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05/10/2026

Pépiements (617)

Alors Léon XIV aurait fait un tabac lors de sa visite en France. Les médias et ceux de notre bord — hormis les néo-païens et les plus lucides — s'en réjouissent. Dans notre société relativiste, dans laquelle les valeurs traditionnelles — famille, patrie, religion — ont disparu, remplacées par une vague morale droit-de-l'hommiste et le culte de l'argent, la population n'a pourtant que faire du pape et de ses sermons.

Seulement, le respect des droits de l'homme n'aide pas beaucoup au quotidien, voire le contraire quand il s'avère à géométrie variable, et l'argent est de plus en plus mal réparti. Alors, on se cherche un pilier auquel s'accrocher. L'État, qui aurait pu jouer ce rôle, ne l'assume plus ; on se tourne donc vers une autre figure paternelle — et qui plus que le Saint-Père pourrait l'assumer ? — et on se satisfait de ses discours lénifiants qui contentent la chèvre globaliste et le chou réactionnaire.

Commentaires

"Ce que Dostoievski avait déjà bien compris, c’est que la dérive diabolique de l’époque actuelle est la conséquence directe de cette confusion laxiste, cet imaginaire gluant de la bien-pensance tétant toute la sainte journée le lait empoisonné du discours courant, à savoir le discours capitaliste… "


https://www.tumblr.com/christian-dubuis-santini/829642341377769474/lenfer-des-bonnes-intentions-le-christianisme?source=share

Écrit par : Dia | 05/10/2026

Dia > Le pape n'est plus le vicaire du Christ, mais celui de Mammon. Et comme on ne peut pas servir les deux à la fois...

Ceci dit, je suis perplexe devant les textes de Christian Dubuis Santini. L'homme me semble honnête et ses analyses sont pertinentes, mais il voit des nazis partout et il fait souvent référence à Lacan dont je n'ai pas compris grand chose à ses textes abscons.

Écrit par : Pharamond | 05/10/2026

@Pharamond : Adorateur de Crom, de Cthulhu et, occasionnellement, d'Issek la Cruche, je ne m'intéresse guère aux faux dieux comme celui théoriquement révéré par Léon 14.0 -- ce n'est évidemment pas le tétragramme de Richelieu, de Boutang, de Lewis, de Chesterton, de Barbey d'Aurevilly, de Bernanos ou de Monteilhet -- ; c'est assez dire si je n'ai pas suivi les récentes manifestations de papolâtrie qui me sont parfaitement indifférentes, à l'étonnement de mon entourage.
Les échos que j'ai eus m'incite à penser ceci : on ne saurait faire cas d'un individu qui souhaite -- assez discrètement, en bon hypocrite -- toujours plus d'envahisseurs chez nous, qui ose faire l'éloge d'une crapule (bienheureux, saint bientôt peut-être !) ayant contribué à fonder la maudite et criminelle u dite e, et qui incite son troupeau à mieux connaître et aimer la doctrine des mahométans théologiens dont les arguments frappants prennent, on le sait, à la gorge. Il aime tellement le Chrislam -- la forgerie est de Chesterton -- qu'il devrait s'y convertir, s'il était cohérent, en y perdant évidemment les avantages de sa position actuelle. Quant aux soufflets assénés, selon de trop nombreux candides, à notre tyranneau par le dauphin choisi par Bergoglio, ils ont été symboliques, quand c'était l'occasion de condamner avec force les loges ayant inspiré au macronat nombre de lois scélérates. Notre camp se contente, ici comme ailleurs, de bien peu pour s'inventer des victoires sur l'Ennemi. Ces illusions sont peut-être consolatrices pour certains ; elles cachent surtout la totale défaite face aux entreprises des Davos, Bilderberg, Gates, foutriquet 2.0 et autres Fink -- le réveil sera pénible pour tous les naïfs de la résistance imaginaire.
En tout cas, je ne parviens pas à concevoir qu'un individu raisonnable aille, pour combler un étrange "vide spirituel" et se trouver un "supplément d'âme", prendre Léon 14.0 -- ou n'importe qui d'autre -- comme modèle ou s'intéresser à sa boutique pour y trouver des raisons de vivre. Avant, on avait l'emprise des âmes fortes sur les esprits faibles ; maintenant, c'est l'influence des esprits médiocres sur d'autres plus médiocres encore. Les ceusses n'ayant nul besoin d'un gourou, d'un père de substitution, d'un chef deviennent bien rares.
Grands dieux, le culte des ancêtres, c'est autre chose. Et qu'on nous rende les dieux de l'Antiquité et les dieux maudits, tous autrement inspirants en tant que personnages de littérature fantastique !

Écrit par : br | 06/10/2026

br > Les conquistadors, les croisés, les Cristeros et d'autres se sont battus, et souvent avec courage, pour le Christ. La religion est ce que l'on en fait.

Écrit par : Pharamond | 06/10/2026

@Pharamond : Comme Wilde le faisait dire à l'un des protagonistes de *The Portrait of Mr W. H.* : "You forget that a thing is not necessarily true because a man dies for it."
On peut aller jusqu'au sacrifice pour une vérité, un mensonge, une approximation, une erreur, une passion, une lubie, un pari, un point d'honneur ou un scrupule. C'est affaire de croyance, non d'adéquation avec le réel.

Écrit par : br | 06/10/2026

P.S. : Monteilhet avait défini le christianisme comme l'art d'imaginer en soi des batailles ; la croyance pourraît être celui de s'imaginer plus grand et plus estimable qu'on ne l'est -- manière d'échapper à la triste réalité quand on ne préfère pas les satisfactions, bien supérieures, offertes par les bons livres. ;-)

Écrit par : br | 07/10/2026

br > Je n'ai jamais prétendu que le christianisme était vrai parce que des hommes ont combattu pour lui.

Écrit par : Pharamond | 07/10/2026

@Pharamond : *Eux* le croyaient nécessairement vrai, pour s'aller battre en son nom.

Écrit par : br | 07/10/2026

br > Sans doute, mais le Christ pour lequel ils pouvaient donner leur vie ne ressemblait pas vraiment à celui de Léon XIV.

Écrit par : Pharamond | 08/10/2026

@Pharamond : C'est évident. ;-)

Écrit par : br | 08/10/2026

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