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27/05/2021

Histoire... (173)

Les dix commandements du soldat allemand imprimés en 1943 par le Groupe d'armées Centre :

 

1. Ayez soin de toujours préserver votre autorité vis-à-vis de vos subordonnés. Ne soyez pas arrogant. Le Russe reconnaît facilement la fausse autorité .L'autorité réelle provient d'aptitudes supérieures et d'une conduite exemplaire.

 

2. Soyez justes ! Vous devez être sévères mais justes. Le Russe ne hait rien autant que l'injustice. C'est notamment un excellent travailleur. S'il est traité de façon décente, il travaille avec ardeur et durement. Il est intelligent et apprend facilement.

 

3. Félicitez le Russe s'il travaille bien ! S'il n'est pas récompensé, le Russe perd vite son ardeur au travail. De petits cadeaux et des récompenses spéciales opèrent souvent des miracles quand ceci est justifié et si on en donne les raisons.

 

4. Évitez de battre des Russes. Le Russe a son amour-propre auquel il attache du prix. Si vous le battez, il ne l'oubliera jamais.

 

5. Évitez toute expression qui laisserait supposer aux Russes que les Allemands appartiennent à une race qui leur est supérieure! Les Russes et en particulier, les Russes Blancs, les Ukrainiens et les Grands Russiens au nord, appartiennent à la famille des Aryens et ils ont du sang de Viking dans les veines, ils en sont fiers. Le Russe sait que, sous de nombreux aspects, il n'a pas encore atteint le niveau culturel de l'Europe occidentale qu'il s'efforce d'atteindre depuis des siècles non sans succès parfois. Il serait grandement offensé si on le considérait comme un être humain de seconde catégorie ou comme un "peuple colonial". La propagande des partisans insiste sur le fait que les Allemands veulent réduire les Russes en esclavage et les "coloniser". Ne méprisez pas les Russes en tant que peuple ou individu parce qu'étant donné le climat dans lequel ils vivent, ils s'habillent mal et de façon uniforme et parce qu'ils sont fréquemment en haillons par suite des exigences du régime soviétique et des conséquences de la guerre.

 

6. Respectez les femmes et les jeunes filles russes comme vous le feriez des femmes et des jeunes filles de chez nous.

 

7. Ne cherchez pas à vous procurer individuellement ce dont vous avez besoin et évitez les réquisitions arbitraires. De tels actes sont interdits. Il donnent aux Russes l'impression qu'ils n'ont plus aucun droit, ce qui ne peut manquer de les aigrir.

 

8. Dans vos conversations avec les Russes, faites toujours une différence entre eux et les Bolcheviques. Les Russes doivent être traités très sévèrement mais avec justice et dignité.

 

9. Faites preuve d'une grande réserve en matière de religion. Il faut donner aux Russes une liberté de culte absolue. Vous n'avez pas le droit d'exercer une pression dans un sens ou dans un autre. Tout empiétement dans le domaine religieux est une cause de désordre et un manque de respect, et ne peut que nuire à notre réputation.

 

10. Traitez les Russes décemment et sans nervosité, vous obtiendrez beaucoup plus ainsi que par des cris et des menaces. Aucun Russe ne supporte les cris et les hurlements. Le Russe comprend souvent peu l'allemand et ce n'est pas en criant et en hurlant que notre langue deviendra plus compréhensible pour lui, au contraire.

 

Source : La guerre sur le front russe - Guérilla et contre-guérilla - (Communist Guerrilla Warfare)

G. Aubrey Dixon et Otto Heilbrunn

25/05/2021

Musique (582)

Slow Meadow

We're Losing the Moon

Phoria

Current

Carte blanche (26)

Laissée à Blumroch pour les chapitres entre astérisques et à Kobus van Cleef pour les autres.

Que les auteurs veuillent bien me pardonner les rares coupures (digressions, apartés, private jokes...) réalisées dans le seul but de rendre l'histoire plus compréhensible.

Pour suivre au mieux les péripéties de ce récit il est vivement conseillé de lire les précédents épisodes : 1, 2 et 3.

 

Signé van Cleefax

 

"vu comme ça, pourquoi pas?" dit Blum

"allez je vais chercher le registreur, on fait la prise et on passe aux autres" kobus ressort pour faouiller dans les fontes de sa bécane, Blum entreprend la gosse "tu vas lire le papier, ça va bien se passer, après on s'en va , c'est juste pour mettre un truc sur internet"

le petit gros revient avec sa caméra, le texte, il plante le bouzin devant la gamine, centre la tête de la fille, lance le truc

"vas y, lis" c'est Blum qui intime à la gosse, elle reste bouche bée

"mais kes kis pass' bon gû? elle lit le truc?"

"non je vois pas, elle lit, point"

"allez vas y petite, lis le truc"

"heu heu heu"

"merdeeeee, elle sait pas lire"

"tu rigoles?"

"non, regarde, elle sait pas lire, j'te jure"

"on va lui souffler"

sitôt dit sitôt fait

la machine tourne

"moi gertud colline de sardine, militante du klimat, déclare sans contrainte que j'ai été abusée sur l'état de la réchauffure de la climatance par mes pères, mères et sponsors la preuve? le soleil va s'éteindre et on va crever de froid, pas de chaud"

"bravo ma poupette, t'es la meilleure, allez on balance ça sur le net"

vous vous demandez comment ils peuvent balancer ça? Blum a des accointances avec le tétragramme lequel peut tout

"bon, celle là c'est fait, on passe aux suivants, celle qui habite en Californie, ça va être un peu juste d'ici la fin du monde"

"sait on jamais?"

"en tout cas on pourrait se mettre à la recherche du boss, le sponsor au patronyme palindrômique"

 

redescendons de quelques degrés (pas en température, quoique, ça va bientôt venir lorsque le soleil jouera les abonnés absents) en latitude

Thomas toujours tapi dans l'ombre du palier, attend

un pas lourd résonne dans la cage d'escalier, ça descend, bram , bram, bramm! et la rampe tremble

c'est une façon d'homoncule, plus large que haut, élargi encore par le tapis roulé qu'il porte sur les épaules, tapis contenant les possessions dérobées chez le proxo et sa sous maque

Thomas espère encore que le présumé meurtrier passera sans le voir, mais c'est trop compter sur la chance, la bouboule l'aperçoit du coin de l'oeil

saisi il laisse choir son fardeau, ramène contre lui le calibre 12 canon scié dont il vient de se servir

d'une voix de rogomme il demande "é kes ki veu l'petit franssi?" braque sa pétoire, et tire

bruit assourdissant dans la cage d'escdrin, fumée, bruit multiplié par la giclée de pruneaux que Thomas a balancé en pressant par mégarde la détente du stetch, y en aura pour toulmonde!

en tout cas, la rafale a basculé le courtaud par dessus la rambarde, il s'étale en bas, les plombs du calibre 12, tirés trop bas, ont simplement emporté la semelle d'une nike air de thomas, dommage il commençait à s'y faire

notre duo, l'un arrimé à l'autre, continue son ascension

arrivé à l'étage maudit, ils constatent le carnage, le yaouled dépêché d'une décharge en pleine poitrine, pour le reste, l'appartement qui était presque intact a été retourné rapidement, ce qui explique le tapis que trimbalait le sosie de Gimli

on saura jamais ce qu'il cherchait

et on s'en fout

viens par là, on va se sustenter et refaire ton pansement

et une bonne giclée d'antibiotique dans la fesse

 

beaucoup plus au sud, les géniteurs colline de sardine n'ont pas pris de décision quand à l'attitude idoine à adopter lorsque des tarés, néanmoins ci devant victimes de la colonisation, et de ce fait éligibles à un dédommagement, en veulent à ta vie

monsieur en tient pour une discussion ferme et constructive, madame en tient pour une fuite éperdue dans les forêts profondes

 

evidemment, ce genre de tergiversation peut pas durer jusqu'à la fin du monde, et un monumental coup de gourdin met un terme à ces interrogations stériles, les corps encore pantelants rejoignent les autres dans l'océan indien, plouf

il vaut mieux, d'ailleurs, que ses parents n'aient pas assisté à son abjuration planétaire, ça leur aurait fait de la peine avant de défunter, alors que là....

entre les barres d'une cité d'une autre ville péri lutécienne, qui commence au hasard par un "S" et se termine par un autre "S", un satyre rôde, on peut même déceler dans ses yeux une étrange noirceur

il revient donc sur le terrain de ses premiers exploits, si on peut dire

certains ne l'ont pas oublié, ceux dont les filles, naïves activistes, lui sont passées entre les mains

et l'un de ces pères a contacté les autres, téléphone ethnique oblige, tout ce petit monde guette la venue du crétin imbibé de testostérone et de viagra, avant que les lumières s'éteignent, il voudrait s'en mettre plein la lampe!

il marche sur l'avenus cefran desmen ou leo meblou, cuip chuip (il y a longtemps que ses méphistos ont rendu l'âme), lorsque des pères outragés, jaillissant du café des zamis lui tombent sur le râble, le chopent, le coxent, baillon boule dans le clapoir, menottes aux poignets, chevilles entravées

le bougre est assis brutalement sur une chaise du défunt bistrot (avec cette fin du monde, plus personne ne vient consommer, alors autant privatiser les arrière-boutiques pour résoudre de vieux conflits jamais tirés au clair)

"alors le priape, on fait moins l'malin, maint'nant?"

"oui li priap' ti rigol' moins?"

priape a piteuse mine, son sexe flétri par la terreur pendouille le long de sa cuisse, la salive coule sur son menton,il se tortille sur sa chaise

"hon hon honnnn!"

"y faut y enlever le truc là" dit un père outragé

"pourquoi faire?" rétorque un autre

"mais pour qu'il s'explique!" réplique un troisième

"aucun intérêt, on le fume, ci tout, ci pas compliqué"

"tout accusé à droit à un procès" reprend sentencieusement le deuxième

"procès mon ku! y a eu un avocat pour défendre l'honneur de nos filles? à moins que le dédommagement versé par son chaouch ne vous satisfasse? moi pas" (on voit que le maniement des temps verbaux n'est pas étranger à notre brave)

après maints conciliabules, l'assemblée des déshonorés s'approche du captif

"on va te la couper, te la fourrer dans la bouche et puis ensuite te griller au pitroul, vil suborneur" en réalité, ils usent de termes plus fleuris, mais avec mon ortograf incertaine, je ne puis me hasarder à les retranscrire ici

on débaillonne donc l'abducté, il ricane

"alors les darons, c'est avant qu'il fallait veiller sur vos pucelles, enfin lorsque je dis pucelles, on s'entend, hein, il était passé du monde, sinon par devant, beaucoup de l'autre coté, c'est courant en vos contrées, m'a-t-on dit"

fureur des pères qui se précipitent sur le suborneur, grêle de coups, coups de couteau aussi, le mec défunte, pas grave ils s'acharnent, on traîne le corps dehors, à grand peine, car il est gros, ventru, une lippe jouisseuse qui ne l'a pas abandonné dans la mort, on boute le feu au cadavre après l'avoir arrosé de benzine, dans le kortier, ça fait bien longtemps que ça n'émeut plus les foules

 

bien plus à l'est, dans une région d'afrance habituellement réservée aux happy fiouz, une poignée de rageux a pris possession d'un pseudo manoir nouveau riche, qui ne jure pas dans le décor général (tuiles rosées, murs chaulés, pistoches en plein air, rocailles avec escaliers en devers, salles de gym dans les pénombres des espaces intérieurs) et de ses proprios, un médiatik à chemise déboutonnée au nombril et sa légitime, renflouée au poitrail)

le mec est enchaîné dans la cour de son mas (qui en castillan signifie plus et, effectivement, il y a plus) et doit faire face à l'ire de ses interlocuteurs

l'ire?
la détestation, plutôt

imaginez une théorie de mâles de taille variable, qui ont inséré des oreillers et autres postiches sous leurs vêtements pour paraître ventrus, un faux nez de clown et des oreilles de Mickey, alignés les uns derrière les autres, en train de scander "peuglou, peuglou, peuglou" fortissimo et chacun à la main, un disque de pâte brisée (comment ont ils fait pour la cuire? la fin du monde c'est aussi la fin du gaz) surmonté chacun d'un étron chaud fumant

ils se préparent à entarter leur victime et quel entartage!

avec des tartes à l'étron, ignoble humiliation!

l'homme, qui n'a rien perdu de sa superbe, clame "en tant que membres de notre communauté de destin, l'afrance, vous devriez avoir honte, entarter est un acte fachysse !"

la première tarte le cueille au vol, étouffant ses vitupérations, pendant qu'un grondement s'élève de la masse assemblée "l'afrance n'est pas une communauté de destin, pomme à l'huile -d'olive-, c'est une communauté comme une autre! peuglou, peuglou, peuglou!"

les douteuses pâtisseries volent et ferment définitivement le bec du verbeux personnage

 

encore plus à l'est, parmi les molles ondulations des alpages chuiches, se dresse le bounquaire des davosiens

charles chouabe s'est levé, terrible et magnifique

terrifique ou manifible, si vous voulez

il tonne, il écume, il exige

hara kiri pour toulmonde, allez hop, zag, et qu'ça saute!

les séïdes , tétanisés par la pétoche, se voient distribuer des instruments tranchants propices à leur supplice (encore une allitération qui fume, j'adore) couteau à beurre, canif victorinox de l'armée chuiche avec boussole cure dent et tire bouchon, coupe papier publicitaire émoussés, les prétoriens les tiennent en respect avec des armes à feu dont l'aspect est redoutable mais dont la crédibilité est de moins en moins attestée

chouabe hurle "à mon commandement, coupez!", les lames ricochent sur les durillons de comptoir, elles se tordent sur l'alpaga des costards

l'un des séïdes énonce, d'abord avec crainte, puis voyant que les prétoriens ne bougent pas "à vous l'honneur, grans penseur"

(et ça rime, de plus en plus, je vais commettre un jour un guide raisonné de la rimaille vronzaise , ça servira aussi pour la psychanalyse lacannienne)

 

Crotte !

Grand penseur

Pas grans penseur

Chouabe,pris de court, bafouille, bégaye tel un scoutairiste hottentot avant qu'il vide les étriers

On lui tend avec obligeance les instruments idoines, il les empoigne avec réticence, tremblements, répugnance, puis les approche de son ventre, creusé par les macérations d'utilité sportive qu'il s'impose
Appuie la lame sous la xiphoide, direction le cœur, pousse un grand coup, à la romaine, en clamant "qualis artifex pereo"

Évidemment, la lame se tord ou ricoche sur le sternum et le fantôme de Nicolas Tesla se rematerialise au fond de la salle dans une ambiance bleutée, il sussure,mezzo vocce "tu resteras vivant jusqu'à la consommation de la fin, je veux que tu puisses voir où t'as mené ta folie" ou alors c'est l'assistance qui se l'imagine ?

Toujours est-il qu'il s'effondre en pleurs "je t'en supplie, entité supérieure, épargne moi le spectacle de mon échec, je serai ton esclave, je suis prêt à te concéder l'âme de ces surnuméraires assemblés ici !"

Le fantôme disparaît, ne laissant qu'une odeur ionique, d'atomes fortement chargés, et une grande confusion parmi les témoins

Certains se lèvent, enfilent leurs vêtements civils ( on est tenus d'assister aux audiences de chouabe en costard gris anthracite frappé des initiales "ISUO" dans le dos, soit internazional start up Organizazion, en rouge claquant) tandis que, reprenant de sa superbe, chouabe hurle à destination de ses chaouchs "liquidez moi tout ça ! Par le fer ou par le feu, à mort,tue,tue, bordel de moi !"

La salle se vide rapidement, les protagonistes se retrouvent dans le hall et conviennent d'un raid vers la cave pour s'octroyer un pot de fendant ( espérons que ce soit un par citoyen, mais c'est pas gagné, chouabe est célèbre pour sa pingrerie)

Un peu plus à l'ouest, le pipozof submergé sous l'ouragan stercoral, a encore la ressource de hurler "botul vous chatiera, bande de non élus,oui,botul me vengera !" avant qu'une tarte bien placée lui ferme le bec à jamais

Exit le bruiteur mediatik

Sa désormais veuve ( on pourrait même dire, enfin, elle va pouvoir toucher la thune) réarrangée du poitrail ( du caraco, du bustier,du fafatch') du museau, de la toison, s'exclame à l'adresse des tortionnaires de son légitime ( incroyable, cette propension à écrire comme un auteur klassik) "lâches ! vous auriez le courage de molester une femme seule, entravée, par surcroît ?"

Les interpellés se consultent du regard,kes kelle dit la chenue, elle nous met au défi d'un coup de verge ?

Trop pas pour moi, les gars, je repars en gelbique, moi pareil, et moi, j'ai encore une bibliothèque à faire flamber

Allez,tchao la bougresse, à se revoir dans le néant !

Et ils rippent, accompagnés de ses cris "attendez, libérez moi, je vous, je vous, même le plus moche"

Mais ils sont trop loin pour l'entendre

*

Le Tétragramme attend la fin de l'humanité avec ce qui, s'Il n'était fondamentalement étranger aux émotions humaines, ressemblerait à une légère impatience. Il avancerait bien encore l'heure du trépas universel de quelques heures, mais Il ne voudrait pas qu'on lui fît (mais qui donc, dieux bons ? l'Autre Tétragramme, peut-être, celui des sphères encore plus supérieures...) le reproche d'avoir triché une fois de plus, puisqu'Il se prépare à l'annoncer au monde en lettres de feu dans le ciel : si le rigolo, c'est Bruno (la plaisanterie ne fera rire que quelques Français), eh bien demain, c'est la fin -- avec quinze jours d'avance sur la date initialement prévue. Psychologue manipulateur, Il compte même présenter cette facétie comme une grâce pour mettre fin aux tourments de l'attente. Les tyrans sont tous les mêmes.

N'oublions pas que le Tétragramme est un grand lecteur, et qu'Il sait reconnaître la qualité : Il attend donc encore quelques livraisons des Chroniques de Kobus van Cleef, dont à la fois il connaît et ignore le texte, en vertu d'un mystère théologique exposé à plusieurs reprises par saint Monteilhet.

Une autre affaire L'occupe : Il a longtemps -- par plaisanterie, par erreur ou par indifférence -- toléré l'existence des Autres dieux, qui accentuaient le caractère pittoresque de la Création. Comme ils n'auront bientôt plus de fidèles, autant les précipiter dans le néant, même si l'univers, lui, persistera. Pour se mettre dans la bonne disposition d'esprit, le Tétragramme, affligé par la disparition de son ange préféré, une disparition qu'on lui avait cachée (prendre note : des têtes et des ailes doivent tomber), se repasse le célèbre réjouissant épisode de *Supernatural* montrant un Satan affaibli avoir raison des dieux païens :

Contrairement au Déchu, le Tétragramme n'a évidemment pas besoin de la magie inférieure : chez lui, penser, c'est faire. Il pense la disparition des dieux, et tous de s'effacer instantanément de notre plan d'existence pour se retrouver sur Htrae, dans le Bizarro World -- but that's another story pour amateurs de petits miquets...

Sur Terre, personne ne s'aperçoit de l'événement qu'en d'autres temps on aurait jugé considérable. Au large de Santorin, un pêcheur dira avoir entendu des pleurs et une voix dire, dans un wagnérien murmure de tonnerre, "Les anciens dieux sont morts", mais ses rares auditeurs attribueront ce récit à une consommation excessive d'ouzo.

Le Tétragramme commence déjà à imaginer les êtres de la prochaine Alliance, dont Il espère qu'ils ne le décevront pas, eux -- Il les fera surgir sur un monde avec deux soleils, ce sera plus esthétique.

Il accorde à Kobus van Cleef, le Chroniqueur de l'Apocalypse, la faveur d'un message personnel transmis par une charmante succube. Quelques compliments, d'auteur à auteur, mais aussi une aimable mise en garde : que son auteur continue sa désopilante chronique du désastre, mais qu'il n'aille pas croire qu'on peut faire au Tétragramme le coup de la vraie Schéhérazade -- la Schéhérazade de Rome. Quand viendra l'heure pour le Soleil de basculer dans une autre dimension afin d'éclairer la planète Ailurophilia, tout sera fini. Inutile d'espérer Lui raconter mille et une ou mille et trois histoires pour le faire changer d'avis. Le Soleil disparaîtra à l'heure prévue, et que nul ne prétende allumer une autre étoile, même en se tuant à la tâche : le Tétragramme a lu Heinlein, lui aussi. Défier des extra-terrestres, c'est une chose ; défier le Tétragramme, c'en est une autre. Quant au défi à la Del Rey, s'il est estimable, il est voué à l'échec.

Arrive donc le jour de l'escamotage final. Tous les peuples de la Terre ont été informés, qui ont vu chacun dans sa langue l'avertissement inscrit dans le ciel.

Panique et résignation sont au programme de l'ultime journée accordée au genre humain.

*

loin, très loin de là, aux Armoriques, là où les souchards ont la tête aussi dure que le granit dont on fait les tombes, une douzaine d'individus ont chopé un nékolojizt

chopé est une litote, quasi une atténuation, pour décrire la façon dont ils se sont emparé de leur victime

agneau de djieu, ce pauvre hère a les deux yeux pochés, la trogne en tartare au point qu'on ne reconnaît plus le sexe, l'âge ou l'ethnie

ils l'ont accroché à une porte de grange dans la plus pure tradition chouanne, puis hissé icelle sur la pale d'une gigantesque éolienne, mise en panne pour l'occasion

hop hop en grimpant par le trappon de maintenance ils ont arrimé l'étrange équipage à la périphérie d'une pale, solidement car lorsque ça tourne, ça bastonne

on ne perçoit que le vagissement du supplicié mais il est vrai qu'à 30 mètres de hauteur et le vent dans la trogne, il peut s'époumoner , il restera inaudible

les types lui crient des insultes depuis la terre, mais il n'écoute pas , trop occupé à offrir son sacrifice à mère nature

ho Gaïa, sans toi rien ne serait rien, j'offre mon âme, mon corps et mon sacrifice ultime pour que les générations à venir....merde y aura pas de générations à venir, je vais crever pour rien, merde .....je vais crever, je vais creveeeer, JE VAIS CREVER!

en bas, un signal, vas y Jobic! et le chouan resté en haut embraye la grande roue, ça glisse sans accrocs (ces escroqueries, bien huilées, sont toudmeme à la pointe de la technologie, avec roulements à billes, silicone pour lubrification, filtrage et tout) un quart de tour, et le sang lui a quitté le cerveau, un demi tour il est inconscient deux tours, à vitesse modérée, son crucifix improvisé, sur lequel ses tortionnaires l'avaient installé, se détache, il fait un immense vol plané et va s'écraser à proximité de son quat-quat hybride que ses ravisseurs avaient utilisé pour l'approcher des lieux du supplice

sprotch!

ha sacré fi d'garc' va, ça y apprendra à installer ses moulins à vent près d'chez nous!

une théorie de petites vieilles en coeff' de dentelles , plus loin , récitent un avé et deux paters pour le repos de l'âme du maudit qui était quand même beau gosse, avec sa mostach' blanche, en dépit de son obsession du vélo et de ses larmes faciles pour des sujets grotesques (marier des hommes, franch'ment) puis toulmonde s'en va pour une bamboche de trois jours

comme lors des mariages d'antan

s'agit de féter dignement la fin du monde

dommage que Kobus, l'homme de la rejetonne du chatiô du coin soit pas là pour y assister, il tient bien sa place à table

et hop toulmonde descend du Golgotha improvisé en dansant la jabadao

 

Nos celtoks se rentrent dans leurs chaumières pour préparer le fest noz de la fin du monde ( mais on n'a pas entendu grincer les essieux de la charette de l'Ankou, peut être qu'il s'est mis au goût du jour et qu'ils sont fabriqués avec des roulements à billes récupérés sur les moulins à vent ekolojiks ?)

On avise le cochon, on le sort de sa soue, on touille bien la patacrep, pour la laisser reposer ensuite, les tonneaux de cidre sont roulés au milieu de la cour, on les mettra en perce ensuite, et pour les légumes,dame, la cambuse est pleine, corvée de pluche pour les désœuvrés

Cependant, certains n'adhèrent pas au projet

Il leur reste des doutes, des insatisfactions

À quoi bon châtier un crétin, malfaisant certes, alors qu'il en reste plusieurs milliasses ?

Ils ont beau tenter la fusion avec le groupe, une petite muzak leur trotte dans la cougourde

Et une cougourde de celtok, c'est solide, tu mets une idée dedans, elle peut plus s'échapper, issues de secours bouclées, toussa

La faute aux facteurs environnementaux, comme on dit avec pudeur, la gnôle ( mais pas que, comme disent les débateurs télévisuels incultes, car lorsque la gnôle était seule factrice environnementale, avec la consanguinité, les gensses n'avaient pas tant de mauvaises idées) et surtout le ouch ouch ouch répétitif des pales d'éoliennes géantes

Hé oui, ça produit des ondes de basse fréquence, de très basse fréquence même, avec émission d'infra sons

Ça désoriente la faune sauvage et domestique ( mais ça on s'en branle, les porcs d'élevage ne sont ils pas destinés à finir sous la lame de l'égorgeur turc, même dans les abattoirs bretons ?)

Et ça rend dingue à plus ou moins long terme les riverains

Des preuves ?

Une seule preuve, éclatante,Jobic se lève, passe dans le cellier, décroche son Mauser transformé en fusil de chasse ( réduction du magasin, tout bien), enfourne une boîte de patronen partizan dans sa musette et le voilà sorti

Il se cogne à Jean Yves, lequel a dû faire le même calcul, car il a, passé à l'épaule par sa courroie, son vieux Manufrance calibre 10( pas exactement le genre de truc pour ce qu'ils envisagent mais faute de grives on mange des merdes)

À peine un mouvement de sourcils, ils se sont compris

C'est donc dans la vieille 4L de Jobic qu'ils rejoignent Jean Joseph à l'autre bout du bourg

Il a dû penser la même chose puisque de son baluchon pointent à la fois la crosse d'une antique pétoire ( un fousile Berthier, pas certain que les cartouches ne fassent pas long feu mais l'intention y est) et des cartes Michelin ( mais qui consulte encore des cartes Michelin de nos jours ? je vais vous surprendre, toulmonde, surtout depuis la mort d'internet)

Voilà nos trois compères partis

 

dans la grande bonlieu, Thomas se sent isolé

son compagnon d'aventure tremble, grelotte et délire, l'appartement est dévasté, les cadavres du mac et de la maquerelle commencent à empester, le sang commence à figer sur celui de la gentille Kahina dont les yeux semblent désormais couverts d'une sorte de cataracte

mauvaise journée

en plus de ça, il perçoit des reptations suspectes dans l'escadrin, des chuchotis, des messes basses ( si on peut dire, dans ce kortier, ha ha ha!)

pas bien rassurant, il faut le dire (contribute from nikole Brik) lorsqu'on a pour tout potage un stetch et un seul chargeur (oui 30 pelos de 9mm dedans en quinconce mais un seul chargeur quand même), une kalach pas approvisionnée un blessé potentiellement grave et qu'on est déchaussé d'un pied (comme Bayard il a le pied déferré mais il n'est pas dans la pâture, loin de là)

ça se précise tout de même, reptations, frôlements, une ombre se glisse dans le taudis, Thomas attend avant de tirer

bien lui en prend, c'est le sosie de Kahina

LE sosie

un Kahin, quasiment, polo de couleur vive, pantalon hyperserré, babouches, boucles courtes et rebelles

Thomas a l'impression de voir un spectre (vous allez dire qu'on use fortement du deus ex machina, c'est vrai, Molière avec la statue du commandeur n'a qu'à rentrer dans le rang), comment te nomme tu mon garçon?

moi c'est Aziz, j'apporte la lumière

et il tend une boîte d'alloufes, modèle familial, feudor que ça s'appelle (j'ai les mêmes pour mes cigares)
tu sais, garçû ( il est inexplicablement rassuré, on se demande pourquoi), y a pad'gaz, et le frigo est vide
ti est trop franssi, toi, ti est trop mignon, y a le grill dehors, avec li charbon de bois, laisse moi une heure, ji ti fais un repas royal

Thomas jette un oeil sur le balcon, effectivement, un grill de fortune est installé là, depuis longtemps, à voir la couche de suie qui recouvre le mur, il trouve aussi une gandhoura accrochée par le capuchon, raide de crasse à tel point qu'elle aurait pu tenir debout seule et de mignonnes babouches roses à petits miroirs incrustés sur le dessus, hop c'est sa taille, ça fait son dimanche

il entend le gosse à coté s'échiner, ahaner, il en conçoit un peu de gêne mais ouat, à chacun sa merde, pas vrai?

un regard pour le cyrard qui comate un peu moins, dis moi ce qui s'passe, spacionaut, vas y dégoise

il résume la situation, l'autre lui recommande de s'assurer du yaouled après le repas (qui tarde à venir, mais des odeurs de frigouse grillée et de viande louche les tiennent en haleine)

24/05/2021

Carte blanche (25)

Laissée à Blumroch

Le camp orwellien du Vrai, du Beau et du Bien a contre lui non seulement la nature qu'il combat, mais aussi le divertissement mathématicoludique appelé "Conway's Life", récemment évoqué dans un musicalmar. La vie est mal faite, et le jeu d'icelle aussi, comme en témoigne cette image montrant l'apparition, terrifiante autant qu'inattendue – mais heureusement fugitive --, d'un symbole maudit en versions sinistrogyre et dextrogyre (le ying et le yang, à n'en pas douter). En vérité, le wokisme désireux d'effacer toutes les manifestations du Mal a du travail pour au moins mille ans -- ça tombe bien, c'est sans doute la durée de l'Eurislamoreich, au moins dans les rêves de ses promoteurs.

animation_galaxies.GIF

etapes_galaxie.jpg

21/05/2021

La solution globale

"Le monothéisme du marché a tout conquis, tout envahi, tout gagné. Pendant que tu regardais du côté des prolos, c’est les financiers qui l’ont faite dans ton dos, la révolution ! Ils ont aboli les frontières sans guerre et sans armée. Ils ont imposé un mode de vie à la planète entière ! Partout les mêmes publicités, les mêmes godemichés, les mêmes supermarchés, les mêmes abrutis ! Ils ont brisé toute résistance, identité, tradition, poésie. Homogénéisé les goûts, formaté les esprits, imposé l’idée que le monde entier avait les mêmes intérêts qu’eux."

Olivier Maulin

Petit Monarque et Catacombes

20/05/2021

Bribes d'Occident (67)

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Chronique du temps de la Covid-19 (63)

En début d'après-midi, j'avise une manifestation devant le rectorat de Bordeaux ; un dispositif policier assez lâche la sépare du bâtiment administratif. En passant j’interroge deux employés en train de faire leur pause cigarette sur le trottoir. Ils m'informent que ce sont des "anti-masque". Pour plaisanter je leur dis qu'effectivement aucun d'entre eux n'en a et que cela aurait dû me mettre sur la voie. En m’éloignant j’attends l'un dire à l'autre :

- J'espère qu'ils vont le chopper. 

Rentré chez moi je cherche sur le net des informations sur cette manifestation. Rien dans les sites d'infos généraux ou locaux ; j'insiste en variant les mots-clés et je finis par trouvé le site Enfance et sourires 33 de l'association organisatrice et c'est tout.