprisables profiteurs. Or, cette bienveillante assistance n'est légitime que jusqu'à un certain point, au-delà duquel les forces vives de la nation, exagérément mises à contribution par l'Etat, peuvent juger avec raison que le fardeau imposé à leur générosité devient insupportable.
En France, le chômeur archétypal (c'est-à-dire l'individu qui a connu le privilège de l'état salarié avant d'être involontairement privé de son emploi) perçoit, dans les premiers temps de son malheur, quelques indemnités : de certains théoriciens libertaires osent considérer ce pactole comme le remboursement des sommes extorquées par l'Etat au salarié pour financer ces assurances sociales que le monde nous envie au point d'en vouloir bénéficier sans avoir jamais cotisé au système, quand la qualité systématique de Français n'est malheureusement pas, ou pas encore, un Droit humain. Telle est la force d'une grande idée.
L'interprétation est manifestement malveillante, qui veut ignorer que l'Etat, puissance tutélaire et presque paternelle, entend non seulement lutter contre l'imprévoyance, trop commune, de ses sujets – j’allais écrire : de ses enfants, de ses éternels mineurs --, mais surtout assurer cette égalité forcée -- ne concernant, heureusement, que le bétail électoral et non ses bergers et propriétaires -- qui signe la démocratie moderne : le meilleur et même le seul régime politique envisageable en nos temps éclairés ne saurait accorder sa confiance aux individus, férocement égoïstes par nature quand ils ne sont pas contraints à la solidarité.
De manière logique, ces indemnités diminuent de plus en plus, de plus en plus vite, jusqu'à disparaître totalement : le chômeur que la société a reconnu sans valeur aucune (puisqu'elle ne l'a pas jugé digne d'une nouvelle chance) doit alors presque toujours s'en remettre à la générosité de l'Etat, pour solliciter humblement le Revenu Minimum d'Insertion. Au degré d'extrême misère qui est alors le sien, le chômeur ne saurait d'ailleurs trouver dégradante cette situation qui consacre sa dépendance absolue : à la dignité, il a préféré la survie. Le voici donc, plus ou moins honteux de cet état, devenu un parasite social.
La collectivité tombe ici dans le piège d'une bienveillance poussée à l'absurde. Sous le règne, éminemment moral et objectif, de la Marchandise, les forces vives de l'économie ne sauraient entretenir indéfiniment des parasites qui non seulement ne produisent rien, mais encore ne peuvent presque pas accomplir ce devoir sacré : consommer. Certes, quelques moyens existent, qui permettent d'arracher aux chômeurs encore indemnisés une petite partie des sommes qu'ils extorquent à la collectivité, mais cette réappropriation est insuffisante. Une fois leurs cotisations forcées restituées par l'Etat, les chômeurs ne devraient, en droite logique, plus rien recevoir. Le simple bon sens, vertu cartésienne, vertu économique, guide cette ligne de conduite.
Ce n'est pas donner dans le darwinisme social, que d'admettre ce principe : la solidarité entre les rouages interchangeables qui forment la société ordinaire ne saurait plus s'exercer quand elle risque de semer le trouble dans la cité, et de nuire à la juste répartition des sommes efficacement prélevées par le fisc au profit de causes nobles -- entretien des divins élus et de leurs petit personnel, financement de projets dirigés contre les populations locales...
De fait, les agents d'exécution et les agents d'encadrement, utilisés à défaut d'être nécessairement utiles, n'ont guère le temps de penser à leur situation. Trop heureux d'être employés, trop heureux d'avoir quelques pauvres loisirs, bref trop heureux d'avoir quelque chose à perdre, ils ne sauraient remettre en question l'ordre définitif du monde, d'ailleurs efficacement soutenu par les forces du Spectacle. De manière divertissante, presque tous les salariés les moins privilégiés par l'organisation sociale forment les alliés les plus fermes de cette organisation, puisqu'ils n'entendent pas renoncer au peu de jouissances qui leur sont, habilement, concédées.
20:06 | Lien permanent | Commentaires (6)
Pépiements (576)
Certains villages, n'ayant pas trop été défigurés par l'architecture contemporaine et bénéficiant d'une situation géographique avantageuse, entretiennent des groupes folkloriques qui se produisent lors de réjouissances périodiques, pour le plus grand plaisir des touristes et des commerçants du coin. De temps en temps, le comité des fêtes, afin de ne pas paraître moisi et nationaliste, invite des danseurs issus des forêts africaines ou des montagnes andines. La France et son défilé du 14 Juillet me semblent relever de la même logique, mais sans l'esprit de village qui subsiste encore parfois entre l'école communale et la place de l'église.
09:57 | Lien permanent | Commentaires (4)
PUP (2)
09:20 | Lien permanent | Commentaires (8)




