03/03/2026
Pépiements (511)
Dans le tram, deux jeunes femmes d'une vingtaine d'années discutent :
« Alors, t'es décidée ?
- Oui, je pars en Lettres pour faire prof.
- Ça gagne pas beaucoup.
- C'est vrai, mais t'as vu toutes les vacances qu'ils ont ?! »
C'est beau l'idéal chez les jeunes.
21:02 | Lien permanent | Commentaires (10)




Commentaires
Un certain idéal de décroissance qui ne fera pas de mal à la société.
N'assume-t-elle pas de gagner moins en travaillant moins ?
Ce n'est plus celui d'une époque où les profs gagnaient de plutôt bons salaires en plus d'avoir des vacances.
Alors évidemment, elle déchantera quand elle comprendra qu'elle ne pourra même plus profi sereinement de ses vacances face aux injonctions contradictoires de sa hiérarchie et son administration, et que ses futurs élèves n'auront même plus la capacité à regarder l'adaptation cinéma d'Harry Potter, alors lire le roman original...
Mais c'est finalement beaucoup plus noble qu'influenceur.
Ou d'avoir les capacités à suivre des études d'ingénieurs mais préférer se lancer dans la finance.
Écrit par : An | 03/03/2026
@Pharamond : Le phénomène est ancien : au début des années 90, j'ai eu l'occasion d'entendre dans un train un petit groupe de profs (quatre ou cinq) venant d'avoir qui le C.A.P.E.S., qui l'agrégation. Ils étaient heureux de savoir déjà quand et à quelles conditions ils prendraient leur retraite, quand ils n'avaient même pas exercé ! Mieux ou pire encore, deux d'entre eux se demandaient comment revendre leurs livres désormais inutiles. De vraies vocations, sans doute à la mesure du troupeau qu'ils allaient enseigner.
L'argument des longues vacances est très drôle, à considérer la rage ordinaire des profs à prétendre les employer à préparer leurs cours.
Écrit par : br | 03/03/2026
Ça a toujours été le cas. C'est le combo moralisme, absence de conscience professionnelle, vacances qui leur plaît.
J'oubliais que les perroquets se prennent pour des intellectuels.
Écrit par : Sven | 04/03/2026
Un professeur naît, il est en vacances et il meurt.
Écrit par : mormor | 04/03/2026
An > Je n'avais pas vu cela sous l'angle de la décroissance, en effet les propos de la demoiselle sont louables. Et c'est effectivement plus noble qu'influenceur ou travailler dans la finance.
br > Je n'ai saisi qu'une portion de la conversation et bien que je comprenne tout à fait que l'on s'inquiète des revenus et des conditions de travail - dont les vacances - de son futur métier, il m'a semblé qu'il se résumait à cela pour ces personnes. Mais peut-être ont-elles développé après mon départ.
Sven > Mais peut-être fera-t-elle un bon professeur si elle arrive au terme de ses études.
mormor > Espérons qu'aucun enseignant ne vous lit ;-)
Écrit par : Pharamond | 04/03/2026
n'importe comment, il n'y a pas d'autre débouché que prof lorsqu'on se lance dans des études de lettres
on ne peut être ni journaliste (il y a des écoles pour ça, ou des centres de formation comme on dit maintenant), ni rédacteur dans la publicité, ni conseiller culturel auprès d'un ministre (ils ont des courtisans pour ça, ou des obligés)
Écrit par : kobus van cleef | 04/03/2026
Variante à partir de la jolie formule de mormor : "Prédestiné, le professeur vient au monde ; comble quelques lacunes dans son ignorance abyssale -- à moins qu'il ne cultive icelle, c'est mieux pour la carrière en désarmant la jalousie -- ; entre enfin dans le néant qu'il connaissait déjà."
L'excellent Kobus van Cleef oublie, ce me semble, un cas, sans doute rare -- et heureusement ! -- : les études entreprises gratuitement, par intérêt ou par plaisir, sans souci de rentabilisation ultérieure, même sans être un millionnaire.
Écrit par : br | 04/03/2026
On s'éloigne des profs (bien griffés par Monteilhet dans *Les pavés du diable*) pour en venir à l'universel, comme dans ce vieux conte aux habits orientaux jadis rappelé ici :
http://guerrecivileetyaourtallege3.hautetfort.com/archive/2022/11/15/musique-633-6411970.html#c9027843
"L'homme naît, ne vit pas ou à peine, et finit par ne plus exister."
Écrit par : br | 05/03/2026
kobus van cleef > La bride de dialogue que j'ai saisie me laissait penser qu'elle avait le choix et qu'elle hésitait sur la filière. D'autre part il y quelques débouchés :
https://fr.indeed.com/conseils-carrieres/trouver-un-emploi/fac-lettres-debouches
br > C'est parce que tout est vain et dérisoire que les petites choses sont si importantes. Ce sont des moments accumulés qui font une vie, et ce n'est pas rien. Je ne suis pas trop amateur des formules aussi réductrices et nihilistes.
Écrit par : Pharamond | 05/03/2026
@Pharamond : Parce que tu appartiens à la minorité -- j'allais dire : à l'élite -- qui n'est pas concernée ; à preuve, pour commencer, DRALN. ;-)
Je tiens que c'est parfaitement adapté à la vie du bétail.
Et c'est d'ailleurs sans importance aucune.
Écrit par : br | 05/03/2026
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