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26/02/2020

Commission

Dans les années 1950, lors de la chasse aux communistes animée par le sénateur Joseph McCarthy, Robert Mitchum est convoqué devant la commission d'enquête, ayant des amis communistes. Cependant, au contraire de nombreuses vedettes d'Hollywood qui donnèrent des noms de communistes avérés ou supposés, ou qui fuirent les États-Unis comme Charlie Chaplin, Mitchum se contenta de dévisager les membres de la commission, puis leur dit, avant de sortir de la salle :

« J'ai très peu de principes dans la vie, mais il y en a un auquel je tiens et c'est de ne jamais parler longtemps à des gens avec qui je n'aurais pas envie de prendre un verre. Et derrière votre comptoir d'épicerie, je ne vois personne avec qui j'ai envie de prendre un verre. Alors, messieurs, vous m'avez vu, vous m'avez entendu, vous savez où j'habite, au revoir. »

Source : Wikipédia

Ce qui tendrait à prouver le caractère bien trempé de l'acteur en question et à relativiser le pouvoir de la "terrible" commission dont certains n'hésitent pas à comparer l'action aux procès en sorcellerie, voire de Moscou.

Addendum : Suite à des recherches de Blumroch il semblerait que l'anecdote ait été inventée par Yves Boisset...

Commentaires

Belle anecdote, beau discours bien trempé, digne de l'acteur ayant assuré, par amitié, quelques épisodes de la série *Equalizer*.
Mankiewicz lui aussi a été très bien pendant cette période, comme le démontrent quelques pages dans l'excellente biographie de *Mankiewicz* par Pascal Mérigeau (je ne sais ce qu'il en est pour celle de Patrick Brion, proposée à des prix excessifs).

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

Quand on voit les discours consensuels et frileux des acteurs des acteurs actuels...

Écrit par : Pharamond | 26/02/2020

Damn. L'anecdote était *vraiment* trop belle pour être vraie. Alors que la fiche de police française donne comme seule source un entretien accordé à Télérama[1] par un certain Yves Boisset -- qui a bien mérité du Système avec son (autocensuré) *Dupont Lajoie* --, la fiche de police ricaine ne mentionne ni McCarthy ni le célèbre HUAC.
Mieux encore, Gougueule Bouks permet de consulter une biographie qui serait au nombre des meilleures, *Robert Mitchum : Baby, I don't care*, par un certain Lee Server. Les relations entre McCarthy et Hollywood sont évoquées au chapitre cinq, qui ne comporte aucune trace d'une convocation, encore moins d'une fière déclaration en forme de défi :
//
"In later years, when asked about the blacklist in Hollywood, Robert Mitchum would speak only a few cryptic, hipper-than-thou words to the effect that he had seen it all coming, and what did you expect ? He would recall with contempt how it had been “chic” for people in the movie business making huge salaries to call themselves Communists, how it had amused him to see someone like Eddie Dmytryk sitting on the set reading the Daily Worker, reveling in a fashionable concern for the common man. But Dmytryk had found Mitchum to be sympatico in those days, before it was dangerous, and the actor had been friends with leftists and soon-to-be blacklist victims such as Trumbo, director Joseph Losey, and writer Howard Koch. Mitchum, Losey, and Koch had even planned to collaborate on a theater project in 1947, a political play called The Glass House. “He was an interesting man. Smart. Spoke very knowledgeably of the political climate at that time,” said Koch, the screenwriter of Casablanca and Sergeant York. “I think people tend to see him as another John Wayne figure; maybe he turned into that, I don’t know, but I found that to be very far from the truth at that time. I liked him. I’m sorry we didn’t get to work together.”
It is surprising that Mitchum—a man with such associates and known to make mention of his days as a longshoreman (one of the more politically suspect forms of labor at the time) and of his authorship of a play, Fellow Traveler, not unsympathetic to Communist strike leader Harry Bridges -- did not himself become a target for any of the self-apppointed investigators and Red-chasers, who cast their nets wide and recognized no statute of limitations on radicalism. “The play... remains unknown,” he told writer Jerry Roberts. “The HUAC never had any interest in me.” And that was that.
//
"The HUAC never had any interest in me." Je n'irai pas mener l'enquête plus loin. Une chance pour moi de n'avoir pas été historien, j'aurais peut-être été de l'école révi^Holutionnaire. ;-)
Nous sommes comme ça, chez les méchants : nous aimons trop les paroles honorables et les belles attitudes, qui n'existent, à de rares exceptions, que dans les romans et les films.

[0] https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Mitchum
[1] https://www.telerama.fr/cinema/un-cineaste-au-fond-des-yeux-questionnaire-illustre-99-yves-boisset,78802.php
[2] https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Mitchum

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

P.S. : Intéressant article sur le sujet :
https://filmstarfacts.com/2016/11/08/heroes-villains-huac-blacklistings-1947-58/
dont je retiens cette information amusante :
"In 1947 the HUAC called 24 ‘friendly’ witnesses and 11 ‘unfriendly’ ones. Another 8 ‘unfriendly’ witnesses were scheduled but never called to testify. Ten of the unfriendly witnesses would become The Hollywood Ten. The eleventh, Bertolt Brecht, denied he had ever been a Communist and fled the country following his appearance."
Coco et couard. Cocouard.

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

P.P.S. : Joli mot de Chamfort qui fait de moi à la fois un honnête homme et un malhonnête :
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"J’appelle un honnête homme celui à qui le récit d’une bonne action rafraîchit le sang, et un malhonnête celui qui cherche chicane à une bonne action." C’est un mot de M. de Mairan.
//
Le pire, c'est que je ne cherchais pas chicane à une belle anecdote ; je voulais simplement trouver la version originale ! ;-)

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

P.P.P.S. : C'est quand même déprimant : même quand on ne cherche pas la vérité, on la trouve -- ou quelque chose d'approchant. ;-)
editfix : "à de rares exceptions près", *supra*.

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

Qu'Yves Boisset, en bon gauchiste pour qui la vérité doit être subordonnée à la cause, ait menti ne m'étonnerait pas, surtout si c'est pour porter le discrédit sur la commission MacCarthy. J'ai beau me méfier des fake news si prisées par la réocosphère j'ai un peu trop fait confiance à Wikipédia, ça m'apprendra...

Ce qui confirme l'être méprisable qu'était Bertolt Brecht, titulaire (rions un peu) du prix Staline international pour la paix.

Écrit par : Pharamond | 26/02/2020

J'ai ajouté un addendum au billet ;-)

Écrit par : Pharamond | 26/02/2020

@Pharamond : Je ne prétends pas avoir découvert la vérité sur l'anecdote dont l'indice de fiabilité semble être de 1 sur 5. ;-)
Nous aimons trop les belles histoires.

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

D'où le conditionnel de mon addendum ;-)

Écrit par : Pharamond | 26/02/2020

@Pharamond : On se consolera avec le célèbre "se non è vero, è ben trovato" et on imprimera la légende, pour citer je ne sais plus quel western. ;-)

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

"L'homme qui tua Liberty Valence", l'un de mes westerns préférés.

Écrit par : Pharamond | 26/02/2020

@Pharamond : Révélation pour une future rubrique "Films [re]vus". ;-)

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

Étrange film qui montre que Ford était plus subtil que le réalisateur de films d'action manichéen que beaucoup voit en lui, à mi-chemin entre le western classique dont l'âge d'or s'achevait et le western crépusculaire qui arrivera après. Film charnière dans sa mise en scène et son propos avec l'arrivée de la "civilisation" dans le Grand ouest, film plus mature que ceux la grande époque, mais qui annonçait l'agonie du genre malgré quelques belles réussites ultérieures ; parallèle étonnant entre l'histoire racontée et celle du "film de cow-boys" à Hollywood.

Écrit par : Pharamond | 26/02/2020

@Pharamond : Sous quel masque écris-tu pour DVDclassik ? ;-)

Écrit par : Blumroch | 26/02/2020

Merci pour cette aimable boutade.

Écrit par : Pharamond | 26/02/2020

@Pharamond : La preuve :
http://www.dvdclassik.com/critique/l-homme-qui-tua-liberty-valance-ford
Pas vu le film, dont je ne connaissais indirectement que la réplique sur le [plus ou moins] beau mensonge préféré à la vérité, mais il semble aussi crépusculaire que *Le dernier des géants* :
http://www.dvdclassik.com/critique/le-dernier-des-geants-siegel
Toutes les bonnes histoires sont sinistres, à l'image de la réalité.

Écrit par : Blumroch | 27/02/2020

Il est vrai que nos avis sont proches même si la critique de ce Xavier Jamet est indubitablement plus complète et mieux écrite que mon commentaire.

La formule de Ford que l'on considère généralement comme une merveilleuse trouvaille toute à la gloire des belles histoires peu aussi être vue comme un éloge du mensonge.

Pas toutes, seulement à 98 ou 99%.

Écrit par : Pharamond | 01/03/2020

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