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11/10/2016

Questions

"Que répondrons-nous aux Allemands s'ils nous disent un jour qu'ils ne voient rien de monstrueux dans le national-socialisme lui-même, que des excès ont pu être commis par ce régime comme il s'en produit dans toutes les guerres et chaque fois qu'un régime doit confier à des éléments de police la tâche de le protéger contre le sabotage, mais que rien de tout cela ne touche à l'essence du national-socialisme et qu'ils continuent à penser qu'ils ont lutté pour la justice et pour la vérité, pour ce qu'ils regardaient alors et continuent à regarder comme la justice et la vérité ? Que répondrons-nous à ces hommes auxquels nous avons fait une guerre de religion ? Ils ont leurs saints eux aussi, que répondrons-nous à leurs saints ? Quand l'un d'entre eux nous rappellera cette immense moisson de grandeur et de sacrifice que la jeune Allemagne a offerte de toutes ses forces, quand ces milliers d'épis si beaux nous seront présentés, devant la moisson nouvelle, que dirons-nous, nous complices des juges, complices du mensonge ? Nous avons jugé au nom d'une certaine notion du Progrès humain. Qui nous garantit que cette notion est juste ? Ce n'est qu'une religion comme une autre. Qui nous garantit que cette religion est vraie ? La moitié des hommes nous dit déjà qu'elle est fausse, qu'ils sont prêts eux aussi à mourir comme témoins d'une autre foi. Qu'est ce qui était vrai alors ? Est-ce notre religion ou celle des républiques socialistes soviétiques ? Et si déjà personne ne peut savoir quels sont parmi les juges ceux qui détenaient la vérité, que vaut cet absolu au nom duquel nous avons répandu la destruction et le malheur ? Qu'est-ce qui nous prouve que le national-socialisme n'était pas aussi la vérité ? Qu'est-ce qui nous prouve que nous n'avons pas pris pour l'essentiel des contingences, des accidents inévitables de la lutte, comme nous le faisons pour le communisme peut-être, ou plus simplement, si nous avions menti ? Et si le national-socialisme avait été, en réalité, la vérité et le progrès, ou du moins, une forme de la vérité et du progrès ? Si le monde futur ne pouvait se construire que par un choix entre le communisme et le nationalisme autoritaire, si la conception démocratique n'était pas viable, si elle était condamnée par l’histoire ? Nous admettons qu'on peut écraser des villes pour faire triompher l'essentiel, pour sauver la civilisation : et si le national-socialisme était lui aussi un de ces chars qui portent les dieux et dont les roues doivent s'il le faut passer sur des milliers de corps ? Les bombes ne prouvent rien contre une idée. Si nous écrasons un jour la Russie soviétique, le communisme sera-t-il moins vrai ? Qui peut être sûr que Dieu est dans son camp ? Au fond de ce débat, il n'y a qu'une église qui accuse une autre église. Les métaphysiques ne se prouvent pas."

Maurice Bardèche

Nuremberg ou la Terre Promise (1948)

 

Commentaires

Admirable Maurice Bardèche ! sa revue "Défense de l' Occident" était un régal .. oui j' aggrave mon cas .. mais à mon âge je "les" emm*rde !

Écrit par : EQUALIZER | 12/10/2016

Défense de l'Occident - je le lisais, je l'achetais en kiosque ou en librairie.
Une autre époque.

Écrit par : Gaëlle Mann | 12/10/2016

@Gaëlle .. vous êtes donc irrécupérable aussi ! :D

Écrit par : EQUALIZER | 12/10/2016

"Nuremberg ou la Terre Promise" : il y a dans ce titre un petit quelque chose qui nous mène en 1948.
Comme Gaëlle et EQUALIZER, mon chat Moortje, dit Matou, et moi-même admirons Bardèche ainsi que le génial docteur Destouches ;o)

Écrit par : téléphobe | 12/10/2016

Si les races existent et qu'elles sont effectivement différentes alors il me semble que l'on ne pourra pas s'exempter de s'intéresser un minimum à ce qu'a été le national-socialisme. (J'ai bien dit : un minimum).

Ce que je veux dire par là c'est que toute notre morale est basée sur l'égalité des races. Mais supposons que ce ne soit pas la cas ? Faisons cette hypothèse un instant. Comment ferait-on dans ce cas pour éviter un monde injuste ? Car un tel monde serait injuste, et ce pour tout le monde. Juger de la même façon ce qui n'est pas égal est injuste.

Comment faire alors, comment satisfaire tout le monde si les races ne sont pas égales ?

C'est une question terrible, terrifiante.

(Mais bien entendu il s'agit d'une hypothèse car pour cela il faudrait que les races existent, or tout le monde sait bien qu'elles n'existent pas, et que c'est très mal ne fût-ce que d'oser imaginer le penser.)

Écrit par : John Peter | 12/10/2016

Bah oui, le nazisme, le fascisme plus général auquel il ressortit, le communisme, ont été des religions séculières, avec tous les défauts qu'on leur connaît et après tout peut-être quelques mérites aussi. C'est à ce titre qu'on a pu dénoncer un "anticommunisme primaire", et qu'on serait donc bien inspiré de reconnaître qu'il peut aussi exister un antifascisme primaire.
Les incantations sur l'innommable, l'indicible, etc, la prosternation devant les dogmes révélés à Nuremberg, ont pris certes la force d'un fanatisme très intransigeant, mais comme l'avait pressenti Bardèche, à cet égard génial, ça a la valeur intellectuelle de toute propagande de guerre.

Écrit par : Nathanaël | 12/10/2016

"... Quand ces milliers d'épis si beaux nous seront présentés, devant la moisson nouvelle..." Bardèche était encore bien optimiste, de croire que la nation allemande, ou la race européenne si l'on veut, allait continuer à se perpétuer, et donc qu'une revanche était encore envisageable dans l'avenir ! Mais on le sait, il est déjà trop tard, on ne peut espérer survivre qu'en isolats, à peine mieux lotis que les sioux, hopis et autres navajos.

Écrit par : Nordiste | 12/10/2016

EQUALIZER > Jamais lu ce magazine. A l'époque j'étais terriblement démocrate.

Gaëlle Mann > Oui, une autre époque. Aujourd'hui "Le camp des Saints" pourrait être condamnés pour 87 motifs :
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/02/05/01006-20110205ARTFIG00621-jean-raspail-aujourd-hui-le-camp-des-saints-pourrait-etre-poursuivi-en-justice-pour-87-motifs.php

téléphobe > Je suis de l'avis de Moortje, mon maître à penser.

John Peter > Je crois à l'existence de différences entre les groupes humains. Par exemple : certains on un sexe plus grands d'après une étude scientifique. Il y a sûrement d'autres spécificité, mais gardons-nous d'entrer dans les détails. Mais peut m'importe les possibles inégalités, je ne veux pas que les miens disparaissent serions-nous verts et bossus.

Nathanaël > La guerre entre le fascisme et la démocratie dure encore, il faut bien que cela finisse un jour. Peut-être pas comme on se l'imagine...

Nordiste > Le Système l'a bien compris, le peuple se réveille régulièrement et ça chauffe pour les profiteurs. Sauf, s'il n'existe plus en tant que tel, remplacé par une multitude de groupes antagonistes, jaloux et égoïstes parce que sans histoire commune.

Écrit par : Pharamond | 12/10/2016

Soral réédite les deux Nuremberg, la terre promise et les faux monnayeurs .
Pauvre Bardèche, lorsqu'il écrivait ces mots pouvait-il imaginer qu'il n'y aurait plus en Allemagne ni ailleurs quelqu'un capable de lui adresser ces reproches et ces questions ?

Écrit par : Paul-Emic | 12/10/2016

Un très bel hommage par Boris Le Lay ...

http://breizatao.com/2014/06/07/parce-que-le-fascisme-incarne-lespoir-des-peuples-libres-boris-le-lay/

Écrit par : EQUALIZER | 13/10/2016

D'accord, l'histoire est écrite par les vainqueurs ; oui, la propagande occidentale, américaine, antifasciste est une propagande. Mais cela ne nous contraint pas pour autant à ne pas pouvoir juger du nazisme ou du fascisme, ou encore du communisme. Il se peut que de tels jugements soient en définitive, "métaphysiques". Mais ils ne le sont qu'en définitive, pas de prime abord. Il est assez évident tout de même que le nazisme et le communisme sont atroces, et que leurs atrocités ne sont pas des accidents, mais au contraire des conséquences logiques, mécaniques de leur idéologie propre. Ce sont ces idéologies qu'il faut discuter, et tant d'autres avec elles. Tant qu'on ne le fait pas, pourquoi décider d'avance qu'une telle discussion ne pourra être menée à terme ? Et si ce terme était "métaphysique", là encore, pourquoi serait-il a priori, impossible de conclure ?

Écrit par : Emmanuel | 13/10/2016

Paul-Emic > Sans doute pas précisément, mais il savait les conséquences de la victoire alliée telle qu'elle s'est déroulée un drame pour l'Occident.
Mais la destruction de l’Européen, le Grand remplacement, personne n'aurait pu l'imaginer sous cette forme, je crois.

EQUALIZER > Je vais aller voir. Merci.

Emmanuel > Vous trouvez donc normal que les vainqueurs jugent les vaincus. Je pourrais m'arrêter là, mais développons un tout petit peu. Le communisme a été atroce, cependant je ne vois pas en quoi le fascisme italien l'a été, quant au national-socialisme les lois de notre démocratie pas atroce m'interdisent d'en débattre avec vous. L'évidence de leur atrocité ne vient, en fait, que du seul jugement établie par la métaphysique gagnante parce qu'elle avez plus de bombes.

Écrit par : Pharamond | 13/10/2016

Ce n'est pas moi qui dit que les vainqueurs ont raison. C'est ce texte qui suppose que la seule raison en ces matières est celle du nombre de bombes. Je ne fais que contester ce point de vue. Que nous pensions que les nazis étaient atroces parce que la propagande servie par le nombre de bombes le dit ne prouve pas que les jugements que formule la propagande soient faux. N'importe qui se sensé se rend compte que les régimes nazis et communistes sont atroces. C'est tout ce que je dis. Ce sont visiblement des régimes tyranniques. On a tout de même le droit encore de penser cela sans passer pour un abruti j'espère. En tout cas il ne me semble pas que ces jugements soient idiots. Et il n'y a pas de métaphysique là. Et les métaphysiques son aussi bien réfléchies, pas de purs 'choix' dans l'absurde chaos de l'existence... Pour le reste je n'ai pas parlé de fascisme, je me garderais bien cependant de l'assimiler au nazisme.

Écrit par : Emmanuel | 14/10/2016

Je n'ai jamais dit que vous étiez un abruti, si mon commentaire le laisse penser veuillez m'en excuser. Quant au fascisme, il est vrai que vous parliez de le juger mais vous ne le qualifiez "d'atroce".
Ceci étant dit, vous dites que n'importe qui de sensé se rend compte de l'atrocité du nazisme. C'est quoi être sensé ? Croire ce que dit le vainqueur grâce aux "preuves" qu'il fourni ou ne pas chercher d'autres pistes pour éviter d'avoir des ennuis avec la justice ?

Écrit par : Pharamond | 14/10/2016

Bien. Ne nous impatientons pas. Que le nazisme soit apparu aux yeux des contemporains, et avant 1939 ! comme un régime brutal, et une inquiétante révolution, cela apparaît bien dans le témoignage exemplaire d'un E. von Salomon, peu suspect de sympathie weimarienne. Il est vrai aussi que l'intéressé continua ensuite sous ledit régime une carrière prospère (mais non partisane) et que le gros de la troupe teutonne, traumatisé par une défaite humiliante + une dépression économique abyssale dix ans plus tard, ressentit vite, qu'en gros, une dictature de salut public plutôt efficace le sortait du trou. Rappelons que la Nuit des longs couteaux fut en général perçue comme le signe d'un compromis écartant le spectre de la révolution brune. Après 39, et surtout 42, ce fut certes une autre paire de manches. Comme l'avait confié une grand-mère à un ami voyageant outre-Rhin dans les années 70, et parlant du Reich du temps que ça allait bien (soit les victoires) : "C'était avant qu'Hitler ne devienne fou". Ça nous fait rigoler, parce qu'il est entendu que si la révolution française, ou le communisme ont pu "déraper", la question ne se pose jamais pour le nazisme (jugé sur douze ans, dont six de guerre mondiale).
Bref, sur l'échelle de l'atrocité, il y a des graduations. Mister Lincoln mena-t-il sa civil war de façon plus civile que tel tyran désormais noté d'infamie par la Mémoire ? bof, bof...
Au final, c'est bien à la tonne de bombes reçue qu'on pèse l'affaire. Nihil novi. Plus modeste, Brennus en était sans doute resté au quintal (d'or, il est vrai). Au moins eut-il le bon goût de ne pas donner en plus dans la métaphysique.

Écrit par : Nathanaël | 14/10/2016

Ne vous inquiétez pas je ne prends rien personnellement. Le point que je veux souligner est le suivant : si l'on pense que tout jugement moral ou politique dépend d'une métaphysique pour sa validité, et qu'aucune métaphysique ne se prouve, on doit en conclure qu'il n'y a pas de jugements moraux ou politiques véritables possibles. Ce n'est pas ma thèse, justement, je défends la thèse contraire, à savoir : que les jugements moraux et politiques sont possibles et valides à leur niveau même s'ils relèvent effectivement de problèmes métaphysiques plus larges, dont je ne pense pas qu'ils soient de toute façon objets de pure foi irrationnelle, de telle sorte qu'on ne puisse en définitive juger de rien.
C'est justement lorsque l'on pense selon ce mode de "relativisme (politique)" que j'entendais dénoncer, que l'on finit par se résigner à l'opinion soutenue par le plus grand nombre de bombes pour ce seul motif, ou que l'on s'accroche à une opinion bombardée avec pour seule argument que les bombes ne sont pas un argument (ce qui est indiscutable et que je n'ai jamais voulu discuter).
Lorsque nous voyons un homme en voler un autre, ou des racailles de banlieue tabasser leur prochain, ou un enseignant abuser sexuellement d'un élève, ou un régime politique écraser ses citoyens sous une mortelle tyrannie, ou simplement les faire vivre sous un ordre économique amenant nécessairement à la pénurie, etc. vous et moi (qui ne sommes pas fous, donc un peu sages quand même) pensons tout de suite qu'il y a là injustice. Certes les cas se discutent, certes, nous ne savons pas ce qu'est la justice, les vertus, le meilleur régime, un régime juste, et c'est même pour cela qu'il faut se mettre à sa recherche, cette recherche qui s'appelle philosophie. Si l'on pense au contraire que tout jugement est douteux par essence, qu'en définitive il n'y a pas de savoir possible en ces matières, on fait là une philosophie en négatif (car une telle opinion relève encore d'une métaphysique de l'histoire, dans laquelle les choses humaines sont toutes historiques et purement immanentes, où il n'y a pas de place pour un étalon à nos jugements), et une philosophie qui empêche la philosophie politique et morale d'avoir lieu. Tel est précisément le "relativisme" contemporain, véritable nihilisme, animé par l'indifférence, rendu possible par la croyance d'ailleurs contradictoire que "tout revient au même, indifféremment".
L'homme "censé", c'est l'homme "prudent" d'Aristote, c'est vous et moi et tant d'autres qui ne sommes pas complètement fous, même si nous ne sommes pas parfaitement sages et même si une telle sagesse était impossible en sa totalité.
Lorsque vous vous réveillez le matin, vous n'en restez pas là considérant que l'on ne peut pas prouver que la cafetière existe: vous vous levez et vous faites fi de votre manque de preuve. Et en définitive, le manque de preuve n'est pas un problème car il n'est pas un besoin, ni pour vous faire un café, ni pour confirmer la véracité de l'existence de la cafetière. La cafetière existe, c'est évident, et cette évidence est meilleure que toute preuve (purement métaphysique justement).
Que la justice existe est moins évident, mais similaire. Si vous ne doutez pas qu'il y a des hommes injustes, c'est que vous avez déjà en tête en un sens, une image de la justice, et cette image est déjà fondée en réalité. Plus directement, nous avons déjà quelque idée de ce en quoi consiste la justice, et nous l'appliquons dans notre vie quotidienne. Mieux : nous tendons vers elle, a des degrés divers, certains en font peu preuve, d'autres davantage, en fonction de notre intelligence, notre habileté à comprendre en quoi elle consiste.
Concernant le communisme, par exemple, comment ne pas voir qu'il s'agit d'un régime tyrannique, et nuisible ? Un régime qui a affamé sa population, qui n'a vécu que du mensonge, qui a mené à la mort des millions d'homme à seule fin de puissance et par idéologie (idéologie qui est cause des horreurs, idéologie dont il est me semblet-il possible et assez facile de démontrer la bêtise - "L'histoire est l'histoire de la lutte des classes", quelle histoire justifiera une telle position proprement métaphysique, effectivement ?). Il suffit justement, de ne pas vouloir le voir, par un doute généralisé au mépris du bon sens, qui revient à se demander comme Ponce Pilate "qu'est-ce que la vérité?" non pas pour la chercher, mais pour ne pas avoir à la chercher, et ne pas avoir peut-être à agir en fonction de ce qu'on trouverait éventuellement de vérité.
Je vous accorde fort bien que la démocratie moderne, ou nos régimes actuels ne sont pas non plus exempts de critique. Et justement, je n'ai pas eu besoin de les voir écrasés par un tapis de bombes pour le penser. Les horreurs de la démocratie sont elles aussi assez visibles, et de plus en plus.

Écrit par : Emmanuel | 14/10/2016

et dire que ce soir j' ai loupé "Hitler , la naissance du mal" à la télé . pfuiiiiii le "Mal en personne" ... pfuiiiii mais dans quel monde con vit ?

Écrit par : EQUALIZER | 14/10/2016

Je suis bien d'accord : nous pouvons, quand le lot de misères manifestement produit par un régime atteint la fantasmagorie exposée dans L'Archipel, nous demander si c'était bien assurément la peine de changer le gouvernement. Et encore, même dans le système soviétique, il faudrait - c’est légitime - débrouiller ce qui revient à l’idéologie, les circonstances, les hommes mêmes, sans se leurrer d’ailleurs à ce dernier égard. Un parti pris en main par Léon Bronstein n’aurait sans doute pas été plus débonnaire que ce qu’il en fut sous l’oncle Joe. En tout cas, même au-delà du Niemen, l’idéologie coulée dans le bronze marxo-léniniste n’a pas tout fait, encore moins dans les terres fascistes où le goût de l’improvisation activiste l’emportait sur le discours préconçu (l’intellectuel est de gauche, c’est connu, et la brute est fasciste).
Mais pour ne pas s’éloigner de Bardèche, on ne peut lui prêter d’avoir écarter l’idée qu’on pouvait juger des métaphysiques en moraliste. Ce qu’il constate, dans le contexte où paraît Nuremberg, et avec le bon droit et l’effarement d’un publisciste inengagé avant 1944, c’est qu’au vrai, le tort des fascismes confrontés à leurs juges, est d’abord d’avoir été vaincus. Comme l’a pertinnement fait remarquer un spécialiste d’Anne Frank, désormais reconnu jusqu’au bord du Danube, si la guerre victorieuse permet au vainqueur de donner des leçons de boucheries au vaincu - au constat qu’après tout celui-ci en l’espèce ne s’est pas montré à la hauteur - elle ne l’autorise honnêtement pas à lui faire des leçons de morale.

Écrit par : Nathanaël | 15/10/2016

Nathanaël > Je ne peux qu’acquiescer.

EQUALIZER > Acheter immédiatement le DVD, malheureux !

Emmanuel > Pour faire simple, on peut dire que toute idéologie a sa métaphysique. Pour le communisme, un simple bilan permet de voir que sa mise en oeuvre pendant 70 ans n'a apporté que misère et oppression. Pour le fascisme italien je dirais qu'il était plutôt positif pour son peuple avant la guerre. Reste les deux grands adversaires : la démocratie et le national-socialisme. Chacun a ses qualités et ses défauts, sauf que le vainqueur de la Seconde guerre m'interdit normalement d'écrire ce que je viens d'écrire - je ne peux l'écrire que parce que je ne représente rien - parce qu'il a gagné militairement, c'est tout et ça ne prouve idéologiquement strictement rien sauf qu'il savait faire de plus grosses bombes. Les atrocités du perdant ne sont confirmées que par un procès inique où les Alliés et leur amis du moment soviétiques étaient juges et parties, Bardèche renvoie donc les adversaires dos à dos. Puisque que la réalité ne les départage pas, il considère que les métaphysiques se valent.
Pour les Communismes, on peut penser que le manque de recul de l'immédiat après-guerre l’empêchait de voir l'étendu du désastre - et après tout, sur le papier, le socialisme était un beau projet.

Écrit par : Pharamond | 16/10/2016

Nathanaël > E. von Salomon ne rechignait pas à la brutalité, il suffit de lire "Les Réprouvés" pour s'en convaincre, mais il était nostalgique de l'Empire allemand et de la gloire prussienne, plus réactionnaire que révolutionnaire. Les Nazis ont réussit le tour de force de se faire une place en alliant bon gré mal gré de nombreux courants pas forcément convergents pour relever l'Allemagne. Quand les choses ont mal tourné, la cohésion n'a pas été facile à conserver.

Écrit par : Pharamond | 16/10/2016

"le nationalisme légitime et le socialisme nécessaire" (Strasser)

Écrit par : EQUALIZER | 16/10/2016

D'accord sur E. von Salomon, et son fighting spirit... assumé dans l'organisation Konsul sous Weimar, etc.
Je faisais allusion, plus qu'à l'expérience des Réprouvés, au témoignage du Fragbogen (Le Questionnaire), confession-plaidoyer certes rédigé après 45, mais sans doute sincère dans l'aveu d'une sorte de neutralité sous Hitler, compromis entre des nécessités alimentaires et une réelle répugnance envers une espèce de révolution plébéienne capable de purges hideuses, telles la Nuit des longs couteaux.
Il reste certes que les deux-cents victimes de juin 34 sont peu de choses à côté des procédés soviétiques contemporains (Goebbels le regrettera sur le tard !), et que le nazisme, comme le fascisme italien, sut aussi pratiquer lui-même le compromis politique et social. De l'aveu même de Salomon, le cinéma allemand (au gros de la production commercial et sans engagement idéologique), ignorait largement un régime qui le lui rendait bien (Le Juif Suss est une exception).

Écrit par : Nathanaël | 17/10/2016

EQUALIZER > Lequel Strasser ?

Nathanaël > Salomon avait une vision aristocratique du monde, elle avait de l'allure, mais n'était pas très sociale. Pour la Nuit des longs couteaux, il faut voir les choses sous l'angle d'une révolution et non d'une tyrannie conservatrice, les bavures dans ces cas là sont courantes encore que très réduites ici aux regards d'autres équivalents historiques. Et la thèse selon laquelle Hitler s'était fait intoxiquer par les éléments réactionnaires de la Wermacht qui l'auraient poussé à agir brutalement contre les SA qui constituaient l'aile gauche du parti en les accusant de préparer un putsch tient la route. Inquiet, il aurait agit le premier.


Le totalitarisme nazi était assez relâché sur bien des points de la vie quotidienne, le gestapiste à chaque de rue est une vision fantasmagorique. De même la censure ne bloquait que les productions antinazis ou défaitistes, pour le reste il n'y avait pas réellement de ligne. La servilité du monde artistique a fait le reste.

Écrit par : Pharamond | 17/10/2016

Les démêlés du Führer avec les galonnés de la Reichswehr devenue Whermacht tournent dans le détail au sac de nœuds peut-être jamais élucidé, tant ce qui reste d'archives a pu être épuré-tripatouillé par les vainqueurs.
J'aurais tendance à penser que les fiers généraux avaient une sainte pétoche du nouveau régime... dont le potentat, somme toute ancien combattant zélé, ne se rendait peut-être même pas compte. J'inclinerai à l'idée qu'aucune machination n'était nécessaire pour le décider au massacre à la romaine de juin 34, motivé par le seul souci de capter la loyauté de l'état-major : il n'y aurait pas de concurrence, et la SA se limiterait à faire la quête sur les trottoirs et parader à Nuremberg.
Les sombres affaires Blomberg-Fritsch de 38 furent probablement les soubresauts de ce compromis un peu boiteux, mais qui dura vaille que vaille jusqu'en juin-juillet 44 : tant que la météo fut aux victoires, ma foi, les officiers luthériens ne se plaignirent pas trop du tyran païen.

Écrit par : Nathanaël | 18/10/2016

Comme vous dites, c'est un sac de nœuds, d'autant plus que toute recherche sur l'époque est orientée. Sur le rapport Nazis et vieille Prusse je crois que c'était une relation ambiguë de respect-méfiance-fascination assez complexe, les généraux à l'ancienne étaient reconnaissant à Hitler d'avoir rétabli l'éclat de l'Allemagne et Hitler admirait le sens de l'ordre et l'efficacité de l'armée. Tant que tout allait bien ça roulait à peu près, ensuite...
Pour la peur qu'inspirait le régime aux généraux, je ne suis pas si sûr, au pire on tombait en disgrâce (souvent pour un temps relativement court), on ne finissait pas une balle dans la nuque comme à Moscou. Guderian par exemple gueulait régulièrement lors des réunions d'état-major en présence d'Hitler, il a fini par ne plus avoir de poste majeur malgré son talent.

Écrit par : Pharamond | 18/10/2016

@ Pharamond
Je suis d'accord, les épurations sanglantes sont pour l'essentiel postérieures à juillet 44 .

Écrit par : Paul-Emic | 18/10/2016

Une tentative de putsch avec tentative d'assassinat sur sa personne peut légèrement agacer. Et passé la traque et le châtiment des coupables et de leurs complices il faut attendre les derniers jours du Reich pour trouver de nouveau des exécutions sommaires.

Écrit par : Pharamond | 18/10/2016

il n' y a pas de comparaison entre le régime NS (du temps de paix) et le Communisme stalinien qui fut un véritable régime de terreur (déportations/goulag/exécutions massives/surveillance paranoïaque/famine organisée) et bip .. bip ... bip ... j' en dirai plus que y' aura plus de "bip" ..

Écrit par : EQUALIZER | 18/10/2016

et finalement allez donc voir ce texte qui m' agrée vachement beaucoup ... et fouillez les archives de ce Blog (en léthargie) qui ne manque pas de bon sens ... sur le "nazisme" vu par Léni ..
http://lingane.canalblog.com/archives/2010/05/12/17833197.html#comments

Écrit par : EQUALIZER | 19/10/2016

et tant qu' à faire dans la même (bonne) veine , tirage papier pour lire au coin du feu ...

http://lingane.canalblog.com/archives/2010/05/13/17844285.html#comments
et
http://lingane.canalblog.com/archives/2010/05/14/17889154.html#comments

Écrit par : EQUALIZER | 19/10/2016

Je précise ma pensée sur la crainte inspirée aux militaires par le nouveau régime : il y avait d'une part les procédés révolutionnaires de quoi inspirer une simple peur physique, mais il y eut aussi l'angoisse plus politique de voir le pays entraîné dans une aventure revancharde prématurée, d'où en 37-38 les manœuvres conspiratrices de Beck.
Mais, surprise ! le Reich met la main sur l'Autriche, les Sudètes et puis Prague sans essuyer un coup de feu. En août 39, nouvelle frayeur, mais on prend Varsovie en trois semaines, et la première armée du monde met bas les armes après des combats assez meurtriers, mais au bout de six semaines. Décidément, le petit caporal mérite quelque considération.
Pour finir, notons à propos de Beck que le bonhomme prendra une retraite à peine discrète, et qu'il faudra le renouvellement d'imprudentes complicités dans l'affaire de juillet 44 pour le perdre. On n'imagine guère pareille mansuétude à Moscou. La notion de compromis fasciste n'est pas impertinente. Goebbels n'avait pas tort de constater en 43 que le père Staline s'y était mieux pris. Lui, au moins, n'avait plus "d'opposition" !

Écrit par : Nathanaël | 19/10/2016

EQUALIZER > Non, il n'y en a pas même si des crétins ( c'est une litote) de droite essaient de la faire afin de noircir les cocos.

Je lirais les articles à tête reposée, mais ils m'ont l'air excellents. Merci.

Nathanaël > Le fascisme c'est le pragmatisme au service de la nation d'une certaine façon.
Pour le vœu de Goebbels, même si cela aurait épargné quelques trahisons et donné un peu plus de cohésion, cela n'aurait pas évité la défaite écrasante finale contre les hommes de l'URSS, le matériel des USA et les colonies de l'Empire britannique.

Écrit par : Pharamond | 19/10/2016

"la défaite écrasante..." n' était écrite nulle part . Le retard pris dans le déclenchement de "Barbarossa" oui sans doute mais pas que ... voir ce qu' en disait Boris Bajanov (in "Bajanov révèle Staline") j' ai (lu) son livre ...

http://www.voxnr.com/cc/d_allemagne/EEAkVVAkppjGoSkxfs.shtml

Écrit par : EQUALIZER | 19/10/2016

Sur la question du retard de Barbarossa, les Italiens ont le dos large. L,es Balkans tête de pont britannique, devaient être neutralisés de toute manière avant l'assaut sur l'URSS. Les Italiens ont peiné en passant par les montagnes, certes, mais ils auraient fini par l'emporter, les Grecs n'en pouvaient plus. Mussolini a-t-il agit sans demander à Hitler ? Je l'ignore, mais les Allemands ont chargé leurs ex-alliés de toutes les défaites majeurs. Le retard pris dans l'offensive à l'est a aussi bien pu être du à des retard logistiques et aux hésitations de l'Etat-major, tout simplement. Certains le pensent. Je ne suis ni voyant, ni historien, mais je crois pas que l'Allemagne aurait pu gagner la guerre, ce n'était pas une guerre territoriale à l'ancienne comme le croyait Hitler, mais une guerre idéologique totale avec la place que pour un vainqueur. Hitler l'a compris tardivement à ses dépends.
Quand on prisonniers soviétiques mourants dans les camps, cela peut s'expliquer par autre chose qu'une politique intentionnelle de la part du régime nazi.
Premièrement, les soviétiques se livraient à des meurtres et des tortures sur des prisonniers allemands ce qui n'incitait pas à la douceur et très vite une guerre de partisans atroce s'installa dans les territoires occupés. Ensuite, capturer autant d'hommes en si peu de temps pose d'immenses problèmes logistiques. En France déjà, où les chiffres étaient sans commune mesure, les prisonniers souffraient de la faim, les Allemands étant débordés par le nombres de soldats se rendant.
Le témoignage de Bajanov, pour intéressant qu'il soit, tombe un peu trop facilement dans le cliché d'un Hitler n'écoutant personne et sûr de lui.

Écrit par : Pharamond | 20/10/2016

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