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11/10/2018

Histoire... (148)

Actuel Moyen Âge interviewe Faustine Harang à l’occasion de la sortie de son livre La torture au Moyen Âge. Nous sommes assez loin de l'image véhiculée par la culture populaire avec ses moines et ses magistrats cruels et obtus passant à la question de pauvres hères au moindre soupçon.

Commentaires

Jacques Heers déplorait l'effarant décalage entre ce que savent les vrais historiens, ce que croient savoir les professeurs d'histoire et autres journalistes, et ce que croient les masses sur la foi des précédents. Même situation pour les sciences, au reste.

Écrit par : Blumroch | 11/10/2018

Le problème est bien les profs d'histoire, certains du moins.
Pour ce qui est des journaliste, le public a fait son deuil de leur inculture, leurs pseudo-vérités ne sont qu'un divertissement sans conséquences.

Écrit par : Kardaillac | 12/10/2018

A mon sens, la référence sur le Moyen-Age: Georges Duby. Notamment, "Guerriers et paysans, VIIIe-XIIe siècles: Premier essor de l'économie européenne."
Les débuts de notre société économique.
Sans langue de bois.

Pour ce qui est de la justice, à partir du XIIIe siècle, quelques écrits (de plus en plus rares, allez savoir pourquoi) sur la Sainte Vehme peuvent être trouvés chez les bons bouquinistes.

Quant à l'inquisition, il faut savoir que "Le nom de la Rose" de U. Eco n'est, vraiment, qu'un roman de gare.

Écrit par : Tintin | 12/10/2018

Au risque de me répéter, *Les derniers feux* n'est pas un *grand* roman de Monteilhet, mais le petit dossier qu'il consacre à l'Inquisition et à ses méthodes, en appendice, est un modèle de clarté et d'intelligence. Ces quelques pages ont une vertu appréciable : elles font taire les imbéciles qui consentent à les lire quand on leur dit *Tolle, lege* et nous en reparlerons *après*. ;-)

Écrit par : Blumroch | 12/10/2018

@Tintin
"Quant à l'inquisition, il faut savoir que "Le nom de la Rose" de U. Eco n'est, vraiment, qu'un roman de gare."
Le roman ne prend à aucun moment partie pour l'inquisition ou les hérésies, il se borne à décrire chacun des extrêmes tout en faisant vivre ses personnages, ce qui en fait un chef d'œuvre, au moins dans sa catégorie du roman noir.

Écrit par : An | 12/10/2018

@An
C'est votre interprétation et je ne chercherai pas à débattre sur ce sujet.
Il semblerait que Guillaume Musso et Marc Levy aient, eux aussi, aient fait des chefs-d’œuvre.
Mais, je n'ai lu, à mon grand regret *:-=)* aucun des deux.

Non croyant jusqu'au bout des ongles, je considère, néanmoins, que Eco ne cherche qu'à dénigrer, voire à salir la religion catholique.
Il se garde bien de toucher à toute autre religion et à tout autre intégrisme.
Son "chef d’œuvre" est de la même veine que le Da Vinci Code de Dan Brown.

Écrit par : Tintin | 12/10/2018

Blumroch > Exactement, les inexactitudes surtout si elles sont croustillantes ou malsaines sont difficiles à invalider, sans compter la négligence plus ou moins volontaire des médias et du corps enseignant.

Il faudrait que j'essaie de nouveau Monteilhet, mais "Néropolis" m'avait un peu refroidit, trop long et trop lourd mon avis.

Kardaillac > Le problème des professeurs est qu'ils doivent ce couler dans le moule pour avoir leur diplôme et suivre le sacro-saint programme une fois qu'ils sont dans un établissement scolaire ; bien peu se lance dans des recherches et si c'est le cas sur des sujets risqués.

Écrit par : Pharamond | 12/10/2018

Bonsoir,

Je poste ici car les commentaires sont fermés sur la page.

Re Pandemonium

1022 fait doublon avec le 1021 : 1022 à supprimer

1061 n'existe plus : 1061 à supprimer

Salut,
C.

Écrit par : Catoneo | 12/10/2018

Catoneo > Merci d'avoir pris la peine de me laisser ce commentaire, mais vous n'avez pas lu le préambule à ma liste mal-pensante, semble-t-il.

Écrit par : Pharamond | 12/10/2018

@Pharamond : Voici, de Monteilhet, les courts romans que je préfère :

-- dans la veine fantastique, *Les queues de Kallinaos*, *L'empreinte du ciel* ;
-- dans la veine policière, *Les pavés du diable*, *De quelques crimes parfaits*, *Mourir à Francfort*, *La perte de vue -- roman des temps de la Kollaboration*, *La part des anges*, *Le retour des cendres* ;
-- dans la veine historique : *Sophie ou les galanteries exemplaires*, *Les bouffons*.

D'autres titres méritent la lecture, évidemment, mais *vita brevis*. *Neropolis*, aussi long qu'un roman d'Ayn Rand, est quand même un régal pour les latinistes. ;-)

Les textes récents ne sont plus vraiment dignes d'une plume étincelante qui aura fait de Monteilhet l'un des meilleurs romanciers français de son temps -- clandestinement.

Écrit par : Blumroch | 12/10/2018

P.S. : J'ai oublié le *Ce que je crois, et pourquoi* de Monteilhet, intelligent et intéressant même sans partager la métaphysique de l'auteur. Le "et pourquoi" du titre n'est pas là pour faire joli -- aucun adorateur de Crom et de Cthulhu ne saurait toutefois adhérer à ces histoires venues du désert. ;-)
P.P.S. : Jean-Marc Mandosio, qui n'est pas vraiment un imbécile, qui n'est pas vraiment inculte, éprouve un mépris de fer pour Eco l'esbrouffeur, pour Eco le faux érudit. *Le nom de la rose*, avec ses références faciles pour khâgneux moyen (Voltaire, Doyle, Aristote...), se lit mais n'est qu'un roman mineur, comme les autres du même. Ses chroniques sont terriblement inférieures à celles rédigées par d'autres Italiens bien plus brillants, bien plus cultivés, bien plus intelligents -- et *vrais* écrivains, eux.

Écrit par : Blumroch | 12/10/2018

@Tintin & Blumroch
Ce roman, comme tous les Eco, sont d'abord des exercices de style, ce qui peut les rendre assez indigestes. Mais en tant que tel, "Le Nom de la Rose" et "Le Pendule de Foucault" sont des chefs d'œuvre. Dans ses romans suivants, son modèle de composition se fait trop mécanique mais son amour de l'Histoire occidentale transparaît toujours dans "L'île du Jour d'avant" et "Baudolino". "La Mystérieuse Flamme de la Reine Loana" parle de son auteur, qui n'est effectivement pas passionnant (ça reste un prof d'université), "Le Cimetière de Prague" est un raté intéressant dans le sens où il parle peut-être de l'inconscient du vieil auteur qui a bien compris que son monde d'intellectuels s'est fourvoyé dans les grandes largeurs. "Numéro Zéro" une ébauche d'un roman publié parce que son auteur est puissant, bien que mourant.
Eco le romancier est effectivement roublard et cherche à être populaire, ce qui peut énerver, mais qu'il y ait plus érudit n'empêche pas qu'il en soit incontestablement un. Et on ne choisit pas d'être médiéviste si on n'aime pas un minimum le Moyen-Âge. Le Piémont, Alessandria, l'Italie sont aussi omniprésents dans ses romans. On a vu plus détaché de sa terre chez les intellectuels soixante-huitards de gauche.
Mais voir un dénigrement du catholicisme dans le "Nom de la Rose" est lui faire un faux procès. Tout au plus, il y a critique des institutions. Encore faut-il ne pas confondre avec le film, bien plus caricatural, qui lui n'est pas loin d'être un chef d'œuvre. S'il n'y arrive pas, ce n'est pas à cause de la caricature (au contraire, c'est une de ses grandes forces) mais d'une narration un peu lâche.
Il y a aussi une présentation systématiquement positive de la culture arabe qui se complaît effectivement dans la tolérance pro-active typique des années 80. Mais il en reste une tentative de panorama objectif du XIVe. Et Guillaume de Baskerville est un personnage beaucoup trop sympathique pour qu'il puisse être créé avec l'idée de dénigrer les temps qu'il symbolise.
Son problème aussi est d'être un best-seller et ça, c'est forcément suspect aux yeux de beaucoup. Comparer "Le Nom de la Rose" avec le "Da Vinci Code", ça fait plutôt penser qu'il n'a pas été lu en entier et qu'un ressentiment est tout ce qui en a été tiré.
Eco le sémiologue est très intéressant. Le commentateur contemporain moins, et encore se concentré-t-il beaucoup sur l'Italie qu'il faut connaître. Mais son antiberlusconisme, s'il le range dans le camp du bien, n'en est pas moins sincère et respectable.

Écrit par : An | 13/10/2018

V... me disait un jour : "Les prêches sont d'autant plus longs qu'ils sont moins assurés.". Je vais essayer de faire court, le sujet n'étant ni essentiel ni intéressant. ;-)
Eco est un intellectuel pour khâgnes touristiques, une manière de Barthes à l'italienne -- c'est assez dire qu'il n'est pas grand-chose. Sa *chance* est de n'avoir pas rencontré son René Pommier. Incidemment, même si je n'avais rien lu de l'animal, l'avis *éclairé* de Mandosio me suffirait.
Se trouve quand même que j'en juge pour l'avoir lu, moi aussi, cet intellectuel habile carriériste de troisième ordre idole du "Nouvel Obs", jusque dans ses délires subversifs, forcément subversifs, consacrés à James Bond. Quand, pour des raisons de place, j'ai été obligé de *jeter* des livres que je n'aurais pas osé donner, ses oeuvres étaient en *bonne* compagnie avec celles de Genette, Deleuze, Guattari, Serres, Derrida et autres Kristeva -- c'est qu'on a fait des études, l'air de rien... ;-)
En tout cas, je note : "la tentative de panorama *objectif*", c'est donc "la présentation systématiquement positive" de l'extinction des lumières.
Allons tous relire Jünger, c'est à une autre *altitude*. ;-)

Écrit par : Blumroch | 13/10/2018

"Allons tous relire Jünger,'"

Ouais, bon...
Je viens justement de relire 400 pages de Jünger et c'est une distraction agréable sans plus.
Pour un mécréant endurci comme moi, les grandes envolées "spirituelles" sont tout aussi toxiques voire plus quand elles viennent d'un intellect supérieur.
Et puis, s'être converti au catholicisme peu avant sa mort...
La viellesse est un naufrage dixit CDG.

Écrit par : realist | 13/10/2018

@Blumroch
Qui a jamais dit qu'Eco valait Jünger ? À commencer par Eco.
Ses romans font preuve d'un style propre, dans les deux sens du terme.
En terme de roman policier, "Le Nom de la Rose" en est un excellent. Et ce n'est certainement pas un livre de théologie et il sait se garder de tout anticatholicisme.
Sur ce dernier point, il suffit de lire le roman pour s'en assurer.
Qu'Eco soit un malicieux qui ait pris goût au luxe du roman populaire (bon client d'émissions littéraires, ce qui est aussi un talent quand ça n'entre pas dans les polémiques du monde de l'édition, à ma connaissance) dont les 3/4 ne sont jamais fini (ou relu) par ceux qui les achètent est une autre question.
Qu'il ait été porté au pinacle de l'intelligentsia à sa mort n'est pas de son fait.
Ce que j'apprécie chez Eco, c'est surtout son humour, je ne lis pas en attendant qu'on m'enseigne l'Histoire ou comment la voir.
Il faut dire que je vois aussi dans "Le Nom de la Rose" une volonté d'écrire un roman se passant au Moyen-Âge dans l'urgence de la conviction que cette époque, travestie pendant des siècles, arrivait au moment où elle allait disparaître de l'imaginaire collectif. Et en amoureux de l'Europe naïf dans sa jeunesse qui, à l'âge mûr compris le funeste destin de l'Europe mais, peut-être lâche, Eco n'arriva à rien d'autres que de l'évoquer avec une joyeuse mélancolie.
Il sait aussi quand même le poids de l'expression "invasions barbares" quand il évoquait l'immigration (et ce avant, si je ne m'abuse la folie de Merkel) et ne minimisait jamais le choc des civilisations et la faiblesse de l' Europe. Sans proposer de solution, certes (et à ma connaissance).
Pour en finir, j'ajoute que ce romancier ludique (pour lui, le prof, et le lecteur) a réussi un autre best-seller autour du thème du complot 15 ans avant que ça ne devienne un sujet inévitable. Alors on peut toujours trouvé des auteurs qui ont développé sur le sujet avec des convictions affichées et plus lucides à notre regard actuel, mais c'est de mon point de vue quelqu'un qui sentait un minimum le zeitgeist.

Écrit par : An | 13/10/2018

Blumroch > Je n'ai rien lu d'Umberto Eco, l'adaptation cinématographique du tâcheron JJ Annaud ainsi sa notoriété à gauche m'ont dissuadé de la faire.

Pour Monteilhet, j'ai sans doute eu une mauvaise expérience avec le seul livre que j'ai lu de lui. J'ai eu du mal à finir "Néropolis" qui ne m'a pas captivé et dont la multitude de détails historiques cassent le rythme. Trop d’ingrédients gâte la sauce.

Écrit par : Pharamond | 13/10/2018

@Pharamond : Vous pouvez, à mon sens, continuer à ignorer Eco. *Vita brevis* et *tempus fugit*. Vous pouvez évidemment suivre l'avis des thuriféraires... ;-)
Monteilhet, lui, mérite une autre chance, comme vous en conviendrez probablement après avoir lu cette page :

http://dernieregerbe.hautetfort.com/archive/2016/07/10/hubert-monteilhet-les-meilleurs-aphorismes-d-un-romancier-mo-5837684.html

@realist : Auriez été, ce *me* semble, un peu plus avisé de chercher à savoir *d'abord* à quelles oeuvres je pensais (d'autant que j'entendais *simplement* en terminer avec l'*insignifiant* Eco, et que le petit numéro sur les "faiblesses" de Jünger, je peux le rédiger au moins aussi bien que vous). En deux titres : *Eumeswil*, *Heliopolis*. Sans oublier *La guerre notre mère* et quelques autres. Incidemment, je ne sache *personne* sans la moindre défaillance intellectuelle ou personnelle. *Personne*. Amusant que *je* le doive rappeler. ;-) Vive Jünger *quand même* !
@An : *Bis repetita _non_ semper placent*, mais là... "Sa *chance* est de n'avoir pas rencontré son René Pommier.". Je ne cherche pas à convaincre, vous ne me convaincrez pas. "Assez sur ce sujet" (*Au bord de l'eau*, *passim*). ;-)

Écrit par : Blumroch | 13/10/2018

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