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13/11/2017

Trauma

Les Juifs ont la Shoah, les Ukrainiens l'Holodomor, les Palestiniens la Nakba, les Acadiens le Grand Dérangement... Les Européens blancs de demain auront-ils un mot pour désigner la catastrophe qui s'est abattue sur eux en ce début de XXIe siècle ? À l'instar des autres peuples qui ont connu un traumatisme en garderont-ils la mémoire ? Le Grand Remplacement de Renaud Camus me semble assez juste pour décrire ce qui nous arrive, encore faudra-t-il quelqu'un pour se souvenir.

Commentaires

Traqués, les derniers représentants de notre espèce menacée évoqueront peut-être le Grand Effacement, la Grande Extinction, la Grande Extermination, la Nuit Définitive -- cette dernière formule ayant le mérite de décrire *aussi* le sort d'un monde désormais livré aux lumières, assez tamisées, du mahométanisme allié à une technique de moins en moins comprise et maîtrisée. Les crétins qui aiment à célébrer l'avènement radieux de la prétendue intelligence artificielle censée se substituer à la sottise naturelle se préparent des lendemains qui ne chanteront pas autant qu'ils l'espèrent.
Un monde que l'Occident n'entraînera plus ressemblera sans doute assez à la société évoquée dans cette délicieuse nouvelle de Raspail intitulée "Une étrange exploration dans la forêt africaine en l'an 2081" (in *Le tam-tam de Jonathan*). La typologie des membres de l'expédition et de leurs compétences vaut à elle seule la lecture.
On laissera les optimistes espérer le Grand Réveil après la Très Longue Nuit.
Crom, qu'on en finisse !

Écrit par : Blumroch | 13/11/2017

Et le Porajmos des Tziganes alors ?

Écrit par : Nordiste | 13/11/2017

P.S. : J'y pense seulement maintenant : Dissolution Finale pourrait convenir, qui ne laisse aucun espoir de résurrection ou de retour. ;-)

Écrit par : Blumroch | 13/11/2017

Le Grand Remplacement ... le Grand Génocide (appellation contrôlée ... ça va pas aller) et s' il y avait "le Grand Dégagement" ? ... j' ai fait un rêve ..

Écrit par : EQUALIZER | 14/11/2017

@ Blumroch
Merci pour cette piste de lecture.

Quant à savoir quel terme rentrera dans l'histoire...Aucun. On n'écrira plus.

Écrit par : Popeye | 14/11/2017

@Blumroch : La Dissolution Finale est remarquablement adaptée à la situation et beaucoup plus réaliste que le Grand Remplacement.
Pour nous remplacer il faudrait nous détruire et ce n'est pas gagné, en revanche, pour nous dissoudre, il suffit de nous submerger, nous diluer petit à petit, éviter les grumeaux agressifs qui pourraient se former et obtenir en fin de transformation une préparation toute lisse, d'un bistre accentué, qui s’appellera MHI, Matière Humaine Indifférenciée, autre concept Camusien.

Écrit par : Coach Berny | 14/11/2017

@Popeye : "La lettre du Papou", dans ce recueil, est un chef-d'oeuvre.
@Coach Berny : A considérer le nombre approximatif de détenteurs de la nationalité française, j'avais aussi un peu en tête Dix Solutions Finales. ;-)

Écrit par : Blumroch | 14/11/2017

Blumroch > L'ennui avec la catastrophe qui vient c'est que nos maîtres et leurs laquais transforment la lecture du passé en même temps que les choses empirent. La majorité ne comprend pas ce qui lui arrive n'ayant pour seuls instruments de mesure que des repères faussés et une mémoire truquée. Notre catastrophe n'aura sûrement pas de nom. La Dissolution finale était pourtant bien trouvée en ultime pied de nez.

Nordiste > C'est dans les points de suspension.

EQUALIZER > Le Grand Dégagement aura lieu, mais pour nous.

Écrit par : Pharamond | 14/11/2017

@Pharamond : Les repères faussés et une mémoire truquée ne devraient pourtant pas, en droite logique, peser lourd face au *réel*. Entre autres exemples évidents : même un crétin ne pouvait manquer de constater, de 1991 à 2008, le caractère de plus en plus (censuré) de la ligne de bus 26, entre Saint Lazare et Nation, à l'image de tout Paris et de tout un pays.
Vrai aussi que dans un monde où certains peuvent soutenir le noir, le blanc et toutes les nuances de gris intermédiaires sans jamais avoir honte de leurs contradictions...
"2 + 2 = 5 (pour des valeurs suffisamment grandes de 2)" n'est plus une facétie de mathématicien.
Comme vous le dites, "le Grand Dégagement aura lieu, mais pour nous".

Écrit par : Blumroch | 14/11/2017

Oui, mais le quidam passe plus de temps devant ses écrans et leurs propagandes que dans le bus 26, et comment penser quand les mots n'ont plus la même signification qu'il y a 20, 10 ou même 5 ans ? Le quidam voit bien qu'il y a bien quelque chose qui ne tourne pas rond, mais quoi ? Comment l'analyser si il n'a que des infos biaisées et des chiffres faux à sa disposition ? Comment le formuler si les mots ne veulent plus rien dire ? Alors il ferme les yeux, il met ses écouteurs et il attend que le bus le dépose à son arrêt en se disant qu'il est peut-être un peu parano, après tout.

Écrit par : Pharamond | 14/11/2017

Je me demande comment les responsables de cette dissolution vont gérer la chute du QI moyen de 20 à 25%, l'intelligence artificielle a ses limites ;o)

Écrit par : téléphobe | 15/11/2017

Ils s'en contrefichent : dans la multitude ils auront toujours du monde à récupérer et le reste bossera, consommera et ne se posera pas de question. Je crois même que cela leur convient tout à fait.

Écrit par : Pharamond | 15/11/2017

Je demande à voir ce que donneront les Q.I. les plus élevés, avec l'éducation d'aujourd'hui et surtout l'ambiance générale assez peu propice à l'intelligence. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles le mahométanisme est en vogue, qui n'exige ni esprit de géométrie ni esprit de finesse. Même le commissariat aux handicaps d'*Harrison Bergeron* (a.k.a. *Pauvre surhomme*) en devient inutile.

Écrit par : Blumroch | 15/11/2017

Le concept même d'intelligence est problématique : curiosité et liberté d'esprit même inutile ou capacité d'assimilation destinée à un être un bon petit rouage de la grande mécanique.
L'inde fourni par exemple de nombreux et excellents scientifiques et constitue pourtant l'un des pays les plus m...diques de la planète.

Écrit par : Pharamond | 15/11/2017

Etre un bon petit rouage anonyme, vagabond et interchangeable du système (et cela vaut *aussi* pour les maîtres, qui comme les pions, ne valent que par *position* et non en raison de capacités particulières), ce n'est pas être *intelligent* : c'est être *adapté*.
"Survival of the fittest", pas "survival of the most clever".
Pour l'Inde, je n'en connais que les informaticiens, et ils ne semblent pas brillants (contrairement aux programmeurs Japonais, parfois bizarres, mais souvent exceptionnels).

Écrit par : Blumroch | 15/11/2017

Mais vaut mieux un rouage qui reçoit la meilleur huile et qu'on répare si besoin qu'un rouage qui n'a droit qu'au graissage bon marché et qu'on jette dès qu'il grippe.
L'adaptation n'est-elle pas une forme d'intelligence, la plus pratique qui plus est ?
Les Indiens envoient des satellites, construisent des avions, des bateaux, des armes... mais laissent leurs pauvres crever dans la rue.

Écrit par : Pharamond | 15/11/2017

Iriez-vous dire que nos maîtres, parfaitement *adaptés* à cette société vomitive, sont *intelligents* ? Ils ne sont même pas bien astucieux.
Une société régie par des gens intelligents ne ressemblerait en rien à la nôtre.
Ben, chez nous aussi, on en laisse certains crever dans la rue.
Au reste, qu'attendre d'autre d'un pays qui, jadis, pouvait à bon droit se glorifier de ses savants, de ses ingénieurs, de ses médecins, de ses hommes de lettres, de ses artistes, et qui maintenant se découvre une vocation de zone touristique, où seuls comptent les cuisiniers, les saltimbanques et les footeux ?

Écrit par : Blumroch | 15/11/2017

P.S. : N'être pas *adapté* à cet ordre du monde, ce serait donc n'être pas *intelligent* ? Va falloir modifier la forme de la courbe de Gauss des Q.I. ! ;-)

Écrit par : Blumroch | 15/11/2017

Je ne sais pas je me pose la question de la définition de l'intelligence. D'autre part, si nous disparaissons alors qu'eux perdurent il est difficile de clamer que nous sommes plus intelligents qu'eux. Il restera toujours l'option de dire que nous sommes plus droits, meilleurs ou je ne sais quoi qu'eux, mais c'est souvent la rhétorique des perdants, voir par exemple les nations arabes et Israël.
Quant aux décès dans la rue nous sommes encore très très loin de l'Inde.
C'est l'utilisation du terme "intelligent" qui me gène. est-ce une simple question de QI ? Quels droits cela donne-t-il d'avoir un QI supérieur à la moyenne ? J'ai du mal à jauger l'Homme à cette aune.

Écrit par : Pharamond | 15/11/2017

Je ne suis pas assez intelligent pour donner une intelligente définition de l'intelligence, mais considérez ces exemples : les ayant lus, qui pourra douter qu'un Boutang est une intelligence *supérieure* (culture, sens du réel, art des analogies vraies, subtilité) quand un Sartre et un Onfray, dans un monde normal, seraient restés d'obscurs professeurs de terminale jouant les gourous avec leurs élèves ? Abellio, souvent comparé au sieur Malraux, lui est très supérieur intellectuellement et littérairement.
L'histoire des techniques est riche d'exemples déprimants où c'est le produit le plus médiocre qui l'a emporté sur des concurrents mieux conçus, souvent grâce à des procédés que l'ancienne morale aurait réprouvés.
Les "artistes" (faudrait un autre mot : les "performeurs" ?) contemporains n'arrivent pas à la cheville de leurs prédécesseurs, dans tous les domaines, et ils le doivent savoir, qui les salissent à la première occasion (au théâtre et à l'opéra, notamment). Ceux qui ont encore pris le temps d'apprendre et de s'exercer existent, mais ils ne sont pas légion.
La quantité l'emporte sur la qualité, et comme le disait Mencken, on gagne toujours à viser bas : est-ce une raison pour honorer de tels triomphes ? A ce compte, je préfère perdre.
La vraie intelligence et l'aptitude à raisonner droit ne servent à rien face au gros animal ou à une arme. A ce compte, honorons la force et passons tous du bon côté du manche !
Sans moi.

Écrit par : Blumroch | 15/11/2017

Je suis globalement d'accord avec vous, mais je crois qu'il y a parmi les néfastes des gens "intelligents" ce qui ne les rend pas meilleurs pour autant, au contraire.
Ensuite s'il est évident que "la vraie intelligence et l'aptitude à raisonner droit ne servent à rien face au gros animal ou à une arme", on peut se questionner pour essayer de comprendre comment elle a fait pour se retrouver là. Paresse ? Naïveté ? Insouciance ? Malchance ?

Écrit par : Pharamond | 15/11/2017

Vous leur faites trop d'honneur, à mon sens, que de leur supposer quelques *cerveaux*, même néfastes. L'intelligence alliée au plaisir de nuire ou à la volonté de puissance, c'est plutôt l'apanage de Satan ; or, quand on les voit et les entend, les marionnettes et les marionnettistes, on n'a guère le sentiment d'être chez Milton, pas même chez Goethe. Suffit de considérer ce qui fait leurs petits *plaisirs*, aux grands maîtres : les mêmes que ceux du troupeau, en plus cher avec, pour un temps, une qualité un peu supérieure. Leurs passions ? La bouffe, le foot et les déchaînements lubriques. Les plus prétentieux se prétendent amis des arts, quand ils n'aiment que l'ordure dont l'adoration les place, croient-ils, au-dessus du commun (salir : le grand project artistique de ces temps maudits). Anatole France avait d'ailleurs noté le goût des divertissements primaires ou intellectuellement médiocres chez les maîtres de son temps -- les banquiers et les industriels, déjà.
Bordeaux, autrefois dirigée par un Montaigne, aujourd'hui contrôlée par un Ali Juppar ; la France, autrefois dirigée par un Charles V, par un Richelieu, par un Bonaparte, par un Talleyrand, et qui maintenant supporte... ça et tous les nains qui forment sa cour des miracles !
Les responsables ? Nous tous, sans doute, les vivants et les morts, pour n'avoir pas mis un terme à cette lente et fatale descente quand elle s'est amorcée au cours des deux grands suicides européens, et peut-être même quelques décennies avant. Dans l'histoire, aucune occasion de remédier aux maux (pourtant pressentis par les plus lucides, ainsi de Rivarol) n'a été saisie quand il était encore temps, avec l'énergie et la détermination qui s'imposaient. L'abominable et trop humain Louis XVI, entre autres. Les dieux savent que je ne suis pas monarchiste, mais j'aurais prêché pour écraser la révolution dans l'oeuf, avec un peu d'intelligence des situations. Par amour excessif de la tranquillité, n'avoir pas frappé l'ennemi quand il ne tenait pas encore les esprits faux (pas même des mauvais esprits), y compris dans la fausse élite de ces temps anciens. L'image a beau être fausse, elle est parlante : face à nos Césars de carnaval, nous avons manqué de Brutus dévoués au bien public.
Comme pour les méfaits associés au développement de l'informatique, les avertissements n'ont pas manqué, dès le début et parfois même avant -- c'est à bon droit le sport favori du camarade Bonnal que de chercher dans nos classiques les textes montrant que tout ce qui devait être dit l'avait été, en vain, depuis des siècles.
C'est peut-être un *début* d'explication.
Et si je voulais être facétieux, je finirais en avouant que je vais me replonger dans quelques pages du crépusculaire Tacite ou retourner à Newhon, pour oublier.

Écrit par : Blumroch | 15/11/2017

P.S. : Si des gens (bien) plus intelligents que nous n'ont pas réussi à trouver des remèdes, nous n'avons même plus à nous accuser de n'être pas assez intelligents. C'est une consolation.
Non, de fait, ce n'est pas une consolation. :-(

Écrit par : Blumroch | 15/11/2017

P.P.S. : J'avais découvert le journal de guerre du mystérieux Becquérieux un peu avant de tomber sur celui du grand Pharamond. Deux de ses chroniques qui pourraient alimenter le débat (n'oubliez pas, je peux faire des statistiques sur tous les ceusses qui ici se taisent, et depuis combien de temps, eh eh ! HHOS) :

https://mauvpens.blogspot.fr/2015/09/de-quoi-mourons-nous.html

https://mauvpens.blogspot.fr/2014/03/enigme-pour-les-martiens.html

En attendant, nous pensons tous trop à relever les grotesques ou les abominations de ce temps (voir le dernier sujet évoqué ce jour, assez écoeurant), à retrouver force bonnes pages chez les bons esprits des siècles passés susceptibles d'*éclairer*, en tout cas de consoler, notre malheur.
Pendant ce temps, imperturbable, malgré l'incompétence de ses conducteurs, le char de Juggernaut continue à avancer -- sur ses chenilles, ce qui sans doute nous interdit de lui jeter des *Bâtons dans les roues*, n'est-ce pas, Jacques Perret ? ;-)

Écrit par : Blumroch | 16/11/2017

@Blumroch

Une analyse des causes du "Léninisme triomphant" qui pourrait vous intéresser:
https://bloodyshovel.wordpress.com/2017/11/14/biological-leninism/

Écrit par : realist | 16/11/2017

@realist : Pierce et Saxon, entre autres, ont jadis formulé des analyses similaires. C'est pourquoi Nietzsche voulait défendre les forts contre les faibles. Léopardi, lui, avait observé qu'existait une vraie solidarité entre les incapables et les crapules, quand les capables, eux, ne comprenaient pas que s'en prendre à l'un d'eux, c'était s'en prendre à tous. Vrai aussi que les lions ne se rassemblent pas dans un troupeau.

Écrit par : Blumroch | 16/11/2017

Blumroch > Sur la durée il faudrait voir qui de la royauté et de la république a donné le plus d'incapables, mais nous n'avons pas encore assez de recul. Il est vrai que ces dernières années nous faisons carton plein dans le fat et le désaxé. Cependant il suffit de regarder l'état pitoyable de la dissidence française pour constater que l'esprit débilitant de l'époque a aussi touché les "nôtres".
Si Orwell s'était trompé en supposant un futur socialisant il avait vu juste sur la manipulation des mots et du passé pour contrôler la population.

Écrit par : Pharamond | 16/11/2017

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