Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/09/2018

Peut-on mieux le dire ? (13)

Affaire Méric : le retour de la justice d'exception 

Le vendredi 14 septembre, la justice française, déjà mal en point, s'est gravement déshonorée.

En condamnant Esteban Morillo et Samuel Dufour à 11 et 7 ans de prison ferme, elle a révélé son vrai visage. Non pas celui d'une institution sereine, impartiale et équitable mais celui, hideux et grimaçant, d'une mégère hargneuse et cruelle, toute entière au service d'une basse vengeance politique. Car si Esteban et Samuel ont été frappés par des peines aussi lourdes - extravagantes au regard des sentences ordinairement prononcées pour ce type de faits, et même pour certains beaucoup plus graves et sordides...- c'est principalement, essentiellement même, parce qu'ils ont été désignés, qualifiés, identifiés comme étant des « skinheads », c'est à dire des individus incarnant – ou au moins singeant – l'idéologie du « mal ».

De ce fait, exclus du camp du « bien », donc de l'humanité, ils ne méritaient non seulement aucune pitié mais également un acharnement à la hauteur de leur crime idéologique de lèse-bien-pensance. C'est pourquoi, à une époque où la justice se gargarise de « seconde chance » de « réinsertion » et de « peines adaptées », il ne fallait pas uniquement punir mais surtout briser, éradiquer, broyer ces deux jeunes hommes sans antécédents criminels ni casiers judiciaires. Non pas pour ce qu'ils avaient fait – Samuel n'a même pas touché Méric!- mais pour ce qu'on leur reprochait de penser, pour les idées qu'on leur prêtait et pour ce qu'ils pouvaient incarner. Pour l'exemple.

Certains commentateurs ont également évoqué un « procès de classe », tant, il est vrai, était criante l'opposition absolue entre les milieux sociaux des accusés et de la victime, entre l'humilité ouvrière un peu hagarde des parents d'Esteban et l'arrogance bourgeoise pérorante des parents de Méric. Mais il ne s'agit là que d'un élément accessoire. Si Esteban et Samuel ont été si durement châtiés, ce n'est pas parce qu'ils sont des « prolos » mais bien parce qu'ils sont des « fachos ». Vouloir mettre en avant, dans cette affaire, une sorte de nouvel épisode de la « lutte des classes » - prégnante en beaucoup d'autres occasions... -, c'est se voiler la face. Car ce qu'ont clairement voulu faire un avocat général en croisade et une juge suintant le militantisme, c'est bel et bien poursuivre la « chasse aux fafs » entamée dans la rue par Clément Méric et ses amis qui, rappelons le, constituent des groupuscules activistes et violents qui n'ont pas pour but la promotion d'un quelconque projet politique ou d'un modèle de société alternatif, mais uniquement et exclusivement l'éradication, y compris physique, des mal pensants. Ainsi d'ailleurs, les simili-milices « antifas », prétendument révolutionnaires et libertaires, ont montré leur parfaite connivence, pour ne pas parler de collaboration, avec l'appareil répressif étatique. Deux méthodes, un même objectif.

Ces sentences, odieuses, sont d'autant plus graves et inquiétantes qu'elles donnent de facto un blanc-seing à la violence d'extrême-gauche (légitimée de façon délirante par les prétendues «belles idées humanistes » qui sont censées la motiver...) et ne laisse plus aux dissidents du politiquement correct qu'un seul choix : se laisser massacrer ou croupir en prison.

C'est pourquoi, tous ceux qui ne dénoncent pas avec la plus grande fermeté l'inanité de ce jugement, pour des raisons tactiques, « stratégiques » ou cosmétiques (cheveux trop courts, tatouages « craignos »...) font une grave et terrible faute qui se retournera contre eux lorsqu'ils seront à leur tour confrontés à cette « justice » fanatisée.

On annonce un nouveau procès, suite à l'appel du parquet. Espérons qu'il lave, au moins partiellement, l'honneur des magistrats. Mais ne rêvons pas trop...

Source : A moy que chault! 

Commentaires

En effet, je ne vois pas comment on pourrait mieux le dire...

Écrit par : Carine | 25/09/2018

"Honneur des magistrats" : cherchez l'erreur (un indice : remplacez "magistrats" par "journalistes"). Beketch disait fort bien qu'il reconnaissait un imbécile à ce que l'individu déclarait avoir confiance dans la justice de son pays, selon la grotesque formule consacrée.
Faut quand même être naïf pour ne pas comprendre qu'en face, ils livrent une guerre sans merci et qu'ils n'ont même plus à faire semblant d'être vaguement équitables ou légalistes. Tous les coups sont désormais permis, et la psychiatrisation façon U.R.S.S. de la grande époque n'est sans doute que le début. A considérer la passivité bovine des populations encore fascinées par TF1 et BFM, c'est gagné pour eux et leurs alliés importés.

Écrit par : Blumroch | 25/09/2018

Blumroch,
Le plus gros de la masse cherche comment continuer à mettre un peu de beurre sur son pain...
Les indigents ne se revolteront pas spontanément.
Il faut des leaders et ils manquent cruellement.

Écrit par : Carine | 25/09/2018

@Carine : Ce n'est, à mon sens, pas une excuse. A ce compte, tant qu'ils auront un tout *petit* quelque chose à perdre, ils continueront à subir sans jamais avoir le moindre sursaut de *dignité* (je ne dis même pas : de *lucidité*). Pourtant facile à comprendre : toutes les fois qu'on est mieux chez soi que dans la rue, on est certain d'être battu par ceux qui sont mieux dans la rue que chez eux.
Devrait exister une limite à la domestication, à l'aveuglement, à l'inconscience, à l'irréflexion.
L'âge des masses a beau être celui des meneurs (manifestes ou cachés), pas une raison non plus pour ne bouger que sur ordre de chefs -- qui ont toutes les chances de ne pas valoir mieux que ceux qui ont été suivis pendant des décennies sans le moindre résultat.
Pareto avait raison avec sa règle des 80/20. Et 20% de (plus ou moins) éveillés, c'est malheureusement insuffisant, d'autant que la proportion ne change pas assez rapidement.
Quant à attendre que surviennent les événements les plus terribles et les plus atroces pour commencer à envisager de réagir, ce n'est pas très malin.
Je sais : comme les autres, je parle (ou plutôt : je tape du texte sans grand intérêt) et je n'ai aucune solution intelligente à proposer en guise de "remède à tout", comme disait l'auteur du *Véridique rapport* -- sauf que je ne joue pas les augures, les penseurs et autres intellectuels. ;-)
Grand mystère (pas une énigme, dont la raison peut trouver la solution) : comment les moutons ne comprennent-ils pas que cette fois, ils ne seront pas simplement tondus par leurs mauvais bergers, mais aussi égorgés par les chiens ? Même les ricains commencent à comprendre cet état de guerre de l'oligarchie (et de ses supplétifs *armés*) contre l'ensemble des "riens" désarmés.
Gautier à la fin de sa vie, devant le sinistre spectacle chiennerie moderne, disait : "Je ne voudrais pas mourir, je voudrais être mort". Que dirait-il aujourd'hui ? :-(

Écrit par : Blumroch | 25/09/2018

"devant le sinistre spectacle de la chiennerie moderne", évidemment -- suis décidément bien las et bien bas. :-(
J'en profite pour rajouter ce post pensum : lire La Boétie, Spooner et Mirbeau, ce n'est pas difficile et c'est même agréable. En tirer les conséquences devrait être une évidence. Savoir dire : "non, sans moi, je ne marche pas (ou selon le cas, je ne marche plus)", ce devrait être un mouvement naturel.

Écrit par : Blumroch | 25/09/2018

Carine > Malheureusement, si je puis dire...

Blumroch > Même si la formulation est peut-être maladroite, car en effet pour laver ne serait-ce qu'un peu l'honneur de la magistrature il faudrait plus que détourner un fleuve, il arrive encore même si c'est de plus en plus rare qu'un magistrat fasse encore son travail honnêtement. Même si c'est de plus plus rare on peut toujours espérer pour les condamner. J'ai de gros doute car cette affaire tourne à une sorte de bras de fer en le Système et les "fachos" contre qui lesquels ne faut pas céder.

Écrit par : Pharamond | 26/09/2018

@Pharamond : Attention au mauvais usage des *rares* exceptions. Verrez que pour dissuader le peuple de réclamer des comptes et des sanctions à ses très nombreux oppresseurs, on dira "Oui, tous des pourris, mais j'en connais *personnellement moi-même* un qui est honnête". ;-)
Quant à l'affaire, elle a cette triste vertu (comme tant d'autres en ce moment), que de montrer que le système a enfin tombé le masque : ils veulent notre peau et ne s'en cachent plus. Le mystère, c'est que la population refuse de voir la vérité en fa(r)ce.

Écrit par : Blumroch | 26/09/2018

Ne vous inquiétez pas, je ne me leurre pas et d'entendre dire qu'il existe des magistrats qui paraissent impartiaux me surprend toujours, mais comme dirait Audiard "il y a aussi des poissons volants, mais ça ne constitue pas la majorité de l'espèce" et je n'ai aucune sympathie pour celle-ci.

Écrit par : Pharamond | 26/09/2018

@Blumroch
Votreréponse à Carine me fait penser à cette scène d'anthologie de "La traversée de Paris" où Gabin pourrit le cafetier et part en disant "Salauds de pauvres"

Écrit par : Philippe Dubois | 26/09/2018

@Philippe Dubois : N'ayant pas vu le film, je suis dans l'impossibilité de savoir si votre remarque est un compliment ou une pique ! ;-) En tout cas, j'apprends l'origine de l'expression. Jusqu'à ce jour, ce n'était pour moi que le titre d'un fade pamphlet d'une certaine Isabelle Drouin, assez gauchiste.

Écrit par : Blumroch | 26/09/2018

@Philippe Dubois : L'intemporelle mémoire de YouTube m'a permis de découvrir la séquence :
https://www.youtube.com/watch?v=lkhmMfnq3nQ
Je ne suis pas beaucoup plus avancé. ;-)
Quand Gabin exige du cafetier ses "nom, âge, situation de famille et tout" et que l'autre s'exécute sans protester, j'ai pensé à cette anecdote, hélas impossible à vérifier, qu'évoquait Raspail dans une de ses nouvelles. Dans les années 50, Nimier et quelques amis, déguisés en boches, *auraient* installé un barrage sur une petite route, et demandé, fort poliment, leurs papiers à quelques automobilistes qui auraient obtempéré, allant jusqu'à s'excuser de n'avoir pas un Ausweis. *Se non e vero*...

Écrit par : Blumroch | 26/09/2018

il y a cent ans de couillons condamnaient un innocent (Dreyfus) et notre famille politique se croyait obligée d'approuver. Depuis on nous casse les couilles avec ça.

Ce coup là, le petit skin, trouvera-t-il – je ne dis pas un Peguy – mais un Zola pour le défendre ?

Écrit par : Dia | 27/09/2018

Aujourd'hui, le " j'accuse" d'un phare littéraire ou philosophe ne trouverait aucun relais papier de grande audience, ni radio ni télé.
Nous accusons, autant que nous le pouvons, mais le résultat ?

Des grandes voix scientifiques s'élèvent contre d'autres scandales dans leurs domaines(malbouffe, lobbies pharmaceutiques, 11 vaccins, etc), on les entend ou les lit quelque part, à part le net ?

Écrit par : Carine | 27/09/2018

Dia > Trop sulfureux, même dans la dissidence marginalisée on ne se bouscule pas pour les défendre alors chez ceux qui passent dans les médias...

Carine > Tout est noyé dans un brouhahas où tout se mélange, le grave et le futile, le vrai et le faux, le sérieux et de ludique et les voix isolées y sont inaudibles.

Écrit par : Pharamond | 27/09/2018

Leçon tirée d'une nouvelle de Fritz Leiber intitulée *Nos vacances en soucoupe* : les Grands Mensonges ne se combattent pas avec de Grandes Vérités mais avec de Petits Mensonges. ;-) et :-(

Écrit par : Blumroch | 27/09/2018

Blumroch > Je n'en suis pas convaincu.

Écrit par : Pharamond | 27/09/2018

Quelle profession fut le moins épurée à la libération ?
La magistrature ! La bazoche !
Toutes les autres ont payé tribut au pouvoir nouvellement installé
Pas les juges
Ça fait réfléchir, pas vrai ?

Écrit par : Kobus van cleef | 27/09/2018

Je l'ignorais, et effectivement cela fait réfléchir.

Écrit par : Pharamond | 27/09/2018

Dans magistrat il y a "rat" et comme chacun sait, le rat passe ;o)

Écrit par : téléphobe | 28/09/2018

... et quitte le navire quand il le faut ;-)

Écrit par : Pharamond | 28/09/2018

Écrire un commentaire