Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/02/2008

Au milieu des ruines

Dans l'une des tombes individuelles repose la femme qui a sauté du troisième étage quand les Ivan la poursuivaient. Une espèce de croix y a été dressée, faite de deux morceaux de panneau de porte peints en blanc et maintenus ensemble, de travers, avec du fil de fer. J'ai senti ma gorge se serrer. Comment se fait-il que la forme de la croix nous remue à ce point ? Même si nous n'avons plus le droit de nous dire chrétiens ? D'anciennes impressions d'enfants ont refait surface. Je revoyais et entendais Mlle Dreyer, quand elle nous dépeignait dans le détail et les larmes aux yeux la passion du Sauveur, à nous qui avions sept ans... Pour nous Occidentaux élevés dans le christianisme, il y a toujours un Dieu sur une croix – même bricolée avec deux panneaux de porte et du fil de fer.

 

Anonyme

Une femme à Berlin

Journal 20 avril – 22 juin 1945

Les commentaires sont fermés.