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14/07/2026

Pépiements (577)

Puisque le diable est le prince de ce monde, je prédis une victoire de l'équipe de France de football sur celle d'Espagne ce soir ; un 14 Juillet cela fera plaisir à Macron. Puis une victoire en finale contre l'Argentine (qui aura triomphé de l'Angleterre) ce qui permettra une revanche contre les affreux de l'Albiceleste.

Carte blanche (70)

Laissée à br

Très humble proposition

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Vous avez, Madame le Ministre, la réputation, peut-être exagérée, peut-être même injuste, d'être socialiste. Femme de pouvoir, vous pouvez donc défendre avec efficacité, au nom du pragmatisme, cette alliance, naturelle autant qu'inévitable, entre les forces de gauche et les forces du capitalisme international, celles-là apportant à celles-ci la teinture d'humanité, voire d'humanitarisme qui leur manquait pour asseoir leur empire sur un monde enfin pacifié par le commerce et la finance. Femme de gauche, c'est-à-dire femme de coeur, vous pouvez donc défendre avec énergie, au nom de l'idéalisme, cette Justice sociale à laquelle le méconnu philosophe African Spir donnait, dans un ouvrage oublié paru à la fin du XIXe siècle, à la fois un nom et un programme. Selon toute probabilité, votre lutte héroïque contre le chômage n'a pas d'autre signification que d'incarner ces deux aspirations, également dignes d'estime, tout comme cette politique que vous servez si bien, qui concilie harmonieusement ces apparents contraires vus comme autant d’oxymores par de certains esprits chagrins : tradition et novation, justice sociale et lois du marché, souveraineté nationale et fédéralisme européen. D'ailleurs, à en croire une encyclopédie généralement considérée comme fiable par les spécialistes de la chose politique, vous auriez écrit en d'autres temps : "Nous devons faire le bonheur des Français malgré eux". Ce mâle et ferme propos révèle un dessein généreux, dont l'auteur devrait logiquement comprendre ma modeste proposition pour empêcher, de manière simple autant qu'économique, les chômeurs, Français ou non, d'être plus longtemps à la charge de la collectivité nationale aujourd'hui, européenne demain.

Par intérêt personnel autant que par souci du bien public, j'ai consacré plusieurs années d'inactivité forcée à réfléchir à la question capitale du chômage ; j'ai examiné avec attention les projets qui prétendaient sinon le faire disparaître, du moins le ramener à des proportions moins indécentes, ou plus acceptables pour les masses laborieuses sourdement inquiètes devant l'extension, extraordinaire et incontrôlable, du phénomène.

Sans étonnement excessif, j'ai constaté le flagrant échec de toutes les politiques menées à ce jour, dans le monde entier. A peine les experts stipendiés pour lutter contre le chômage parviennent-ils, assez gauchement, à transformer de vrais chômeurs en faux non-chômeurs : stagiaires, préretraités, bénéficiaires de contrats de reconversion, étudiants en alternance, travailleurs à temps partiel, voire invalides du travail. Leur seul mérite consiste sans doute à préserver encore quelques emplois plus ou moins fictifs dans les administrations et institutions chargées de dissimuler au public l'ampleur du mal, faute de le pouvoir réduire. Paradoxalement, d'ailleurs, le chômeur, pris en masse, est un petit employeur, tout comme le criminel -- qui est sans doute, lui, plus nécessaire encore au bon fonctionnement de la machine sociale, puisque son existence conditionne celle d'un grand nombre de personnes dans les appareils policier, judiciaire et pénitentiaire, tout en rappelant aux *hoi polloi* du bétail fiscal qu’ils sont tous victimes potentielles de la violence des supplétifs protégés par la mafia étatique.

Je ne vois pas l'utilité d'exposer en cinquante pages ce qui tient en quelques lignes, tant le constat est évident : au cours des deux dernières décennies, les autorités les plus capables, les élites les moins contestables, les personnalités les plus remarquables (à commencer par vous) n'ont pu, malgré leurs efforts manifestes, empêcher l'extension du chômage, et surtout du chômage de longue durée. Or, je me refuse évidemment à imaginer un seul instant qu'elles aient échoué intentionnellement (par exemple pour les cyniques raisons brièvement évoquées *supra*) ou pire encore, par incompétence -- leur éminente position sociale interdit cette hypothèse, scandaleuse entre toutes.

Force est donc d'admettre ce fait, irréfutable dans sa terrible concision : quels que soient les efforts des autorités (optimistes par état autant que par devoir, candeur et hypocrisie), les chômeurs, présents et futurs, ne trouveront aucun emploi durable, nulle part en ce monde, qu'ils aient des compétences objectives ou non, qu'ils soient potentiellement utiles à la société ou non, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils se complaisent dans leur état ou non. La rationalité en commande l'humble et déprimant aveu : pour cette immense partie de la population qui n'a plus sa place à notre grande époque, le chômage est une fatalité, injuste et aveugle sans doute, qui ne connaît aucun remède.

Tel est le point d'origine de toute réflexion sérieuse sur le sujet.

L'ordre établi que vous servez, Madame le Ministre, valorise les valeurs collectives les plus altruistes contre les valeurs individuelles les plus égoïstes (telle est sans doute la grande mission civilisatrice des forces de gauche, en Europe comme ailleurs, que d'humaniser le capitalisme, pour le bénéfice mutuel des meneurs et des menés, sous les signes conjugués de l'euro et du dollar). C'est pourquoi la collectivité accepte, au nom de la nécessaire solidarité entre les hommes, d'entretenir ces chômeurs qu'elle sait pourtant inutiles au point d'apparaître tous, aux yeux des bons citoyens, comme autant de méprisables profiteurs. Or, cette bienveillante assistance n'est légitime que jusqu'à un certain point, au-delà duquel les forces vives de la nation, exagérément mises à contribution par l'Etat, peuvent juger avec raison que le fardeau imposé à leur générosité devient insupportable.
En France, le chômeur archétypal (c'est-à-dire l'individu qui a connu le privilège de l'état salarié avant d'être involontairement privé de son emploi) perçoit, dans les premiers temps de son malheur, quelques indemnités : de certains théoriciens libertaires osent considérer ce pactole comme le remboursement des sommes extorquées par l'Etat au salarié pour financer ces assurances sociales que le monde nous envie au point d'en vouloir bénéficier sans avoir jamais cotisé au système, quand la qualité systématique de Français n'est malheureusement pas, ou pas encore, un Droit humain. Telle est la force d'une grande idée.

L'interprétation est manifestement malveillante, qui veut ignorer que l'Etat, puissance tutélaire et presque paternelle, entend non seulement lutter contre l'imprévoyance, trop commune, de ses sujets – j’allais écrire : de ses enfants, de ses éternels mineurs --, mais surtout assurer cette égalité forcée -- ne concernant, heureusement, que le bétail électoral et non ses bergers et propriétaires -- qui signe la démocratie moderne : le meilleur et même le seul régime politique envisageable en nos temps éclairés ne saurait accorder sa confiance aux individus, férocement égoïstes par nature quand ils ne sont pas contraints à la solidarité.

De manière logique, ces indemnités diminuent de plus en plus, de plus en plus vite, jusqu'à disparaître totalement : le chômeur que la société a reconnu sans valeur aucune (puisqu'elle ne l'a pas jugé digne d'une nouvelle chance) doit alors presque toujours s'en remettre à la générosité de l'Etat, pour solliciter humblement le Revenu Minimum d'Insertion. Au degré d'extrême misère qui est alors le sien, le chômeur ne saurait d'ailleurs trouver dégradante cette situation qui consacre sa dépendance absolue : à la dignité, il a préféré la survie. Le voici donc, plus ou moins honteux de cet état, devenu un parasite social.

La collectivité tombe ici dans le piège d'une bienveillance poussée à l'absurde. Sous le règne, éminemment moral et objectif, de la Marchandise, les forces vives de l'économie ne sauraient entretenir indéfiniment des parasites qui non seulement ne produisent rien, mais encore ne peuvent presque pas accomplir ce devoir sacré : consommer. Certes, quelques moyens existent, qui permettent d'arracher aux chômeurs encore indemnisés une petite partie des sommes qu'ils extorquent à la collectivité, mais cette réappropriation est insuffisante. Une fois leurs cotisations forcées restituées par l'Etat, les chômeurs ne devraient, en droite logique, plus rien recevoir. Le simple bon sens, vertu cartésienne, vertu économique, guide cette ligne de conduite.

Ce n'est pas donner dans le darwinisme social, que d'admettre ce principe : la solidarité entre les rouages interchangeables qui forment la société ordinaire ne saurait plus s'exercer quand elle risque de semer le trouble dans la cité, et de nuire à la juste répartition des sommes efficacement prélevées par le fisc au profit de causes nobles -- entretien des divins élus et de leurs petit personnel, financement de projets dirigés contre les populations locales...

De fait, les agents d'exécution et les agents d'encadrement, utilisés à défaut d'être nécessairement utiles, n'ont guère le temps de penser à leur situation. Trop heureux d'être employés, trop heureux d'avoir quelques pauvres loisirs, bref trop heureux d'avoir quelque chose à perdre, ils ne sauraient remettre en question l'ordre définitif du monde, d'ailleurs efficacement soutenu par les forces du Spectacle. De manière divertissante, presque tous les salariés les moins privilégiés par l'organisation sociale forment les alliés les plus fermes de cette organisation, puisqu'ils n'entendent pas renoncer au peu de jouissances qui leur sont, habilement, concédées.

Pépiements (576)

Certains villages, n'ayant pas trop été défigurés par l'architecture contemporaine et bénéficiant d'une situation géographique avantageuse, entretiennent des groupes folkloriques qui se produisent lors de réjouissances périodiques, pour le plus grand plaisir des touristes et des commerçants du coin. De temps en temps, le comité des fêtes, afin de ne pas paraître moisi et nationaliste, invite des danseurs issus des forêts africaines ou des montagnes andines. La France et son défilé du 14 Juillet me semblent relever de la même logique, mais sans l'esprit de village qui subsiste encore parfois entre l'école communale et la place de l'église.

PUP (2)

Il fait chaud, la pin-up populiste est partie en vacances.

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