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24/01/2023

Musique (639)

Season & Snare

Kids

Reuben and the Dark

Black Water

Commentaires

Bientôt, avec les brigades eurotarécoloterroristes, cette chroniqueuse ne pourra plus tenir le même discours amusé :
https://www.theguardian.com/commentisfree/2023/jan/16/if-plants-are-so-intelligent-should-we-stop-eating-them
Puisque les Khmers verts veulent la mort de l'humanité sous le prétexte de sauver la Terre, qu'ils commencent par se tuer, en masse, comme les lemmings décérébrés qu'ils sont. Et comme ils en arriveront à invoquer les droits du minéral, que ce principe de précaution soit appliqué par anticipation : "Save a stone, [1] a green khmer."

[1] "hang", par exemple, mais d'autres traitements peuvent convenir.

Écrit par : Blumroch | 25/01/2023

Drown ?
Par exemple
Ou burn, aussi bien
Mais ça dégage du CO2
Drown ou hang

Écrit par : Kobus van Cleef | 25/01/2023

Blumroch > La société perd son humour entre railleries éculées des choses du monde ancien et censure.

Écrit par : Pharamond | 25/01/2023

A consommer rapidement, cette petite uchronie divertissante dont la fin est malheureusement exagérément optimiste :
https://ripostelaique.com/le-24-fevrier-2023-vladimir-poutine-lancait-un-ultimatum-nucleaire-a-lotan.html
Dans le même registre, en plus long, on a le fameux *Napoléon apocryphe* de Geoffroy, déjà cité (sans doute en vain) :
https://fr.wikisource.org/wiki/Napol%C3%A9on_et_la_conqu%C3%AAte_du_monde/Texte_entier

Écrit par : Blumroch | 25/01/2023

Blumroch > Si la fin est exagérément optimiste cette uchronie ne peut être divertissante ;-)

Écrit par : Pharamond | 25/01/2023

@Pharamond : Divertissante au début, parce qu'on peut espérer une fin vraisemblable, savoir l'embrasement général par le jeu du hasard et de la nécessité. ;-)
Un correspondant russe me disait récemment : "They [nous et quelques autres] will be unpleasantly surprised later."

Écrit par : Blumroch | 25/01/2023

Article découvert grâce à Bonnal :
https://iqfy.com/unvaccinated-silence/
Brillant retournement.

Écrit par : Blumroch | 25/01/2023

P.S. : C'est quand même *trop* parfait. ;-)

Écrit par : Blumroch | 25/01/2023

Etrange site. Autant le brillant retournement évoqué *supra* est digne d'un jalonnard, d'un disciple d'Henry Beard ou encore d'un héritier de Censor, autant cet article semble raisonnable :
https://iqfy.com/46-things-i-learned-from-gulag-kolyma-varlam-shalamov/
Une manière de brouillard et de brouillage pour faire passer les délires ?

Écrit par : Blumroch | 26/01/2023

Blumroch > Le nihilisme n'est pas de mise avec ce genre de site.

Détournement amusant et original.

Sauf ce qui concerne les camps, je n'y suis pas allé pour pouvoir en parler, je ne suis pas totalement d'accord avec ses conclusions sur la nature humaine.

Écrit par : Pharamond | 26/01/2023

On sait les gauchistes encore plus rabiques qu'à leur ordinaire dès qu'on évoque devant eux le lien, pourtant manifeste, pourtant irréfutable, entre le physique de nos chers contemporains et les idées qu'ils professent ou empruntent -- qu'on s'inflige la vision du maître du W.E.F. ou de n'importe quel crétin collectiviste pour s'en convaincre.
Un *intellectuel* qui fréquentait à l'occasion le trop fameux comte Coudenhove-Kalergi, un intellectuel qui avait cru tous les mensonges du tristement célèbre rapport Meadows, un intellectuel *européen* au sens où l'entendent les [autocensuré] de Bruxelles était capable d'écrire, à ce sujet, ceci :
//
Ayant vécu près d'une année en Allemagne hitlérienne, j'avais coutume de dire à ceux qui me questionnaient sur les motifs de l'adhésion réelle de tant d'Allemands à une doctrine évidemment démente : "J'ai vu certains de mes étudiants devenir nazis. J’ai vu qu’ils changeaient physiquement. Ils prenaient ce type dur, ce regard «objectif», ce teint pâle, cette lourdeur dans le bas du visage, qui permet de reconnaître au premier regard un chef nazi. Si peu sérieux que cela puisse vous paraître, je crois que le totalitarisme est un virus, et si vous l’attrapez, vous n'y pourrez plus rien."
//
Pire que la métamorphose en cafard ayant donné lieu à un jeu d'aventure[1] très apprécié chez les connaisseurs, la métamorphose en *naziste*... et à cause d'un *virus* ! Ne pas rire, surtout ne pas rire.
Un appel de note, numéroté 55, enfonçait le clou, apportant au passage une révélation littéraire inédite et peut-être vraie (je n'ai pas cherché à vérifier, la *vita* étant de plus en plus *brevis*) :
//
Mon *Journal d'Allemagne* ne fait qu'une ou deux allusions très voilées à cette transformation physique. Il faut croire que mon hypothèse se lisait entre les lignes, néanmoins, puisque Eugène Ionesco a pu dire que mon livre lui avait suggéré le sujet de son *Rhinocéros*.
//
J'avais lu ce livre voici plusieurs décennies, sans juger utile d'accorder une place, dans une bibliothèque déjà trop riche, à cette inutile d'un grand classique ; avec l'affaiblissement de ma mémoire, je ne pouvais donc le citer d'exacte manière. Au reste, j'avais presque fini par penser avoir imaginé ce paragraphe amusant et instructif.
Par chance, les archives[2] de l'auteur -- d'ailleurs littéraire estimable malgré ses errements politiques --, sont en ligne, qui m'ont permis de retrouver le passage. C'est dans le recueil *Comme toi-même* (article "Dialectique des mythes", I, v).

[1] Spécialiste de cette catégorie, mon ancienne fiancée, au jugement pourtant sévère, lui avait attribué la note de 16/20 : https://en.wikipedia.org/wiki/Bad_Mojo
Ursula von Die Chyène et ses amis veulent convertir par la force et la ruse leurs esclaves à l'entomophagie : ces [autocensuré] devraient faire de la réclame pour ce jeu -- j'offre l'idée aux [autocensuré] de McKinsey.
[2] https://www.unige.ch/rougemont/livres/ddr1961ctm/13#s3-4-5

Écrit par : Blumroch | 27/01/2023

P.S. : L'inutile commentaire *supra* complètera l'inutile commentaire *infra* :
http://guerrecivileetyaourtallege3.hautetfort.com/archive/2019/12/18/musique-516-6199291.html#c8889504

Écrit par : Blumroch | 27/01/2023

P.P.S. : Damn, la vue aussi. "à cette inutile suite d'un grand classique". Bah, qui l'aura remarqué ? ;-)

Écrit par : Blumroch | 27/01/2023

Allons y,quoi

Quel est le Graal du journaliste ?
Gagner le poulitzaire ?
Que nenni
Mettre à jour les Pandora papers incriminant les profiteurs de guerre en Ukraine ?
Je pouffe
Déterrer les preuves de la corruption lors d'élections en démocratie libre et avancée ?
Vous n'y êtes pas, mais alors pas du tout

Non, le rêve de tout bon journaliste, son accomplissement, c'est de trouver un nazi, ou mieux, des nazis
Après, il peut mourir tranquille, justice faite

Un exemple, un seul exemple ?

Voilà, je m'exécute

Au procès des deux meurtriers de la gentille Axelle Dorier, à l'énoncé du verdict, une grosse fatma s'est écroulée, en larmes convulsant aux cris de "il a rien fait mon fils/mari/frir'/kouzin, j'ti jur' madam'
Un des frères de la victime, révolté par la putain de clémence du verdict (12 ans pour avoir roulé 800 mètres sur la malheureuse puis 10 mètres marche arrière pour se débarrasser du corps) s'est exclamé en voyant la bougnoulette faire son cinoche "crève salope" en lui montrant le poing
Et les journaloppes dans les parages ont hurlé "un nazi, un nazi, il a fait un salut nazi, un nazi, un naziiiii !"
Et le parquet, fort de ce double témoignage,a décidé de poursuivre pour... salut nazi ? Apologie de crime contre l'humanité ?( Lorsque tu tends le bras à l'horizontale, c'est un salut nazi, lorsque tu allonges le bras vers le bas c'est un salut nazi inversé, c'est complexe, les subtilités du droit français) refus de pardonner aux assasins de sa sœur ?( Peut être, puisqu'on sait que le procès d'assises est un tiatre moudern censé appaiser la société, mon ku ! La société n'en est plus une depuis vilaine lurette)
Prenons les paris que le non lieu couronnera cette pantalonnade
Quoique...
En tout cas je souhaite ardemment que deux taulards se fassent rectifier dans leur taule, je suppose qu'il faut collecter quelques billets pour cela...

Souhaitons aussi à nos deux journalistes vronzais répéreurs de salut nazi, d'en trouver beaucoup d'autres, après tout c'est le sens de leur vie
Suggérons leur de faire la sortie des services d'orthopédie lorsque certains chirurgiens spécialiste du membre supérieur sont au programme, en effet, selon une technique ancienne, les réinsertions de rupture des tendons de la coife des rotateurs sont immobilisés et plâtrés 6 semaines en abduction élévation du membre supérieur, ce qui correspond à une quenelle inversée

Écrit par : Kobus van Cleef | 29/01/2023

J'aurais pu écrire la putain de clémence de titus, au lieu du verdict mais j'ai pas eu le cœur, je connais en effet un Titus et il n'est pas clément

Écrit par : Kobus van Cleef | 29/01/2023

On le sait, le généreux foutriquet 2.0 consacre "un pognon de dingue"[0] à entretenir la *bonne* presse qui, sans cette transfusion, disparaîtrait rapidement faute de lecteurs -- en tout cas d'acheteurs.
Admirable double habileté de némacrongula[1] : d'une part, il fait bénéficier de la solidarité nationale forcée[2] les milliardaires propriétaires des merdias en leur épargnant le souci de les entretenir seuls[3] ; d'autre part, il contraint le bétail (parfois appelé "matière fiscale") à financer les moyens de sa disparition -- le procédé est d'ailleurs la seule véritable originalité du macronat, avec l'effarant niveau intellectuel de son personnel et de ses complices compagnons de route et de gamelle allant de l'esstrème drouate à l'esstrème gôche.
Les journalopes, déjà naturellement peu portés à la réflexion et à la critique, sélectionnés avec soin pour leur servilité comme pour leur inculture, soutiennent donc et soutiendront le régime dans tous ses mensonges et même dans tous ses crimes -- ceux qui sont encore, pour d'obscures et mauvaises raisons (et pour combien de temps ?), rendus publics.
Depuis longtemps, le journalope ordinaire n'a plus besoin de recevoir des ordres, directs ou subtils, de sa hiérarchie ; il suivra la ligne du jour, s'adaptant[4] sans le moindre effort, sans [y] penser. Le journalope d'élite, lui, devancera les désirs de ses maîtres avant même qu'ils ne soient énoncés ; un Gracian contemporain manque pour dire cette grâce.
C'est pourquoi la récente convocation, par le dément élysée, de quelques merdiatiques plus ou moins notoires étonne, d'être parfaitement *inutile*, quand un simple communiqué de presse suffisait à donner la ligne et l'ordre u jour ainsi que les formules à reprendre.
La raison est sans doute à chercher dans ce qui tient lieu de psychologie à un foutriquet 2.0 qu'on imagine extatique à l'idée d'humilier *gratuitement* son petit personnel : de fait, il aura voulu être *swiftien* en formulant directement, en [son auguste[5]] personne, ses *Instructions aux domestiques*[6], ses *Directions to Servants*[7].

[0] Celui des autres, évidemment, assez... fous -- d'autres adjectifs peuvent venir aux esprits taquins -- pour approuver le vol, la corruption et le gaspillage sans jamais protester en masse et *more majorum*.
[1] La forgerie est injuste pour Néron comme pour Caligula, mais la polémique a ses raisons que l'histoire, révisée ou non, doit ignorer.
[2] Candide, j'aime encore à espérer que le fameux "consentement à l'impôt" célébré par la mafia étatique n'a d'autre origine que la crainte des milichiens et des juges, tous armés au service de la sainte guerre mondiale des oligarchies contre les populations.
[3] Généreuse jusqu'à la folie, l'eurorégion France contribue ainsi à toutes les nobles causes pourvu qu'elles ne soient pas françaises, redistribuant l'argent du racket étatique à tous les pays qui le souhaitent, comme le Noeuftroy, l'Ucrainia ou la Chine, au titre -- j'allais écrire : au prétexte -- de leur indispensable développement.
[4] Darwin.
[5] On voudra bien penser au sinistre coronacircus plutôt qu'aux grandes heures de Rome -- qui n'existent pas, si on en croire la progéniture de Grimal.
[6] Le rapprochement ne concerne évidemment que le titre, comme on le vérifiera à consulter la traduction du texte figurant dans cette mémorable *Anthologie de l'humour noir* qui est probablement la seule bonne action d'André Breton.
[7] Le texte original est ici :
https://en.wikisource.org/wiki/The_Works_of_the_Rev._Jonathan_Swift/Volume_16/Directions_to_Servants

Écrit par : Blumroch | 29/01/2023

"En tout cas je souhaite ardemment que deux taulards se fassent rectifier dans leur taule", nous confie le Kamerad Kobus van Cleef. Je crains que ce souhait ne se concrétise pas. J'imagine même les coupables -- qui seront d'ailleurs dehors dans une petite année à peine, sans que cela ne contrarie nos chères féministes -- célébrés par les clients de l'institution carcérale. Vue dans le dernier numéro d'I-Media, la brève séquence entre l'avocat des [autocensuré] et le sieur Praud donne la nausée, tout comme le *cursus deshonorum* de l'arrogant individu.
Dans un monde normal... Nope, mieux vaut ne rien dire, et même cela, c'est encore imprudent.

Écrit par : Blumroch | 29/01/2023

Némacrongula c'est assez bien trouvé
Je me contente de cramon mais une étrange assonance fait penser à Gramont, et qui dit Gramont dit de Gramont ( avec un seul m), ce qui ramène sans coup férir, à Ted Morgan, journaliste nord-américain lorsque le journalisme voulait encore signifier quelque chose
On peut tenter, au lieu d'inverser les syllabes, de les mélanger ( de les mixer pour parler moudern, ne dit on pas le mix énergétique de la vronze ? quoique... pour moi, un mix énergétique est un mélange de composants censés donner de l'énergie, jus de citron,miel de bruyère dans le thé lorsque virus tenace et émetisant, cognac et café pour ne point sombrer lors de l'affût dans la nuit froide)
Ça donne, bruisine sardo
Ou
Cramounuel Emma
Ou liopac josnel

Écrit par : Kobus van Cleef | 29/01/2023

A la réflexion, en guise de sobriquet pour foutriquet 2.0, "nécrongula" suffisait, qui évoque la nécrose. ;-)

Écrit par : Blumroch | 29/01/2023

Kobus van Cleef > Dans un monde bâti sur le verdict de 1946 rien d'anormal.

Écrit par : Pharamond | 29/01/2023

Pas un mot sur la magie des pouvoirs dolfiques capables de transformer *physiquement* de gentils étudiants en méchants nazistes rhinocéromorphes ? :-(

Écrit par : Blumroch | 29/01/2023

Blumroch > Oups ! désolé. Euh... Sont forts ces nazis ! ;-)

Écrit par : Pharamond | 29/01/2023

Blumroch > Ceci dit, un individu qui retrouve sa dignité doit changer.

Ionesco quand il ne voulait pas faire plaisir à ceux qui lui posaient la question répondait que "Rhinocéros" était un pamphlet contre tous les totalitarismes et surtout contre le conformisme.

Écrit par : Pharamond | 29/01/2023

Argument de mauvais film contemporain réaliste :
-- L'Ucrainia, pays mafieux corrompu et arriéré dont tout le monde se contremoquait voici peu, va nous entraîner dans une nouvelle guerre mondiale au profit de l'empire ricain, tout déliquescent qu'est ce dernier.
-- Sont encore quand même forts, ces nazis.
;-)

Écrit par : Blumroch | 29/01/2023

@Pharamond : Les effets du virus -- comme ceux de l'injection -- sont irréversibles. Une fois transformé en naziste, on ne revient plus en arrière, sauf par miracle et à condition de s'appeler Madelin ou Longuet. ;-)

Écrit par : Blumroch | 29/01/2023

Dans son *Panégyrique*, Debord disait ainsi, non sans nostalgie, la disparition d'un monde ancien qu'il n'aimait certes pas mais qu'il détestait moins que le nouveau (Semprun Junior a fait tenir des propos comparables à un personnage de ses *Dialogues sur l'achèvement des temps modernes*) :
//
"La majorité des vins, presque tous les alcools, et la totalité des bières dont j'ai évoqué ici le souvenir, ont aujourd'hui entièrement perdu leurs goûts, d'abord sur le marché mondial, puis localement ; avec les progrès de l'industrie, comme aussi le mouvement de disparition ou de rééducation économique des classes sociales qui étaient restées longtemps indépendantes de la grande production industrielle ; et donc aussi par le jeu des divers règlements étatiques qui désormais prohibent presque tout ce qui n'est pas fabriqué industriellement. Les bouteilles, pour continuer à se vendre, ont gardé fidèlement leurs étiquettes, et cette exactitude fournit l'assurance que l'on peut les photographier comme elles étaient ; non les boire.

Ni moi ni les gens qui ont bu avec moi, nous ne nous sommes à aucun moment sentis gênés de nos excès. "Au banquet de la vie", au moins là bons convives, nous nous étions assis sans avoir pensé un seul instant que tout ce que nous buvions avec une telle prodigalité ne serait pas ultérieurement remplacé pour ceux qui viendraient après nous. De mémoire d'ivrogne, on n'avait jamais imaginé que l'on pouvait voir des boissons disparaître du monde avant le buveur.
//
Appelant jadis aux armes pour défendre une Europe n'ayant rien à voir avec la contemporaine eurotyrannie vassale des ricains, un méchant-méchant avait fait cette observation aussi frappante qu'intemporelle : "COMBIEN DE FRANÇAIS CROIENT QU'ILS ONT FAIT LA RÉVOLUTION QUAND ILS ONT ÉCRIT UN BEL ARTICLE SUR LA RÉVOLUTION !"
La Grande Nuit est déjà là ; l'ennemi est au pouvoir ; ses supplétifs aiguisent leurs couteaux ; et les beaux esprits de "notre camp" évoquent encore, sans rire, avec gourmandise, le combat *culturel* à mener au nom de l'hypothétique espoir de se gagner les derniers Français dans quelques années -- dans quelques décennies chez les plus prudents. A l'âge de l'ersatz, ils prennent touittes, billets, articles, livres et vidéos pour autant d'armes. Ils ont aussi des produits à vendre.
Sont-ils krons ? Sont-ils marchands ?
//
Malgré son *pathos* virant vite au *bathos* et quelques formulations emphatiques, inutiles ou malheureuses -- une prose de maçons et non de guerriers --, la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776 comporte quelques phrases inspirées -- plus inspirées que les déclarations dites françaises :
//
La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.
//
Est appréciable, surtout, son mépris du juridisme. Quand vient le temps de l'émancipation, l'opprimé ne sollicite aucune permission, il n'invoque pas un article de loi pour partir, il ne *négocie* pas : il brise en une fois ses chaînes et gagne sa liberté parce qu'il l'a méritée :
//
[...] comme les Etats libres et indépendants, elles [les Colonies unies] ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les Etats indépendants ont droit de faire ; et pleins d'une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l'honneur.
//
Que ces belles promesses soient ensuite trahies, c'est presque sans importance, même si c'est regrettable.
L'histoire des oligarchies, c'est la permission donnée aux employés de changer de patron, et aux esclaves de changer de chaînes.
////
2222-2

Écrit par : Blumroch | 30/01/2023

Dernier signalement :
https://www.youtube.com/watch?v=-nO9qLue2O4
Peut-être une suite à cette vidéo bien plus ancienne :
https://www.youtube.com/watch?v=VugqnxzMO2g
Les talentueux eux-mêmes sont malheureusement aussi inutiles que leur public.

Écrit par : Blumroch | 30/01/2023

Blumroch > Pas encore vu la vidéo de La Mite.

Écrit par : Pharamond | 30/01/2023

@Pharamond : Le portrait ne me semble pas injuste.

Je note qu'aucun des trois D n'a retenu ton attention. ;-)

Écrit par : Blumroch | 31/01/2023

En vrac avant la fin...
//
Dans son *Testament politique*, Richelieu pense aux lettres, mais le propos concerne aussi les sciences et les arts. L'important, c'est de ne pas favoriser les demi-habiles, ces cervelles médiocres qui pullulent chez les juristes, les journalopes et autres nuisibles. L'instruction ne vaut rien aux crétins qui devraient en rester à cette grâce qu'est l'ignorance.
//
Comme la connaissance des lettres est tout à fait nécessaire en une république, il est certain qu’elles ne doivent pas être indifféremment enseignées à tout le monde. Ainsi qu’un corps qui aurait des yeux en toutes ses parties serait monstrueux, de même un État le serait-il si tous les sujets étaient savants. On y verrait aussi peu d’obéissance que l’orgueil et la présomption y seraient ordinaires. Le commerce des lettres bannirait absolument celui de la marchandise qui comble les États de richesses. Il ruinerait l’agriculture, vraie mère nourrice des peuples, et il déserterait en peu de temps la pépinière des soldats qui s’élève plutôt dans la rudesse de l’ignorance que dans la politesse des sciences. Enfin, il remplirait la France de chicaneurs, plus propres à ruiner les familles particulières et à troubler le repos public qu’à procurer aucun bien aux États.

Si les lettres étaient profanées à toutes sortes d’esprits, on verrait plus de gens capables de former des doutes que de les résoudre et beaucoup seraient plus propres à s’opposer aux vérités qu’à les défendre. C’est en cette considération que les politiques veulent, en un État bien réglé, plus de maîtres ès arts mécaniques que de maîtres ès arts libéraux pour enseigner les lettres.

//
Revenant à son *Meilleur des mondes*, Huxley tient des propos apparemment neutres qui, sélectionnés par un honnête sophiste, en font un résistant ou un collabo. Ainsi, difficile de savoir ce qu'il penserait vraiment de ce détournement : "Jamais tant de crétins candides n'auront été manipulés par si peu de salauds crétins". Reste qu'il est plus profitable de le lire lui que de s'infliger du Bilheran, comme il est plus instructif d'apprendre le journalisme avec Legris plutôt qu'avec Riocreux.
Incidemment, fine remarque dans un développement consacré à Speer : "Les Nazis n'ont pas eu le temps, ni peut-être l'intelligence et les connaissances nécessaires pour laver le cerveau de leurs gradés subalternes. Il est possible que ce soit là une des raisons de leur échec."
On en déduira ce qu'on voudra sur les vainqueurs. ;-)
//
Dans les dictatures plus efficaces [que celles des Dolphie et Joseph] de demain, il y aura sans doute beaucoup moins de force déployée. Les sujets des tyrans à venir seront enrégimentés sans douleur par un corps d'ingénieurs sociaux hautement qualifiés. Un défenseur enthousiaste de cette nouvelle science écrit : "Le défi que relève de nos jours le sociologue est le même que celui des techniciens il y a un demi-siècle. Si la première moitié du vingtième siècle a été l'ère des ingénieurs techniques, la seconde pourrait bien être celle des ingénieurs sociaux". Et je suppose que le vingt et unième sera celle des Administrateurs Mondiaux, du système scientifique des castes et du *Meilleur des mondes*. A la question quis custodiet custodes ? -- qui gardera nos gardiens, qui organisera les organisateurs techniques ? --, on répond sereinement qu'ils n'ont pas besoin de surveillance. Il semble régner parmi certains docteurs en sociologie la touchante conviction que leurs pairs ne seront jamais corrompus par l'exercice du pouvoir. Tel sire Galahad, ils sont forts comme dix parce que leur coeur est pur -- et leur coeur est pur parce que ce sont des savants qui ont suivi six mille heures de cours sur les sciences sociales.

Hélas, l'instruction supérieure n'est pas nécessairement la garantie d'une vertu plus grande ou d'une sagesse politique plus haute [...].

//
Phénomène rare chez les intellectuels, l'intelligent Simon Leys ne suscite aucune malveillance -- sauf chez les derniers admirateurs de Mao Tsé-Toung ou de Pol Pot. De lui, tout est agréable et intéressant à lire, à commencer par *Le studio de l'inutilité* (excellente préface, soit dit en passant...) dont le chapitre consacré à Orwell cite les *Journaux* et notamment cette note exquise offrant une nouvelle interprétation à la classique accusation d'intelligence avec l'ennemi :
//
Dans l'*Histoire de la Commune de 1871* par Lissagaray, il y a un passage décrivant les exécutions qui suivirent la répression de la Commune : on fusillait les meneurs sans procès, et comme on ne savait pas exactement qui étaient les meneurs, on les identifiait en partant du principe que ceux qui appartenaient à une classe supérieure devaient être les chefs du mouvement. Ainsi, un homme fut fusillé parce qu’il portait une montre, un autre parce qu'"il avait une physionomie intelligente".
//
Dans le même registre, le chapitre "Le génocide cambodgien" dit en une anecdote le grotesque et l'horreur du régime de Pol Pot :
//
Les lunettes attirèrent également l’hostilité toute spéciale des Khmers rouges ; tous les Cambodgiens qui portaient des lunettes firent l’objet d’une double sanction : 1) confiscation et destruction immédiate de leurs lunettes ; 2) déportation (et éventuelle exécution) des porteurs de lunettes dans un camp de travail -- car on les soupçonnait d’être éduqués, et donc d’appartenir à la race des oppresseurs du peuple.
//

Leopardi, le moraliste érudit du *Zibaldone*, n'aurait pas été *adapté* à la nouvelle France voulue par foutriquet 2.0 et ses complices, au terme de la "substitution de population" également appelée "transition démographique" -- quand, d'incompréhensible manière, le "grand remplacement" qui en est le parfait synonyme, semble inacceptable.
//
La tyrannie, fondée sur le maintien des sujets dans la barbarie absolue, sur la superstition et l'abrutissement, est favorisée par l'ignorance et reçoit des lumières une atteinte irrémédiable et mortelle. C’est pour cela que Mahomet, avec raison, proscrivit les études. (28 septembre 1820.)
//
Comme tous les bons esprits de mauvaise foi, Leopardi savait les conséquences mortelles de l'oubli du réel.
//
Il est évident que toute la philosophie de Sénèque, de Lucain, de Pétus Thraséa, d'Herennius Sénécion, d'Helvidius Priscus, d'Arulenus Rusticus, de Tacite, etc., n’a pu faire obstacle à la tyrannie. Sans philosophes, les Romains étaient libres, mais lorsqu’ils eurent un grand nombre de penseurs profonds, comme ceux que je viens de citer, ils connurent la servitude. De telles études, en apparence si hostiles à la tyrannie, la favorisaient, comme la tyrannie favorisait réciproquement les études. En effet, 1. le tyran désire et fait en sorte que le peuple se divertisse, ou pense (quand il ne peut l’en empêcher) au lieu d’agir ; 2. l’inaction du peuple le conduit naturellement à une existence consacrée à la pensée, qui est inactive ; 3. l’homme amolli et affaibli est plus à même et plus désireux de penser ou de s’adonner aux plaisirs de l’étude que d’agir ; 4. la pesanteur, la misère, la monotonie, le côté sombre de la tyrannie fomentent et suscitent la réflexion, la profondeur de la pensée, la sensibilité, le style mélancolique ; et la vive et énergique éloquence devient lugubre, profonde, philosophique, etc. ; 5. l’absence de grandes et fortes illusions éteignant l’imagination joyeuse, aérienne, brillante, en un mot naturelle, telle qu’elle était chez les anciens, elle introduit l’examen du vrai, la connaissance de la réalité des choses, la méditation, etc., et fait place à l’imagination ténébreuse, abstraite, métaphysique, qui relève davantage de la vérité, de la philosophie, de la raison que de la nature et des idées vagues naturellement présentes dans l’imagination primitive. (14 octobre 1820.)

//
Rédigée bien avant les coronacircus et Gaiacircus, la conclusion de *Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable* est d'un optimisme relatif mais inhabituel chez Riesel et Semprun Junior :
//
Les réfractaires qui voudront mettre en cause les bénéfices, quels qu'ils soient, que la propagande pour la sursocialisation persiste à faire miroiter contre l'évidence même, et qui refuseront l'embrigadement dans l'Union sacrée pour le sauvetage de la planète, peuvent s'attendre à être bientôt traités comme le sont en temps de guerre les déserteurs et les saboteurs. Car l'"état de nécessité" et les pénuries qui vont s’accumuler pousseront d’abord à accepter ou réclamer de nouvelles formes d'asservissement, pour sauver ce qui peut l'être de la survie garantie là où elle l’est encore quelque peu. (On voit ce qu'il en est là où l’on ne peut se targuer de tels acquis historiques.)

Cependant le cours de cette étrange guerre ne manquera pas de créer des occasions de passer à la critique en actes du chantage bureaucratique. Pour le dire un peu différemment : on peut prévoir l’entropie, mais pas l'émergence du nouveau. Le rôle de l'imagination théorique reste de discerner, dans un présent écrasé par la probabilité du pire, les diverses possibilités qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui à l'intérieur d'une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d'oublier ce fait d'expérience, propre nous semble-t-il à lui résister, que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences *incalculables*.
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La précision "avec un peu de chance" rappelle un propos, que j'avais jadis cité, du lucide Martial répondant à un provincial désireux d'apprendre comment (sur)vivre à Rome : "Eh bien ! si tu es intègre, tu peux compter, Sextus, sur le hasard..." ("Et encore, avec de la chance...", avais-je ajouté dans une version latine, me croyant facétieux, au temps lointain de ma khâgne). Voici, pour tout improbable curieux, le texte original (*Epigrammes*, III, 38) :
-- Quid faciam? suade : nam certum est uiuere Romae.
-- Si bonus es, casu uiuere, Sexte, potes.
Quant aux improbables "conséquences *incalculables*", elles évoquent la dernière réplique du "Prieuré" d'Anatole France :
-- Prenez-y garde encore : mourir, c'est accomplir un acte d'une portée incalculable.
C'est d'ailleurs le sort qui attend les réfractaires au nouvel ordre euroschwabien qui continue, imperturbable, à mettre en oeuvre ses mesures scélérates -- que le projet soit temporairement et partiellement mis en pause dans le reste du monde n'est pas une consolation pour les ceusses qui vivent sous le joug d'Ursula von Die Chyène.
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Écrit par : Blumroch | 31/01/2023

Petit dialogue à peine imaginé, entre autres à partir des propos -- peut-être ironiques -- du décevant créateur de *Dilbert*, des probables canulars d'IQfyPointComme, et de quelques réflexions glanées ici et là.

A. (membre de la religion covidiste, multi-infecté *volontaire* et *fier* de l'être[1]) -- C'est injuste, c'est vraiment injuste. J'ai fait confiance aux autorités, et j'apprends qu'on nous a menti sur tout. Je n'ai plus qu'à compter les brèves années qui me restent, quand les autres, ceux qui n'ont pas obéi comme tout le monde, n'ont pas ce souci. Quand même, ces salauds de non-infectés auraient pu nous avertir, puisqu'ils savaient tout !
B. (ayant exercé son jugement personnel au lieu de suivre les lemmings et moutons, et ayant donc refusé d'obéir malgré les mesures discriminatoires et la réprobation générale) -- Vous êtes bien plaisant de m'accuser et de m'en vouloir. Bientôt, ignoble que vous êtes, vous allez réclamer une loi pour infecter de force les résistants afin qu'ils connaissent votre sort ! Pourquoi ne tournez-vous pas votre colère vers ceux qui, désireux d'avoir votre peau, vous ont abusé ?
A. -- ... Meuh ?

Une des caractéristiques du kron, c'est de ne voir que des combats horizontaux, quand il devrait les chercher verticaux. L'ennemi est au dernier étage, pas au rez-de-chaussée.

[1] Cela va sans dire mais cela va mieux en le disant : les ceusses ayant été *obligés*, pour d'impérieuses raisons de survie, de subir les infections alors qu'ils étaient réticents ont droit à la compassion. On peut sans doute pardonner à un faible, mais à un kron, jamais.
2222-1

Écrit par : Blumroch | 31/01/2023

Blumroch > La Mite est peut-être l'un des plus fins observateurs de notre société. Le portrait me semble plutôt juste et assez indulgent. Il a occulté avec quelle mesquinerie Soral calomnie ses propres dissidents. S'il ne le fait pas lui-même il laisse faire ses collaborateurs.

Les 3 D ?

La remarque d'Huxley sur le nazisme me semble peu pertinente. Le national-socialisme voulait plus convaincre que laver les cerveaux. Il était moins ingénieux qu'on l'a prétendu a posteriori et n'était pas exempt d'une certaine naïveté.

Écrit par : Pharamond | 31/01/2023

Quant à la raison de son échec on peut aussi faire remarquer qu'il est difficile de lutter contre le monde entier ou presque.

Écrit par : Pharamond | 31/01/2023

@Pharamond : Debord, Degrelle, Déclaration d'indépendance. ;-)

Tu trouveras fine la remarque en lisant les quelques pages de *Retour au Meilleur des mondes* : Huxley explique la défaite de Dolfie par l'obligation où il était d'avoir des subordonnés ayant une personnalité et une individualité. Historiquement, c'est contestable ; intellectuellement, c'est instructif.

Quantité contre qualité. Le résultat est évident.

Écrit par : Blumroch | 31/01/2023

Blumroch > Avoir des subordonnés avec des personnalités a fait sa force. En face les Soviétiques n'avaient que des généraux de piètre qualité mais le nombre et le matériel américain, cela a fait la différence.

Écrit par : Pharamond | 31/01/2023

@Pharamond : C'est le caractère équivoque d'Huxley estimant qu'avoir des subordonnés intelligents est une erreur. ;-)
Un foutriquet 2.0 l'a bien compris, qui compte sur des crétins à son pauvre niveau.

Écrit par : Blumroch | 31/01/2023

Blumroch > C'est toute la limite du système des mondialistes.

Écrit par : Pharamond | 31/01/2023

@Pharamond : Mieux vaut une organisation de crétins que des crétins sans organisation.

Écrit par : Blumroch | 31/01/2023

Gougueule et L'OEil de Sauron ne trouvent aucune occurrence de "Kung Fury" dans les archives de GC&YA. C'est donc ici :
https://www.youtube.com/watch?v=r-AX_lMIvcE
ou ici :
https://www.youtube.com/watch?v=bS5P_LAqiVg
Dolfie est partout. Iron Sky aussi.

Écrit par : Blumroch | 31/01/2023

Comme von Salomon en a convenu, l'assassinat de Rathenau n'aura sans doute pas été la meilleure idée de l'organisation Consul. Quand notre époque voit un triste crétin sorti d'un mauvais[1] James Bond signer un délirant plan de remodelage du monde au profit d'une caste de nuisibles mégalomanes, le début du XXe siècle avait produit un homme d'action et de réflexion capable d'écrire un *Où va le monde ? Considérations philosophiques sur l'organisation sociale de demain* qui réserve de bonnes surprises malgré de nombreux développements socialistes, parfois presque collectivistes. Un vrai livre d'avant, pas une présentation Powerpoint ni une compilation d'articles mal enchaînés les uns aux autres. Quelques extraits, à peine présentés[2], donneront peut-être[3] envie d'y aller voir -- c'est chez wikisource.
On commence par quelques traits lancés aux intemporels tarécolos.
//
Il en est autrement de la mécanisation considérée comme forme de la vie matérielle : comme telle, elle restera indispensable à l'humanité, tant que le chiffre de la population ne sera pas retombé à la norme des millénaires pré-chrétiens. Trois de ses fonctions suffisent à lui assurer une domination sur la vie terrestre : la division du travail, la maîtrise des masses et celle des forces. On ne peut ni demander ni admettre raisonnablement que l'humanité renonce de son plein gré à sa domination sur la nature, en faveur d'une fausse simplicité, d'une existence étroitement bornée, d'un oubli complet de toute connaissance, d'un état artificiellement primitif. Rien de plus absurde que l'opinion de ces habitants neurasthéniques de grandes villes qui s'imaginent pouvoir échapper à la mécanisation et même rompre son joug, en se retirant dans une solitude montagneuse et en y menant une vie simple et modeste, en compagnie de quelques bons livres et d'un luth. C'est que pratiquement la mécanisation est indivisible : qui en veut une partie, la veut toute. Si vous voulez avoir une hache, il faut que des milliers de vos semblables fouillent dans les profondeurs de la terre ; pour qu'il y ait du papier, il faut que des forêts entières soient broyées par les mâchoires des machines, et pour qu'une carte postale arrive à destination, les rails qui sillonnent la terre doivent être secoués par la locomotive passant en coup de tonnerre. C'est se rendre coupable d'une imposture involontaire que de vouloir faire un choix au point de vue de la mécanisation. Nos modernes bergers d'Arcadie auraient beau se défaire du dernier fil tissé, du dernier grain de blé cultivé, de la dernière pièce de monnaie, ils ne trouveraient pas sur la terre le moindre coin où réaliser leurs robinsonades raffinées.
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Terrible résumé de l'existence ordinaire asservie.
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La mécanisation, qui est une organisation de contrainte, est attentatoire à la liberté humaine.
[...]
L'homme n'est même pas libre de diriger et de concevoir son activité. Qu'il se sente une vocation unique ou des vocations multiples, l'organisation mécaniste ne l'utilise qu'en vue de la spécialisation. Et notre génération se pliant de bon gré à la contrainte, il s'ensuit que nous avons le voyageur de commerce-né, l'instituteur-né, tout comme nous avons l'ingénieur-né et l'entomologiste-né. Mieux que cela : l'organisation mécaniste fournit le nombre et le choix de types, en raison directe des besoins. Tout recul entraîne un châtiment : si l'on voit surgir de temps à autre un homme de la vieille trempe des guerriers, des aventuriers, des artisans, des prophètes, on ne tarde pas à l'exclure de la communauté, à le mettre au ban de la société et à le charger des besognes les plus basses, les plus indifférenciées.

Mais la contrainte ne s'arrête pas là. Elle dérobe à l'homme jusqu'au sentiment de la responsabilité envers lui-même. La force organisatrice, qui est l'essence même de la mécanisation, s'exerce jusqu'à ce que chacune des parties de celle-ci, chaque ensemble de parties, soient devenues des organismes à leur tour : c'est ainsi que dans la nature chaque élément, quelque grand ou petit qu'il soit, forme un organe et que l'ensemble des organes forme un tout continu. Associations, unions, firmes, sociétés, bureaucratie, organisations professionnelles, politiques, religieuses unissent et séparent les hommes dans un enchevêtrement inextricable ; personne n'existe pour lui-même, chacun est subordonné à d'autres, responsable devant d'autres. Cet état, propre à élever l'âme par la grandeur de sa conception, tant qu'il s'agit d'une organisation qui n'est pas l'oeuvre de l'homme, devient une odieuse soumission dans ces immenses régions obscures où le sentiment de la responsabilité consciente est remplacé par l'intérêt servile. L'artisan de l'ancienne guilde vivait, lui aussi, dans un état de dépendance, mais sa dépendance, visible, sans équivoque, n'était pas celle d'un employé de magasin de nos jours, puisqu'elle était associée au sentiment de liberté intérieure. La dépendance mécaniste, elle, est recouverte d'une apparence de liberté extérieure ; le mécontent peut exiger le respect de la forme extérieure, il peut protester, abandonner le travail, s'en aller, émigrer, mais tout cela ne l'empêche pas de se retrouver dans la même situation au bout de quelques semaines, les noms, les personnes et les localités ayant seuls changé. L'anonymat de la contrainte opère par sa magie ce que les despotismes et les oligarchies de jadis n'ont pas réussi à réaliser, malgré leurs janissaires et leurs espions : l'éternisation de la dépendance.

Il n'y a rien dont notre époque soit aussi fière que de l'abolition de l'esclavage. Personne n'est plus serf ; le titre de sujet lui-même ne figure plus que dans les actes officiels ; l'homme lui-même se nomme citoyen, jouit d'innombrables droits personnels et politiques, n'obéit qu'aux autorités de l'État, forme des syndicats, élit et administre. Il n'est au service de personne, mais il conclut des contrats de travail ; il n'est ni serf, ni compagnon, mais il fait partie de ce qu'on nomme le personnel, il accepte du travail, il est employé. Il ne reconnaît pas de maître, mais il travaille pour un employeur, qui n'a le droit ni de l'injurier ni de le punir. Il peut donner congé, s'en aller où il veut ; il peut se mettre en grève, se promener les bras croisés : il est, comme il le dit lui-même, libre.

Mais chose bizarre ! S'il ne fait pas partie de la classe de ceux qu'on appelle instruits et possédants, il se retrouve, au bout de quelques jours, dans les locaux d'un autre employeur, se livrant au même travail de huit heures par jour, sous la même surveillance, avec le même salaire et les mêmes jouissances, avec la même liberté et les mêmes droits. Personne n'exerce de contrainte sur lui, personne ne lui oppose d'obstacles, et pourtant il vieillit avant l'âge et mène une vie sans loisirs et sans recueillement. Le monde mécanisé lui apparaît comme une énigme compliquée dont le journal de son parti n'éclaire pour lui qu'un seul côté ; le monde supérieur lui apparaît à travers l'extrait d'un sermon ou d'une description populaire ; l'homme lui apparaît comme un ennemi, lorsqu'il appartient à un cercle étranger au sien ; comme un camarade taciturne, lorsqu'il fait partie du même cercle que lui ; l'employeur est un exploiteur, l'atelier un bagne.

Les droits civiques subsistent, avant tout le droit électoral sous ses deux formes. Mais, chose bizarre encore : dans ses rapports avec les autorités, l'homme reste toujours un objet. Les sujets, ce sont les chefs militaires qui le tutoient, les juges qui le condamnent ou l'acquittent, la police et les fonctionnaires qui le malmènent et le maltraitent, l'interrogent et lui intiment des ordres. Il peut se syndiquer et s'organiser, se réunir et faire des démonstrations ; il reste toujours celui qui est gouverné et qui obéit, alors que les sièges dorés sont réservés à ceux qui habitent dans de belles avenues plantées d'arbres, se promènent en voiture et se saluent. Ce sont ces derniers qui sont revêtus des responsabilités, des dignités et de la puissance.
[...]
Aussi bien l'exclu se voit-il privé du dernier espoir : celui de voir ses enfants jouir un jour de ce qui lui est refusé à lui-même. Il quitte ce monde, pleinement conscient du fait que son travail n'a été utile ni à lui, ni à ses enfants, mais à d'autres et aux descendants de ces autres, dont le sort était également héréditaire, prédestiné et inévitable.
//
Certains croient avoir découvert l'évidente féminisation de la société, et même avoir été copiés. Rathenau l'avait constatée bien avant eux.
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Aujourd'hui, la femme est la seule acheteuse, et elle achète à jet continu ; les femmes remplissent les magasins, les rues et les moyens de transport des villes ; elles font des commandes et des calculs, décorent, organisent, font construire.

L'effrayante décadence des métiers manuels, qui se produit depuis quatre-vingts ans et que les plus sérieux efforts sont impuissants à enrayer, a pour cause moins la machine que la femme acheteuse. C'est qu'il manque à celle-ci le coup d'oeil capable d'apercevoir dans ce qui est fait à la main les qualités de solidité, d'authenticité, d'adaptation parfaite à l'usage ; elle manque également de fermeté pour vouloir le nécessaire, pour prendre des décisions irrévocables ; elle est incapable de résister à la première impression, à la vague ressemblance avec l'authenticité, à l'occasion, à la brillante apparence, au calcul trompeur, au bavardage du vendeur. Toutes les honteuses habitudes du commerce de détail sont nées du fait qu'il ne s'adresse guère qu'aux femmes ; ce qui exaspère l'homme qui a eu la malchance de s'égarer dans un magasin quelconque, constitue le plus souvent un moyen d'exploiter les faiblesses de la femme acheteuse. Disons encore ici en passant ce que nous avons exposé ailleurs avec plus de détails : depuis que les hommes professionnels ont, pour favoriser la femme, renoncé au sérieux de l'instruction ; depuis que les salles de théâtres et de concerts, les collections de tableaux et les conférences sont devenus le domaine de la femme, depuis que les femmes sont devenues lectrices de livres et de débats, amies des artistes et protectrices de leurs oeuvres, l'art et la critique d'art se sont à leur tour engagés sur la pente de la décadence et sont également menacés dans leur existence. La sentimentalité stérile de la littérature post-romantique a été le premier produit des salons, et c'est peut-être parce qu'ils ont eu l'intuition de ce rapport que les deux derniers esprits libres de notre époque, Schopenhauer et Nietzsche, ont conçu une hostilité à l'égard des femmes.

C'est ainsi que la femme du nouvel ordre économique s'est trouvée placée sans transition, d'une façon violente, dans des situations jusqu'alors inouïes : poussée hors de l'enceinte domestique, chargée d'instruction, ayant à s'acquitter d'obligations sociales, à entretenir des relations utiles, à assurer la tenue extérieure de la vie, souvent engagée dans des professions masculines, elle a tenu tête aux exigences les plus dures auxquelles ait jamais eu à satisfaire la nature humaine, et cela sans aucune préparation. Elle n'a pas succombé à la tâche et a donné à notre siècle un aspect mixte, masculo-féminin.
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Mystique inattendue, aux accents... familiers.
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La responsabilité est la seule force qui puisse prétendre à la domination et soit capable de la justifier. Elle ne réclamera jamais la domination à cause de ses attributs extérieurs, elle ne réclamera jamais le pouvoir à cause des joies humaines qu'il procure. Le pouvoir responsable est un service, non un service mystique s'adressant à un dieu despotique, non un service arbitraire comme ce dieu, exigeant qu'on s'incline devant lui comme lui-même se prosterne devant son dieu : c'est un service au nom d'une idée idéale et qui demande la participation de tous à l'oeuvre commune. Le pouvoir responsable transforme le roi en esclave, l'esclave en roi, non pour humilier l'un et élever l'autre, mais pour rendre tous égaux en esprit. Il exige, non la soumission et l'obéissance, mais la collaboration et l'adhésion ; il méprise génuflexions et intrigues, il a en horreur la pompe et l'idolâtrie. Celui qui veut régner sur des esclaves est lui-même un esclave évadé ; n'est libre que celui qui est volontiers suivi par des hommes libres et sert volontiers des hommes libres.
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2222

[1] Comme tout le monde, j'en ai vu quelques-uns sans intérêt particulier. Trois m'ont semblé regardables -- aucun avec Connery, aucun avec Moore. ;-)
[2] Pour ce que c'est utile. On ne m'y reprendra plus, ou rarement.
[3] C'est pour de rire.

Écrit par : Blumroch | 01/02/2023

Blumroch > Dans tous les cas, mieux vaut une organisation...

Pas encore vu le court-métrage.

Je ne connais pas grand chose de la personnalité de Rathenau et ces extraits sont surprenants. Mais de la parole à l'action...

Écrit par : Pharamond | 01/02/2023

Blumroch > "Kung Fury" est plutôt réussi e certains gags sont franchement hilarants. Merci.

Écrit par : Pharamond | 01/02/2023

@Pharamond : Découverte de hasard, et récente. J'étais presque certain que tu en avais déjà parlé. ;-)

Écrit par : Blumroch | 01/02/2023

Blumroch > Non, il avait échappé à mon radar "nazinéma" ;-)

Écrit par : Pharamond | 01/02/2023

On s'amuse bien dans les "universités" suédoises :
https://www.tio2project.com/norwhite
Après s'être attaqués à la peinture blanche, ces [autocensuré] devraient s'intéresser aux damiers, échiquiers et plateaux de go. Là aussi réside l'intwinsèque wacisme occidental. Que nul n'aille rire en considérant les origines de ces jeux manichéens en noir et blanc : l'important, pour les parasites, c'est que tombent les subventions, comme pour le *Requiem* de Mozart monté à Bordeaux par des tarécolos fiers de leur "démarche éco-responsable inédite en France", "exclusivement circulaire et raisonnée".

Écrit par : Blumroch | 02/02/2023

Entre le désopilant et l'onfrayant :
https://www.youtube.com/watch?v=OUWGgbG5dqU
Le pire, c'est qu'une fois numérisé, ce génie pourra produire des alignements de signes[1] *post mortem*, Quelque Chose planant à la fois au-dessus de et en lui.

[1] Unité de travail du journalope, avec le feuillet faisant 1500 signes typographiques.

Écrit par : Blumroch | 02/02/2023

Blumroch > Que ce passe-t-il quand les fous prennent le pouvoir ?

Écrit par : Pharamond | 02/02/2023

@Pharamond : Faut alors gagner le dernier refuge, savoir l'asile déserté par les fous désormais au pouvoir.
Nicolas Bonnal évoquait Seagal dans ton billet Vidéoclub : occasion, grâce à m'sieur ioutube, de découvrir le chanteur :
https://www.youtube.com/watch?v=qUaesUh-M3Q
https://www.youtube.com/watch?v=1_vAMoPYoDA
C'est moins pire qu'on ne le pouvait supposer.

Écrit par : Blumroch | 02/02/2023

Sounds a little Russian to me, eh eh... :
https://www.youtube.com/watch?v=XfDreatXYeU

Écrit par : Blumroch | 03/02/2023

Sounds a little German to me, eh eh...
https://www.youtube.com/watch?v=E4x4gj1fqSE

Écrit par : Blumroch | 03/02/2023

Blumroch > C'est une idée, il reste à le trouver.

Effectivement le Seagal chanteur ne se débrouille pas mal, même si ce n'est pas mon style.

Écrit par : Pharamond | 03/02/2023

Le Paysan savoyard n'a pas tort, évidemment, qui oublie toutefois l'indispensable étape intermédiaire : la [re]conquête de la France par des Français (pas des titulaires de c.n.i.), se traduisant immédiatement par la mise hors d'état de [continuer à] nuire de *tous* les responsables, actifs ou passifs, de la situation -- politicards, "intellectuels", avocaillons, profaillons, gauchistes, faux droitistes et autres journalopes, ce qui fait bien du monde à neutraliser par tous les moyens. C'est, pour l'heure, du domaine du rêve, voire du fantasme. Compter sur un miracle n'est pas raisonnable, comme croire que les krons vont enfin ouvrir les yeux est utopique : il faut comprendre que les lignes rouges n'existent pas -- petinenfants, bagnole même. Personne ne se mobilisera pour la liberté, personne n'ira se battre pour la vérité. L'animateur de Nobody Nowhere a beau détester -- kronnement -- Bonnal, il ne dit pas foncièrement autre chose que lui : le futur le moins improbable esquissé chez l'un comme chez l'autre n'est pas réjouissant.

https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/2023/02/04/si-nous-voulons-vivre-meme-les-immigres-de-nationalite-francaise-devront-pour-la-plupart-remigrer/

On croirait, en plus intelligent, Rougeyron et Aberkane se partageant les ministères en supposant qu'ils sont déjà au pouvoir par on ne sait quelle intervention divine. Cela finirait par être comique.

Écrit par : Blumroch | 04/02/2023

Et pour changer de sujet -- encore que... --, les visites chez DRALN, sorte de dernier inventaire avant liquidation, rend toujours plus nostalgique et même déprimé. Que tout cela disparaisse avec la mort du Soleil dans quelques milliards d'années, soit ; mais dans quelques années ou au mieux décennies, à cause de la folie criminelle de quelques krons, c'est difficile à accepter.

Écrit par : Blumroch | 04/02/2023

Blumroch > Peu importe les cogitations et propositions de nos "penseurs" la situation est désespérée.

Je suis d'accord avec toi, tout cela disparaitra dans très longtemps presque une éternité, mais à l'échelle humaine des individus qui composent une société responsable se doivent de récupérer l'héritage de leurs ancêtres, le préserver, si possible l'améliorer, et le transmettre à leurs enfants et petits-enfants. C'est pourtant simple.

Écrit par : Pharamond | 04/02/2023

Une des manifestations pratiques de l'horrible "existence" ("vie", ce serait excessivement élogieux) que Schwab et ses amis réservent aux survivants de leurs saloperies diverses :
https://echelledejacob.blogspot.com/2023/02/ce-quil-y-de-plus-dangereux-dans-les.html
Et les krons ne voient rien venir, quand l'ombre annonciatrice est déjà sur eux.

Écrit par : Blumroch | 05/02/2023

Blumroch > Avant d'en arrivait là nous aurons subi moult misères si tout ne capote pas avant, ce qui semble de plus en plus probable.

Écrit par : Pharamond | 05/02/2023

Rien que pour le 6 : 19 morts et environ 2000 blessés -- selon le Shalmanezer moderne qu'on sait infaillible. Tout cela pour un préfet !
Le moment Ferry, le massacre, à l'automitrailleuse de VBMO (1000 coups pde 7,62 par minute), de quelques Français osant défiler dans les rues pour défier le régime irait-il encore *indigner* les populations ? Pas certain. On imagine déjà le sourire des [autocensuré] et [autocensuré], sans compter celui de tous les soutiens de foutriquet 2.0 dans les bons merdias, bons citoyens à la manière d'Onfray -- ce que Louis Arthur Rollins traduisait, dans son *Lucifer's Lexicon*, par : esclaves obéissants.

Écrit par : Blumroch | 06/02/2023

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