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28/01/2006

La guerre civile ?

Le monde a toujours été scindé entre "Nous" et "Eux". "Nous" c'était la famille, le clan, la tribu des anciens temps, puis le peuple, l'ethnie, la nation ; "Eux" c'était l'étranger, l'Autre, les autres, tout ce qui n'était pas "Nous". Ils n'étaient pas obligatoirement ennemis, loin s'en faut, parfois même alliés, souvent adversaires ou concurrents, mais toujours différents.
Le groupe "Nous" n'en était pas pour autant hermétique, divers mouvement de population, voulus ou subits  permettaient une perméabilité du groupe. Cependant les nouveaux arrivants devaient s'assimiler, devenir des éléments du "Nous" et ne pas être trop nombreux sous peine de disloquer la communauté.
Les empires qui ont perdurer n'y ont réussis qu'en essayant de détruire le "Nous" originel pour leur imposer un grand "Nous" impossible à maintenir longtemps, ou plus généralement en respectant les groupes humains préexistants qui reparaissent dès que l'empire s'effondre.
Les choses ont changés, en Occident, et principalement en Europe est née l'idéologie de la fin de l'altérité. Sans craindre le paradoxe d'ailleurs ; l'"Autre", au nom de l'Homme universel, n'existe pas et pourtant il est encensé. Mais passons, le nouveau "Nous" doit maintenant couvrir l'humanité entière. L'Union Européenne dans ses efforts paranoïaques à détruire l'état-nation n'en est que la sinistre version administrative.
Peut-être les deux guerres mondiales ont-elles traumatisé à ce point les esprits que l'ancien "Nous" est devenu détestable.  Peut-être un long passé historique ne peut qu'accoucher de langueurs délétères. Peut-être, enfin, le mercantilisme ambiant se trouve très satisfaite de l'idéologie du moment et contribue de tout son pouvoir à la faire accréditer. Peu importe, l'idée est majoritaire actuellement chez les élites et tous ceux qui se targuent de penser comme elles.
Malheureusement, les choses ne se passent pas comme il le faudrait, la réalité ne s'efface pas devant les décrets ; force est de constater que les conflits perdurent. Et puis qui sommes "Nous" si tout le monde en fait partie. On ne peut se définir que par rapport aux autres, c'est une loi immuable. C'est oublié que l'"Autre" existe toujours, l'Adversaire, un "Eux" diabolisé et d'autant plus commode qu'il a été abattu il y des décennies, Sa Majesté des Ténèbres le Fascisme (penser Nazisme), et tout ses laquais ; la racisme, le colonialisme, l'homophobie, le machisme... Pour que "Nous" devenions l'humanité, il faut qu'"Eux" en sortent. Et l'on voit le plus tolérant des humanistes se muer en bête féroce contre ces adversaires, ces ennemis du genre humain, ces non humains.
Mais les choses se détraquent tout de même, au sein du "Nous", entre pareils, on se sentait en sécurité, et puisque qu'il s'étend aujourd'hui au monde entier on doit normalement s'y sentir  partout en sécurité. Bizarrement, c'est loin d'être le cas, au point de ne même plus l'être chez soi. Alors ? Alors, à moins que les choses changent et j'en doute, à trop vouloir distendre le "Nous", non seulement il se résorbe en le "Je" hédoniste et égoïste actuel, mais il risque tout simplement de se déchirer en lambeaux communautaires et archaïques porteurs de violents conflits.

27/01/2006

Silence

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Robert Bateman

Woodshed in winter

Convaincu


Je ne suis sur Haut et Fort  que depuis deux heures et je m’y sens déjà "chez moi". Je reste.

Servitude

Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde ; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme ; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tâcher de la définir, puisque je ne peux la nommer.

Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir ; il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?

Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société toute entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple.

 

Charles Alexis CLÉREL DE TOCQUEVILLE

De la démocratie en Amérique (1840)

 

Flocons

 

Sur le trottoir, deux adolescentes euphoriques tournent sur elles-mêmes, le visage tourné vers le ciel, les bras écartés. Moment de joie enfantine, il neige sur Bordeaux.

C’est fait

 

20six nouvelle formule ne m’apparaissant vraiment pas fonctionnel, après avoir jeter un œil sur les principaux hébergeurs de blogs, j’ai sélectionné Haut et Fort. J'espère avoir fait un bon choix.