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19/06/2018

Point de détail

Consultons la table des matières du manuel scolaire "Histoire Géographie - 1re ST2S - Programme 2017" des éditions Belin dont il était déjà question dans un précédent billet.

Sur le Seconde Guerre mondiale :

"Cours 4  L'Europe dans la Seconde Guerre mondiale

 Cours 5  Un bilan tragique pour l’Europe"

Soit 4 pages en tout et pour tout.

Sur la Shoah :

"Sujet 3  Auschwitz

Synthèse"

Soit 8 pages c'est à dire le double que pour traiter du second conflit mondial...

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Commentaires

Comme disait sauf erreur le Menhir, "la seconde guerre mondiale est un point de détail de la Shoah."

Écrit par : UnOurs | 19/06/2018

Oui, je me souviens que quand j'étais encore scolarisé, il y a longtemps, les crimes nazis (on ne disait pas encore Shoah) n'occupaient qu'une page.
D'autre part, à lire la table des matières du manuel on se demande comment les lycéens s'y retrouvent et peuvent avoir une vision cohérente de l'histoire...

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

La vision est cohérente: blancs = salauds.
Quant aux 8 pages, encore faut-il qu'ils soient capables de les lire.

Écrit par : Sven | 19/06/2018

Oui, "blancs = salauds" sauf ceux qui aident les juifs et les étrangers.

8 pages avec des images...

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

Amusant de voir comme la forme du régime se substitue au nom du pays.
Quelque chose me dit que j'aurais été un fort mauvais élève ou un élève fort mal noté, aujourd'hui, avec un "enseignement" de ce type -- et pas seulement en histoire.

Écrit par : Blumroch | 19/06/2018

Oui et avec ses héros, voir les 8 pages consacrées à Jean Moulin.
En gros ce manuel d'histoire c'est : la république (démocratie) c'est bien et le reste est fasciste et conduit à l'horreur des camps de la mort. Si ce n'est pas de la propagande je ne sais pas ce que c'est.

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

Dans mes souvenirs, j'étais encore petit, la "machinerie" me semble avoir commencé avec la série "Holocauste".

Écrit par : UnOurs | 19/06/2018

UnOurs > Il me semble aussi. Notons au passage que les noms donnés à cet tragédie viennent tous deux d’œuvres "artistiques", une série pour "Holocauste" et un "documentaire" pour "Shoah" ; où quand le pouvoir de dramatisation du visuel remplace la recherche historique.

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

J'ai appris, aujourd'hui, qu'il n'était plus question de littérature au bac de français, enfin au bac de l'idiome de la république. Il paraîtrait que le sujet de la dissertation ait consisté en la rédaction d'un article de journal polémique sur le droit des animaux. Ce qu'on nous demandait au brevet.

Écrit par : Sven | 19/06/2018

Pour "le sujet d'invention". es textes du corpus étaient de Montaigne, Rousseau, Voltaire et Yourcenar. Et puis il était question de défense des animaux, j'ai du mal à protester ;-)
https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/06/18/bac-francais-2018-decouvrez-les-sujets-de-l-epreuve-a-partir-de-15-h-15_5317106_4401467.html

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

Sont trop timides. Faudrait rétablir le calendrier révolutionnaire, qui commencerait cette fois au 10 mai 1981 -- et avant 1981, direz-vous ? "Rien", évidemment, comme le formulait Louis XVI sur le fameux cahier qui était en fait un carnet de chasse.
Mieux encore : le premier flatteur qui ferait un calendrier ayant pour origine la date de naissance du télévangéliste (ou même celle où il fut nommé officiellement par ses marionnettistes) pourrait bien finir dir'cab', voire ministre, comme la première blogueuse venue. Je vois déjà les rares jours fériés pour célébrer Trogneux et Soros. Dépassé, le calendrier du Discordianisme militant !
Aucun rapport direct, mais relisant l'excellent *Elysez-les tous !* des *Jalons* quand ils étaient encore talentueux, je retrouve cette belle formule : "Dans l'absolu, il est donc clair qu'un système permettant de faire l'économie des élections serait la meilleure forme de démocratie.". Suffit de remplacer ce dernier mot, généralement écrit avec deux "s", par la forme avilie de cette chose aussi publique qu'une fille, et hop, tous les ceusses de la fraternité s'y retrouveraient.
Toujours sans rapport direct, cette vidéo avec quelques fausses audaces et quelques précautions, mais dont la fin, classique, est bien amenée :
https://www.youtube.com/watch?v=SyB8VPufB-s

Écrit par : Blumroch | 19/06/2018

Pas mal la vidéo, c'est encore trop soft à mon goût, mais pas mal du tout.

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

Amusant. Ces fausses audaces, c'est pour nous faire croire que nous avons un semblant de libertés. Ils sont l'une des soupapes du système.

Écrit par : Sven | 19/06/2018

Oui, mais parfois ça tombe juste, alors ne boudons pas notre plaisir... sans nous leurrer.

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

Je vois mal YouTube diffuser du venin, tout au plus du vinaigre. Avez noté que l'énumération des ceusses qui "pensent autrement" ne comporte que "les utopistes, les gauchistes et les conspirationnistes" (autrement dit, "les méchanconistes") quand on pouvait légitimement attendre quelques autres catégories plus acides.
Les *Inconnus*, pour lesquels je n'avais pas de considération particulière, passeraient aujourd'hui pour de grands subversifs -- ce qui donne bien la mesure de la cage qui nous enferme.

Écrit par : Blumroch | 19/06/2018

Je m'étais fait exactement la même réflexion. La Bajon veut conserver ses entrées à la télé.
Et ce qui nous attend semble encore bien pire.

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

Elle est à l'évidence bonne commerçante. Faut admettre que dans "nos" milieux, certains aussi considèrent leur public comme autant de moutons à tondre (ce qui n'empêche pas, sans doute, quelques convictions mais *rentabilisées*).

Écrit par : Blumroch | 19/06/2018

Blumroch > Malheureusement, dans ce monde sans repère le cynisme finit par ronger les âmes de presque tous.

Écrit par : Pharamond | 19/06/2018

@Blumroch : vous touchez là un point important; certains se font un devoir de nous vendre nos propres idées - dans le buzyness, l'avidité gangrène tout ;o)

Écrit par : téléphobe | 20/06/2018

@téléphobe : Au nom du "maximalisme le plus intransigeant", je dois avouer n'admettre le commerce que dans ces deux sens, recensés par saint Littré (parmi d'autres qui me semblent, eux, forgés par quelque faussaire habile) : "manière de se comporter à l'égard d'autrui" et "liaison illicite entre deux personnes de sexe différent" -- avec les évolutions que nous imposent certains grands malades approuvés par nos maîtres, on peut imaginer que l'adjectif "illicite" sera remplacé par "illégal", en attendant d'autres barbares. :-(
"A vendre : tables de la Loi, gravées au stylo à bille, authenticité incertaine". ;-)

Écrit par : Blumroch | 20/06/2018

Si je puis me permettre (et même si j'arrive après tout le monde), il faut voir qu'il y a deux choses différentes dans ce programme.
Il y a la partie "cours", où l'élève doit retenir, ici, les grandes phases de la Seconde Guerre mondiale, et son bilan. On parle de la filière ST2S, qui est composée d'élèves (très souvent des filles) généralement faibles, très peu travailleurs, de qui il est très difficile d'obtenir un effort de mémoire. Pour vous la faire courte : si en fin d'année on arrive à leur faire retenir 1939 agression de la Pologne, 1940 campagne de France, 1941 opération Barbarossa, 1942 avancée maximale de l'Axe, 1943 retournement et début des débarquements, 1945 fin de la guerre, on sera déjà bien contents.
Et je dis ça sans le moindre humour. On parle d'élèves qui ne voient sincèrement pas le problème à placer la Chine et la Russie sur une carte du continent africain.
Donc voilà. La partie cours est certes taillée à grands coups de serpe, et doit probablement vous paraître indigente, mais encore une fois, si on arrive à leur faire retenir 39-45 ben ce n'est déjà pas si mal. Deux pages de cours à retenir, pour un ST2S, c'est déjà énorme.

A cette partie "cours à apprendre", le professeur ajoute une étude de cas qui vise à entraîner les élèves à commenter des documents à partir des connaissances du cours. Alors du coup le volume de pages augmente dans le manuel, puisque justement, l'objectif c'est de travailler à partir d'un panel important de documents. L'étude de cas est choisie parmi trois possibles. Donc tous les ST2S ne traiteront pas Auschwitz, en fait.

Voilà, inutile de voir du complot partout :) (et si vous avez des questions complémentaires sur l'enseignement de l'histoire au lycée, n'hésitez pas).

Écrit par : Artémise | 06/07/2018

Merci pour les précisions. Je ne suis pas professeur, mais travaille tout de même dans le milieu scolaire et pour avoir vu des sujets de contrôle j'ai constaté que la Shoah est un thème incontournable.
Sur le manuel s'il est vrai qu'il ne faut pas confondre cours et sujet d'étude on en vient tout de même à une Seconde guerre expédiée en 3 ou 4 dates et un dossier plus approfondi sur Auschwitz même s'il est facultatif en principe.
Quant au complot des professeurs je n'y crois pas et je n'en ai jamais parlé. Ils agissent seulement en bons petits soldats de la République, même si j'en ai vu désespérer devant les contenu du programme, ils l’appliquent à la lettre.
Il n'y a pas "complot", mais "projet" et il est conçu bien plus haut.

Écrit par : Pharamond | 06/07/2018

Evidemment, j'ai bien vu que vous ne parliez pas de complot (d'autres sont moins nuancés que vous).

Pour l'importance de la Shoah dans les programmes, il faut souligner que l'optique dans laquelle on voit les guerres mondiales a changé. Le but n'est plus de "faire la Seconde guerre mondiale" de septembre 39 à septembre 45, mais d'envisager les choses sous un angle problématisé. Est-ce bien, est-ce souhaitable, les avis sont partagés. Il y a ceux qui disent que la problématisation est trop compliquée pour des lycéens. D'autres qui estiment qu'au lycée, il est temps de dépasser le simple récit chronologique pour passer à une analyse plus critique.

Pour le cas des guerres du XXe siècle, il s'agit de voir ce qu'est, pour la Première, une "guerre totale", et pour la Seconde, une "guerre d'anéantissement". En filière générale, on a le temps (enfin, un temps relatif hein...) de parler des bombardements, des économies de guerre, etc. En filière techno, on n'a pas le temps.

Si j'en crois les fiches Eduscol, du reste, il est recommandé de passer 5 à 7h sur la Seconde Guerre mondiale en général, et 4 à 5h sur l'étude de cas (Auschwitz ou autre). Et encore une fois ça ne sera pas du tout la même pratique pédagogique : la partie "cours" sera bien plus dense en informations données aux élèves (donc 5 à 7h de cours à apprendre) alors que la partie "étude de cas" laissera beaucoup plus de place à l'analyse des documents, à la réflexion des élèves, etc. Au bout du compte, la "trace écrite" sur l'étude de cas sera bien plus succinte que le cours.
Sur le cahier d'un élève, cela donnera vraisemblablement 4-6 pages de cours à apprendre sur la Seconde Guerre mondiale en général, 2-3 max sur l'étude de cas. Donc on ne peut techniquement pas dire que l'étude sur Auschwitz sera plus longue que le cours sur la Seconde Guerre mondiale.

Pour l'aspect "thème incontournable", il est évident qu'Auschwitz est un sujet qui pèse lourd. C'est quand même l'élément le plus marquant de la guerre d'anéantissement, et, je crois, le plus à la portée des élèves. Bien sûr, en étudiant les guerres et les totalitarismes, on pourrait se lancer dans un thème sur la bombe atomique, sur la famine programmée en Ukraine, que sais-je encore, mais ça demande probablement des connaissances supérieures à ce que peut appréhender un lycéen moyen.

Et je le dis en évitant pour ma part de passer du temps sur les questions génocidaires car dans le manuel de mon lycée, il y a la photo d'un groupe de gamins partant à la sélection à Auschwitz. Depuis que je suis mère de famille, ce sujet me fait quasiment chialer devant les élèves (d'autant que dans le manuel de mon lycée, sur la photo, on voit un gamin de deux-trois ans qui ressemble furieusement à l'un de mes fils). C'est probablement débile vu de l'extérieur.

(Et ajoutons quitte à passer définitivement pour une nouille cucul la praline, que j'évite souvent d'avoir des premières pour éviter les chapitres si pénibles des guerres mondiales, des totalitarismes et consors : le moyen-âge, la chrétienté médiévale, la renaissance en seconde, c'est définitivement plus reposant pour mes petits neurones).

Écrit par : Artémise | 06/07/2018

Même si il y a moins de cours écrits sur la Shoah que sur la Seconde guerre dans le cahier de l'élève l'émotion suscitée par l’iconographie et l'utilisation de médias c'est à dire de vidéos caricaturales est faite pour ancré chez lui la notion d'une lutte entre le Bien et le Mal sans possibilité de réflexion sur le pourquoi des choix de l'époque.
Quand au(x) génocide(s) les lois françaises m'interdisent d'entrer plus en détail ici, veuillez ne pas m'en tenir rigueur. L'émotion compréhensible que suscite en vous certaines images prouvent en partie que "le travail de Mémoire" à fait efficacement son oeuvre, cependant nous ne sommes plus ici dans le domaine historique, mais dans celui de l'émotionnel.

Écrit par : Pharamond | 06/07/2018

il est déjà difficile d' aborder la guerre continue que mène l' islam contre l' Europe depuis le 8è siècle ... 732 ? chutttt ! alors sur le sujet qui "fâche" n' en parlons pas ! sauf à dire ce qu' il est permis de dire ...

http://eurolibertes.com/histoire/charles-martel-negationnisme-service-de-lislam/

Écrit par : EQUALIZER | 06/07/2018

J'attends le guide officiel de ce qu'il est interdit de dire, ou plutôt de ce qu'il est autorisé de dire : il y aura moins de page à imprimer.

Merci pour le lien, synthétique et très intéressant.

Écrit par : Pharamond | 06/07/2018

Il y a très certainement des collègues qui font mal leur travail. Mais dans l'ensemble, les professeurs tentent, me semble-t-il, justement, de ne pas chercher à émouvoir les élèves mais à expliquer.
D'ailleurs, dans la mesure du possible, nous essayons de passer aussi du temps sur plusieurs aspects qui permettent justement de montrer que les choses sont bien plus compliquées que "c'est les gentils contre les méchants".

Après il est difficile de ne pas être ému, quel que soit le sujet. Raconter la Shoah m'horrifie tout autant que de lire un récit sur le sac du Palatinat par Louis XIV ou des massacres de la guerre de Trente Ans. ça va que mon domaine de recherche est plus tranquille.

Écrit par : Artémise | 06/07/2018

Je ne dis pas que les professeurs font mal leur travail, je dis qu'ils le font qu'ils soient d'accord ou non avec. Je ne les en blâme pas, c'est comme ça et c'est comme ça pour trop de choses.

Ne le prenez pas mal, mais je me demande si l'émotion a sa place dans le travail de l'historien. Bien sûr il est humain, heureusement, et bien sûr il y a des choses qui nous bouleversent sans qu'on n'y puisse rien. Mais ce sentiment est malheureusement la porte ouverte à bien des manipulations et des "formatages".

Écrit par : Pharamond | 06/07/2018

Le Goulag n' existe pas , n'a jamais existé . C' est ce qu' il me semble vu qu' on n' en parle jamais dans nos media ... voilà . Le "communisme soviétoïde" zéro mort ! 100 millions disent les mauvaises langues ? et après ? on peut toujours se dire "communiste" et admirateur de "Staline" sans que cela ne fasse un scandale mondial ... avec Hitler j' ai pas essayé , c' est pas dans mes prix .. :-D

A propos de Staline , il faut être juste , le système a été mis en place par Lénine .. lui s' en est servi pour éliminer ses concurrents et adversaires (anarchistes, trotskistes... tous bons communistes de la 1ère heure!) le socialisme dans un seul pays c' est lui .

Écrit par : EQUALIZER | 06/07/2018

Raconter la shoah horrifie quand on y croit.

Écrit par : Carine | 06/07/2018

Oups, pardon.
Ça m'a échappé.

Écrit par : Carine | 06/07/2018

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