05/04/2006
Gouttes

Lady in shower IV
20:05 | Lien permanent | Commentaires (2)
I want to believe
Quoiqu'en disent les pacifistes, les adeptes du compromis, les temporisateurs, les consensuels, les relativistes, les calmes, les pondérés, les philosophes et autres moralistes de tout bord, il y a dans nos sociétés des groupes inconciliables. On aura beau dire et beau faire, on pourra argumenter et démontrer jusqu'à plus soif preuves indéniables à l'appui, on pourra promettre et menacer, il y aura toujours des individus qui continuerons à croire à des idéologies même (et peut-être surtout) irrationnelles. Pour des raisons parfois difficile à déterminer, ils ne changerons pas d'avis, persuadés de détenir la vérité, préférant rester minoritaires toute leur existence ; certains d'entre eux pouvant aller jusqu'à tuer ou se faire tuer au nom de cette foi. Seule une société et un pouvoir sûrs d'eux peuvent les contenir, qu'ils s'affaiblissent et c'est ouvrir la porte à toutes les vengeances pour les oppressions réelles ou fantasmées subies de la majorité ou de groupes rivaux. Dans ce cas seule la force pourra les endiguer et leur faire reprendre leur place marginale.
19:55 | Lien permanent | Commentaires (2)
Et qu'est-ce que vous avez à dire aux jeunes ?
Vous devriez davantage écrire en pensant aux jeunes, me dit quelqu'un. Mon dieu, où avais-je la tête ? Mais c'est qu'en principe je n'ai rien à dire aux jeunes en particulier. Et donc je ne pratique pas le jeunisme, cette religion des temps actuels.
Oui, c'est une religion. Nous sommes une société sans croyance, où la seule pensée à partager, c'est que rien n'est absolu, que l'Homme n'existe pas... Nous savons désormais, nous autres sociétés, que nous sommes mortelles, hein, alors, cette découverte fait que la nôtre n'a rien à pérenniser. Et donc rien à transmettre. Et vos médias vous disent chaque jour la leçon de la société libérale: y'a qu'le produit qui se vend qu'est bon ! Celui qui échoue n'existe pas ! Façon triviale de faire de la métaphysique: l'idéal est réduit au concret, le mythe à l'immédiat. Faut pas perdre son temps ni ses émotions ! L'Homme n'existe pas: y'a plus qu'des clients. Après nous le déluge !
Le jeune est le prêtre de cette idéologie de la nullité dynamique. Dans la mesure où on n'a rien à transmettre aux chers petits, on les entoure de cajoleries veules. Il faut s'adresser aux jeunes, révérer les jeunes, ne pas les contredire, ne rien leur imposer, ne rien leur opposer, ni leur expliquer, aimer leurs goûts, leur absence de goût, leurs stars, leurs foucades...
Or vous avez peut-être remarqué que, comme par hasard, la grande période du jeunisme coïncide avec l'essor des industries culturelles, audiovisuelles et de loisirs. Dans les trente dernières années, tout ce qui pouvait faire écran entre le jeune et la consommation de masse a été moqué, ridiculisé, ringardisé. Toutes les structures intermédiaires d'éducation, de prise en charge, de filtre aux "besoins" ou aux goûts nouveaux a été ringardisé par les agents médiatiques du show-biz. Évidemment, on va plus vite à balancer un sarcasme qu'à monter un projet éducatif! Éducatif ? A quoi bon, à l'époque moderne -où le jeune est en prise directe avec le monde par la télé et internet, et même en temps réel , tout ça...- à quoi bon des mouvements d'éducations populaire, des associations de jeunesse, toute ce maillage de la société, "l'embrigadement"... Soyons jeunistes ! "Qu'est-ce que vous souhaiteriez apprendre au lycée ?" était l'une des questions d'un questionnaire officiel récemment distribué aux élèves de l'éducation nationale. Voilà le jeune investi prêtre d'un culte dont il ne sait rien: un ignorant, tout étonné d'être là. Vaguement content, un peu inquiet... Le jeunisme met le jeune seul, tout seul, sans intermédiaire, devant les injonctions de la société marchande. Et seul, face au rouleau compresseur des industries culturelles: de toutes façons, la discussion sur la beauté (vous savez bien que la beauté est relative, n'est-ce pas...) est depuis longtemps remplacée par l'évidence sociologique (absolue, elle): Machin a du succès, donc il "correspond à quelque chose", il "a su symboliser son époque". Le goût n'existe plus; mais les engouements, oui.
Bon, si je n'ai rien de spécial à dire aux jeunes, j'ai quelque chose à dire à mes congénères. Je trouve qu'il serait bien que nous exprimions davantage, amis quinquagénaires, nos certitudes, nos choix, notre foi. Il est temps d'oser dire à quoi nous croyons. Il me semble urgent de sortir de nos poches percées nos valeurs, nos idéaux, nos passions.
C'est pour cela qu'avec une certaine solennité, me tournant vers cette immense FNAC qu'est le monde à venir, je proclame ceci: à vous, les jeunes, je vous dis merde.
Jacques Bertin
19:16 | Lien permanent | Commentaires (4)
Coucou ! (2)
Quelques liens pour tout savoir ou presque sur la redevance télévisuelle et les risques encourus à faire une fausse déclaration :
http://www.ddm.gouv.fr/article.php3?id_article=228
http://revuefiduciaire.grouperf.com/article/3054/hb/rfiduchb3054fisref01.html
http://www.senat.fr/rap/l02-068-37/l02-068-3719.html
Un point important à retenir ; comme tous les vampires les agents du Trésor Public ne peuvent franchir le seuil de votre domicile que si vous les y autorisez.
19:04 | Lien permanent | Commentaires (3)
Le tour de France des monuments (choix absolument arbitraire) : France
19:00 | Lien permanent | Commentaires (0)
04/04/2006
Apparition

Don Williams
Caboose in fog
20:21 | Lien permanent | Commentaires (2)
Souffrance (2)
La souffrance a ceci de particulier que les descendants des victimes et que les autres membres du "groupe" (race, ethnie, parti etc.) qui a subit des persécutions bénéficient aussi d'un statut privilégié. Il suffit d'être le petit-fils de ... mort pendant les heures les plus sombres de notre histoire ou être issu du peuple ..., peuple qui a beaucoup souffert comme chacun sait, pour posséder une longueur d'avance sur ses interlocuteurs dans un débat quelconque. On ne considérera plus l'individu qui nous fait face, mais une foule spectrale et grimaçante de douleur qui parle par sa bouche. Malgré tout, si vous n'êtes pas tétanisé par le contexte, que vous ne vous sentez pas culpabilisé le moins du monde et que vous n'adoptez pas le profil bas de circonstance, diverses pressions voire certains moyens coercitifs auront vite fait de vous rappeler le sens du sacré à la sauce "droits-de-l'hommiste". Comme vous n'appartenez pas au groupe des victimes il ne fait aucun doute que vous appartenez à celui des bourreaux ; et avec un passif comme celui-ci vous osez encore argumenter !
18:55 | Lien permanent | Commentaires (4)