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26/09/2017

Le jeu des deux images (287)

Comme son nom l'indique il s'agit de deux images qui doivent vous permettre par analogie de deviner l'identité d'une personnalité vivante ou défunte. Cette énigme nous est aimablement proposée par Blumroch.

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Commentaires

Pour faire avancer le shmeuleu... shmil.. je dirai que la première image représente Cecil B. De Mille. Quant à la seconde..... Tout ce que je sais c'est qu'il a fait tourner plusieurs fois Charlton Heston ;o)

Écrit par : téléphobe | 27/09/2017

Cecil B. De Mille induit Charlton Heston, qui induit Moïse et l'ancien testament, qui induit Ben-Hur et le nouveau testament, qui induit Constantin par ce signe tu vaincras, qui induit la Contantin film GMBH productrice de pour quelques dollars de plus. Nous revenons donc à Clint Eastwood. On ne me la fait pas à moi !

Écrit par : Coach Berny | 27/09/2017

@téléphobe : C'est bien Cecil B. DeMille, qui a joué un rôle décisif dans la vie de la personnalité à trouver.
@Coach Berny : Enchaînement admirablement vraisemblable... mais ce n'est pas Clint Eastwood quand même ! ;-)

Écrit par : Blumroch | 27/09/2017

erreur

sur la première , le mec cligne des yeux , ses lunettes sont sales , d'ailleurs, il les tient à la main, c'est donc afflelou ("il est fou , afflelou")

sur la deuxième , le dollar , vert , triomphe du fascisme, on voit clairement le vaincu lever la main dans un salut itlairien , donc c'est le fascisme vaincu (mais je n'ai que dix neuf chaises )

on remarquera en passant et ceci est primordial , que le fascisme, COMME son vainqueur est.....vert !

oui , vert !

VERT !


ha , ça s'éclaire dans vos obscures cervelles ?

non?

NON ?

mais je vous ai tout expliqué

un opticien, vainqueur d'un fascisme....vert ....!

c'est bachar el assad !

opticien, bachar a fait des études d'ophtalmologiste à londres
fascisme vert , le 'slamisme

donc bachar

Écrit par : kobus van cleef | 27/09/2017

Claudette Colbert ?

Écrit par : PdL | 27/09/2017

J'appuie la solution de kobus van cleef qui me semble tout à fait pertinente ;o)

Écrit par : téléphobe | 27/09/2017

@kobus van cleef : Le malheureux Bachar el-Assad n'est pas la solution, mais je salue le cheminement, fort habile (à l'image de celui proposé par Coach Berny), qui vous a mené à cette hypothèse ! J'ai failli en oublier le *vrai* mot de l'énigme. ;-)
@PdL : Seule la première image pourrait convenir. Au reste, je ne suis pas *si* cinéphile que d'aller choisir cette actrice sans doute encore connue de quelques rares cinéphiles.
@téléphobe : Think twice ! L'hypothèse de kobus van cleef est vraisemblable, elle n'est pas vraie. ;-)

Écrit par : Blumroch | 27/09/2017

Claudette Colbert a été rendue célèbre par le film "The Sign of the Cross"
Et paf.

Écrit par : PdL | 27/09/2017

@PdL : "Cross", c'est une croix, pas un *dollar*. "Et paf", comme vous dites.
@PdL : De plus, j'ai bien précisé que je n'étais *pas* cinéphile. Pour votre édification, si j'avais choisi de faire deviner une actrice, j'aurais pris Ava Gardner, Gene Tierney ou Bette Davis. Les autres n'existent pas. ;-)

Écrit par : Blumroch | 27/09/2017

J'ai bien reconnu Cecil B. DeMille, mais pour le reste...

Écrit par : Pharamond | 27/09/2017

@Pharamond et @TousSaufPdL : Un indice, alors : dans la seconde image, l'intérêt devrait se porter sur la formule latine, le dollar et la statue.
J'admets que ce ne sera évident qu'après la découverte ou la révélation de la solution. ;-) Chacun son tour !

Écrit par : Blumroch | 27/09/2017

Ce n'est pas faute de me creuser la tête, mais je ne vois pas la personnalité qui aurait interagi avec DeMille et correspondrait à la deuxième image. Je pensais à des producteurs, mais DeMille a plutôt eu les coudées franches pour réaliser ses films. Je laisse donc le soin aux autres joueurs de révéler la solution de cette intrigante énigme.

Écrit par : Pharamond | 27/09/2017

Ayn Rand ?

Écrit par : PdL | 27/09/2017

Kirk Douglas? Il a tourné pour Cecil B DeMille et la statue me fait penser à un gladiateur vaincu implorant César de ne pas baisser le pouce...

Écrit par : Benway | 27/09/2017

Tous les indices (DeMille, le signe du dollar, le "in hoc signo vinces", le méchant capitaliste, le drapeau américain et la facétieuse référence à *Think twice* dans une des réponses) le proclamaient haut et fort : la réponse était Ayn Rand, cette Ayn Rand qui, par deux fois, aura su se hisser très au-dessus de ses capacités ordinaires pour écrire deux des romans philosophiques et politiques parmi les plus importants de ce temps, alors qu'elle n'était *ni* philosophe *ni même* écrivain de valeur. Si je ne la tiens pas en très haute estime intellectuelle, j'estime néanmoins que ses deux meilleurs romans, *The fountainhead* et *Atlas shrugged*, sont deux textes *essentiels* malgré leurs nombreux défauts.

Avant de formuler en vrac quelques inutiles réflexions sur l'auteur (dont on se pourra dispenser), je dois expliquer le choix, difficile, des images.

Machiavel soulignait le rôle primordial de la chance dans certaines réussites. A en croire la version la plus répandue (car les récits biographiques ne s'accordent pas tous sur ce point comme sur de nombreux autres : ainsi, au moins trois versions existent pour le choix de son prénom !), la jeune immigrée russe Ayn Rand, fascinée par le cinéma, rôdant près des studios de tournage, eut cette chance que d'être remarquée par Cecil B. DeMille qui l'aurait engagée comme figurante après lui avoir fait visiter le plateau de *The king of kings*, lui offrant ainsi la possibilité d'entrer dans l'industrie du divertissement où, en plus d'y trouver un mari, elle aurait occupé plusieurs postes avant de pouvoir vivre de sa plume. Saint Abellio n'aimait pas qu'on parlât au conditionnel : pourtant, sans ce *hasard* objectif et déterminant, sans Cecil B. DeMille donc, Ayn Rand ne serait *probablement* pas devenue la grande prêtresse du culte objectiviste (certaines vies sont ainsi marquées par *une* chance et *une seule*, saisie ou non). Elle en devait d'ailleurs sourdement avoir conscience, et mauvaise encore, qui avait écrit une amusante nouvelle satirique située dans le milieu du cinéma, montrant les limites du volontarisme et le rôle de la chance dans toute carrière et dans toute existence. Ce texte rarement évoqué, intitulé *Her second career*, figure dans le recueil *The early Ayn Rand* ; ce moment de lucidité fut évidemment bref et vite oublié.

L'autre image, extraite du jeu vidéo *Postal 2*, était d'évidente inspiration randienne, qui faisait allusion non seulement au capitalisme célébré sans nuances et sans scrupules par Rand, mais aussi à sa déliranet fascination pour le dollar (la monnaie et le symbole). L'amusante référence au fameux "in hoc signo vinces" ne montre pas seulement que les développeurs de "Running With Scissors" (l'éditeur du jeu) sont plus cultivés qu'on ne le penserait : elle prend aussi une saveur particulière à considérer la dernière scène d'*Atlas shrugged*, scène qui se veut grandiose quand elle n'est que ridicule. Avec ses lieutenants (tous géniaux, mais moins géniaux que leur général : c'est un *topos* du roman populaire de type Doc Savage, héros qui est supérieur à tous ses acolytes pris individuellement ou en groupe), le surhomme John Galt s'apprête à regagner le monde des simples mortels, un "brave new world" qu'il entend revivifier selon les principes de la foi randienne :

"The road is cleared", said Galt. "We are going back to the world."
He raised his hand and over the desolate earth, he traced in space the sign of the dollar.

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

(suite 2/6)

Autrement dit : tu vaincras le monde par le signe sacré du dollar.

J'attends avec impatience le cinéaste qui se risquera à filmer cette bénédiction, difficile à évoquer sans avoir envie de rire aux éclats comme le Viking de Kira riait à la face des rois, des prêtres et des hommes -- je dois ici à la vérité de mentionner que la très sérieuse Rand, dépourvue de tout sens de l'ironie et même de tout sens de l'humour, a beaucoup écrit contre le rire *désacralisateur*, et *parfois* avec de bonnes raisons.

Pharamond ayant fixé pour l'éternité le nombre d'images du jeu à *deux* seulement, j'ai été obligé d'écarter une troisième possibilité : un gros plan centré sur la main d'Ayn Rand tenant une cigarette, sur laquelle j'aurais ajouté le logo décrit dans *Atlas shrugged* -- un dollar en or. Grande [en]fumeuse, Rand faisait avec lyrisme l'éloge (évidemment condamnable aujourd'hui selon je ne sais plus quelle loi liberticide) de la cigarette qui reflétait, selon elle, la flamme intérieure brûlant dans chaque cerveau en pleine réflexion. Les destins ont le sens de la justice poétique : Rand est morte des suites d'un cancer du poumon, non sans avoir, à cette occasion, trahi ses principes en s'inscrivant à la sécurité sociale américaine (pourtant honnie par elle et ses disciples) *sous un faux nom*, afin de couvrir ses dépenses de santé -- si l'on en croit plusieurs témoignages (on notera au passage que le kikipedia américain est, comme toujours, plus précis que le français). Elle finissait donc comme elle avait commencé, par une fraude, puisque venue aux Etats-Unis avec un visa *temporaire*, elle était restée en trahissant l'implicite promesse de retour donnée à l'état soviétique (l'absence de capitale à "état" est délibérée). On peut comprendre ces deux comportements (le premier beaucoup plus que le second), tout en les jugeant assez peu glorieux. Au reste, comment lui en vouloir, puisque dans nos rangs, un Serge de Beketch, à la fin de sa vie, avouait sans honte aucune, dans une de ses dernières émissions sur Radio Courtoisie, avoir menti pendant des années à son public en se prétendant opposé à l'abominable sécurité sociale alors qu'il y était, en réalité, favorable (il invoquait, pour se justifier, des raisons "tactiques", mais son évident intérêt personnel avait pu jouer). Les vies droites et cohérentes sont décidément trop rares.

Incidemment, on ne devrait jamais approfondir ("Ne réfléchissez pas trop. La paix est à ce prix.", disait un sage contemporain). La vie et les actes des écrivains, philosophes et artistes sont rarement à la hauteur de leurs oeuvres, déjà presque toujours inégales en qualité (dans ce siècle, parmi les plus connus, je ne vois guère que Patrick McGoohan, Jacques Laurent et Jean Raspail pour soutenir un tel examen). Pour éviter les déceptions et les énervements, pour Rand comme pour d'autres, on s'en devrait tenir aux oeuvres sans perdre de temps à consulter biographes, commentateurs et critiques -- hostiles ou non.

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

(suite 3/6)

Ses deux meilleurs livres, parfaites illustrations de ses idées (contrairement à ses lourds exposés dogmatiques) font d'Ayn Rand un auteur important, mais pas pour les raisons généralement invoquées par les membres de sa secte, par ses ennemis ou encore par ses thuriféraires "libéraux" comme ceux de Contrepoints, qui aiment à évoquer avec gourmandise, comme un mot de passe élitiste pour initiés, *La grève*, puisque tel est le très mauvais titre de la récente traduction française "officielle" d'*Atlas shrugged*, titre choisi par la traductrice des Belles-Lettres, titre stupide que Rand avant envisagé avant de le rejeter. Incidemment, cette traductrice a une bien haute idée de sa petite personne, qui réclamait dans un forum qu'on la qualifiât de "co-auteur", allant jusqu'à invoquer une *loi* pour appuyer son incroyable prétention. A l'évidence, cette dame ne pratique pas la première vertu des traducteurs, savoir l'humilité.

Plusieurs textes (romans et "essais") de Rand sont depuis longtemps disponibles en français, qui suffisent amplement pour connaître sa pensée, mais jusqu'à une date assez récente, *Atlas shrugged*, considéré à tort comme son *magnum opus*, n'était pas traduit dans notre langue -- une situation dont se plaignaient d'ailleurs nos "libéraux" internationalistes, apparemment incapables de lire l'anglais, pourtant élémentaire, de leur déesse. Une traduction antérieure, dite "pirate" (sous forme d'un fichier PDF, et sans *imprimatur* des héritiers de Rand) existait pourtant, qui doit bien valoir l'"officielle" -- en tout cas, son titre, *La révolte d'Atlas*, s'il n'est pas fidèle au sens littéral ("Atlas haussa les épaules"), respecte mieux l'esprit de Rand et la logique, puisque la révolte *précède* la grève ou mieux : la sécession.

Nous devons pourtant être assez nombreux à avoir découvert, voici quelques décennies maintenant, et dans le texte, cet étonnant *Atlas shrugged* et à en avoir pris l'exacte mesure, avec *The fountainhead* (le meilleur roman de Rand), *Anthem*, *We the living* (terrible évocation de la tyrannie soviétique) et autres textes moins décisifs dont la lecture ne s'impose que pour les érudits, les maniaques et les membres de la secte objectiviste (les nouvelles sont honnêtes sans plus ; le théâtre est fait de pièces "à thèse" dont la moins mauvaise est encore *Ideal* ; quant aux essais et conférences philosophico-politiques, ils sont, pour l'essentiel, au niveau d'un élève moyen de Terminale des années 80 -- la culture générale européenne en moins, le simplisme américain en plus).

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

(suite 4/6)

Internet offre assez de pages, hagiographiques ou hostiles, consacrées à Ayn Rand, pour me dispenser de faire un résumé de son existence. Il importe simplement de savoir qu'elle se prenait pour un grand philosophe, et même pour le plus grand philosophe de l'histoire humaine, incarnation sur terre de la déesse Raison. Ivre de l'encens prodigué par ses admirateurs, elle avait fondé une véritable secte, assez comparable à l'église de scientologie (en moins comique), pour répandre ses idées sous la bannière de l'*objectivisme* -- c'est ainsi qu'elle appelait ses quelques idées, justes ou non, rassemblées en un système caricature du système hégélien. Ce n'est pas un hasard si Anton Szandor LaVey, le sympathique et rusé pape de l'Eglise de Satan, citait volontiers Ayn Rand : c'était l'hommage d'un subtil manipulateur à une habile manipulatrice. Comme le célèbre Bazar de l'Hôtel de Lui amateur de Botul, et comme lui souvent de seconde main, Rand n'avait, malgré quelques études, que de minces et imprécises connaissances historiques, littéraires et philosophiques, au point d'être une *caricature* d'autodidacte. Son ignorance, sa fatuité et son assurance lui permettaient donc de prétendre ne rien devoir intellectuellement à qui que ce soit. A peine voulait-elle bien admettre une légère dette envers un Aristote qu'elle n'avait, à l'évidence, pas vraiment lu. Une anecdote dira assez son discernement : rabiquement opposée à toutes les religions sauf à celles de la Raison et du Dollar, elle aurait qualifié le grand C. S. Lewis de "vieil imbécile" au motif qu'il était chrétien (au passage, les vrais athées ne perdent pas ainsi leur temps et leur énergie à fustiger les religions : ils les ignorent).

A en croire ses admirateurs, Ayn Rand aurait exercé une incroyable influence (mesurée aux seules *ventes* de ses livres, sans préjuger de leur lecture et de leur compréhension par le public) sur les Américains de *toutes* les classes sociales. Et à l'appui de cette thèse, les randistes de toujours mentionner quelques notoriétés spectaculaires rarement estimables, d'Alan Greespan à Angelina Mochie. Les résultats *pratiques* de cette influence supposée (qui, sur de nombreux points, aurait pu être bénéfique) sont pourtant fort discrets, sinon dans l'infra-littérature et dans les jeux vidéo (quelques allusions, venimeuses ou sarcastiques, figurent notamment dans l'amusante trilogie *Illuminatus* de Wilson et Shea, dans l'illisible *Sewer, gas and electric* de Ruff, et dans les excellents jeux de la série *Bioshock*). *The fountainhead* a fait l'objet d'une honnête *adaptation* cinématographique par King Vidor : *Le rebelle* (c'est le titre français du film) aurait pu être un grand film s'il ne souffrait d'une assez mauvaise distribution des rôles, à commencer par celui du héros. La photographie, d'esprit assez germanique, est fort plaisante. Visionner *Le rebelle* n'est pas la pire manière de découvrir Ayn Rand (qui aurait étrangement détesté le film, à en croire quelques biographes).

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

(suite 5/6)

Ayn Rand aura inspiré aussi bien d'honorables entrepreneurs que de sinistres canailles, offrant malheureusement à ceux-ci les *mêmes justifications idéologiques* qu'à ceux-là. C'est assez dire les faiblesses et les limites de la "philosophie" randienne : la même doctrine ne saurait convenir *en même temps* (!) à l'artisan intègre et au financier sans scrupules, et le capitalisme du second ne saurait être le capitalisme du premier. En tout cas, Rand fonctionne comme un révélateur, comme une pierre de touche : qui la découvre sans devenir immédiatement un *fanatique* (favorable *ou* hostile à l'objectivisme) ne saurait être entièrement mauvais. Si quelques bons esprits sont tombés dans l'habile piège de l'attraction randienne avant de s'en extraire plus ou moins facilement (les meilleurs, eux, n'y sont évidemment *jamais* tombés), de très nombreux imbéciles aspirant à être des surhommes comptent au nombre des admirateurs inconditionnels de la dame : dépourvus de tout esprit critique, ces fidèles portent un tort objectif considérable à la doctrine ou plutôt aux quelques réelles bonnes idées de leur déesse (dans le même registre, chaque année, à Portmeiron, des *moutons* viennent en *troupeau* célébrer l'*individualisme* illustré par la géniale série télévisée *The prisoner* !). Certains crétins sans discernement ont même voulu faire du méprisable William H. Gates, III, un héros randien... quand ce triste personnage en est l'*exact* opposé, à considérer ses capacités, ses procédés et sa carrière.

Chez Ayn Rand, les thèses sont *très* simples (ce qui n'empêche pas les cultistes randiens d'avoir besoin d'intermédiaires pour comprendre les saintes écritures de leur divinité !), les personnages (gentils surhommes ou méchants parasites) sont taillés à la serpe (les relations entre hommes et femmes sont parfois, chez elle, d'un grotesque achevé), l'écriture est plate et sommaire (proche des *pulps* des années 30, y compris dans *Anthem* dont le style n'est pas biblique mais simplement pataud, malgré une bonne idée de départ, mal exploitée). Pourtant, l'étrange force de ses deux meilleurs textes (*The fountainhead* et *Atlas shrugged*) est incontestable, qui en fait oublier les défauts, à commencer par la répétition lassante de développements presque identiques, notamment dans *Atlas shrugged* (il faut être un *true believer* comme le sieur Peikoff pour estimer que rien n'est inutile dans les textes sacrés de l'idole). La colère est parfois bonne conseillère : divinement inspirée par sa haine féroce du collectivisme et de l'égalitarisme, Rand la romantique a formulé des réflexions judicieuses, imaginé des scènes extraordinaires (l'usine où travaile Galt devenue une utopie communiste, d'Anconia et la nationalisation de sa mine de cuivre, Toohey et son exposé à Keating), rédigé des discours mémorables (la plaidoirie de Roark) qu'on a plaisir à découvrir et à relire, ne serait-ce que pour leur opposition *radicale* à l'épouvantable et étouffant *conformisme* (c'est la seule et simple traduction envisageable pour "political correctness" au lieu des expressions "correction politique" et "terrorisme intellectuel") qui règne sans partage, et de plus en plus, dans les sociétés contemporaines. Elle a même pressenti l'effroyable déliquescence des institutions sociales ainsi que la panique d'un état (je me refuse à mettre ici une majuscule) de plus en plus tyrannique à mesure qu'il voit ses ennemis plus nombreux et qu'il doit tomber le masque de sa feinte bienveillance.

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

(suite et fin)

Qu'on me permette une confidence pour finir : assez bon lecteur, incapable de toute admiration inconditionnelle, je n'ai évidemment jamais été "randien" (j'ai d'ailleurs croisé à la Sorbonne deux esprits d'une envergure intellectuelle considérablement supérieure à celle de Rand sans pour autant éprouver le désir de me ranger sous leurs bannières, et je ne mentionne même pas ceux, admirables, tous morts hélas, que je n'ai rencontrés que par leurs livres). J'ai pourtant lu et relu les oeuvres de la dame Rosenbaum (c'était son vrai nom, ce qui ne devrait pas surprendre à l'excès) sans ennui ("Rand, malgré tout" et "Rand, quand même"), avec assez d'intérêt pour modestement contribuer à leur diffusion, même si j'ai souvent médité une salutaire *Randothérapie* sur le modèle de l'admirable *Hugothérapie* de Cousteau (le penseur, pas le plongeur). Ainsi, je ne compte plus les exemplaires de *The fountainhead* et d'*Atlas shrugged* que j'ai offerts grâce à W.H.Smith's, à l'époque où la librairie comportait encore un salon de thé. Presque toujours, les charmantes destinataires ont vu dans ces deux longs romans (694 et 1074 pages !) une forme de *révélation*, en tout cas de *libération* : malgré leurs maladresses, leurs redites et leur simplisme, ces textes possèdent cette vertu cardinale, héroïque même, que de s'élever *radicalement* contre ces deux épouvantables fléaux que sont le collectivisme et l'égalitarisme. Face aux Elsworth Toohey et autres Wesley Mouch qui contrôlent et dévastent nos existences, Howard Roark, Ragnar Danneskjold, Francisco d'Anconia, Hank Rearden et John Galt font entendre avec force le chant de la liberté, le chant de l'esprit prométhéen, le chant de l'Occident. Et c'est un chant de victoire, même dans la mort :

I shall not rest from mental strike,
nor let the sword sleep in my hand.

On le doit donc admettre : Ayn Rand, c'est moins que Raymond Abellio, c'est bien moins qu'Ernst Jünger... mais c'est aussi beaucoup plus qu'Ayn Rand.

P.S. : Pour finir, un point mineur mais intéressant esthétiquement : les illustrations de couverture, assez germaniques, des éditions de poche "Signet", sont à mon sens les plus fidèles à l'esprit des oeuvres de Rand.

P.P.S. : Que Pharamond me pardonne cette longue série de commentaires d'utilité contestable ! ;-)

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

@Benway : La modélisation de *Postal 2* était assez médiocre, même pour son époque. De plus, j'avais privilégié la devise "in hoc signo vinces" dans la capture d'écran, qui ne montre donc pas assez clairement les deux sacs d'or ou de billets que tient le banquier capitaliste de cette allégorie communiste inattendue. ;-)

Si j'avais voulu évoquer Kirk Douglas, j'aurais pris une capture de Viking dans le jeu *Rune*. ;-)

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

P.P.P.S. : Dans mes "ramblings" (ou "randlings" ?) sur Rand, j'ai oublié de citer un document qui donnera une assez bonne idée de l'ambiance chez les objectivistes. Voici la version originale en anglais :

https://mises.org/library/mozart-was-red

et sa traduction :

https://www.catallaxia.org/wiki/Murray_Rothbard:Mozart_%C3%A9tait_un_rouge

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

P.P.P.P.S. : Décidément, je vais finir comme Kinkie et son célèbre esprit de l'escalier. Une critique du film *Le rebelle*, intéressante même s'ils trouvent Gary Cooper acceptable, eux :

http://www.dvdclassik.com/critique/le-rebelle-vidor

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

Ben Hur.
Because he can.

Écrit par : Carine | 28/09/2017

Bravo à PdL pour sa perspicacité et à Blumroch pour son énigme corsée et son développement fort intéressant sur un personnage assez peu connu, développement qui aurait bien pu figurer dans la rubrique "carte blanche".

Écrit par : Pharamond | 28/09/2017

@Pharamond : Dans la rubrique "Carte blanche", j'aurais été obligé de mettre en ordre et de rédiger ! J'en suis désormais incapable. ;-)
J'apprends avec horreur que le sieur Henri "Bilderberg" de Castries, le macron à particule, oser offrir *Atlas shrugged* à ses hommes de main. Nous ne devons pas avoir le même texte.
Encore une preuve que le maniement de Rand est délicat.

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

Vous vous sous-estimez.

Je me demande dans quel but le bonhomme distribue ce livre à ses affiliés.

Écrit par : Pharamond | 28/09/2017

@Pharamond : Comme une autre nuisible de son espèce, une certaine Anne Meaux (si j'en crois quelques pages trouvées via Gougeul), il doit y lire la confirmation de son statut de surhomme dominant les riens que nous sommes tous aux yeux de cette engeance : c'est sans doute, dans son esprit, un outil de motivation de ses complices. D'un autre côté, quand on a vu leurs capacités intellectuelles, je les vois mal s'infliger les quelque 1000 pages de la version américaine. Quant à lire correctement...

Rand était à genoux devant l'argent, et nombre de ses disciples, notoires ou non, aussi.

Paraîtrait même que l'ignoble Billary l'aurait lue avec passion !

Écrit par : Blumroch | 28/09/2017

Les mots aujourd'hui n'ont déjà plus la même signification que dans ma jeunesse, alors des écrits du milieu du XXe siècle...

Écrit par : Pharamond | 28/09/2017

@Blumroch:J'ai pratiqué en mon temps Postal 1er du nom qui valait son pesant de cacahuètes même si rapidement lassant (défaut inhérent à ce type de jeux), il faudra que je tente le 2 ... Mais telle est ma malédiction, qu'à peine lancé dans la découverte d'un nouveau monde vidéoludique je finis par céder à l'irrésistible appel de Master of Magic... C'est certes moche et démodé mais sa profondeur de jeu reste inégalée (20 ans après il en subsiste encore une communauté d'adeptes acharnés) et ses possiblités sont infinies.

Je vais me faire lyncher mais la découverte d'Ayn Rand a été pour moi une révélation en son temps, certes pas pour ses qualités littéraires (même si l'histoire adultérine entre Rearden et Dagny, malgré le fait que je ne sois pas du tout client de ce genre d'histoires, m'a parue crédible... il y a aussi les rapports dudit Rearden avec son entourage, teintés d'un humour à mon avis involontaire mais bizarrement efficace) mais pour l'ode à la liberté qui résonne dans son oeuvre. En ces temps d'idées chrétiennes devenues folles, une Ayn Rand s'avère nécessaire...Question d'équilibre en somme... Et qu'y a t'il de plus occidental que la primauté de la liberté sur toutes les autres valeurs? L'évolution de notre civilisation tend vers une recherche absolue de liberté, de Prométhée à Satoshi Nakamoto (qui serait loin d'être nippon, sans être mauvais ;-)), et Ayn Rand est une étape de cette quête...

Et pourquoi lui reprocher son amour de l'argent? Vieux fond de socialisme formant le code-source de la mémoire vive française? L'argent est une façon de quantifier votre liberté, comme l'écrivait Peter Sotos dans son imbuvable Index, "l'argent vous confère des options, plus vous en possédez et plus nombreuses sont les possibilités; sa pénurie réduit ces options jusqu'à vous acculer à un unique choix possible, c'est à dire une absence totale de choix"...

Écrit par : Benway | 28/09/2017

@Benway : Damn, je pensais pourtant avoir été clair sur la principale qualité de Rand, savoir sa saine et virulente aversion pour le collectivisme et l'égalitarisme. N'ai-je pas assez dit sa vertu héroïque ? N'ai-je pas été presque lyrique, et grotesquement encore, en fin de commentaire ? ;-)

Ce qui n'interdit pas d'estimer qu'une *Randothérapie* serait bien utile (à l'occasion, lisez l'*Hugothérapie* de Pierre-Antoine Cousteau pour saisir la référence et l'intention), qui expliquerait comment un nuisible de type Henri "Bilderberg" de Castries peut se réclamer de Rand, au même titre qu'un ingénieur compétent le pourrait faire, quand ces mondes n'ont rien en commun (pour ne prendre qu'un exemple parmi bien d'autres). Comme je pensais l'avoir clairement exposé, en France comme aux Etats-Unis, j'ai vu des gens très différents se réclamer de Rand, allant de l'honnête homme à la franche crapule. Pour prendre deux illlustrations chez Rand : Dagny Taggart serait une parfaite bankster, comme disent nos amis gauchistes, elle qui n'est qu'une simple *gestionnaire* n'ayant jamais rien *produit* intellectuellement, n'ayant jamais rien *inventé*, contrairement à Hank Rearden, respectable, lui : une simple intendante vaut moins qu'un découvreur. Ainsi, j'estime que les ingénieurs qui ont développé un logiciel bien pensé ou qui ont créé un avion de chasse devraient être plus honorés que les utilisateurs ou les pilotes. Pour le dire rapidement, ceux-là sont indispensables, ceux-ci non. Deux exemples parmi tant d'autres...

Dans un monde normal, les hommes de *connaissance* l'emporteraient sur les hommes de *gestion* et les hommes d'*exécution* (voir Abellio). Et n'allez pas me faire un mauvais procès : je n'appartiens à *aucune* de ces catégories, et je n'ai aucun intérêt personnel à prêcher ainsi, sinon pour la satisfaction d'un monde rationnellement ordonné. ;-)

Et puis, savez, on peut quand même se passer de Rand comme on peut se passer de nombreux auteurs de second ordre, *même* si on les apprécie. Toute bonne bibliothèque en témoigne.

Je pensais aussi, à tort manifestement, avoir *démontré* que je connaissais fort bien la dame Rand (et dans le texte) sans avoir jamais été hypnotisé, contrairement à ses thuriféraires officiels. Confidence sans intérêt mais utile ici : je n'ai eu besoin de *personne* pour être un mauvais esprit, dès l'enfance, et je n'ai jamais marché dans les sottises de mon temps ou même des temps antérieurs (quand bien même ceux-ci me semblent moins détestables que ceux-là, pour des raisons dont l'exposé ne s'impose en rien ici). J'ai trouvé chez les classiques la confirmation de mes mauvaises idées, et contrairement à Rand, je connais assez bien, et j'honore, tous ceux qui ont éclairé la route de la liberté d'esprit avant nous, et souvent mieux que nous.

Pour finir : ah non, n'allez pas traiter de socialiste un admirateur de Lysander Spooner ! J'estime simplement que Rand et ses disciples ont une fascination *malsaine* pour l'argent obtenu par *n'importe quel moyen* (et c'est ce qui doit charmer les H de C et autres parasites) : ainsi, le (censuré) Gates a beau être l'opposé du parfait héros randien (qui est Roark, à mon sens), je suis certain qu'elle l'aurait adulé en raison de sa seule *fortune* acquise par des moyens méprisables dès le début -- et c'est une histoire que je connais assez bien. Elle aurait certainement approuvé les salaires délirants versés à des crétins courant après une baballe ou à un Ghosn qui n'a jamais rien *créé* (voir *supra*). Ainsi, autant je respecte l'entrepreneur qui a fait *fortune* seul, en partant de rien, sans appuis ni subventions (j'en ai un exemple éclatant, assez connu, dans la famille de mon épouse : c'est le seul que je respecte, d'ailleurs, car ses enfants ne sont que des héritiers profiteurs et bien évidemment gauchistes, aujourd'hui macronistes), autant je méprise le simple gestionnaire qui ne mérite en rien l'argent qu'on lui donne sans vraie raison, et qui joue en plus au capitaine d'industrie alors qu'il a simplement été mis à une place qu'il n'a ni gagnée ni méritée (en tout cas selon des critères d'intelligence, de compétence et d'intégrité qui n'ont pas toujours à voir avec des concours). Certains pions ne valent que par *position*.

Et là aussi (voir *supra*), je ne suis même pas certain que je profiterais de l'ordre idéal que j'aimerais voir sur cette maudite planète : mon Q.I. n'est, hélas !, pas assez élevé. :-(

Je fus un grand ludique, mais j'avoue n'avoir jamais vu *Master of Magic*. Pour *Postal 2*, c'est un honnête et court divertissement mineur, dont la réputation sulfureuse est un peu imméritée : je parie que les camarades téléphobe, EQUALIZER et kobus van cleef y remarqueraient une absence évidente, parmi les groupes visés par la satire. ;-)

Écrit par : Blumroch | 29/09/2017

@Benway : Encore l'esprit de l'escalier (il se fait tard), à propos de l'argent. Il y aurait une analogie à faire avec la nourriture. Bergier estimait avec raison qu'aucune vie intellectuelle ne pouvait exister en dessous de 3000 calories par jour (peu importe le vrai chiffre que j'ai la flemme de vérifier ; c'est l'idée qui importe ici). Avec dix fois cette quantité, la vie intellectuelle n'en serait pas meilleure, et peut-être même mortelle. C'est la différence entre une honnête aisance et une inutile fortune (Heinlein fait dire quelque chose de comparable à Jubal Harshaw).

Et encore une fois, c'est la *manière* de gagner son argent qui importe, quelle qu'en soit la *quantité* obtenue. Aurais-je eu un fils que j'aurais été fier de le voir emprunter la voie tracée par Roark ; je l'aurais renié s'il avait suivi celle de Wynand, méprisable parce qu'il s'est borné à exploiter les basses passions de la populace en s'imaginant être au-dessus d'elle (comme nos chers maîtres doivent le penser).

Attitudes randiennes caricaturales vues, voici des années, dans deux dessins humoristiques du *New Yorker* et de *Rivarol* (je garantis les idées, pas l'exactitude des dessins) : deux banksters, au sommet d'un vertigineux gratte-ciel, contemplent, amusés, les lambdas qui rampent au sol, et l'un dit tranquillement : "Oui, c'est *exactement* ce dont ils ont l'air" (des fourmis qu'on peut écraser à sa guise) ; deux canailles de l'UMPS en avion, contemplant les restes de la France par le hublot, disant en coeur, hilares : "Comme c'est petit, un électeur").

Écrit par : Blumroch | 29/09/2017

@Benway : Ai trouvé quelques pages enthousiastes à propos de *Master of Magic*, d'ailleurs disponible sur gog.com (mais tournerait-il sous un vrai DOS comme ce bon vieux Novell DOS 7.15 ?). A l'évidence, encore un jeu pour gens intelligents -- déconseillé, donc, pour qui en est resté à Dungeon Keeper, FreeSpace, Pathologic, Planescape Torment, Anachronox, Tron 2.0 et Vampire Bloodlines ! ;-)

Dans le registre "sulfureux" de type Postal, Harvester était, dans mon souvenir, assez inquiétant. Un éditeur facétieux et suicidaire pourrait s'en inspirer, avec un héros qui, voyant son monde bouleversé par l'arrivée... d'extra-humains, évoluerait vers un comportement de type Hunter. ;-)

Écrit par : Blumroch | 29/09/2017

@Blumroch: Excusez ma réponse tardive, le monde réel ne voulait plus me lâcher ;-) La première expérience que j'ai eu de MoM s'est déroulée sur MS-DOS, donc je ne sais trop quoi vous répondre... Si vous le voulez j'en ai une version adaptée pour Windows que je me ferai un plaisir de vous envoyer en pièce jointe, si cela est possible... Un jeu pour "gens intelligents", j'aurais plutôt dit"pour maniaques et mégalomanes", ce qui me ressemble déjà plus... Mais quelqu'un capable d'apprécier Dungeon Keeper et Vampires Bloodlines ne peut qu'aimer ce soft.


J'ai réagi un peu trop vivement à vos intéressants développements sur Mme Rand, l'habitude de la voir décriée pour les mauvaises raisons sans doute ;-) Vous m'avez donné envie d'en lire plus à son sujet, je vous en remercie... Mon banquier un peu moins ;-) Si ça continue comme ça, il va finir chez Daech le pauvre. "We the Living" m'était inconnu, hâte de le dévorer... Dans le registre "dénonciation du collectivisme de la part de quelqu'un ayant vécu l'URSS de l'intérieur" il y a le mésestimé "Nous Autres" d'Evgueni Zamiatine qui a beaucoup vieilli, mais qui garde pour l'amateur d'anticipation old school une saveur certaine... Zamiatine a dû sa survie et son exfiltration d'URSS à un de ses plus grands fans: Staline lui-même, qui lui aurait confié avoir adoré "Nous Autres"...!

La manière de gagner son argent est certes primordiale, je persiste à penser que la prostitution est de loin plus honorable, plus honnête et plus utile que l'exercice de la politique ;-) L'argent ne saurait rendre libre celui qui n'a pas le goût de la liberté chevillé au corps, on peut donner des millions à une âme d'esclave, on n'en fera qu'un esclave enrichi... Mais l'homme libre (donc doué à la fois d'imagination, d'indépendance d'esprit et d'une certaine culture) saura apprécier chaque centime tombé dans son escarcelle à sa juste valeur.

Ayn Rand est à mon sens une excellente porte d'entrée à la pensée libérale; sans elle, je ne me serais jamais intéressé à Schumpeter ou Bastiat par exemple... Pensée rafraîchissante en notre France de la pensée unique, mais pas dénuée d'un certain dogmatisme: je suis abasourdi par le nombre de libéraux pourtant intelligents et conscients de l'endoctrinement massif dans lequel nous surnageons, mais totalement aveugles à ce qui ne touche pas à une vision légaliste et/ou économiste du monde... Ce refus d'appréhender l'être humain autrement que comme une sorte de copie vierge dénuée d'inné et uniquement motivée par des raisons rationnelles me sidère... Exactement ce qu'ils reprochent aux gogoches ;-)

Écrit par : Benway | 05/10/2017

@Benway : C'est fort aimable à vous de m'éviter l'ouverture de la boite qui contient mon bon vieux Pentium II 233 afin de tester ce MoM dont j'ignorais jusqu'à l'existence. Le camarade Pharamond a mon adresse, si la proposition de la pièce jointe est sérieuse. ;-)
Bloodlines, je pense y avoir rejoué 5 ou 6 fois dans sa version "vanilla", et 3 ou 4 fois avec divers "mods" ; quant aux deux Dungeon Keeper... je ne les compte plus. Je ne vois que les deux premiers Thief, Planescape Torment et Pathologic pour m'avoir inspiré un tel comportement.

Je n'irai pas dire que mes remarques sur Rand sont si intéressantes. De la miss, elles montrent simplement les limites et les limites de son culte (Orwell disait fort bien que ce qui nuisait le plus au christianisme et au socialisme, c'était le disciple). Je l'ai lue et l'ai appréciée au point de la faire connaître, quand même. Ah, dans le recueil *The early Ayn Rand*, vous trouverez quelques pages inédites de *We, the living*. Heureux de vous avoir fait replonger dans son oeuvre, en tout cas. Heureux aussi de vous savoir lecteur de Zamiatine. Le détail biographique que vous donnez est bien savoureux. Comme vous me faites repenser à Staline, j'en profite pour vous recommander le film d'un certain Peter Duncan intitulé *Children of the Revolution* (*Les enfants de la révolution*) avec l'excellent Sam Neill. Vous ne verrez plus les communistes australiens du même oeil. ;-)

Suis d'accord avec vous (et avec Heinlein) sur l'honorabilité supérieure de la péripatéticienne comparée au politicard. Elle, au moins, ne vole personne. Vous me pardonnerez d'avoir réagi à l'accusation implicite d'une contamination par le socialisme ! ;-)

Je n'irai pas commenter plus avant votre dernier paragraphe, qui forme une excellente conclusion pour ce "thread".

P.S. : Et merci de ne pas m'avoir donné la tentation d'être désagréable... même si je le peux paraître parfois involontairement ! ;-)

Écrit par : Blumroch | 05/10/2017

@Benway : P.P.S. : Si j'avais lu *Nous autres* du temps que je faisais semblant d'être jeune, je ne m'étais encore jamais intéressé à la biographie de son auteur, qui semble avoir été digne dans les persécutions -- un savoir de fraîche date, puisque c'est votre anecdote évoquant Staline qui m'a incité à y aller voir, notamment ici :

http://spartacus-educational.com/RUSzamyatin.htm

Comme d'habitude, la fiche kikipedia anglaise est moins mauvaise que celle rédigée en français. :-(

Écrit par : Blumroch | 05/10/2017

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