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07/07/2026

Pépiements (572)

L’affaire du chat de Benkemoun raconte surtout notre effondrement face à la responsabilité individuelle.

Qu’un homme pleure son animal, c’est humain. Qu’il transforme ce drame intime en procès médiatique contre la SNCF, c’est le symptôme d’une société qui cherche toujours ailleurs la cause de ses propres négligences.

Selon son propre récit, la famille arrive au dernier moment, court jusqu’au train, le chat est transporté dans un sac, puis il ouvre la fermeture avec ses griffes et s’échappe sur les voies. Voilà le point central : un chat stressé peut ouvrir une fermeture éclair. C’est précisément pour cette raison qu’un animal se transporte dans une caisse rigide ou dans un dispositif sécurisé, fermé, adapté, conçu pour empêcher la fuite.

La première responsabilité appartient au propriétaire. C’est une idée simple, presque brutale, devenue inaudible : nos choix produisent des conséquences.

La SNCF devait agir raisonnablement. Elle a arrêté le trafic, mobilisé des agents, tenté de retrouver l’animal. Ensuite vient l’arbitrage réel : sécurité ferroviaire, centaines de voyageurs, zone dangereuse, horaires, responsabilité pénale, continuité du service.

La société contemporaine adore inverser cette chaîne. L’individu prend un risque, l’institution doit absorber le choc. La faute privée devient un scandale public. La douleur devient une créance morale. L’émotion efface la causalité.

Où est l'exigence adulte ? Celle qui consiste à assumer ce qui dépend de soi avant d’exiger du monde qu’il répare nos imprudences.

Quand une civilisation transforme chaque négligence personnelle en procès collectif, elle fabrique des victimes professionnelles, des institutions paralysées et des individus incapables de répondre de leurs actes.

GRM

Source : L’affaire du chat Benkemoun assassiné par la SNCF sur E&R