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05/06/2026

Musique (742)

The Day After (Alternate Version)

Lenn Reason

Commentaires

Un spectre hante l'Europe et le golfe Persique, le spectre de l'anéantissement nucléaire -- et si c'est la tivi gouvernementale qui le prétend par tous ses canaux, c'est la brutale vérité vraie. Les ceusses ne voyant aucun intérêt à survivre dans le monde hobbésien qui suivra pourront toujours, en cas d'attaque, "se couvrir d'un drap blanc et ramper lentement vers le cimetière le plus proche -- lentement, afin de ne pas provoquer une bousculade dans laquelle quelqu'un pourrait être blessé".
C'est un billet du Saker francophone qui l'affirmait récemment :
https://lesakerfrancophone.fr/comment-survivre-a-une-frappe-nucleaire-tactique-russe

Révision d'une très vieille blague :
N'ayant pas encore été remplacés par des caméras automatisées de surveillance prétendues "intelligentes", deux euromiliciens sont absorbés dans la contemplation des écrans qui montrent la frontière entre l'euroGau Finlande et la Russie. Le paradis et la liberté sont là, si proches...
-- Penses-tu à la même chose que moi ?
-- C'est fort probable.
-- Tu m'obliges donc à te dénoncer à nos supérieurs et à t'arrêter. Tu as cinq minutes pour appeler ta veuve et lui faire tes adieux.

Écrit par : br | 10/06/2026

br > Tout le monde joue le va-t'en-guerre sans réellement vouloir d'un conflit généralisé hormis quelques illuminés. Le problème est que cela rend tout le monde nerveux avec un doigts au dessus du bouton rouge et vu l'incompétence générale...

Écrit par : Pharamond | 10/06/2026

Consacré aux nouvelles lois liberticides mises en place par l'eurodictature universelle (Royaume-Désuni, Françaraboafrica, Bochie et tous les autres), cet étonnant billet vidéo d'un Aldo étrangement optimiste, presque certain du soulèvement des populations contre la tyrannie dans un futur... lointain, très lointain :
https://www.youtube.com/watch?v=tpdKF4LUhV8
Alors que je revenais copier l'url, j'ai eu droit à l'ordre de -- correction : j'ai été courtoisement invité à -- me connecter pour confirmer que je n'étais pas un robot, sous prétexte de protéger une mystérieuse communauté qu'on devine n'être pas tolkienesque.
Ce n'est, pour l'heure, pas systématique, mais la situation empire vite. Les mauvaises surprises attendues pour la rentrée se produiront peut-être avant, avec la complicité de tous les Compagnons de la Gamelle. La considérable armée de la résistance cliqueuse vit probablement ses dernières semaines puisque cela aussi passera comme jadis lettre à la poste.

Écrit par : br | 18/06/2026

br > La dernière révolte était celle des Gilets jaunes, on a vu comment cela a fini.

Écrit par : Pharamond | 18/06/2026

@Pharamond : Raison pour laquelle on peut en vouloir aux vendeurs d'espérances illustoires.

A déambuler dans les allées de la galerie DRALN, me sont revenues en mémoire deux jolies scènes des feuilletons *Chuck* et *Supernatural* : semblables, elles représentaient l'effacement progressif de tous les souvenirs qui définissent un individu. L'approche de la mort et l'extinction finale de la flamme étaient, dans les deux cas, bien rendues, jusqu'au définitif *obscurcissement de la lumière* -- c'est le nom du trente-sixième hexagramme du *Livre des mutations* (on pourra lire chez Wilhelm et Perrot la signification de l'oracle, sans relation aucune avec les scènes évoquées *supra*).
On a de plus en plus l'impression, avec DRALN, quand on passe d'une image à l'autre, de voir la précédente se dissoudre et se perdre dans la Longue Nuit qui attend les jardins, bientôt dévastés, de l'Occident. Un granangliche a jadis évoqué la mélancolie de la victoire ; celle de la défaite la vaut bien.

Écrit par : br | 18/06/2026

br > Je suis entièrement d'accord, mais sans vouloir jouer les durs, tout le monde n'est pas capable de vivre sans espoir. J'avoue, que moi aussi, certains jours...

Ce sentiment d'infinie tristesse devant le néant, je l'ai éprouvé dans des rêves avec une sensation de réalité assez troublante. Les 2, 7 et 10 de ce billet : http://guerrecivileetyaourtallege3.hautetfort.com/archive/2017/02/02/douze-reves-plus-un-5906430.html

Je suis assez satisfait de voir que cinq ans et demi après sa création DRALN arrive encore à faire passer une émotion.

Écrit par : Pharamond | 18/06/2026

@Pharamond : La septième a ma préférence : finir avec les autres, soit ; mais pas parmi eux, et surtout en évitant le ridicule d'une vaine tentative pour gagner quelques minutes d'illusoire répit.

Écrit par : br | 18/06/2026

br > Et je suis en compagnie d'un de mes frères, celui avec lequel j'ai vécu le plus longtemps ; réminiscence de ma jeunesse peut-être.
Ne pas mourir dans le troupeau... Comme quoi les rêves ne sont pas totalement débridés puisque c'est ce que je pense aussi quand je suis éveillé.

Écrit par : Pharamond | 18/06/2026

Le Kamerad Direktor Pharamond aime à rappeler que selon Kurosawa, chaque film contient une scène à sauver. C'est en vertu de ce principe étendu aux livres qu'on peut trouver dans *Les ruines, ou méditation sur les révolutions des empires*, ouvrage de prose endimanchée et d'idées sommaires, quelques passages à tirer de l'oubli amplement mérité par l'idéologue Volney.

Quelques propos du chapitre XV, quand le peuple renoue avec une antique coutume : la sécession. Y'a parfois un air très contemporain dans ces doléances av. e. m. -- occasionnelles remarques entre crochets.
//
[...] une sédition violente éclate de toutes parts, on voit un peuple innombrable s'agiter et se répandre à flots dans les rues et les places publiques. Et mon oreille, frappée de cris poussés jusqu'aux cieux, distingua par intervalles ces phrases :

"Quel est donc ce prodige nouveau ? quel est ce fléau cruel et mystérieux ? Nous sommes une nation nombreuse, et nous manquons de bras ! nous avons un sol excellent, et nous manquons de denrées ! nous sommes actifs, laborieux, et nous vivons dans l'indigence ! nous payons des tributs énormes, et l'on nous dit qu'ils ne suffisent pas ! nous sommes en paix au dehors, et nos personnes et nos biens ne sont pas en sûreté au dedans ! Quel est donc l'ennemi caché qui nous dévore ?"

"Et des voix parties du sein de la multitude répondirent : Elevez un étendard distinctif autour duquel se rassemblent tous ceux qui, par d'utiles travaux, entretiennent et nourrissent la société, et vous connaîtrez l'ennemi qui vous ronge."

Et, l'étendard ayant été levé, cette nation se trouva tout à coup partagée en deux corps inégaux, et d'un aspect contrastant : l'un innombrable et presque total, offrait, dans la pauvreté générale des vêtements et l'air maigre et hâlé des visages, les indices de la misère et du travail ; l'autre, petit groupe, fraction insensible, présentait, dans la richesse des habits chamarrés d'or et d'argent, et, dans l'embonpoint des visages [déja le grolarcher !], les symptômes du loisir et de l'abondance.

Et, considérant ces hommes plus attentivement, je reconnus que le grand corps était composé de laboureurs, d'artisans, de marchands, de toutes les professions laborieuses et studieuses utiles à la société, et que, dans le petit groupe, il ne se trouvait que des ministres du culte de tout grade (moines et prêtres), que des gens de finance, d'armoirie, de livrée, des chefs militaires et autres salariés du gouvernement.

Et ces deux corps en présence, front à front, s'étant considérés avec étonnement, je vis, d'un côté, naître la colère et l'indignation ; de l'autre, un mouvement d'effroi [n'importe quoi !] ; et le grand corps dit au plus petit :

"Pourquoi êtes-vous séparés de nous ? N'êtes-vous donc pas de notre nombre ?"

"Non, répondit le groupe : vous êtes le peuple ; nous autres, nous sommes un corps distinct, une classe privilégiée, qui avons nos lois, nos usages, nos droits à part."

LE PEUPLE : Et de quel travail viviez-vous dans notre société ?
LES PRIVILEGIES : Nous ne sommes pas faits pour travailler.
LE PEUPLE : Comment avez-vous donc acquis tant de richesses ?
LES PRIVILEGIES : En prenant le soin de vous gouverner.
LE PEUPLE : Quoi, nous fatiguons, et vous jouissez ! nous produisons, et vous dissipez ! Les richesses viennent de nous, vous les absorbez, et vous appelez cela gouverner !... Classe privilégiée, corps distinct qui nous êtes étranger, formez votre nation à part, et voyons comment vous subsisterez.

[...]

Alors les privilégiés militaires dirent : La multitude ne sait obéir qu'à la force, il faut la châtier. Soldats, frappez ce peuple rebelle !
LE PEUPLE [candide] : Soldats ! vous êtes notre sang ! frapperez-vous vos parents, vos frères ? [eh si, évidemment !]Si le peuple périt, qui nourrira l'armée ?

Et les soldats, baissant les armes, dirent : Nous sommes aussi le peuple, montrez-nous l'ennemi ! [Parce qu'on doit vous le désigner, crétins que vous êtes ?] Alors les privilégiés ecclésiastiques [ou faux savants] dirent : Il n'y a plus qu'une ressource : le peuple est superstitieux ; il faut l'effrayer par les noms de Dieu et de religion [et de "la" science].

Nos chers frères ! nos enfants ! [nos petinenfants même] Dieu [a.k.a. Ursula] nous a établis pour vous gouverner.

LE PEUPLE : Montrez-nous vos pouvoirs célestes.
LES PRETRES : Il faut de la foi [de l'obéissance]: la raison égare.
LE PEUPLE : Gouvernez-vous sans raisonner ?
LES PRETRES : Dieu veut la paix : la religion [a.k.a. la constitution européenne] prescrit l'obéissance.
LE PEUPLE : La paix suppose la justice ; l'obéissance veut la conviction d'un devoir.
LES PRETRES : On n'est ici-bas que pour souffrir [au nom de Bruxelles, de l'écologie et de l'Ucraine !].
LE PEUPLE : Montrez-nous l'exemple.
LES PRETRES : Vivrez-vous sans dieux et sans rois ? [et sans bureaucrates ?]
LE PEUPLE : Nous voulons vivre sans oppresseurs. [candides !]
LES PRETRES : Il vous faut des médiateurs, des intermédiaires.
LE PEUPLE : Médiateurs près de Dieu et des rois ! courtisans et prêtres, vos services sont trop dispendieux ; nous traiterons désormais directement nos affaires.

Et alors le petit groupe dit : Tout est perdu, la multitude est éclairée. [heureusement, ce n'est qu'un rêve, et minoritaire encore]

Et le peuple répondit : Tout est sauvé, car si nous sommes éclairés, nous n'abuserons pas de notre force : nous ne voulons que nos droits. Nous avons des ressentiments, nous les oublions ["Monumentale erreur"] : nous étions esclaves, nous pourrions commander [ce disant, vous avez déjà perdu] ; nous ne voulons qu'être libres, et la liberté n'est que la justice.
//
Dans le chapitre XXIII, au terme d'un long exposé rousseauiste aussi honnête et aussi intelligent qu'un discours de Peillon, le bon peuple comprend avoir été trompé par toutes les méchantes religions et surtout par la chrétienne. Le tableau final de l'anarcho-despotisme va justifier la suite.
Faut reconnaître que les zélecteurs soumis, incapables de dire non individuellement et en corps, ont mérité leur malheur, comme le disait en termes énergiques l'excellent Mencken.
//
[...]
Que toujours ils [les méchants prêtres] avaient appelé impiété ce qui nuisait à leurs intérêts ; qu'ils résistaient à toute instruction publique, pour exercer le monopole de la science ; qu'enfin en tout temps, en tout lieu, ils avaient trouvé le secret de vivre en paix au milieu de l'anarchie qu'ils causaient, en sûreté sous le despotisme qu'ils favorisaient, en repos au milieu du travail qu'ils prêchaient, dans l'abondance au sein de la disette ; et cela, en exerçant le commerce singulier de vendre des paroles et des gestes à des gens crédules, qui les paient comme des denrées du plus grand prix.

Alors les peuples, saisis de fureur, voulurent mettre en pièces les hommes qui les avaient abusés ; mais le législateur arrêtant ce mouvement de violence, et s'adressant aux chefs et aux docteurs :

"Quoi ! leur dit-il, instituteurs des peuples, est-ce donc ainsi que vous les avez trompés ?"

Et les prêtres troublés répondirent : "O législateur ! nous sommes hommes ; et les peuples sont si superstitieux ! ils ont eux-mêmes provoqué nos erreurs."

Et les rois dirent : "O législateur ! les peuples sont si serviles et si ignorants ! eux-mêmes se sont prosternés devant le joug, qu'à peine nous osions leur montrer."

Alors le législateur se tournant vers les peuples :

"Peuples ! leur dit-il, souvenez-vous de ce que vous venez d'entendre : ce sont deux profondes vérités. Oui, vous-mêmes causez les maux dont vous vous plaignez ; c'est vous qui encouragez les tyrans par une lâche adulation de leur puissance, par un engouement imprudent de leurs fausses bontés, par l'avilissement dans l'obéissance, par la licence dans la liberté, par l'accueil crédule de toute imposture : sur qui punirez-vous les fautes de votre ignorance et de votre cupidité ?"

Et les peuples interdits demeurèrent dans un morne silence. [on les comprend !]
//

Écrit par : br | 19/06/2026

br > Il faut croire que les problèmes sont toujours les mêmes, ainsi que leurs absences de solutions. Les entre-crochets m'ont bien amusés.

Écrit par : Pharamond | 19/06/2026

@Pharamond : Merci. J'étais fatigué par avance des notes en bas de page. ;-)
Quoi qu'il en soit, le tableau est, comment dire ?, désastreusement contemporain.
L'éternel retour n'est pas un concept usurpé.

Écrit par : br | 19/06/2026

La Mite is back !
https://www.youtube.com/watch?v=-AJOKgY02Yc
L'élément fer est prédominant, pour le ciel comme pour le rêve.

Écrit par : br | 23/06/2026

br > La Mite a osé, il fallait le faire, chapeau !

Écrit par : Pharamond | 23/06/2026

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