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06/09/2019

Petits rayons

Le week-end dernier en prenant ma voiture je m'aperçois que le problème de moteur pour lequel j'avais pris rendez-vous quelques jours auparavant, des à-coups aux accélérations et le voyant idoine allumé, s’est "réparé" de lui-même : conduite normale et voyant éteint. Un peu plus tard au supermarché je vois une ravissante petite blonde d'une vingtaine d'années visiblement de bonne humeur en train de chantonner, hésitante devant les étalages de légumes. Comme l’article que je dois prendre est juste devant elle et qu'elle ne semble pas se décider je lui demande pardon pour qu'elle veuille bien se décaler un peu. Perdue dans ses pensées elle semble légèrement surprise puis me laisse la place avec un magnifique sourire. Il y a parfois des petits riens qui illuminent votre journée.

Commentaires

Mais c'est presque du Catherine et ses serviettes pliées, ça ! (*%T BOLD *) ;-) (*%E *)
*Just* *joking* !

Écrit par : Blumroch | 06/09/2019

"Catherine et ses serviettes pliées" ? Sinon, je vous l'accorde je suis resté très "fleur bleue" parfois ;-)

Écrit par : Pharamond | 06/09/2019

@Pharamond : L'OEil de Sauron croit se souvenir d'une intervenante assez "New Age" célébrant les joies minuscules du quotidien -- ou quelque chose dans ce registre -- et jouant les grandes psychologues, évidemment.
Plaisanterie mise à part, je peux comprendre. Le chaton qui s'agite joyeusement, le sourire lumineux d'une dame qu'on apprécie, le programme qui tourne comme prévu, le bon livre qu'on relit avec plaisir : autant de "petits riens" qui illuminent la journée. Petites étincelles qui contrastent agréablement avec les sinistres feux dévorants de la modernité.

Écrit par : Blumroch | 06/09/2019

En cherchant j'ai retrouvé les commentaires ; Catherine se méprenait sur le sens de mon billet, son anecdote aurait mieux convenu à celui-ci.
Il s'agit de ces choses qui vous touchent par leur inattendu et leur beauté (pas forcément esthétique), mais les sources sont différentes : d'un côté le "petit rien" pourtant lumineux si on y est sensible et de l'autre la lumière vive, presque trop, qui vous frappe à l'estomac. J'hésite cependant je n'arrive pas à classer le sourire d'une jolie femme dans l'un ou l'autre, les deux peut-être ;-)

Écrit par : Pharamond | 06/09/2019

Les deux, évidemment. ;-)
Voici de nombreuses années, un collègue ricain me sommait de répondre à l'étrange question "Ginger or Mary Ann ?", joignant à son message la photo de deux jolies jeunes femmes. Il s'agissait de choisir entre les deux héroïnes d'un feuilleton dont j'ignorais (et dont j'ignore toujours à peu près) tout mais célèbre aux U.S. of A., *Gilligan's Island*. Au nom d'un psychologisme élémentaire et bien américain, les deux ravissantes incarnent évidemment l'une l'épouse parfaite, l'autre la maîtresse parfaite. Adaptant un mot de Dumas, ma réponse de sophiste avait étonné : "Impossible de choisir. Je préfère sortir avec la première et rentrer avec la seconde."... sans préciser qui était qui. ;-)

P.S. : Je viens de vérifier. Le problème intéresse toujours nos chers ricains !
https://thoughtcatalog.com/lorenzo-jensen-iii/2015/11/40-people-answer-the-most-important-question-in-the-world-ginger-or-mary-ann/

Écrit par : Blumroch | 06/09/2019

Oui, les deux sans doute ;-)

Il y a pas si longtemps en cherchant je ne sais trop quoi j’étais tombé sur la page Wikipédia de "Gilligan's Island". Je ne m'étais pas attardé plus que cela sur ce qui me semblait être une sitcom américaine parmi tant d'autres sans savoir qu'elle était source de "recherches" sociologiques. Ceci dit, bravo pour la réponse. Et quelle a été la réaction de votre interlocuteur ?

Écrit par : Pharamond | 08/09/2019

@Pharamond : J'avais été obligé de lui expliquer la facétie. Il avait alors indirectement rendu hommage à Dumas (car j'avais donné la source de mon adaptation) en admettant que c'était la réponse la plus habile à faire, inconcevable selon lui pour tout bon ricain pris dans la tenaille d'un faux ou d'un mauvais choix. ;-)

Écrit par : Blumroch | 08/09/2019

Face au choix proposé je crois que j'aurais bêtement désigné l'une ou l'autre selon l'humeur du jour en y ajoutant peut-être quelques remarques. C'est dans des cas comme celui-ci qu'une bonne culture est utile ;-)
Votre interlocuteur a été beau joueur sur le coup.

Écrit par : Pharamond | 08/09/2019

@Pharamond : Suffit de ne pas rester dans le cadre imposé et de déplacer, plus ou moins habilement, la question. Tous les philosophistes savent le faire. Le procédé est d'ailleurs analogue à certains tours de mathématiques amusantes.
L'honnêteté me commandait de mentionner Dumas, mais même sans cela, j'aurais trouvé la même solution pour n'avoir pas à choisir. Beaucoup plus jeune, quand je n'avais pas encore beaucoup lu, j'ai ainsi réinventé quelques formules trouvées par des prédécesseurs qui étaient autant de plagiaires par anticipation. ;-)
Dans le même registre, Bergier avait trouvé une solution géniale au problème du mandarin.

Écrit par : Blumroch | 08/09/2019

Le problème du mandarin ?

Écrit par : Pharamond | 09/09/2019

C'est un vieux problème de philosophie morale, qui doit bien remonter à Rousseau et à Diderot, en tout cas assez fameux au XIXe siècle. Toute ressemblance avec une nouvelle de Matheson n'est sans doute pas entièrement fortuite.

"Il existe en Chine un mandarin que vous pouvez tuer simplement en appuyant sur un bouton à Paris. Vous ne l'avez jamais vu. Il ne vous est rien. Il a fait un testament en votre faveur, vous laissant son immense fortune. Allez-vous appuyer sur le bouton ?"

Commentateurs et *lurkers*, à vos claviers ! Sans tricher. ;-)

Écrit par : Blumroch | 09/09/2019

Ce problème met mal à l'aise. Etant méfiant je n’appuierai pas partant du principe que tout se paie.

Écrit par : Pharamond | 09/09/2019

@Pharamond : Si j'ai bien saisi, vous n'appuyez pas sur le bouton au cas où, comme en magie, il y aurait un choc en retour. ;-)
Attendons quelques éventuelles réactions, si vous y consentez.

Écrit par : Blumroch | 09/09/2019

Exactement. J'ignore comment le mot incompréhensible que je viens d'effacer a remplacé "n’appuierai". Le début du sortilège, sans doute, et encore je n'ai pas appuyé ;-)

Oui, attendons un peu.

Écrit par : Pharamond | 09/09/2019

@Pharamond : J'avais rectifié. ;-)
En tout cas, vous avez une raison bonne et originale pour ne pas appuyer sur le bouton.

Écrit par : Blumroch | 09/09/2019

Je n'appuierais pas non plus, je pense ! Je n'ai pas de démonstration philosophique inédite et géniale pour justifier mon choix et résoudre une bonne pour toute ce problème. Je demeure simplement englué dans un sens moral de plus en plus archaïque qui me pousse à croire que, tout mandarin qu'il est, ce chinois peut mener confortablement sa vie en Chine et que, surtout, je n'ai pas à appuyer sur des boutons pour occire quiconque, surtout pour de l'argent. De plus, je serais fort ennuyé que l'on s'amuse à retourner le processus et qu'un quelconque mandarin presse inconsidérément des tas de boutons pour disposer d'une fortune que je ne possède même pas !
De toute manière ce genre de problèmes sophistes ne dispose-t-il pas toujours d'une solution très simple, qu'il faut trouver en contournant le problème ou en jouant sur les mots de l'énoncé, en sachant que, bien souvent, celui-ci est délibérément biaisé ? Pour le plaisir (un peu autistique) de l'exercice et au risque de friser le ridicule, je vais m'y risquer. Peut être s'agit-il en fait d'un canard mandarin, plutôt que d'un honnête fonctionnaire ? L'énoncé affirme-t-il le contraire ? Non, dirait-on ! Soit ! Admettons le principe et raisonnons en conséquence. Bien que la bestiole demeure fort sympathique (notamment pour les sauts qu'elle impose à ses canetons, pour sortir du nid, toujours perché très haut), j'aurais moins de pitié pour un volatile. je veux bien admettre qu'il dispose d'une grande fortune (sinon je me ferais attaquer par un comité anti-discrimination, je pense), mais je ne peux l'imaginer se présenter chez un notaire et y faire un testament ! ;-) Le problème est résolu en ce qu'il ne se pose même pas !
Je m'écarte du sujet du billet alors, pour faire pardonner mes élucubrations, je vais dire que je suis bien d'accord !

Écrit par : La Broigne | 10/09/2019

@La Broigne : Vous êtes trop subtil -- des études de philo ? ;-) Comme pour Pharamond et l'idée du choc en retour, vous devez être le premier à songer à un canard. ;-)
Aucun piège, aucune astuce dans l'énoncé : le mandarin a choisi votre nom au hasard dans un annuaire pour transmettre son héritage, sans la moindre condition et sans le moindre risque -- nous ne sommes *pas* dans *Les tribulations d'un Chinois en Chine*.
Situation hypothétique claire qui exige un choix simple : *quelles que soient vos raisons*, pressez-vous le bouton ou non ?
J'attends encore un peu pour donner la réponse, géniale, de Bergier.
Voici la mienne : je n'appuie pas sur le bouton, mais ce n'est pas sous l'influence de la morale, d'une morale, ou de la moraline. De fait, je n'ai aucune objection de principe contre l'élimination de mes congénères. Au reste, qui sait ? le mandarin mérite peut-être la mort. Mieux encore : sa fortune pourrait financer quelques menées efficaces contre la révolution autoproclamée progressiste.
Si je n'appuie pas, c'est pour ne rien devoir au mandarin. Sa fortune ne serait même pas la récompense d'un hasard de type loterie (impôt volontaire sur le malheur et surtout sur l'ignorance des mathématiques). Son origine ferait de moi une sorte de parasite, idée que je déteste ("Libertés et responsabilités"). Avoir un intérêt financier à tuer me déplaît. Et tuer *un* individu à distance, sans la moindre bonne raison, m'apparaît déloyal.
Maintenant, qu'on me dise que le mandarin, c'est Foutriquet 2.0 ou une crapule de ce genre, et là, je n'hésite pas à enfoncer le buzzer en m'écriant "Stéphanie de Monaco" pour donner une note comique à l'événement !

Écrit par : Blumroch | 10/09/2019

P.S. : Pour l'élimination d'une crapule, l'appui enthousiaste sur le bouton se ferait évidemment sans contrepartie financière, laquelle irait amoindrir la beauté du geste citoyen. ;-)
Incidemment, si le bouton permettait -- toujours sans la moindre récompense, évidemment -- l'éradication d'une *catégorie* entière de nuisibles, je n'aurais alors aucune hésitation et aucun scrupule. En face, ils n'hésiteraient pas eux non plus.

Écrit par : Blumroch | 10/09/2019

P.P.S. : *Mutatis mutandis*, "Le jeu du mandarin", quelle belle émission de télévision ce serait. "Faisons un rêve...", comme dit Guitry, avec cette *fiction* : on irait mettre (probablement de force, hélas !) à quelques élus, journalistes et autres membres de la nomenklatura un collier explosif ; on ferait leur portrait en célébrant, bien sûr, leurs hauts faits en faveur du bien public [rayer les trois derniers mots] de leurs intérêts privés ; et un téléspectateur aurait le privilège d'appuyer sur le bouton, expédiant ainsi *ad patres* une canaille *prise au hasard*, pour illustrer ces notions si décriées à gauche : l'injustice et l'inégalité. En guise de récompense, l'anonyme lambda prendrait la place de l'irremplaçable disparu.
Le film *Live !* ferait pâle figure à côté de ce divertissement moderne. ;-)

Écrit par : Blumroch | 10/09/2019

Blumroch > Il s'agit peut-être d'un vieux fond superstitieux ou chrétien qui me fait imaginer cette espèce de justice immanente.

Par contre, je suis d'accord, pour certains malfaisants je le ferai gratuitement.

Écrit par : Pharamond | 10/09/2019

@Pharamond : Je verrais plutôt dans les raisons de votre réponse une sage manifestation de prudence, de φρόνησις [1] : l'univers étant méchant, on ne sait jamais ce qu'il peut inventer pour nuire, et mieux vaut donc éviter de se signaler à son attention malveillante. Et puis, *timeo deos et dona ferentes*. ;-)
Seuls Crom, Cthulhu et peut-être Finagle [2] sont francs, qui ne font jamais le moindre cadeau.

Comme le sujet n'aura intéressé que trois personnes (merci à vous comme à La Broigne), je donnerai demain la réponse de Bergier.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Phronesis
[2] https://en.wikipedia.org/wiki/Finagle%27s_law

Écrit par : Blumroch | 10/09/2019

@Blumroch. L'hypothèse, pourtant séduisante, du canard ayant été écartée, je maintiens tout de même que je n'appuie pas ! J'ai encore la faiblesse de suivre le "tu ne tueras point" comme principe général d'action. (Je vais essayer de rester dans le cadre donné et ne vais pas partir sur la légitime défense toussa toussa ! D'ailleurs ça fragiliserait trop mes démonstrations, surtout que vous mettez très vite dans vos commentaires successifs le problème du mandarin en lien avec notre futur qui vient ;-) Là ça m'impacte bien plus directement, ma raison a bien plus de mal à agir froidement et la morale à dompter les passions ! On va dire que ma "nature" n'est pas menacée, donc ma "culture" peut prendre le pas sur tout !).
Pour revenir sur le problème : dans "tu ne tueras point", outre l'injonction divine (donc l'idée religieuse de punition, et a fortiori la valeur supplémentaire associée au principe, si on y croit), ce précepte m'apparaît comme nécessaire, dans une société humaine (j'entends par là un groupe d'humains, ne comptez pas sur moi pour me lancer dans de grands discours pompeux rousseauistes sur la Naaaature, la naaature humaiiiiine, la Sooooociété etc :-)), au bon déroulement d'une vie paisible. Son imposition me semble aller de pair avec la constitution, la cohérence et la cohésion de ces groupes naturels (famille, voisinage, etc... ) Certes, me direz-vous, il y a peu de chances que ce chinois et moi appartiennent à la même communauté naturelle et que donc nous pouvons nous entre-tuez sans remettre en cause ni la survie du groupe ni même paradoxalement la nôtre (pour le vainqueur évidement ! Il pourra ensuite tranquillement poursuivre sa vie, sans avoir ébranlé son propre monde par son acte). C'est plutôt vrai, mais ma culture chrétienne, pas vraiment par le certain universalisme-humanisme qu'elle pourrait supposer, m'en empêche pour le coté "tabou". Ceci étant en plus associé aux raisons exposées au dessus : je laisse volontiers cet homme vivre confortablement et je suis bien aise qu'il fasse de même. Soit dit en passant, mon estimation de la valeur de la vie est uniquement basée sur ma culture chrétienne. Hors de question de tomber dans un humanisme par trop moderne, qui expliquerait comment le monde est moins beau sans un tel (je crois que le monde s'en foutrait plutôt et qu'il ne manquerait par définitions qu'à ceux qui le connaissent). De même, je ne me ferais pas scrupule d'avoir empêché (par action directe ou quelconque effet papillon) la mise au point d'une invention géniale qui aurait soulagé la Terre entière. je n'ai pas une vision si stricte et linéaire du Destin.
Quant au fait que ce pourrait être une canaille, je comble simplement l'interrogation en me disant que je n'en sais rien. Je sais d'ailleurs bien une chose, c'est qu'il ne m'a pas été donné d'éradiquer de la surface de la terre tous ceux de leur espèce. (Et si, comme vous le proposez, le bouton s'occupait de toute une catégorie, je me dirais après tout qu'il s'agit seulement d'un problème sophiste qui n'est tout simplement pas réel...)
De plus, étant assez sensible à une certaine idée de la loi du talion, je comprendrais (mais n'apprécierais guère) une vengeance envers moi, provoquée par mes actes considérés comme mauvais. D'ailleurs, selon cette perspective, l'honnêteté du gars importe peu. C'est ce que je fais moi qui est jugé et condamné. Tenez, au risque d'être ennuyeux et incompréhensible, je vais poursuivre mes (petits) efforts d'anthropologue balbutiant : que ce soit par exemple, chez le père Hammourabi ou dans les lois germaniques (et bien d'autres !) on juge les actes du meurtrier et on s'intéresse peu aux circonstances. Il a perturbé l'ordre de la cité, une compensation matérielle doit être faite (Wergeld...). Il a accompli quelque chose de "tabou" (qui impacte la société, dans sa dimension matérielle et/ou religieuses, les deux n'étant jamais séparées), qu'il l'éprouve donc dans sa chair pour ramener l'harmonie du chaos et rééquilibrer la balance. Dans ces perspectives, la justice n'appartient pas aux hommes. Elle est un possession tout bonnement royale (donc divine). (on se pose des questions sur la légitimité de la justice telle que pratiquée et motivée depuis qq milliers d'années, maintenant, hein !) On maintient l'ordre dans la cité (sur les deux plans) d'une part et on juge le Bien et le Mal de l'autre... Je ne peux intervenir de mon propre chef dans le processus, même si ce serait pour retirer de la circulation une ordure (on va pas aborder le cas de la défense directe ; quand à sauver le monde seul, on l'a dit, c'est illusoire. De plus, pour être défaitiste, sa fortune ne me paraît pas suffisante pour contrer l'inéluctable. Mais elle pourrait nous permettre de bien rigoler par contre ! Ce serait notre fin homérique à nous, disparaître, mais riants de défi et de détachement). Mettez le sens embrouillé des lignes du dessus sur le compte de l'heure tardive !
J'apprécie assez vos raisons de ne pas appuyer ! Une sorte d'honneur "obtus", passant au delà des préoccupations matérielles, qui vise à garantir l'estime de soi, qui nous corsète... Un peu pompeux me dirait-on, mais délicieusement honorable. Comme vous d'ailleurs, je trouve l'opération particulièrement déloyale !
Je n'avais pas été frappé par le parallèle avec les *tribulations* avant de lire votre commentaire :-).
Et enfin, je vous remercie pour vos compliments ;-) Je ne peux cependant pas me targuer d'études de philosophie (plutôt Clio en fait, pour faire pédant). Certes j'aimerais humblement la fréquenter, et je l'essaye, mais comme dirait l'autre, il n'y a plus que des professeurs de philo etc...
Quant à l'idée que je sois le seul à avoir jamais essayé de résoudre ce fameux problème à l'aide d'un canard, cela me flatte énormément ;-) !!

Écrit par : La Broigne | 10/09/2019

Et j'attends cette fameuse réponse avec impatience, je me suis empêché de me documenter plus avant pour "garder la surprise" !

Écrit par : La Broigne | 10/09/2019

C'est aujourd'hui demain. Voici la suite du récit de Bergier tiré de *Je ne suis pas une légende*, un livre délicieux qui l'est d'ailleurs encore plus quand on possède la photocopie du chapitre consacré aux lecteurs de *Planète* (chapitre évidemment omis dans l'édition Retz, mais consultable dans les archives Bergier à Saint-Germain en Laye).
Notre auteur y évoque notamment ses trois années au lycée Saint-Louis à Paris. Le professeur de philosophie a soumis à la classe le fameux "problème du mandarin" tel qu'il est exposé par Rousseau. Chaque élève répond à son tour, qui semble donc n'avoir le choix qu'entre les deux termes de l'alternative : appuyer ou non. Récit :

A dix-huit ans, la plupart des jeunes gens sont cyniques. Ils répondaient donc : "Bien entendu." D'autres, par contre, pensant au livret scolaire et à la société en général, répondaient : "Jamais, ce serait un meurtre." Lorsque mon tour arriva, je déclarai : "Ni l'un ni l'autre." Un murmure sourd, mais audible, s'éleva dans la classe : "Il va le tuer comme il a tué le prof d'allemand l'année dernière. Il a mis la vie en équation et rien ne lui résiste."
Rouge de colère, le professeur de philosophie s'écria : "Puisque vous êtes tellement intelligent, Bergier, venez au tableau et expliquez à vos camarades votre solution du paradoxe de Rousseau." C'est ce que je m'empressai de faire : "Mes chers camarades, je me rends immédiatement à la poste pour télégraphier au mandarin : "Envoyez immédiatement dix millions de dollars ou appuie bouton."
Effondré, le professeur de philo gémit : "Cela fait cent cinquante ans qu'on étudie ce problème moral, et personne n'y avait pensé !
-- Cela prouve, Monsieur, dis-je, que jusqu'à présent, ce problème n'a été étudié que par des cons."
Et le prof de philo de répondre : "Je suivrai avec attention votre carrière, Bergier, jusqu'à la guillotine."

Oui, je sais : comment Bergier connaît-il l'identité et l'adresse du mandarin ainsi que le montant de sa fortune ? ;-) N'empêche : j'aurais aimé trouver cette réponse.

Écrit par : Blumroch | 11/09/2019

P.S. : J'avais bien le lointain souvenir d'avoir lu chez Diderot, Shatter Brain et Balzac quelques développements sur ce problème moral. Apparemment, le dernier avait forgé la référence à Rousseau ! On ne peut faire confiance à *personne*, quand ne sont donnés ni le titre, ni l'année, ni la page.
https://journals.openedition.org/rief/248

Écrit par : Blumroch | 11/09/2019

J'aurais bien aimé la trouver aussi ! Par "servitude intellectuelle" volontaire et raisonnable,, on reste dans le cadre qu'il nous semble être imposé, alors qu'il suffit de le contourner, de refuser le choix ! Face à tant de simplicité brillante, je regrette presque le pavé commis hier soir (l'excitation de la bataille passée, j'ai moi même du mal à m'y suivre ;-) !). J'aurais dû camper fermement sur mes positions de canard ! Surtout que si le but est de faire chanter le mandarin, un canard s'avère tout aussi efficace !

Écrit par : La Broigne | 11/09/2019

@La Broigne : Même pris dans la tenaille, on peut quand même n'avoir pas les *raisons* de tout le monde pour appuyer ou non sur le bouton. "Je presse le bouton parce que je ne crois pas à cette histoire" (réponse valable pour l'autre option aussi) ; "J'appuie parce que j'ai lu l'intégrale d'*Au bord de l'eau* et que depuis, j'en veux à tous les Chinois" ; "Je confie au hasard le soin de choisir et je lance une pièce : si c'est pile, j'appuie"... ;-)
En tout cas, content de vous avoir tiré du silence.

Écrit par : Blumroch | 11/09/2019

Blumroch > Futé, mais Bergier redéfinit un peu les règles. En partant de ce principe on peut aussi enquêter sur le bonhomme pour savoir s'il mérite la mort ou non ;-)

Écrit par : Pharamond | 11/09/2019

@Pharamond : Bergierophobe, allez ! ;-)
Contrairement à ce que nous faisons tous (quelles que soient nos *raisons*), Bergier échappe ici à la tenaille. Sa méthode est analogue à celle qui permet de résoudre le problème des neuf points :
http://eljjdx.canalblog.com/archives/2009/08/16/14745891.html

Écrit par : Blumroch | 11/09/2019

J'avais résolu le problème des neuf points quand on me l'avait présenté. Dans ce cas la difficulté était autre puisque visuelle, une fois quelques essais infructueux réalisés on comprend assez vite puisque qu'il est dit qu'il est possible d'y arriver qu'il faut passer outre des barrières qui d'ailleurs n'existent pas. Dans le problème du mandarin, la morale s'en mêle et il n'y a pas "une" solution ; libre à chacun de modifier les paramètres à sa guise. Les "rigoureux" essaieront de répondre en les changeant le moins possible sinon pas du tout afin de rester dans les clous et de se forcer à répondre au défi.

Écrit par : Pharamond | 11/09/2019

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