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13/05/2019

Samedi 11 mai

Acte XXVI pour les Gilets jaunes et vingtième manifestation pour moi.

En arrivant près de la place de la Bourse j'entends un peu inquiet un policier dire à un de ses collègues : « S'ils sont 80 ça ira pour les contenir ». Quelques mètres plus loin je découvre la raison de la boutade : nous ne sommes effectivement pas bien nombreux. Je retrouve Philippe Dubois et la manifestation prend le chemin habituel en suivant les quais. Le cortège semble un peu s'étoffer sur le parcours. Passés quelques rues bloquées par des équipes mobiles de policiers nous revenons sur nos pas et par une rue qui n'est plus gardée nous pénétrons en ville. Pas très rassuré, je met mon gilet jaune dans la poche au cas où il faudrait se disperser rapidement, mais rien ne se passe. Nous arrivons à la rue Sainte-Catherine que l'on nous interdit depuis quelques samedis et nous l'empruntons assez contents de nous. Arrivés cours Victor-Hugo un barrage de policiers nous attend. Une poignée de Gilets jaunes sont passés et nous font des signes de l'autre côté. Les policiers sont pour ainsi dire encerclés, mais leur effectif se renforce à chaque instant. Après quelques minutes de face à face, des jets de grenades lacrymogène nous font reculer. La rue est étroite et rapidement envahie de gaz. Alors que je rebrousse chemin en cherchant à retenir mon souffle la porte d'un commerce s'ouvre et laisse entrer quelques manifestants. Le responsable nous demande de le suivre et nous fait passer par l'arrière de sa boutique, une friperie très justement nommée "Help". Nous remercions notre sauveur et sortons dans une petite rue non surveillée. Au lieu de rejoindre le gros des Gilets jaunes je décide d'en profiter pour aller voir derrière le barrage. Me retrouvez parmi les policiers qui me prennent pour un simple curieux donne une curieuse impression, je vois les choses sous un autre angle. Je contacte Philippe par SMS qui me dit être resté du mauvais côté et m'informe qu'il se rapproche. Mais deux charges des forces de l'ordre sous les hués finissent par dégager la rue. J'emprunte le chemin jonchés de galets diffuseurs de lacrymogène maintenant inertes et je rejoins la place de la Victoire où les Gilets jaunes se sont rassemblés. Après quelques hésitations le cortège repart, cette fois en direction des boulevards. Quelques Black blocs se sont joints à nous et renversent les poubelles, taguent et détériorent le mobilier urbains susceptible de l'être. Certains Gilets jaunes tentent de remettre les poubelles à leur place mais abandonnent rapidement. Quand les casseurs s'en prennent aux panneaux érigés pour les élections européennes en les jetant au sol ils sont pour l'occasion joyeusement approuvés et même aidés. Près du quartier de la Préfecture un important dispositif nous fait rebrousser chemin. Il est presque 17 heures, un message de Philippe m'indique qu'il est bloqué loin derrière et nous ne sommes qu'à deux rues de chez moi ; tous ces éléments me décident à rentrer. Nous n'aurions été que 700 d'après les autorités.

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Les discussions vont bon train : « Quel établissement hospitalier allons-nous saccager ? »

Commentaires

@Pharamond : La légende omet de mentionner que certains factieux cherchent une maternité dans les environs pour accomplir le plan merdias bénévolement ourdi par l'agence Hill et Knowlton (qui est en fait au service des "services") : trouver les couveuses pour en extraire rudement les bébés prématurés avant de les fracasser contre les murs en hurlant I-eh-lo Acbar -- le coup a déjà beaucoup servi mais marche toujours (bis repetita semper placent). De la part de monstres, tout est possible. ;-)
L'épisode du magasin "Help" et de son bon Samaritain est pour le moins inattendu.

Écrit par : Blumroch | 13/05/2019

Ils sont bien, vos reportages sur les manifs.

Écrit par : Ph. Billé | 14/05/2019

Blumroch > Oui, je reconnais que quel qu'ait pu être sa motivation ce geste réconcilie avec l'humanité même marchande car n'oublions pas que les commerçants ne sont en général pas de grands supporters des Gilets jaunes.

Ph. Billé > Merci. Vous êtes indulgents avec ma prose maladroite.

Écrit par : Pharamond | 14/05/2019

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