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25/05/2016

Un bon croquis... (2)

Le site Pobediteli 1941-1945 propose une carte interactive de la guerre à l'est du lancement de l'Opération Barbarossa à la prise de Berlin. C'est très pro-soviétique, mais assez complet et en plusieurs langues dont le français.

 

Commentaires

Très bien, très suggestif. En particulier, ça montre bien l'effondrement rapide du groupe d'armée Centre en juin 44, défaite allemande contemporaine du Débarquement (ceci facilitant cela ; dispersion des forces), puis la "ruée de la Vistule à l'Oder" (Liddell Hart) début 45, rebelote, alors que le gros de la Wehrmacht avait été mobilisé dans la tentative des Ardennes. Ainsi Yalta se tint alors qu'on pouvait s'attendre à voir l'Armée Rouge entrer dans Berlin. Il n'en fut rien puisque, ultime coup de collier, le IIIe Reich rebascule ce qui lui reste de forces pour faire barrage à l'Est, et tient jusqu'en avril. Mais l'Ouest dégarni s'effondre à son tour en mars face aux Alliés qui passent le Rhin. Bref, à partir de l'été 44, l'armée allemande est prise dans la "stratégie ensorcelée" (Masson) : comme une guêpe piégée se cognant contre les parois d'un verre, elle ne peut plus que courir d'un front à l'autre, ce qu'elle réussit fort bien du point de vue logistique, malgré les partisans et l'offensive aérienne ennemie, mais sans rien réussir que retarder la chute finale.
Hitler voulait gagner en 39-40 là où Guillaume II avait échoué : éviter la guerre sur deux fronts, mais les mêmes causes produiront les mêmes conséquences.

Écrit par : Nathanaël | 25/05/2016

Je me demande si l'Allemagne n'avait pas perdu dès l'invasion de la Pologne. Prise dans un engrenage bien huilé par les Anglo-Américains ils n'ont fait que retardé l'échéance. Avec brio bien souvent, mais ignorant que l'on avait engagé une lutte à mort avec eux, ils croyaient à une guerre classique, à tort.

Écrit par : Pharamond | 25/05/2016

C'est très vrai, sur les principes. Le IIIe Reich s'est plutôt calé sur une géopolitique à la Schmitt-Hausshofer, en gros : entre la Panrussie et la Panamérique, une "Eurafrique" sous protectorat allemand (amputée du Royaume-Uni, mais notablement étendue au-délà du Niemen). C'est donc encore une logique de compromis entre "Grossraüme". Hitler n'a jamais rêvé de coventriséer New York, qu'au fond il méprise. Encore avant la bataille de Koursk, l'Axe envisage une victoire locale ouvrant une négociation avantageuse. En face, c'est la logique de "l'Universum", celle des Nations Unies de la Charte de l'Atlantique (août 1941) : un empire universel ne tolérant aucune dissidence et menant toute guerre comme une opération de police s'achevant par la condamnation pénale du vaincu (Téhéran, nov. 43 : la capitulation sans condition).
Quant aux faits stratégiques, Hitler aurait-il perdu pour avoir cru à un impossible espace entre les deux options de la géopolitique de Mckinder-Spykman, un impossible Rimland autonome entre le Heartland stalinien allié à l'Océania (Orwell) de Churchill-Roosevelt (août 1941 : la Wehrmacht est à Smolensk ; nov. 43 : elle repasse le Dniepr) ?

Écrit par : Nathanaël | 26/05/2016

Encore que l'Eurafrique avec comme base l'Axe Rome - Berlin (l'Empire italien n'était pas rien) n'est venu qu'après les hostilités ouvertes. Dantzig était, n'en déplaise à l'histoire officielle, la dernière revendication d'Hitler, son grignotage présenté comme les prémices de la conquête du monde n'était qu'un rassemblement des terres et des peuples germaniques opprimés dans d'autres états. Reste la question soviétique, malgré quelques état tampons les deux puissances étaient bien proches géographiquement et je pense que cela aurait fini par mal tourner un jour ou l'autre.

Écrit par : Pharamond | 26/05/2016

Je ne sais pas qu'elle a pu être l'ampleur des ambitions eurasiatiques du Führer, finalement lancé à l'assaut du Caucase à l'été 42. Mais ne jamais perdre de vue qu'outre que les IIIe Reich n'était pas un bloc, les options des grands activistes évoluent aussi dans le temps (Staline lui-même, ni consorts Bronstein ne savaient pas très bien ce que serait la collectivisation, et le "mérite" du père Joseph fut après tout d'avoir sauter le pas, et de lancer les guépéistes le Nagan au poing sur les isbas).
Quant à l'Afrique, la faiblesse de l'Axe était tout de même que lui échappait Suez, mais aussi le Maghreb, du fait de la duplicité retorse des Pétain, Franco et autre Weygand, fichues racaille réactionnaire aux yeux des sectateurs de l'Europe Nouvelle.

Écrit par : Nathanaël | 27/05/2016

Je peux me tromper, mais je crois que les Allemands voulaient surtout profiter de leur nouvelle prospérité dans le paix et quoi qu'en disent les historiens officiels la guerre n'était pas la marotte du moment d'une populace fanatisée.
Faiblesse de l'Axe en Afrique, sûrement, mais on en revient toujours à cette guerre non voulue et perdue d'avance. Avec l'invasion de la France et les finasseries interminables de Vichy le piège s'était déjà refermé sur le Reich.

Écrit par : Pharamond | 29/05/2016

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