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10/10/2018

Votez Fillon !

Plus je prends de l'âge plus j’abhorre la droite dite "parlementaire" et ses électeurs. Longtemps je les avais pris pour des alliés un peu timorés et quelques expériences de ma courte période militante au FN m'avaient fait croire à de la sympathie de leur part. J'avais imaginé naïvement que quelque fusent nos divergences nous partagions des principes, de grands principes communs. En fait, il s'agissait très généralement que de prudence parce que ce qui caractérise les partisans de cette droite c'est leur égoïsme et leur lâcheté morale. Les "droitards" veulent surtout que rien ne chance pour eux, prêts à toutes les compromissions avec n'importe qui pourvu qu'ils gardent leur pouvoir d'achat, courant pour cela au secours de la victoire dès que possible. Combien de notables se sont reniés en acceptant les fantaisies grotesques de la gauche afin de garder leur poste ou pour faire "moderne" parce que les temps changent ? La nation française ne leur est simplement apparue longtemps que comme la garante la plus adéquate à leur préservation ; donnez-leur ce qu'ils croient être meilleur pour eux et ils passeront à autre chose. Entre la vieille France pour laquelle ils ont tout de même quelque nostalgie et les mânes du progrès ils ne tergiversent pas, ils vont là où est l'argent. Car en fait ils n'aiment que cela, pas très différents de l'image caricaturale des bourgeois de jadis ; l'argent et la sécurité, non pas celle de chacun, mais la leur et celle de leur caste. "Le monde peut bien s'effondrer ma retraite est assurée et mon fils est ingénieur, il trouvera toujours du travail" pourrait résumer implicitement leur idéal de vie, le même que celui des bobos les fioritures de mièvrerie altruiste déculpabilisantes en moins. À force d'arrangements intéressés et de reniements plus où moins honteux de ceux en qui beaucoup ont crus ou voulus croire parce que "les extrêmes on sait où ça mène" nous en sommes arrivés où nous en sommes et il est bien trop tard aujourd'hui.

Commentaires

@Pharamond : La France d'avant connaissait ce beau principe pour expliquer le réel : "Cherchez la femme". La France de Pompidou et successeurs a préféré : "Cherchez l'argent".

Je n'ai jamais considéré la "droite" parlementaire comme autre chose qu'une gauche encore plus malhonnête d'être dissimulée, prête à toutes les compromissions, prête à toutes les bassesses, prête à toutes les trahisons. Avant même cette fameuse et véridique forgerie, *UMPS*, j'estimais que "droite" et "gauche" étaient de simples marques commerciales, vendues par la même usine. Je passais évidemment pour "simpliste". ;-)

Écrit par : Blumroch | 10/10/2018

J'ai longtemps été plus naïf que vous, semble-t-il.

Écrit par : Pharamond | 10/10/2018

Il faut s'imaginer ces deux cliques se fournissant à la même crèmerie. La différence est là : la gauche produit elle-même la came de base (appelons-la moraline) et la vend directement sur le marché ; la droite, elle, achète la moraline à la gauche, la coupe avec de la conservatine, et cherche ensuite désespérément à s'aligner sur les prix de sa concurrente. C'est pourquoi elle a toujours un train de retard sur la gauche. Mais c'est aussi un temps nécessaire pour endormir, assouplir et convaincre sa clientèle de continuer à lui acheter sa came.

Écrit par : Blaise Suarès | 10/10/2018

@Pharamond : J'ai cet avantage, d'ailleurs relatif, que d'être *né* *très* méchant. ;-) L'important, c'est d'en arriver aux bonnes et mêmes conclusions.
@Blaise Suarès : Ingénieuse analogie !

Écrit par : Blumroch | 10/10/2018

@ Blumroch : je vous remercie ; cela dit, ce compliment fait de vous un être pas si méchant que ça... ressaisissez-vous !

Écrit par : Blaise Suarès | 10/10/2018

Blaise Suarès > Oui, ingénieuse analogie, mais il s'agit dans ce cas des décisions prises à haut niveau dans cette "droite" . Je parlais dans mon billet de la "droite" du côté des électeurs, sympathisants, petits notables (individus que nous épargnons souvent parce que de bonne volonté, pensons-nous) qui s'intoxiquent de leur propre (non) idéologie ; "Le soleil brille pour tout le monde, j'ai bossé dur pour en arriver là ou c'est dur d'être patron, etc." censé justifier leur statut et se ficher des autres. C'est le mélange de cette état d'esprit, mélangé à la bouillie droit-de-l'hommiste de la gauche qui à donné le monde actuel : sirupeux, cruel, dément, et bientôt invivable.

Blumroch > J'hésite à vous le dire, mais avec un peu de chance personne ne lira mon commentaire : pour vous avoir un peu côtoyé "méchant" n'est pas l'adjectif qui vous convient le mieux, loin sans faut. Je dirais plutôt "précocement désabusé" ;-)

Écrit par : Pharamond | 10/10/2018

@Blaise Suarès : Etre *méchant* n'interdit pas de reconnaître les mérites d'autrui ! ;-)
@Pharamond : Faut avoir été abusé pour être *dés*abusé. ;-)

Écrit par : Blumroch | 10/10/2018

@Pharamond
Il suffit de constater l'antirégionalisme primaire de la droite parlementaire pour conclure qu'il n'y a pas de grandes notions de transcendance.
Même chose pour le FN. L'Église catholique depuis 5 siècles. La République française.
On en trouve plus dans le socialisme universaliste. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a pris tant d'ampleur.
Il ne reste qu'une voie en Europe : celle d'une écologie réactionnaire. Et elle ne peut pas faire l'impasse des Provinces qui ont forgé et ont été forgées par la géographie et la géologie.

Écrit par : An | 10/10/2018

Un peu de distraction dans ces temps pénibles.
Ce qui nous attend c'est le Brésil...
https://twitter.com/Zondi_Elihle/status/1049557185502609409

Écrit par : realist | 10/10/2018

realist > Notre futur ressemblera à un mixage entre l'Afrique du Sud et le Brésil.

Écrit par : Pharamond | 10/10/2018

Blumroch > Sans doute, et il y a bien des manière de l'être.

An > Il reste à définir la notion de transcendance, mais ne pas en voir dans la République française, l'église catholique ou même le FN à leur âge d'or c'est être singulièrement myope ou de mauvaise fois.
Quant au salut par l'écologie réactionnaire s'appuyant sur les provinces, vous m'expliquerez si vous le voulez bien. Je suis curieux de connaître cette voie.

Écrit par : Pharamond | 10/10/2018

P.S. Autre remarque, quand je vois *certains* se montrer critiques envers le film Idiocracy je pense qu'ils sont trop *méchants* (ou pas assez?) :-)
Car, ci-dessus, ce n'est pas un futur éloigné mais le Brésil de 2018 et pour aller se plaindre à la police qu'on lui a volé la voiture qu'il avait lui même volé il faut combien de QI?

Écrit par : realist | 10/10/2018

On peut se le demander, en effet.
En France, avec les tribunaux que nous avons et selon la couleur des protagonistes il y a quelque chose à tenter.

Écrit par : Pharamond | 10/10/2018

@ Pharamond : oui, pardon, mon analogie visait effectivement la droite d’en-haut, pas celle d'en-bas. Du reste, entre les deux, j'hésite : laquelle est digne de mon plus grand mépris ? Impossible de trancher ! Les torts sont également partagés. Pour qu'il y ait corruption, il faut un corrupteur et un corrompu.

Cela dit, je partage entièrement votre point de vue de... comment dire... de dégoûté !?

@ Blumroch : :-)

Écrit par : Blaise Suarès | 11/10/2018

ça viens à propos de relire (ou lire):

Les Modérés , d' Abel Bonnard
et
J' accuse la Bourgeoisie , de Robert Poulet .

Écrit par : EQUALIZER | 11/10/2018

@Pharamond
Je parle de grandes notions et j'entends les dirigeants, pas les fidèles.
La RF, en dehors de la Terreur et de la III Répu jusqu'en 14, ça tend surtout vers le mesquin.
Le Vatican n'a plus la foi depuis les Borgia.
Quant au FN, je parle de la secte à Jean-Marie. Sans jeter la pierre aux militants. N'empêche que sans son jacobinisme fanatique, le seuil électoral de 3e force politique aurait pu être passé avant 2002.
Ne pas relativiser tout ça, c'est non pas ètre myope mais aveuglé par un désir de transcendance. Mais le désir ne suffit pas.
Quant à l'écologie, sans remonter à Rudolf Steiner, il suffit de voir le retour de bâton que se prend un Pierre Rahbi depuis quelques temps, ou qu'on a eu ces jours-ci un cautionnement scientifique au malthusianisme pour sauver la planète (je ne crois pas que Malthus prenait en compte la dimension environnementale dans ses théories).
Ensuite, je parle d'une voie, le Salut, c'est vous qui le demandez.
Je suis en tout cas convaincu d'un bouleversement plus ou moins long qui paralysera les déplacements longues distances. Sa forme et sa durée je l'ignore. Mais dans cet ordre d'idée, il faudra recomposer pour les bassins de vie, comme on dit, avec la géographie physique dans la mesure du département.
Je peux me tromper sur un bouleversement de cette nature. Mais sans celui-ci, je ne vois pas d'hypothèse crédible qui éviterait la disparition des nations européennes (et bien d'autres), quelques soient leurs tailles.
Il va sans dire que même si j'ai raison, je parle d'une survivance avec mémoire, respect et évocation pour les héritiers, pas d'une continuité pure et parfaite.

Écrit par : An | 11/10/2018

à propos des "Modérés" , réédition opportune chez KK . (Pub gratuite! aucune action chez Soral) avec un extrait réjouissant du livre .
https://www.kontrekulture.com/produit/les-moderes

Écrit par : EQUALIZER | 11/10/2018

Faute d' avoir eu le Fion au 1er tour on a eu Macrouille .. il fallait MLP au second tour pour faire élire n' importe quelle petite cloporte aux ordres . Mais voir et entendre le Fion appeler à voter Macrouille 3mn après l' annonce du résultat (non définitif!) voilà bien la répugnante UMPS !

Écrit par : EQUALIZER | 11/10/2018

@Phara ... j' aurai dû commencer par vous féliciter pour cet excellent billet si lucide . C' est fait ! :)

Écrit par : EQUALIZER | 11/10/2018

Blaise Suarès > Je pense que les deux sont aussi coupables, quoique de manière différente, chacun se légitimant de l"approbation de l'autre.

EQUALIZER > Pour "J'accuse la Bourgeoisie" de Robert Poulet c'est fait.

Pour "Les "modérés" pas encore, mais j'ai tant de lecture en retard...

Les droitards sont tellement à la recherche du candidat qui incarnera une "démocratie forte" qu'ils arrivent à trouver des qualités étourdissantes à des Sarkozy ou à des Fillon.

Merci pour vos félicitations.

An > Toute transcendance a& ses limites, celles de ceux qui y adhèrent, les humains trop humains.
Le système actuel scie la branche qui le porte en dilapidant les richesses naturelles nécessaires à la croissance exponentielle qui devrait le pérenniser. Dans quelques décennies ce sera la récession et peut-être l'effondrement. Je ne connais pas votre âge, quant à moi, quinquagénaire, je ne crois pas que je verrais ce bouleversement. Les solidarités locales qui se créeront alors d'elles-mêmes ne ressembleront pas à ce qu'on a déjà connu en Occident et seront claniques ou tribales. Qu'on joue du biniou ou à la pelote basque n'auront aucune importance.

Écrit par : Pharamond | 11/10/2018

@Pharamond
Trentenaire à mi-chemin du quadra.
Je pense tout à fait plausible qu'un effondrement d'ampleur puisse survenir avant 20 ans. Nous entrons dans le domaine de la science-fiction mais l'Histoire s'accélérant de manière exponentielle, cela me semble crédible. Une crise économique du niveau de l'Argentine (qui n'a pas notre actif industriel mais qui a un potentiel agricole que nous n'avons plus) ajouté à une société 10x plus nucléarisée et la guerre civile dont la prédiction devient mainstream semble chaque jour plus complète.
D'accord sur les sociétés clanico-tribales qui en sortiront mais du coup, biniou et pelote basque seront d'autant plus possibles que cela vient de sociétés similaires.
Modulo le mépris que l'on peut lire dans votre propos: qu'est-ce que la nation française a à offrir de plus ? Le cartésianisme et Racine ? Le futur s'en passera bien plus qu'un instrument pentatonique et qu'un jeu dynamique.
La France est une construction moderne. Elle disparaît avec le post-modernisme. Alors que biniou et pelote basque vont chercher bien plus profondément dans l'Histoire humaine.
La sophistication n'est jamais très loin du superflu. La France est superflue.
Par extension, tout ce qui se revendique de la France, d'où les piteux de la droite traditionnelle et du centre.
Ce qui m'importe, c'est la mémoire des ancêtres du mégalithique, jusqu'à l'art pariétal.
Rome et avant eux les Celtes, ont apporté, impliquant un remplacement, mais sans jamais faire table rase.
La nation française s'est attelée à cette table rase, à la suite de l'Eglise catholique (bien que moins extrême que les Réformateurs et surtout la RF, le catholicisme doit beaucoup au paganisme) et nous sommes à un tournant. Quelle chance qu'un enfant de 10 ans connaissent aujourd'hui une comptine du XVIIIe ? Ou Louis Jouvet, pourtant symbole du snobisme parisien ?
Le régionalisme oblige à remonter loin (avec toutes les impuretés que cela comportent naturellement) et peut faire le lien plus ou moins ténu avec une pensée multimillénaire, rien qu'avec l'importance de la culture paysanne.
La nation française en est réduite à des hommages nationaux à Ormesson, Hallyday ou Aznavour qui nous ramènent 100-200 ans avant. La belle affaire.
Alors les sociétés clanico-tribales ne pourront pas être françaises. Romanes, ça oui. Mais pas françaises. Elles seront soit liées aux Nations charnelles, sans doute plus par obligation que transmission: ceux qui pourraient le mieux s'en sortir seront ceux qui connaîtront le mieux la vie paysanne pré-éxode rural.
Soit complètement créoles (et recrééront peut-être certains modèles précédents inconsciemment par contraintes physiques).
Ou seront mutants parce que guerre nucléaire, bactériologique etc.
Mais ne pas vibrer pas au son du biniou et ne pas être happé par une rencontre de pelote basque, c'est effectivement être bon à se laisser endormir par Debussy et mystifier par Hugo.

https://m.youtube.com/watch?v=UyLo0nBpzBc

J'attends de voir la musique dite française qui pourra avoir assez de puissance pour s'accorder à une histoire traditionnelle du point de vue d'un indigène.
Elle serait au mieux citée, mais difficilement vécue.

Écrit par : An | 12/10/2018

Je ne suis pas méprisant, juste un peu taquin. Je garde mon mépris pour ceux qui nous méprisent.
Peut-être jouerons-nous du biniou ou à la pelote basque, mais cela n'a aucune espèce d'importance dans le combat pour la survie qui s'annonce. Et je me contrefiche actuellement de la Nation qui a mon avis est morte et bientôt enterrée. Bien que je regrette cette situation parce que seule la Nation (et je le répète elle ne commence pas pour moi en 1789) pouvait être garante de la paix et de la pérennité de notre culture, mais c'est comme ça. Enfin, il est évident qu'un retour à la terre se fera, mais le régionalisme n'a rien à voir là dedans. Le prochain combat sera racial qu'il prenne la forme d'une lutte sanglante ou d'un massacre.
Pour l'anecdote le morceau que vous avait mis en lien comprend des tambours sénégalais. Merci pour cette belle illustration de la fumisterie du folklore régionaliste.

Écrit par : Pharamond | 12/10/2018

Je vous trouve sévère avec les bourgeois fillonistes.
Je parle bien du petit notable de province, genre petit patron, profession libérale, cadre moyen/sup dans une entreprise "traditionnelle"
Ils sont tiraillés entre deux envies, deux réalités
D'un côté, ils sont attachés à leur niveau de vie, souvent durement acquis (études longues et difficiles, travail acharné, etc....)
De l'autre, ils sont aussi attachés à une vision de la France d'avant, conservateurs dans l'âme.
Ce sont aussi les vaches à lait fiscales et ce sont eux qui font tourner la boutique France.

Dixit mon mandataire financier pour les législatives (corroboré par ce que j'ai pu observer sur les marchés ou lors de discussions) : ses copains sont tous comme ça.
Ils sont tous voté Fillon comme un seul homme et étaient prêts à basculer vers le FN.
Mais, car il y a un mais, ce sont des disciples de notre plus célèbre fabuliste : ils ne lâcheront jamais la proie pour l'ombre.
Ils ont compris très vite que l'inanité du programme économique présenté par MLP conduirait le pays à la faillite en quelques mois et que toutes les promesses de "restauration de la France" se retrouveraient passées par pertes et profits devant l'effondrement économique.
D'autant plus que l'aspect lutte contre l'immigration et l'islam(isme) ont été complètement occultés pendant la campagne.
Toutefois, ils avaient l'espoir que ce programme était destinés à attirer les classes populaires et serait adapté aux réalités économiques.
Quand dans l'entre deux tours, MLP a commencé à draguer avec insistance les électeurs de Méchancon, ils sont revenus à la réalité. MLP est une gaucho-socialo-étatiste.
En fait, ils attendaient juste un mot gentil, voire un sourire : Marine leur a jeté des cailloux
Inutile de s'étendre sur la prestation de MLP lors du débat qui a fini de les dégoûter.

Je crois que si un type se présente avec de bonnes idées concernant l'identité et avec un programme économique cohérent, il aura ses chances s'il n'est pas laminé par la clique médiatique qui verra venir le danger.
Du point de vue électoral et du système, il peut être intéressant de suivre le score de Dupont Aignan, auquel vient de se rallier Charles Gave, économiste libéral anti euro, anti machin bruxellois et anti Davos, partisan d'un état centré sur ses missions régaliennes mais très fort dans ces missions.

L'économie est effectivement mondialisée, c'est comme le mauvais temps, faut faire avec et au mieux.
C'est un peu décousu, désolé

Écrit par : Philippe Dubois | 12/10/2018

@Pharamond
C'est un bagad. Formation orchestrale qui n'a pas plus que 100 ans. Ce n'est donc absolument pas folklorique et qui le croit n'est certainement pas enfumé par les régionalistes mais par ceux qui les dénigrent.
Alan Stivell, en dehors de son travail soliste de harpe, n'a par exemple jamais fait rien d'autre que du rock.
L'obsession régionaliste est justement d'aller chercher dans les traditions ce qui est utile aujourd'hui.
Je suis bien d'accord que le retour à la terre se fera contraint et forcé, et que ce ne sera pas par le régionalisme. Seulement, il n'y aura bien, porteur de mémoire des ancêtres, que le régionalisme qui pourra potentiellement s'exprimer dans ce fait.
Quel intérêt à le dénigrer ? Parce qu'il y a des collaborations avec des non-européens ? Comptez toutes les collaborations avec des non-européens, et elles sont nombreuses, elles représentent 1/10 e des collaborations avec d'autres occidentaux.
Sur ce morceau en particulier, on peut retirer les tambours sénégalais que ça ne changerait pas grand chose.
Vous pensez que le réalisateur taiwanais a choisi ce morceau pour mettre en avant le métissage britto-sénégalais ? Ou pour passer un message d'irrédentisme envers la Chine continentale ?

https://m.youtube.com/watch?v=dwRjaaU3Fhg

Peut-être que Ridley Scott a choisi ce morceau pour le métissage britto-australien dans la corne de l'Afrique ?
Soyons sérieux.

J'ai choisi ce morceau simplement pour illustrer une force de vie qui, si elle est petite par sa taille, arrive encore un peu à attiser une flamme assez brillante pour interpeller des personnes qui a priori n'y connaissent rien (et parce qu'il est beau, BO d'un film magnifique bien qu'obscur, issu de la culture qui jouera le rôle de colonisation culturelle qu'a joué les USA, tant que la mondialisation fonctionnera encore).
La France n'y arrive plus. Le dernier exemple que j'ai en tête, c'est Amélie Poulain qui joue du cliché parisien suranné et qui repose beaucoup sur la musique de Yann Tiersen qui ne jouait pas avec le bretonnisme ou une quelconque tradition à l'époque (mais qui depuis s'est retiré à Ouessant et a appris le breton).
Reste que le milieu culturel breton est effectivement paralysé par le politiquement correct, à en devenir apolitique pour beaucoup de ses membres. L'enseignement de l'Histoire dans le réseau d'école Diwan est le même que dans les écoles en français. Parce qu'il ne peut pas se permettre d'enseigner l'Histoire bretonne, sous peine de financements coupés, tout du moins d'un combat de justification permanente (du courage, il en manque aussi mais il en faut tellement plus que pour défendre la culture française). En Bretagne, Euskadi et ailleurs en France, dès que lors que l'on enseigne en immersion dans la langue indigène, on est sur le même pied qu'une école coranique, mais sans les financements étrangers.
Le régionalisme n'est pas le salut mais il n'est pas l'outil du délitement européen.
Au contraire, cela fait plus d'un siècle qu'il démontre un processus de destruction culturel. Il en est d'autant plus vilipendé que ce processus s'applique maintenant à ses opposants qui se sont fourvoyés.
C'est la mauvaise conscience du nationalisme des États. Si seulement ils avaient réussi à faire la paix.

Écrit par : An | 13/10/2018

Sans vouloir m'immiscer dans la conversation entre Pharamond et An, je signale, à tout hasard, les remarquables *Mémoires d'un paysan Bas-breton* de Jean-Marie Déguignet (1834-1905), chez Presses Pocket, à lire *malgré* la recommandation de Michel Polac. L'éventuel lecteur y découvrira plus qu'un personnage étonnant : une forte et attachante personnalité d'autodidacte anarchiste à la française. Incidemment, les propos qu'il tient sur les Bretons semblent lui avoir aliéné la sympathie de nombreux régionalistes qui peuvent *difficilement* l'accuser de ne pas savoir son sujet. Ils ont donc préféré le faire passer pour fou, qui ont exercé une basse vengeance posthume en caviardant le texte -- le préfacier, sorte de bretonnant *arbiter elegantiae*, "assume" avec candeur et fierté la suppression de passages jugés délirants et paranoïaques. Les soviétiques et les mères n'ont pas eu l'exclusivité du procédé consistant à prétendre que ceux qui pensent *mal* sont des malades mentaux.
Dans un monde normal, Déguignet aurait été repéré pour ses qualités intellectuelles et aurait eu une vie moins difficile.
Les passages à citer sont nombreux, qui comportent d'intemporelles leçons, notamment sur la trahison des peuples par leurs meneurs.
"Mais je ne crois pas aux savants, dont la plupart ne sont que des sots et des imbéciles ; ils nous en donnent des preuves tous les jours."
"Un malheureux qui a du savoir est doublement malheureux, à moins qu'il ne soit un grand philosophe."

Écrit par : Blumroch | 13/10/2018

@Blumroch
Les quelques régionalistes qui n'ont pas apprécié son manque de fierté communautaire au regard de sa fierté individuelle ne sont pas majoritaires, ce sont des régionalistes qui l'ont édité. Tout comme l'adaptation récente en BD (l'aide) . Plutôt à gauche pour les seconds. Il est aussi particulièrement cité par les Bretons jacobins (qui dégainent par la suite "Le monde comme si..." de Françoise Morvan).
Malgré son côté effectivement anar, retirez la dimension d'appartenance à un milieu rural bretonnant au destin de Deniguet, il perd une bonne part de son panache.
Chouette livre en tout cas.

Écrit par : An | 13/10/2018

Philippe Dubois > Ils font tourner la boutique France et n'ont jamais réussi à produire un leader ou un parti capable de sortir le pays de sa décadence, pire leur myopie et leur frilosité y a contribué. Cette même myopie qui leur fait prendre aujourd'hui l'ombre pour la proie et s'y accrocher fermement. Leur frilosité qui leur fait toujours voter en croyant que la droite est encore pompidolienne, attachée à des valeurs tout en se lançant dans la grande aventure progressiste, le beurre et l'argent du beurre. Votons Sarkozy ! Et puis en fait il nous a déçus. Votons Fillon ! Dommage qu'il ne soit pas candidat. Votons Marine (par défaut) ! Non, en fait elle est pas gentille avec nous et elle n'a pas l'étoffe. Il y a toujours un "mais" et un temps de retard avec les droitards. Patriotes quand il faudrait être nationalistes, nationalistes quand il faudrait être national-révolutionnaires.

An > Les bagads que je sache ne jouent pas du heavy metal ou des bourrées auvergnates, elles sont les héritières des orchestres bretons et leur répertoire est inspiré des musiques folkloriques de la régions. On peut aimer le morceau mis en lien et c'est mon cas, mais j'y vois plus une illustration de la collaboration avec le Système et d'une soumission à l'air du temps qu'autre chose. Pour en finir avec cette conversation qui part dans tous les sens je maintiens que les mouvements régionalistes comptent pour pas grand chose dans le combat actuel et participe à leur niveau au délitement de la société occidental. Livre à chacun de penser le contraire.

Blumroch > Diable ! Y a-t-il un sujet sur lequel vous n'avez pas lu au moins un ou deux ouvrages ?
Merci pour la référence ;-)

Écrit par : Pharamond | 13/10/2018

@Pharamond
Les bagads ne sont pas héritiers des orchestres bretons puisque cela n'existe pas dans le folklore breton. Et les bagads font du heavy metal et de la bourrée auvergnate quand ça leur prend.
Que vous ne connaissiez pas le régionalisme est une chose, que vous ne vous y soyez jamais intéressé est un droit mais une erreur quand on a cru a du positif dans la droite parlementaire et le FN, et une bêtise qu'on pense qu'il porte plus d'effets négatifs que positifs pour l'Occident.
Si quelque chose remue à droite, ce sont les identitaires. Qui ne sont pas des régionalistes conscients à mes yeux mais ont tout de même embrassé le régionalisme de manière positive.

Écrit par : An | 13/10/2018

Rassemblez 3 musiciens et vous avez un orchestre. Mais peut-être le biniou se joue-t-il seul dans la lande. Les bagads interprètent ce qu'ils veulent, du Beethoven ou du NTM si ça leur chante, mais ce n'est pas leur fond de commerce. Vous êtes expert en régionalisme, mais depuis que nous conversons je n'aperçois pas une bribe d'argument concret, pas l'ombre d'une preuve m'indiquant que le régionalisme va dans le sens de la préservation de notre culture, seulement une idéologie nébuleuse où répéter que le régionalisme c'est bien fait office de mantra.

Écrit par : Pharamond | 13/10/2018

@Pharamond
La formation traditionnelle du biniou et de la bombarde est composée d'un duo de sonneurs.
Appelez ça orchestre si ça vous chante mais n'en veuillez pas aux autres d'être mal compris.
Ya deux commentaires, j'évoque Diwan. Si enseigner la langue en immersion n'est pas preuve et argument de la préservation de la culture européenne, je ne sais pas ce qu'il vous faut. Quand bien même, je l'évoque pour parler d'un point faible de leur action ! Mais je vous semble être dans le mantra ? Bien. Sachez néanmoins que le terme de "régionaliste", je l'utilise par convention, la votre en l'occurrence, me définissant moi-même fédéraliste provincial, d'autres étant autonomistes ou indépendantistes mais je cherche à n'exclure personne.
Souffrez qu'on puisse considérer que votre opinion sur le régionalisme ne soit pas plus solide que celles de nombres de vos contemporains que vous vilipendez sur votre blog sur d'autres sujets. Et d'être repris lorsque vous considérez qu'elle est assez valable pour être présentée.
En parallèle, je n'ai pas lu de plus brillante démonstration de la menace régionaliste sur l'Occident et sa soumission au "Système".
Ah si, un bagad a joué en collaboration avec des percussionnistes sénégalais.

Écrit par : An | 13/10/2018

Parler le breton ou le basque en voilà une barrière d'airain contre la submersion qui vient ! Je m'incline donc à court d'arguments et je vous laisse à votre sainte mission. Je vais guetter ses effets qui ne devraient pas tarder et qui participeront pleinement à la sauvegarde de... je ne sais trop quoi d'ailleurs, mais je guetterai, c'est promis. Sans rancune.

Écrit par : Pharamond | 13/10/2018

@An : Une édition caviardée, c'est une mauvaise action. En d'autres temps, on appelait ce procédé *maspérisation*. Quand à le faire passer pour un furieux au motif qu'il contrarie les voeux de la bretonitude militante...
Lorrain ou Normand, Basque ou même Breton, Déguignet ne perdait rien : "anarchiste à la française".

@Pharamond : J'ai quelques lacunes dans mes ignorances. En revanche, jusqu'aux remarques décapantes de m'sieur An (un parent éloigné du camarade Jazzman ?), j'ignorais ne pas savoir lire ! ;-)

Écrit par : Blumroch | 13/10/2018

Blumroch > Qui aurait perdu son "Jazzm" en route ;-)
Même si j'ai du mal à voir où il veut en venir il faut reconnaître que An est moins psychorigide que le curieux Jazzman alias Roberta Quelque chose qui pouvait vite perdre patience quand on le contredisait.

Écrit par : Pharamond | 13/10/2018

Du temps où j' étais abonné à "Europe Nitre Patrie" (ENP) de Micheline Peyrebonne (fin années 60/déb'70) je me souviens d' un article où en conclusion elle écrivait que finalement qu' importait une Bretagne "indépendante" si peuplée de métis aux cheveux crépus ? .. on en revient toujours au fondamental : un peuple , une terre ! .. la France remplie d' arabo-africains ne sera plus la France .. est déjà de moins en moins la France . Il n' y a pas à tourner autour du pot ! Alors les provinces "autonomes" je veux bien , qu' on y parle le basque fort bien ! mais là aussi , le Pays Basque ne sera plus basque quand il n' y aura plus de basques . Et il est vrai que la "République française" qui n' est pas un mode de gouvernement mais une idéologie destructrice , est en grande partie responsable de la démolition du royaume des francs (Frankreich!) ! On n' est pas moins français quand on défend l' identité de sa Partie charnelle contre le cosmopolitisme génocidaire .

Écrit par : EQUALIZER | 13/10/2018

Exactement, une nation c'est un peuple et un lieu ; encore qu'un peuple peut vivre en exil et rester globalement lui-même l'inverse n'est pas vrai, un territoire vidé de sa population remplacée par une autre change d'identité.

Écrit par : Pharamond | 14/10/2018

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