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09/10/2017

Nuance et subtilité

CALL OF DUTY WWII - Bande annonce VF officielle (2017)

 

Commentaires

Dans le même registre tout en nuances :

https://www.youtube.com/watch?v=_ChnbS9_U-Q

Etrange, comme les méchants censés ressembler aux méchants d'hier ressemblent beaucoup aux gentils d'aujourd'hui, à considérer d'autres vidéos du même jeu, parodique, forcément parodique.

Écrit par : Blumroch | 09/10/2017

P.S. : Ce qui tient lieu de "directeur de la commercialisation" chez Bethesda (la société qui produit le jeu évoqué *supra*) n'a pas hésité à prendre position, au mépris de tous les risques :

"Wolfenstein has been a decidedly anti-Nazi series since the first release more than 20 years ago."

Un tel courage est à saluer. La résistance de 1946 (1945+1) semble timide, comparée à une si ferme et si ancienne résolution. Qu'attendent les responsables de *Call of Duty* pour rappeler, eux aussi, leur engagement résolu et même *radical* contre la bête immonde et ses polygones meurtriers ?

Pour d'éventuels incrédules, la source est ici :

http://www.gamesindustry.biz/articles/2017-10-06-bethesda-were-not-afraid-of-being-openly-anti-nazi

Écrit par : Blumroch | 09/10/2017

Maîtriser le softpower permet de faire passer à la trappe l'extermination:
- de 15 à 25 millions d'Indiens d'Amérique, de 4 millions de civils allemands (en partie imputables aux Soviétiques), de 500 000 à un million de civils japonais, d'un à 2 millions de civils coréens, d"au moins 1,5 million de civils vietnamiens (sans les exactions des communistes sur leur population), de 300 000 civils irakiens (pétrole contre nourriture), ...
- de se donner le beau rôle dans la guerre de Sécession
- de mettre sous le tapis les crimes contre l'humanité liés à l'emploi d'armes non conventionnelles (nucléaires, phosphore, napalm, défoliant, bactériologique).
Joli bilan pour 250 ans d'histoire.

Écrit par : Sven | 10/10/2017

Ces chers Américains, généralement tolérables voire agréables pris individuellement, haïssables pris en groupe.

Sur ce pays si fier de sa bonne conscience, voici ce qu'écrivait Anatole France (ici, un professeur français, désireux d'étudier la plus grande démocrassie du monde, assiste à une séance parlementaire) :

— La guerre pour l’ouverture des marchés mongols étant terminée à la satisfaction des États, je vous propose d’en envoyer les comptes à la commission des finances…
» Il n’y a pas d’opposition ?…
» La proposition est adoptée.
» La guerre pour l’ouverture des marchés de la Troisième-Zélande étant terminée à la satisfaction des États, je vous propose d’en envoyer les comptes à la commission des finances…
» Il n’y a pas d’opposition ?…
» La proposition est adoptée.
— Ai-je bien entendu ? demanda le professeur Obnubile. Quoi ? vous, un peuple industriel, vous vous êtes engagés dans toutes ces guerres !
— Sans doute, répondit l’interprète : ce sont des guerres industrielles. Les peuples qui n’ont ni commerce ni industrie ne sont pas obligés de faire la guerre ; mais un peuple d’affaires est astreint à une politique de conquêtes. Le nombre de nos guerres augmente nécessairement avec notre activité productrice. Dès qu’une de nos industries ne trouve pas à écouler ses produits, il faut qu’une guerre lui ouvre de nouveaux débouchés. C’est ainsi que nous avons eu cette année une guerre de charbon, une guerre de cuivre, une guerre de coton. Dans la Troisième-Zélande nous avons tué les deux tiers des habitants afin d’obliger le reste à nous acheter des parapluies et des bretelles.
À ce moment, un gros homme qui siégeait au centre de l’assemblée monta à la tribune.
— Je réclame, dit-il, une guerre contre le gouvernement de la république d’Émeraude, qui dispute insolemment à nos porcs l’hégémonie des jambons et des saucissons sur tous les marchés de l’univers.
— Qu’est-ce que ce législateur ? demanda le docteur Obnubile.
— C’est un marchand de cochons.
— Il n’y a pas d’opposition ? dit le président. Je mets la proposition aux voix.
La guerre contre la république d’Émeraude fut votée à mains levées à une très forte majorité.
— Comment ? dit Obnubile à l’interprète ; vous avez voté une guerre avec cette rapidité et cette indifférence !…
— Oh ! c’est une guerre sans importance, qui coûtera à peine huit millions de dollars.
— Et des hommes…
— Les hommes sont compris dans les huit millions de dollars.
Alors le docteur Obnubile se prit la tête dans les mains et songea amèrement :
— Puisque la richesse et la civilisation comportent autant de causes de guerres que la pauvreté et la barbarie, puisque la folie et la méchanceté des hommes sont inguérissables, il reste une bonne action à accomplir. Le sage amassera assez de dynamite pour faire sauter cette planète. Quand elle roulera par morceaux à travers l’espace une amélioration imperceptible sera accomplie dans l’univers et une satisfaction sera donnée à la conscience universelle, qui d’ailleurs n’existe pas.

Et certains doutent de l'intérêt et des romans et des classiques... ;-)

Écrit par : Blumroch | 10/10/2017

"Nuance et subtilité".
Dites, m'sieur l'taulier, dans le cas d'espèce, ça fait un peu "ministère de la vérité", non?

Écrit par : Popeye | 10/10/2017

Blumroch > La routine propagandiste actuelle ; aujourd'hui on peut faire dans la caricature grossière et l'à-peu-près historique tout le monde s'en moque parce que tout le monde se moque de tout sauf de son nombril.

Sven > Je me demande parfois, et sans vouloir jouer les faux naïfs, s'il est possible de vivre dans la paix et si l'humanité n'est pas obligée de se confronter perpétuellement entre groupes, communautés. Regardez l'Europe, elle a connu une paix sans précédent dans son histoire (la France n'a pas connu de réelle conflit depuis 1962), c'est bien, mais nous le payons au prix fort : nous allons disparaître. Alors parfois je me dis qu'on aurait dû être un peu plus guerrier nous aussi.

Popeye > a notre époque les mots n'ont que la signification qu'on veut bien leur donner c'est à dire tout et son contraire.

Écrit par : Pharamond | 10/10/2017

@Pharamond : Héraclite was damn right, quand il affirmait que Polémos était le père de toutes choses.

La paix de ces dernières décennies n'est qu'apparence, à mon sens, qui ne dissimule plus même plus les innombrables conflits que nous connaissons ou que nous connaîtrons (nous en voyons les ombres s'allonger chaque jour). De nombreuses *guerres* sont menées, qui n'ont simplement plus la *franchise* de celles d'*avant* (en règle générale, évidemment : je n'idéalise pas le passé, même si je le juge préférable, dans presque tous les domaines, à nos temps de ténèbres). De n'être pas *déclarées*, de n'être pas toujours militaires ne les rend pas moins mortelles et avides de victimes. Prenez par exemple la véritable guerre totale que mènent, au nom d'intérêts médiocres, nos maîtres contre leurs propres populations en leur infligeant blessures et traumatismes, en plus de fausser leurs représentations du réel avec cette arme ignoble qu'est la propagande. Autre illustration : certains esprits avancés envisagent déjà (quand ils ne la réclament pas !) une partition du pays, comme à la suite d'un désastre militaire et d'une écrasante défaite.
Et combien de *redditions* silencieuses devant toutes les tyrannies qui nous sont imposées, à commencer par celle d'une technique qui n'a plus pour objet la connaissance lumineuse mais la sotte puissance ? Qui s'engage vraiment contre l'extension illimitée de la barbarie technicienne et marchande ? Une question idiote (mais je ne suis pas très intelligent) : qui a le courage de se priver de cette véritable laisse, de cette *servitude* qu'est le téléphone portatif, quels que soient ses maigres vertus ?
C'est vrai, pour l'heure, pas de cadavres par milliers, pas d'engagements clairs et nets, mais quand même des affrontements hypocrites, parfois sous faux pavillon, et ceux qui les *constatent* ou qui les *déduisent*, ces conflits, avec plus ou moins de rationalité (car certains sont délirants dans la recherche des causes), sont évidemment de méchants *complotistes*. De nos jours, serait sans doute qualifié de complotiste un Urbain Le Verrier déduisant l'existence de Neptune à partir des perturbations de l'orbite d'Uranus, comme l'avait fait discrètement avant lui John Adams. Incidemment, les sophistes mentionneront que Le Verrier devait plus tard faire erreur en supposant une planète Vulcain pour rendre compte des anomalies du mouvement de Mercure -- ce qui n'ôte rien à son génie et à son exploit.
La violence, même indirecte, reste la violence. Etre anéanti au combat ou dans une guerre économique, c'est toujours être vaincu.
Léopardi, toujours lucide ("négatif", "pessimiste" ou "atrabilaire" pour certains), l'avait formulé ainsi : "Le genre humain, comme toute fraction, si réduite soit-elle, se subdivise en deux catégories : ceux qui s'imposent par la violence et ceux qui doivent la subir" (comme quoi, la célèbre distinction entre ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent ne date pas d'hier).
Un seul remède : n'être pas dupe ; attitude d'ailleurs parfaitement inutile dans la conduite de la vie définie aujourd'hui comme cette horrible guerre de tous contre tous, ce *bellum omnium contra omnes*, dont Hobbes faisait une si terrible analyse.

Écrit par : Blumroch | 10/10/2017

@Sven : Ces deux récentes notes de Bonnal à propos de l'Amérique pourraient retenir votre attention (sans vous apprendre quoi que ce soit) :

http://www.dedefensa.org/article/lincoln-et-la-barbarie-americaine

http://www.dedefensa.org/article/nietzsche-et-lavenement-de-la-barbarie-americaine

Écrit par : Blumroch | 10/10/2017

@Pharamond

Il ne s'agit pas de guerre mais d'exterminations massives. Les Américains n'ont remporté quasiment aucune guerre, en dépit de leur supériorité technologique, hormis en Irak, et encore, face aux nations indiennes et face au Sud. Rien de glorieux. La première guerre mondiale se termine par une capitulation de l'Allemagne alors que ses armées ne combattent pas sur son sol, la deuxième se joue sur le front de l'est pour l'Europe.
En revanche, ils ont exterminés des millions d'individus sur tous les continents. Ce que n'a jamais fait aucun peuple européen. Et pourtant personne ne les considère comme des criminels contre l'humanité.

Écrit par : Sven | 10/10/2017

@Blumroch


Très intéressants ces textes. Brutalité de la population, violence sous couvert du droit... Tocqueville mentionne aussi l'incroyable rapidité à laquelle l'immigrant se fonde dans le moule (médiocre) américain et perd sa culture d'origine. C'est ce qui est arrivé à l'Europe de l'ouest avec son statut de colonie américaine depuis 1945.
Sans les aspects de maltraitance physique, quoique, le statut des latinos à l'heure actuelle n'a pas grand chose à envier à celui des noirs à l'époque de l'esclavage.
Un de mes grands espoirs avec l'élection de Trump est de voir les fractures se ré-ouvrirent et la violence sourdre de nouveau. Je ne suis pas déçu pour le moment. Est-ce que cela continuera jusqu'à l'implosion?

Écrit par : Sven | 11/10/2017

Blumroch > Je ne nie pas cette forme de guerre, mais ce n'est pas d'elle dont je voulais parler. Elle n'est parvenue à son paroxysme que ces dernières décennies avec la société de consommation devenue folle et le triomphe du libéralisme sauvage. De plus, n'étant pas visible pour la majorité des gens elle donne un sentiment de paix et c'est ce sentiment qui influence les mentalités. La guerre dont je parlais est la "vraie" qui a longtemps quitter nos contrés et que la promesse de l'UE d'une paix éternelle a évacué de nos préoccupations. Sans conscience du danger on devient égocentrique, capricieux et sans défense pour finir par disparaître.
Quant à la violence intrinsèque des USA, il est paradoxale de souligner le sort des états du Sud comme dans les textes tout en soulignant le racisme, les lynchages, et les conditions déplorables des esclaves. D'autre part nos contrées ont longtemps étaient à peu près homogènes ethniquement ce qui nous a évités bien des tensions et des malheurs, chance que n'ont pas les USA.
Ne croyez surtout pas que je défende les Américains, mais je ne suis pas partisan de désigner les démons par essence.

Sven > Ils ont gagné la guerre contre le Mexique et contre le Japon. mais peu importe, il ne s'agit pas de compter les points. le problème des USA c'est qu'ils sont une démocratie qui font la guerre pour assurer la pérennité de leur système libéral prédateur. Quand un état démocratique se lance dans une guerre c'est évidemment parce que son adversaire un monstre épouvantable contre qui tous les coups sont permis. au yeux de l'opinion il ne peut en être autrement et ceci doit être respecté (à leur grand avantage) par leurs dirigeants s'ils veulent être cohérents.
Nous nous ne faisons plus de guerres, à part quelques opérations de police comme supplétifs et quelques bombardements sur ordre de L’OTAN, difficile d'en tirer des conclusions sur notre humanisme guerrier.

Écrit par : Pharamond | 11/10/2017

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