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17/09/2020

Pépiements (5)

Les progressistes ne croient plus en Dieu, ils n'en ont plus besoin. Ils sont devenus eux-mêmes des demi-dieux émancipés de tout héritage, démiurges d'un monde nouveau. Ils oublient que les demi-dieux sont mortels et que la divinité, même incomplète, engendre de lourdes responsabilités.

Commentaires

Qui donc a besoin de croire en un dieu ? Autant je peux comprendre l'aimable, ingénieuse et philosophique invention de plusieurs divinités, autant la croyance en un seul tyran m'est un mystère. Ce qui me rappelle une réplique célèbre rapportée par Totor dans ses *Choses vues*[0] de 1847 :
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M. Arago avait une anecdote favorite. Quand Laplace eut publié sa Mécanique céleste, disait-il, l’empereur le fit venir. L’empereur était furieux. -- Comment, s’écria-t-il en apercevant Laplace, vous faites tout le système du monde, vous donnez les lois de toute la création, et dans tout votre livre vous ne parlez pas une seule fois de l’existence de Dieu ! -- Sire, répondit Laplace, je n’avais pas besoin de cette hypothèse.[1]
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Vraie ou apocryphe, la réponse est magnifique.
Une autre version de l'entretien mentionne la présence, ce jour-là, de Lagrange qui aurait ajouté : "Ah ! C’est une belle hypothèse ; ça explique beaucoup de choses."[2]
Un excellent site[3] consacré au grand Laplace évoque les relations entre le savant et l'empereur :
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Laplace est nommé ministre de l'intérieur par Napoléon, puis sénateur. C'est également Napoléon qui le nomme Comte de l'Empire.
La carrière de ministre de Laplace sera courte (6 semaines ?), et Napoléon le démettra rapidement pour les raisons qu'il expose dans ses mémoires : "Géomètre de premier rang, Laplace ne tarda pas à se montrer administrateur plus que médiocre ; dès son premier travail nous reconnûmes que nous nous étions trompé. Laplace ne saisissait aucune question sous son véritable point de vue : il cherchait des subtilités partout, n'avait que des idées problématiques, et portait enfin l'esprit des `infiniment petits' jusque dans l'administration."
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Une honnête expertise dans un domaine ne donne aucune autorité pour trancher dans tous les domaines. La délicate utilisation des capacités intellectuelles des vrais savants[4] devrait être réservée à des esprits dotés de bon sens. Toute ressemblance avec notre époque de docteurs Knock ivres de pouvoir et de prétention ne serait pas entièrement fortuite.

[0] "Vues" et parfois "inventues". ;-)
[1] https://fr.m.wikisource.org/wiki/Choses_vues/1847/Faits_contemporains_(2)
[2] Ici, dans la rubrique "Disputed" :
https://en.wikiquote.org/wiki/Pierre-Simon_Laplace
(On notera que la page n'existe pas en français !)
[3] https://reyssat.users.lmno.cnrs.fr/laplace/
[4] Le vrai savant n'est pas un idéologue ; il se soumet au réel pour mieux le maîtriser. Il réprouve donc l'imbécile propos de Rousseau qui voulait qu'on commençât par écarter tous les faits. Disciples de JJR, les sociologues et autres crétins dont l'occupation (ce n'est pas même une discipline) commence par "psy" ne sauraient être qualifiés de vrais savants, tout au plus d'escrocs et de tyranneaux au service du pouvoir.

Écrit par : Blumroch | 18/09/2020

P.S. : De fait, les autoproclamés (car c'est de la propagande) "progressistes" croient en deux dieux qu'ils idolâtrent sottement : le premier est évidemment l'imbécile "progrès", concept usurpé qui prétend, contre l'expérience, que le nouveau est toujours supérieur à l'ancien ; le second est cette folle idée, ésotériste et maçonnique, qu'est l'égrégore -- "Dieu n'existe pas, nous allons le créer". La meilleure réponse à cette dernière sottise est une nouvelle ultra-courte de Fredric Brown intitulée "Answer" ("La réponse") :
http://www.roma1.infn.it/~anzel/answer.html
Ou encore la lecture des ouvrages de Gustave Le Bon : rien de bon ne saurait sortir d'un groupe. Suffit de considérer une assemblée de foutriquetistes. Et quand ce n'est pas vrai, c'est que le groupe est manipulé : l'âge des masses est en réalité l'âge des meneurs -- à condition, hélas, que ces meneurs soient à la pauvre mesure des abrutis qu'ils manipulent, ce qui rend compte du succès des pires.

Écrit par : Blumroch | 18/09/2020

P.P.S. : En des temps plus éclairés, quand les cours de philo de terminale étaient convenables, on apprenait encore l'existence du *Novum Organum* de Francis Bacon, dont on connaissait au moins la formule "Natura enim non imperatur, nisi parendo.", parfois citée ainsi "Natura non ducitur ni parendo"[1], autrement dit : "For we cannot command nature except by obeying her."[2], "On ne commande à la nature qu'en lui obéissant".

[1] J'avoue n'avoir jamais lu le texte latin, et je ne sais donc la bonne version.
[2] https://en.wikisource.org/wiki/Novum_Organum/Book_I_(Spedding)

Écrit par : Blumroch | 18/09/2020

"l'imbécile "progrès", concept usurpé qui prétend, contre l'expérience, que le nouveau est toujours supérieur à l'ancien"

Si, si, le nouveau est supérieur à l'ancien, mais en un sens strictement Darwinien: il le *remplace* et c'est exactement ce que l'on voit aujourd'hui n'est ce pas?

Écrit par : realist | 18/09/2020

les meneurs ? on ne qualifiera pas Jeanne d' Arc de meneuse de revue pour bergères en folies ? belle époque ou le merveilleux joint au courage pouvait faire des miracles . Dolphy aura été un catalyseur ... il y a forcément une énergie, disons tellurique, qu'un réveil même tardif pourrait déchaîner ? Yggdrasil pas mort ... ! sauf à Bordeaux ;-) ?

Écrit par : EQUALIZER | 18/09/2020

@EQUALIZER;@EtAlii : Je faisais évidemment allusion aux modernes, aux seuls maudits *modernes* -- et c'est pourquoi je suis heureux de n'avoir pas à affronter un jour le regard et le jugement des Grands Anciens.
Une masse, ce n'est plus un peuple, et c'est pourquoi elle ne saurait être menée que par des abrutis lui étant à peine supérieurs. Dans le passé, on n'a d'ailleurs jamais vu des représentants politiques, même peu brillants, être aussi parfaitement médiocres, voire moins, que ceux d'aujourd'hui, indépendamment des modes de désignation presque toujours biaisés -- que ces gens se prennent pour une "élite", c'est à faire hennir les constellations (Bloy).
Un exemple : dans une vidéo récente, Le Gallou citait le funeste Philippot opposé à je ne sais quel médecin chef de service, bardé de peaux d'âne, confondant allègrement, tout à sa haine contre Trump, les valeurs absolues avec les pourcentages.
Incidemment, on constate le même phénomène dans les sectes : le gourou est toujours un escroc qui croit en partie à ses propres kronneries ; il est à un cran au-dessus de ses pigeons, jamais à deux crans ou plus ; si ce n'était pas le cas, il ne pourrait énoncer son catéchisme sans rire, ou en tout cas pas très longtemps (la simulation prolongée, c'est apparemment un art très difficile, à en croire les spécialistes du renseignement). C'est aussi valable si le gourou est une marionnette animée par un manipulateur discret.
Pour prendre l'exemple de Dolfie, je ne suis pas certain que son ancienne magie fonctionnerait avec les titulaires de carte d'identité allemande de ce temps. ;-)
L'époque du courage est révolue, comme celle de la détermination, comme celle de la rationalité, comme celle du bon sens. Après 45, les moutons ont progressivement changé de nature, ils ont muté.
Quant au surgissement de l'imprévu, c'est un beau thème de discours : de fait, on a toujours les conséquences, comme disait l'autre J.B.

Écrit par : Blumroch | 18/09/2020

P.S. : Démonstration : Foutriquet 2.0 porté au pouvoir par des abrutis qui tous[1] acceptent (en attendant pire) la muselière sans même grommeler -- au moins pour préserver un peu de dignité, manière de montrer qu'ils ne sont pas entièrement dupes des mensonges, puisqu'ils n'osent pas se révolter contre l'anéantissement prochain et le remplacement par de plus faibles Q.I. encore.
On sait : la vie, les soucis, les amendes, les coups...
(Yep, j'entends l'objection légitime et facile : comme l'un des héros de *The Moon Is A Harsh Mistress*, je veux au moins une chance sur dix de gagner avant de bouger, et au moins une personne sur dix pour aller au combat.)
Quand même : que feraient les seuls et derniers défenseurs du régime (milichiens et terroristes gauchistes) face à un peuple résolu à ne plus tolérer tout cela, et à exercer une immédiate, saine, juste et implacable vengeance ?
Ah oui, zut. Un *peuple*, pas un agrégat de titulaires de CNI ayant oublié que la France avait existé avant de n'être plus qu'un territoire -- non, même pas : une simple terre gaste -- sous contrôle des kriminels et des krétins nommés par Bruxelles.
Le rouge de la honte devrait monter au front de tous, et le sang devrait bouillir, à l'idée d'être tyrannisés par de tels krons dépourvus de facultés intellectuelles et morales.
N'importe qui pris au hasard serait moins pire, moins corrompu, moins inculte, moins dépourvu de honte.
Sur ce sujet, je pourrais citer, entre autres, les propos du grand Boucher de Perthes dans son *Petit glossaire*, mais pourquoi ne pas mentionner le grand méchant de la seconde série *Nikita* ? Percival "Percy" Rose disait en substance à ses complices, avec un cynisme amusé : c'est une chance pour l'oligarchie que les masses ne se sachent pas manipulées par un aussi petit nombre de gens ayant sur elles le pouvoir de vie et de mort. Mieux vaut les laisser croire aux dieux et au hasard, sans quoi l'édifice social s'écroulerait, et l'oligarchie avec lui. C'est presque une réflexion de Buchan, qui lui n'approuvait pas cette situation (les maîtres du Canada ont beaucoup changé depuis, tout comme le Canada qui n'a plus rien à voir avec celui que regrettait Lemieux).

[1] Oui, oui : *presque* tous. Mais combien sommes-nous ? 5% ? 1% ?

Écrit par : Blumroch | 18/09/2020

J'aurais dit entre 0,5 et 1%
Au pif

Écrit par : Kobus van Cleef | 19/09/2020

@Kobus van Cleef : De fait, comme vous, je tiens le nombre de réfractaires pour infinitésimal (après observation des comportements et après quelques conversations avec des gens normaux), mais j'ai voulu, pour une fois, feindre un immense optimisme.
C'est quand même étrange : voyant et entendant les Raoult, Perronne, Toussaint, Tubiana et autres, je vois et j'entends des médecins[1] ; voyant et entendant les salomon, veyran et autres, je vois des carriéristes.
C'est aussi le résumé qui vient à l'esprit au vu de la fiche de police d'un krétin kourtisan comme Blanquer, l'homme de la rentrée dans la joie (si, si, il l'a osé dire devant les caméras des soutiens du régime) : "Profession : carriériste prêt à tout."

[1] Ou en lisant ce bel éloge du vrai médecin qu'est l'*Esculape foudroyé* d'Alexandre Crespo.

Écrit par : Blumroch | 19/09/2020

Edit/Fixes : "je vois *et j'entends* des carriéristes", et surtout "*Alphonse* Crespo" -- qui voudra bien me pardonner cette sotte erreur de prénom. J'ai deux excuses (mauvaises, mais réelles) : ma mémoire, de plus en plus imprécise ; et surtout je viens juste de commencer à relire *Moi, Sylla, dictateur* de Pierre Simiot. Pour écrire cet énième commentaire inutile, j'ai interrompu ma lecture à cette profonde réflexion du grand Romain : "J'incline à penser que les historiens ont fait davantage pour la gloire d'Alexandre en relatant la bataille d'Issos que celui-ci en la gagnant contre Darius." (p. 17) Ce qui n'est pas faux. Sans l'omniscient chroniqueur de Conan, saurions-nous la belle prière que le guerrier adressait à Crom ? ;-)

Écrit par : Blumroch | 19/09/2020

Ha, si vous mêlez Conan à l'affaire, vous me prenez par les tripes
Il en eût été de même si vous aviez parlé de poleon, Charles Martel ou Alaric

Écrit par : Kobus van Cleef | 19/09/2020

@Kobus van Cleef : Grand souvenir, le pélerinage de Martel organisé par Lugan. ;-)

Écrit par : Blumroch | 19/09/2020

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