Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/12/2015

L'abîme

Au delà du sentiment de culpabilité d'homme blanc décrété intrinsèquement raciste, colonialiste, fasciste et seul capable du crime des crimes il y a autre chose qui terrifie le Français ; c'est la peur de se renier, d'avouer qu'il s'est trompé, qu'il a été trompé depuis des décennies, qu'il a gobé des fadaises sans broncher, qu'il a cru à des promesses de margoulins, qu'il a vendu son âme pour du vent, qu'il s'est coupé de ses racines pour quelques euros.

Il a peur de reconnaître qu'il s'est comporté comme une cruche qui s'est prostituée pour des belles paroles, que son prince charmant n'est qu'un proxénète qui ne lui donnera que des miettes et lui collera une volée si elle ne file pas droit et l'ouvre un peu trop, une cruche qui finira par mentir et se mentir en disant qu'elle est libre et qu'elle aime ce qu'elle est devenue.

Alors par fierté, le peu qu'il lui reste, il fait encore semblant d'y croire en riant jaune, pour ne pas perdre la face et parce qu'il est épouvanté à l'idée de devoir faire table rase de tout ce qui fait son monde aujourd'hui, terrifié de se retrouver face au vide. Il continue en feignant ne pas voir les signes s'accumuler, les évidences devenues incontournables, il ne les regarde pas et s'oblige à tourner la tête vers où c'est encore calme, eh oui ! faut être optimiste, on le répète assez, c'est bon pour la santé et c'est en harmonie avec notre époque formidable si fun et si cool.

Avez-vous réussi socialement ? C'est que ce monde n'est pas si pourri, chacun y a sa chance. Un homme politique fait-il un discours moins pitoyable que d'habitude ? C'est que malgré leurs défauts et les difficultés du moment nos dirigeants continuent à faire leur travail, à penser à nous. Notre société a-t-elle des ennemis ? C'est que nous existons encore, que nous faisons des envieux.

Et ça ira mieux demain, c'est sûrement écrit quelque part...

Les commentaires sont fermés.