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19/07/2020

Carte blanche (20)

Laissée à Sven à propos de Premiers écrits de Friedrich Nietzsche :

 

L’enfant, pour Nietzsche, est "innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation", ainsi qu'il l'affirme dans Les trois métamorphoses au début d'Ainsi parlait Zarathoustra. C'est sûrement ce qui résume le mieux l'état d'esprit de Nietzsche au cours de son adolescence à la lecture de ses premiers écrits. Ceux-ci comprennent des textes écrits entre 1858 et 1864 quand Nietzsche avait entre 14 et 20 ans. Le recueil les regroupant, sous-titré le monde te prend tel que tu te donnes, s'ouvre sur des récits autobiographiques écrit par le jeune Nietzsche. Cela peut surprendre si l'on ne sait que sa vie a été profondément marquée par la mort de son père, pasteur en Prusse, en 1849, puis de son frère la même année, alors que Nietzsche n'avait que cinq ans. A la suite de cette double tragédie, sa mère, sa grand-mère, une tante, sa sœur et lui quitte la campagne pour la ville. Nietzsche y noue deux amitiés durables, se passionne pour la musique et le chant, en particulier la musique religieuse. Il écrit à ce sujet: "Le chant élève notre être et nous conduit au bien et au vrai". Il écrit aussi ses premiers poèmes. S'ensuivent des vacances heureuses. Puis vient le départ pour le lycée. Nietzsche continue d'écrire, compose de la musique, découvre Schiller et Hölderlin qui devient un de ses poètes préférés. Ses centres d'intérêt se multiplient. Il note: "Immense est le champ du savoir, infinie la recherche de la vérité !".

Au cours de l'été, il voyage en Allemagne, compose des poèmes, une tragédie en un acte sur le mythe de Prométhée, devine la présence de l'éternel retour :

"Il faut que les vivants meurent,

Que la rose disparaisse

Si tu veux qu'elle renaisse

quelque jour en sa splendeur".

L'ouvrage se termine par le cycle d'Ermanaric. Le jeune Nietzsche compose une symphonie, un poème et drame sur ce personnage de la mythologie germanique, rattaché par erreur au cycle de Siegfried en raison d'une Gudrun dans les deux légendes et à Dietrich de Berne, dont Jünger rappelle, dans la version de 1938 du Cœur aventureux, que la force de la Terre a été divisée en deux et que Dietrich de Berne en reçut une moitié. Pour composer ces différents travaux sur la fin d'Ermanaric sur fond d'amour pour la belle Swannhilde, de trahison et de vengeance, Friedrich Nietzsche a réalisé un remarquable travail de recherche historique et de philologie en analysant l'histoire du roi des Ostrogoths qui a vécu à la période charnière de la conversion au christianisme et de la transmission de ce mythe au sein de l'espace germano-nordique.

Un recueil fabuleux sur l'éclosion d'un maître.

Commentaires

J'avais lu ce bouquin, voici des années, et j'en avais conçu une immense tristesse, à penser que la société permettant de tels prodiges avait disparu et ne reviendrait pas.
Merci, Kamerad. ;-)

Écrit par : Blumroch | 19/07/2020

Merci à toi de m'avoir découvrir ces textes!
C'est un très beau cadeau.

Écrit par : Sven | 20/07/2020

J'y pense... Y'avait pas une carte blanche *Sven[ner] et les Sudistes sous le blanc soleil des causes perdues* en préparation ? ;-)

Écrit par : Blumroch | 20/07/2020

@ Blumroch

Il n'y en a quelques autres en préparation :-)

Écrit par : Sven | 21/07/2020

Les commentaires sont fermés.